Vol et vengeance

Avec Shun et Aedelrik !

[ Hors timeline ]

Ylaina Torsene


Inventaire

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(vide)

Le lieu de rendez-vous était superbe. Si la nuit tombait, on s’en rendait à peine compte tant les lustres aux milles bougies éclairaient la pièce centrale. Ils devaient y avoir plus d’une dizaine, et richement décoré. Quel était l’intérêt d’acheter ce genre de lustre d’ailleurs, autre que celui d’en mettre plein la vue à des centaines d’invités ? Ylaina ne se défit pas de son assurance, et entra dans la pièce lorsqu’on annonça leur arrivée.

« Le comte Shun Belly et sa compagne ! »

Elle se tenait au bras du vendeur, en priant pour que leur stratagème fasse illusion le plus longtemps possible. Ou plutôt, leurs stratagèmes. L’équilibre de la soirée reposait sur beaucoup d’artifice, et la jeune voleuse espérait qu’il ne le perdrait pas avant d’avoir trouvé ce qu’elle souhaitait. Et ce qu’elle souhaitait, elle l’avait su quelques jours plus tôt.

***Retour en arrière, quelques lunes auparavant***

Cassandra pleurait à chaudes larmes au chevet de son père, tandis que sa mère pansait les blessures de son mari. Elle avait perdu son sourire, mais son espoir demeurait en même temps que la faible respiration du fermier. Il n’était toujours pas revenu à lui suite à son tabassage encore entouré de mystères, et les guérisseurs de la place n’étaient pas tous optimistes. Ceux qui ne leur donnaient que des mauvaises nouvelles, Ylaina les mettait à la porte. La jeune femme s’assit à son tour près de son père, tentant de calmer sa sœur.
« Allons Cassie, cesse de pleurer comme ça. Il est toujours en vie, ça ne sert à rien de dramatiser. » lui souffla-t-elle, la main sur son dos.
« Arrête ! Tu sais très bien qu’il est plus mal en point qu’il n’a jamais été ! » lui cria-t-elle en la repoussant. « Et tout ça, uniquement parce qu’il a encore défié un des bourgeois du bourg ! Vous êtes pareil toi et lui, vous ne pensez qu’à votre fierté, peu importe qui vous laissez derrière ! »
La cadette partit en claquant la porte, et l’écho du bruit résonna dans tous l’être de la voleuse. Non, pas à cause de l’accusation de sa sœur à son égard, mais plutôt sur son affirmation. Un des bourgeois du bourg hein ? Elle devait mener son enquête.

En questionnant les marchands et les fermiers, elle en sut bientôt plus sur l’altercation qui avait eu lieu entre son père et le duc de Cherbar. Son père l’avait coincé sur la place, devant une foule de fermier venu le soutenir, et il avait réclamé une baisse des taxes qui les asséchait plus vide que la canicule. Il l’avait menacé d’arrêter de travailler la terre, et dans son élan, en avait profité pour ridiculiser le Duc, venu pour une fois sans son escorte.
Le tabassage n’avait eu lieu que peu de jours plus tard, au même instant où le duc annonçait une grande soirée pour célébrer la noblesse. Des objets de valeurs seraient exposés, et les meilleurs plats servis. Un des amis de son père avait reconnu un homme vêtu de l’uniforme des gardes du Dic de Cherbar. Les coïncidences étaient trop nombreuses et trop grandes pour la voleuse, qui décida de stopper son enquête là pour préparer son plan. Mais vu son ampleur, elle ne le réaliserait pas seule.

Shun

Le petit mage de glace l’avait stupéfaite avec ses dons magiques, et elle avait appris qu’il avait démissionné, en gelant sa patronne. Elle ne put s’empêcher de sourire, et sa fierté la poussait à croire que c’était grâce à elle qu’il s’était défait de l’emprise de cette gros-sous. Même si elle pensait le retrouver facilement ce ne fut pas le cas, car il devait errer et la marchande avait du mettre des gens à ses trousses, car il avait été introuvable pendant un moment. Elle avait presque failli abandonner, avant de tomber sur lui par hasard, à la sortie du bourg. Si leur retrouvailles n’avaient pas été emprunts de chaleur, il avait été sensible au sort de son père et accepté de l’aider dans son plan. Il voulait aussi sa part du gâteau.
Ils passèrent donc quelques jours ensemble, le temps qu’elle identifie la principale composante de son plan : le moyen d’entrer à la soirée annoncée. Quand elle eut sut où aller les chercher, elle savait vers qui se tourner pour les récupérer.

Aedelrik

Étonnamment, ce fut le plus simple des deux à retrouver, puisqu’il ne lui avait pas menti. Elle alla seule le jour du marché, à la recherche du roux. Plus ces deux là s’éviterait, plus elle aurait à y gagner elle, et leur plan. Elle le reconnut facilement, dans l’ombre d’une ruelle où il était tapi, guettant comme un prédateur. Elle s’approcha de lui sans faire tomber sa couverture, et lui glissa quelques mots à l’oreille. Ce qu’il entendit sembla lui plaire, car ils se retrouvèrent dans une ruelle calme quelques minutes plus tard, à discuter des détails du vol. La maison d’un riche aristocrate. Elle voulait uniquement deux bouts de cartons qui serviraient de laissez-passer pour la soirée, et il pouvait se servir dans le reste de la demeure s’il pouvait assurer que le couple ne viendrait pas aux festivités. Les cartons étaient surement vierges, aussi elle pourrait facilement se faire passer pour l’un des membres de couple.
Préparation

Elle avait maintenant ses deux cartes en main, sans qu’aucun des rois de pique et de cœur ne voient l’autre. Malgré sa stature plus banale que celle de Shun, Aedelrik avait un accent trop prononcé pour jouer le rôle de son compagnon lors de la soirée. Mais il y avait un problème de taille avec Shun : sa taille, justement. Ils durent élaborer quelques artifices avec des morceaux de bois en échasses, et des vêtements amples pour le grandir au mieux, mais il devrait s’entrainer. Ses mouvements ne devaient pas avoir l’air saccadés. Tandis qu’elle le laissa s’exercer, elle retrouva le voleur dans une taverne.

« Ma cible lors de cette soirée, ce sont les nombreuses pierres précieuses qui se trouveront dans une des vitrines centrales. C’est un gros coup, c’est pour ça que je t’ai demandé ton aide, beau gosse. On peut prendre ça comme un essai de collaboration et, si chacun arrive à avoir ce qu’il veut, remettre le couvert ? ♥» glissa-t-elle en sirotant son vin. Le jour J avait beau approcher, elle ne perdait en apparence pas son assurance. Elle était certaine que les pierres représentaient à elles seules des années de taxes, et elle souhaitait rendre leur dû aux siens, comme aux autres fermiers. Mais ça, Aedelrik n’avait pas besoin de le savoir.
« Il faudra que tu trouves un emplacement idéal d’où tu pourras surgir avec tes supers boules de fumée, et foncer directement sur la vitrine au moment où je te ferais signe. Sûrement quand ce grand balourd de Duc fera un discours. La difficulté sera de bloquer les grandes fenêtres, pour que ton mélange reste notre couverture le plus longtemps possible. » Elle avait déjà effectué quelques repérages, et elle indiqua l’adresse au voleur, pour qu’il puisse lui aussi faire un tour du propriétaire avec le jour J. Ils se quittèrent ce soir là pour ne se revoir que lors de la soirée.

Elle retourna auprès de Shun, qui avait progressé avec ses échasses de fortunes. Il restait un petit peu plus petit qu’elle, et elle eut une illumination. Tout le monde la connaissait elle, mais Shun restait encore anonyme sauf pour sa patronne gelée.


« Mon chou, tu vas être le plus vieux richou que j’ai attrapé ! » Elle saisit un charbon, et quelques poudres de couleurs. Rapidement, elle donna l’air d’un vieillard à la fée, fière de son idée. « Ma réputation de mangeuse d’hommes riches est connue, donc personne ne s’étonnera de te voir à mon bras, et on n’osera pas me chasser. Et toi, tu bénéficies encore d’un anonymat si ton ex-patronne a été conviée à la fête ! Ne me remercie pas belle gueule, c’est tout naturel ♥»
***Fin du retour en arrière***

« Le comte Shun Belly et sa compagne ! »

La jeune femme, habillée de la robe rouge fendue aux cuisses achetée quelques lunes plutôt, offrit son plus beau sourire à la foule. Les mouvements saccadés de son compagnon étaient au cœur des commérages. « Elle les prend si vieux maintenant ? Regarde ça, il a les articulations plus dures que le fer d’une lance ! Cette femme n’a aucune morale ! » entendit-elle, et ça ne fit que prolonger son sourire. C’était parfait, il restait juste à savoir où se trouvait son voleur d’expérience. La soirée allait être mouvementée.


[Hrp]Voilà, en espérant que ça vous inspire autant que moi ![/hrp]


Aedelrik


Inventaire

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(vide)

« Redonne surtout de l'éclat à Hel'tra. C'est celle dont j'ai le plus besoin ce soir. »

Le vieux hocha la tête et s'en retourna à son ouvrage. Assis dans un coin de la boutique, Aedelrik regardait cet artisan très spécial user d'un savoir faire qu'il avait toujours envié. Et de fait, même sous la menace ou les plus belles promesses, jamais le voleur n'avait pu faire cracher ses secrets à un enchanteur. Ceux ci étaient souvent aussi discrets qu'attaché au mystère de leur art. C'était déjà un miracle qu'il en ait trouvé un ici, à Hyrule.
Un mince filet de fumée s'éleva de la pipe que le rouquin avait en bouche. Il observa l'enchanteur broyer un minerai étrange en une fine poudre qu'il mêlait à d'autres ingrédient avant de l'appliquer sur la tenue de "travail" d'Aelderik. Sans doute ce dernier aurait il à payer plusieurs semaines de butin pour un tel service, mais le jeu en valait bien la chandelle. Déjà parce que des runes ne s'épuisaient pas en une nuit, et parce que ce que le casse qu'il s'apprêtait à commettre le rembourserait largement.

Un flash de lumière envahit la pièce, surprenant le voleur qui faillit chuter de l'établit où il s'était assis, tandis que la main de l'artisan n'avait même pas tremblé. Une minute après, il y eut un autre éclat de lumière, puis un autre puis une dizaine, à intervalle régulier. Aedelrik observait toujours, fasciné. Finalement, le vieux se redressa, ôta ses lunettes de protection, et souffla une dernière fois sur la tenue avant de l'offrir au regard de son client. Le rouquin écrasa le reste de tabac brûlant dans sa pipe et se fendit d'un large sourire. Hel-tra ne lui avait parue aussi belle.

***Retour en arrière, quelques lunes auparavant***

Ce jour là, on attendait la venue au marché d'un marchand de vin reconnu, et évidemment l'étranger ne comptait pas rater l'occasion. C'était la promesse de riches clients attirés par la perspective d'un grand cru à partager avec leurs amis et rivaux, pour se faire mousser dans leur petit milieu. Des cibles faciles pour un homme habile de ses mains et assez audacieux. Aedelrik attendait donc patiemment au coin d'une ruelle de repérer un imbécile ou un maladroit parmi eux quand il eut la bonne surprise de remarquer la venue d'Enora... Ou quel que soit son nom. Sa future associée, comme il se plaisait à l'imaginer, fit d'ailleurs preuve d'une discrétion appréciée par le voleur, car il ne voulait pas qu'on effraye ses proies. Mais ce qu'elle lui susurra lui fit oublier son projet et il la rejoignit, un peu plus loin, là où leurs mots ne pourraient tomber dans une oreille distraite.

La jeune femme ne lui dévoila uniquement ce qu'elle voulait bien, et le voleur le sentit. Mais ce dont elle lui parla ; la soirée, le très opulent duc de Cherbar, l'une des demeures les plus riches de la ville et des joyaux en quantité... Aedelrik en aurait presque eu des étoiles dans les yeux, si il ne s'était pas demandé tout du long pourquoi elle faisait appel à lui. Il comprit lorsque Enora lui demanda de lui fournir deux invitations. Elle devait surement s'occuper d'autres détails et ne pouvait perdre trop de temps à chercher à qui prendre ces fameux cartons. L'étranger décida de lui faire confiance et de suivre son plan. Il lui promis ce qu'elle lui demandait et partit aussitôt à leur recherche.

Dénicher les candidats fut le plus facile. Aedelrik avait déjà un petit réseau d'informateur. Pas des espions à sa solde mais des va-nu-pieds prêt à rendre service à n'importe qui de généreux. Il ne fallut ainsi que quelques heures à l'étranger pour qu'une mendiante lui rapporte le nom et l'adresse d'un couple invité à la fête. Pour un rubis de plus, elle lui donna un moyen d'entrer facilement chez eux, pour qui ne craignait pas les rats et l'humidité. Le voleur repéra autour de la demeure durant deux nuits et, l'avant veille de la fête, il passa par les égouts et, de là, pénétra dans la cave de la maison. Sans doute les deux époux ne s'attendaient ils pas à recevoir pareille visite. Conscient qu'ils ne devaient se rendre à la réception pour que le plan d'Enora fonctionne, Aedelrik avait prit avec lui de quoi les en empêcher.
Il s'empara d'une bouteille de vin et la brisa contre un mur du sous sol, s'assurant de faire assez de bruit pour être entendu. Rapidement, il entendit des bruits de pas et une voix empreinte de colère,


« Si c'est encore ton chat qui a cassé quelque chose, je le vend ! »

Silencieux, figé contre le mur, le voleur attendit dans la pénombre que l'homme descende l'escalier et passe devant lui. Alors, il l'assomma d'un violent coup de matraque. Le mari tomba sur le sol, lâchant un léger soupir. Ne perdant pas un instant, Aedelrik monta au rez-de-chaussée et, trouvant la femme en train de coudre dans un fauteuil, sortit un chiffon qu'il avait imbibé d'un profond somnifère. Elle lui posa encore moins de problème que son homme. Trop surprise pour réagir dangereusement, elle sombra dans le sommeil en quelques instants. Le voleur sortit alors de son sac des cordes et les attacha l'un à l'autre, au sous sol. Quelques minutes plus tard, il trouvait les invitations, fermait toutes les portes à clé et refermait la grille de la cave menant aux égouts, laissant là les amoureux. Le sur-lendemain, une fois cette histoire finie, il préviendrait les gardes de les libérer.

*** Quelques heures plus tard ***

Alors qu'elle lui tendait un verre de vin, il lui tendit en retour les cartons d'invitations, un léger sourire de satisfaction aux lèvres. Aedelrik était assez fier de lui, pour avoir tenu de tels délais. Il avait même eu le temps de couvrir ses arrières, assez aisément qui plus est. Il lui avait suffit de payer la mendiante qui l'avait informé pour se tenir devant la demeure de ses victimes pour faire croire à un quelconque visiteur inopportun que le couple s'était absenté quelques jours. Les risques qu'ils soient découvert étaient presque nuls. Il commença à boire son vin quand Enora lui déclara,

« Ma cible lors de cette soirée, ce sont les nombreuses pierres précieuses qui se trouveront dans une des vitrines centrales. C’est un gros coup, c’est pour ça que je t’ai demandé ton aide, beau gosse. On peut prendre ça comme un essai de collaboration et, si chacun arrive à avoir ce qu’il veut, remettre le couvert ? ♥»

Aedelrik haussa un sourcil, intrigué par l'accent charmeur qu'il avait senti dans la voix de la jeune femme. Son premier but avait toujours été d'en faire une associée mais elle désirait plus de lui, le voleur n'était pas avare pour ce genre de choses. Et même si il se berçait d'illusions à son propos, et qu'elle ne se rapprochait pas de lui après cette soirée... Au moins aurait il de quoi vivre un bon moment, et d'une manière confortable, avec ce qu'il pourrait trouver chez le duc. Il acquiesça donc en retour à sa partenaire, tandis qu'elle poursuivait.

« Il faudra que tu trouves un emplacement idéal d’où tu pourras surgir avec tes supers boules de fumée, et foncer directement sur la vitrine au moment où je te ferais signe. Sûrement quand ce grand balourd de Duc fera un discours. La difficulté sera de bloquer les grandes fenêtres, pour que ton mélange reste notre couverture le plus longtemps possible. »

« Il n'y aura pas de difficulté, jeune fille. »

De la vantardise ? Peut être y avait il de cela mais au fond de lui, Aedelrik n'avait aucun doute sur ses capacités et son expertise pour ce genre de casse. Quand on vole un duc, on peut en voler cent, et l'étranger avait déjà de l'expérience en la matière. Lorsque la bouteille fut vide et les détails réglés, elle lui indiqua l'adresse et il alla inspecter le terrain. Une demeure de grand noble, haute et massive. Plusieurs ailes et une cour centrale, ainsi que des bâtiments pour les serviteurs. Le voleur grimpa sur un mur latéral et repéra à travers une fenêtre une grande salle où on dressait des teintures et des tables. Il repéra alors des poutres, juste au niveau du plafond, qui traversaient la salle en longueur et en largeur. De plus, un chemin faisait le tour de la salle, au premier étage. Il ne lui en fallut pas plus. Il repartit à son auberge et s'abandonna au sommeil.

***Fin du retour en arrière***

« Le comte Shun Belly et sa compagne ! »

Aedelrik observa à la fenêtre Enora, accompagné par un vieil inconnu, s'avancer dans la salle. Le voleur eut un réflexe de méfiance, car il ignorait tout de la présence d'un troisième, surtout de cet âge. Il lui semblait étrange qu'un grabataire soit d'une quelconque utilité, à moins qu'il ne soit qu'un prétexte pour donner le change aux vrais convives. Il faudrait qu'il en parle à la jeune femme, mais plus tard.
La priorité était de faire ce qu'ils avaient prévu. L'étranger continua donc son ascension, jusqu'à se retrouver sur le toit. Comme il s'y attendait, un garde y patrouillait, sans armure afin de mieux garder l'équilibre sur les tuiles légèrement en pente. Le voleur, suspendu dans le vide, attendit qu'il soit passé devant lui pour se hisser sans un bruit. Lentement il s'approcha, et, frappant de ses deux poings en étaux sur le crane de la sentinelle, la fit s'effondrer, assommée. Et pour un bon moment, il l'espérait, car il n'avait pas le temps de le neutraliser.
Rapidement il se rendit sur la façade de l'aile où se déroulait la fête, et compta les fenêtres ouvertes : quatre, toute sur le même versant, et au premier étage. C'était juste mais ça devrait passer. Aedelrik sorti alors un sachet de poudre d'une besace, y plongea un doigt qu'il ressortit recouvert de l'étrange composant. Il traça alors le signe runique Hel'Tra là où il était déjà gravé sur sa tenue. Aussitôt, l'enchantement s'activa et il devint presque invisible. La magie était sophistiquée mais elle n'empêchait pas l'observateur averti de remarquer une léger distorsion lorsqu'il bougerait, comme l'illusion d'un reflet paisible sur l'eau qui disparaît quand la surface se trouble.

Ainsi dissimulé, il descendit la façade jusqu'à un balcon et entra par une fenêtre ouverte. Une dame aussi grosse que bruyante faillit lui rentrer dedans mais il se plaqua contre le mur juste avant. Alors, il entreprit, aussi lentement que possible, de fermer les fenêtres, l'une après l'autre en tâchant d'esquiver les personnes qui déambulaient à cet étage. En dessous, il observait régulièrement sa complice.
Lorsque la salle fut isolée de l'extérieur, il escalada une colonne et monta jusqu'à une des poutres du plafond. Là, il referma la rune et attendit, une main dans une sacoche, prêt à entrer en action au signal.


[hrp]Ouais, ça m'a inspiré x) [/hrp]


Invité

Invité
(Vraiment désolé du retard, c'est sympa d'avoir attendu !)

J'avais erré des jours sans but, sans savoir exactement ce que je cherchais. Une distraction ? Il y avait eu la jeune Clem et la rencontre avec la voyance, mais je ne savais pas encore quoi en faire. Un but ? Pour l'instant je n'en avais pas, mais je restais au bourg, alors que mon ex-patronne m'avait fait recherché. Il fallait dire que la bourse que je lui avais dérobé était grasse, et elle m'en voulait beaucoup. Peu m'importait, j'avais été très fier de ma vengeance sur l'instant, c'était tout ce qui comptait.
Ce que je cherchais se présenta subitement à moi quelques jours plus tard, en la personne d'Ylaina. Mes sentiments étaient complexes envers cette femme. Je n'étais pas insensible à son charme, mais nos premières rencontres m'avaient... refroidies. Triste ironie. Pourtant, lorsqu'elle s'adressa à moi, et me parla de son plan, ce fut en toute honnêteté. Je ne savais pas si elle était capable de mentir sur l'état de son père, mais je choisis de lui faire confiance. Il y avait un potentiel dans cette femme, et je ne voulais pas passer à côté.
"Je marche, mais uniquement pour avoir une part. Je ne fais pas ça pour tes beaux yeux, voleuse."

Les quelques jours que nous passâmes ensemble furent étonnamment agréables. Je découvrais une nouvelle facette d'elle. Une facette qui me plaisait tout autant que l'espiègle voleuse. Elle régnait en maîtresse sur le bourg, connaissant les moindre recoin. Elle devait avoir grandit ici.
Les jours passèrent, et un jour elle me convoqua. Je craignais le pire, et j'eus raison.
« Mon chou, tu vas être le plus vieux richou que j’ai attrapé ! »

Elle me prépara donc pour le soir même, et je ne comprenais toujours pas comment elle espérait que ma taille ne nous joue pas un tour, et surtout, comment comptait-elle s'en sortir uniquement à deux. Nous ne nous connaissions pas encore assez pour faire un duo invincible, et j'ignorais tout de ces compétences. Le stress me gagna rapidement quand nous arrivâmes dans les lieux désignés.
« Le comte Shun Belly et sa compagne ! »

Sous mon maquillage, je retins un grincement de dents. Mon vrai nom était à présent connu de tous, ou du moins de tous les richards présents à cette réception. J'entendis les mumures, mais mes yeux étaient occupés à tout ausculter. Où était la cible ? Comment fuir d'ici ? Combien y avait-il de gardes ? Ylaina semblait trop paisible à mes côtés, et je dus me concentrer sur ma marche tandis qu'elle m'emmener plus loin.

(C'est court pour qu'on enchaine sur le vif du sujet)


Deux poings saisirent ses tempes et ses genoux flanchèrent. Sa main n'avait pas eu le temps de trouver sa dague que déjà il s'effondrait tandis que ses yeux se voilaient d'un noir qui n'était pas celui de la nuit. Arwen sentait doucement son corps chuter, ses membres s'affranchir d'un contrôle qu'il n'avait plus. Et bien tôt, bien trop tôt, sa joue s'écrasa sur les tuiles. Il n'aurait su dire s'il poussait râle ou soupir, ou même s'il avait le moindre bruit. Le monde, autour de lui, s'était comme bloqué sur un crépuscule éternel. Ses doigts effleurèrent la toiture alors qu'il commençait à dériver dans l'obscurité. Bien trop tôt, et sans doute pour bien trop longtemps.
*

Gerald renifla, lourdement, appuyé sur sa hallebarde. Elle ressemblait beaucoup à celle qu'il avait manié, du temps où il s'était engagé dans l'armée royale menée par Llanistar van Rusadir. Il l'avait quittée assez vite, d'ailleurs : quelques uns de ses amis lui avaient indiqué cette planque. Le duc de Cherbar - qu'il n'avait jamais vu, au demeurant - payait autrement plus cher que ne le faisait la gamine qui dormait dans la soie tandis que ses hommes se faisaient charcuter aux confins du Royaume. Ici, il n'avait pas grand chose à faire, sinon garder l'oeil ouvert de jour comme de nuit. Des fois que quelqu'un voudrait du mal à cet homme si bon qu'il offrait gîte et pitance à l'intégralité des hommes qu'il embauchait (ou débauchait, c'est selon) dans l'armée Hylienne. Certains avaient évoqué la crainte de voir des forces indépendantes se dresser un peu partout dans la ville, mais ça n'était pas là son problème. Ce qui l'inquiétait, c'était de ramener suffisamment d'or pour nourrir sa soeur et les enfants qu'elle avait eu avec feu son époux ; mort pour le Prince.

"Hé, débile, envoie la picole !" Beugla-t-il à l'attention de son camarade. La bouteille de vin vola et manqua de l'assommer. « Abruti ! Eul'Duc a payé cette vinasse sûrement plus cher qu'on payerait ta femme ! » Les doigts de sa main gauche fermement vissés autour du goulot, il chiqua le liège jusqu'à l'arracher. Et quand il renversa le crâne, l'alcool coula à flot au fond de sa gorge, en plus de venir irriguer le début de barbe qui lui mangeait le menton. Finissant le fond qu'il restait, il jeta la bouteille sans ménagement. Ils avaient réussi à en piquer un plein sac : puisque le Duc donnait sa petite réception, il avait également fait l'acquisition d'une large cargaison d'un vin qu'aucun d'entre eux n'aurait pu se payer. Et puisqu'ils savaient tous que rien n'arriverait, autant s'accorder les loisirs que s'autorisait leur maître.

"T'as entendu ça ?" Souffla l'autre, dont la gueule apeurée se distinguait à la lueur de la torche qu'il portait. « Ta gueule. Envoie une autre bouteille, j'ai soif. » Son camarade lui lança un regard noir, en dépit de l'inquiétude qui marquait ses traits.  « T'as déjà bien assez bu, Gerald. J'te dis qu'il y a eu un bruit.
Tu sais que tu fais chier, petit con ? Y'a rien ! » Grogna Gerald, non sans jeter sa main à la gorge de son co-équipier. L'alcool lui montait toujours vite à la tête, et celui-ci était d'autant plus trompeur qu'il était plus délicieux qu'aucun de ceux qu'il avait déjà goûté.

Eagen posa sa propre main bardée de fer, de mailles et de cuir, sur le poignet de son compagnon. Si ses oreilles l'avaient poussé à la suspicion un instant plus tôt, le ton qui montait l'avait ramené sur terre. De la même façon, semble-t-il, que quelques faiblesses dans la toitures du Châtelet suffirent à mettre fin prématurément à l'accrochage. Du toit chuta un corps — sans armure ni couleurs. Quelques tuiles suivirent, et le bruit sourd qui s'éleva dans le dos d'Eagen finit par convaincre Gerald. Jusqu'à ce que sa main lâche le cou du deuxième garde. « T'as... T'as raison, allons voir... » Bredouilla-t-il tant bien que mal. Les cottes des deux hommes cliquetèrent dans la nuit, tandis qu'ils se mettaient à courir. Bientôt, ils parvinrent jusqu'au point de chute. Gerald se pencha, le bras en arrière et la main ouverte. Ses doigts se refermèrent sur la torche de son binôme. « Foutredieu ! C'est Arwen ! » Il n'avait jamais vu les ravages de la guerre, comme il aimait s'en vanter devant son idiote de soeur et ses trois clampins de neveux. Pourtant, l'horreur s'était fait le nouveau masque qu'il ne parvenait pas à retirer.
*

D'un bref sourire, le Baron salua une des connaissances qu'il n'avait jamais pu supporter. Bien trop lui reprochaient de n'être issu que de petite famille, et parfois d'avoir les dents trop longues. Pour autant, aucun d'entre eux ne comprenait ce qu'il cherchait véritablement. Certainement pas la compagnie de tout ces hommes et toutes ces femmes qui ne raisonnaient qu'en termes de lignées et qui, pour cela, le méprisaient autant qu'il les haïssait. S'il avait daigné venir - tout en sachant que son hôte espérait qu'il déclinerait l'invitation - c'est parce qu'il avait appris que le frère Dehan, du Castel-Royal, serait également présent. « Allons  frère ! Ne pouvez-vous pas accélérer ? Il me tarde de quitter ce petit monde ! » Siffla-t-il si bas qu'il lui était possible de le faire. Sous son sourire de façade persistait sa rancoeur.  « Je viens, je viens ! Mieux que quiconque, vous savez le protocole qui incombe à ce genre de situations ! »

Ils finirent par arriver à s'extraire à la foule et s'isoler dans un des salons privés du Duc. « Vous avez ce que je vous ai demandé, mon frère ? » Souffla-t-il, si vite et si prestement que le sacerdoce le dévisagea un instant. « Oui... Oui, bien sûr. Comment aurais-je pu l'oublier ? » De la manche de la bure glissa une petite bourse de veau velours qu'il rangea soigneusement dans une poche intérieur, après s'être assuré qu'ils étaient à l'abris des regards. « Vous pourriez oublier votre tête si elle n'était visée à votre corps. » Le moine lui lâcha un regard qu'il préféra ignorer. « Très bien. Il est temps de nous séparer. » Lança-t-il, la voix toujours basse. Sa main attrapa celle de l'homme d'Eglise, et il la secoua vivement tandis que quelqu'un arrivait. « Ce fut un plaisir de vous croiser, et d'admirer ces quelques tableaux en votre compagnie, frère Dehan. Je dois néanmoins prendre congé. » Il se fendit de son plus beau sourire, salua la femme du Duc, tout en s'octroyant l'insolence de la déshabiller du regard. Cette femme avait toujours été trop belle pour ce qu'elle était intelligente, et un jour il lui ferait payer.

Le Baron inspira lourdement, alors qu'il faisait de nouveau face à la foule. Ses yeux d'or - les mêmes que ceux du plus lointain de ses oncles dont on disait qu'il avait siégé au Ban avant d'être retrouvé pendu à crochet de boucher - la balayèrent, habités par une profonde lassitude. Jusqu'à tomber sur deux silhouettes inconnues. Et s'il n'avait pas la moindre envie de les côtoyer, il avait malheureusement croisé leurs regard. Il pouvait se permettre d'être insolent, pas malpoli. Aussi s'avança-t-il jusqu'à la jeune femme et son vieillard de compagnon.« Messire, ma Dame, bonsoir ! » Tona-t-il de sa douce voix, avant de tirer une fleur d'un des deux arbres nains qui ornaient les escaliers de marbre. « Si vous le permettez, ma Dame, voilà pour vous ! » Glissa-t-il alors, dans sa révérence, un air mesquin sur le visage. «Je ne crois pas que nous ayons déjà été présentés ? » Reprit-il ensuite, interrogeant l'homme plus que la femme, mais en cherchant davantage le regard de cette dernière.
... Alea Jacta Est ...

Un unique dé à six faces (D6) sera lancé pour déterminer l'état d'Arwen, le garde assommé par Aedelrik, après sa chute du toit de la demeure du Duc de Cherbar. Selon les conséquences de cette chute, la progression du RP prendra un cours différent.

D6 : La chute

Si le résultat est compris entre 1 et 5 :
Arwen chute lourdement, et se rompt la nuque avant de toucher terre. La collision disloque sa colonne vertébrale, laissant son corps dans un état horrifiant une fois au sol. Gerald, horrifié, ne bouge pas. Cependant, Eagen qui comptait Arwen parmi ses meilleurs amis bouillonne d'une rage meurtrière qui le rend aussi imprévisible que dangereux, tant il est désireux de venger son camarade. Pour autant, Gerald parvient à tempérer sa colère le temps de mettre le Duc au courant. L'alarme est donc donnée immédiatement, et l'intrusion connue de la garde (pas des convives). Les hommes du Duc débutent les recherches.

Si le résultat est 6 :
Arwen chute lourdement, mais survit par un miracle dont seules les Déesses ont le secret. Plutôt que donner l'alarme immédiatement, les deux gardes décident de commencer à soigner leur ami pour pouvoir ensuite l'interroger plutôt que de déranger le Duc sans savoir à quoi ils ont affaire. L'intrusion n'est pas encore révélée.

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Ylaina Torsene


Inventaire

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(vide)

Elle entraîna Shun vers un des côtés de la salle, cherchant les fenêtres des yeux. Rapidement, elle put se rendre compte qu’elles étaient fermées, et la jeune femme ne cacha pas son sourire. Tout commençait bien, le plan suivait son cours, et personne ne soupçonnait la fée sous son déguisement. Ils allaient se rapprocher du but d’Ylaina, quand un imposant monsieur vint à leur rencontre alors qu’ils approchaient des escaliers, suite à leur échange de regard. Elle s’en mordit la lèvre. Il allait surement falloir taper la causette à un gros sous qui ne l’intéressait pas et pour cause ! Il n’était pas le Duc, mais il lui sembla comprendre aux murmures des autres convives qu’il n’était que Baron.

« Messire, ma Dame, bonsoir ! Si vous le permettez, ma Dame, voilà pour vous ! » dit-il, en lui tendant une fleur et en faisant une révérence. *Un parfait pigeon* pensa-t-elle, elle savait quoi jouer. Elle avait l’habitude de ce genre de type.

« Oh merci elle est magnifiiiique ! » fit-elle, les yeux brillants et le sourire presque niais. Il cherchait son regard, et elle se fit un plaisir de lui offrir, jouant les yeux de biche de la jeune femme malheureusement forcée à épouser un vieux monsieur, mais qui pour se consoler trouver refuge dans les bras d’autres hommes. Son vieux monsieur en la personne de Shun était d’ailleurs le bénéficiaire, et pour la crédibilité de leur ‘couple’, elle devait le laisser répondre. Elle espérait juste qu’il soit doué pour l’improvisation. Mais elle le soutint vite, car la prochaine question fut la sienne, à l’encontre du Baron.

« Et vous très cher, quel est votre nom ? Je suis bien malheureuse de ne pas avoir eu la chance de vous croiser avant, il faut dire qu’avec l’état de santé de mon vigoureux compagnon, nous évitons les sorties mondaines… »

Elle repapillona les yeux, souriant à leur obstacle. Apparemment, il faudrait compter sans l’accès au premier étage, s’il continuait toujours de leur tenir la jambe. Mais le moment qu’attendait Ylaina arriva enfin, du moins ce fut ce qu’elle crut, car le Duc de Cherbar apparut, vêtu richement, et chercha l’attention de l’assemblée en faisant tinter sa fourchette contre son verre. Elle s’apprêta à faire un signe, mais quand le Duc commença, elle se ravisa, et fut bien avertie.

« Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre présence ici ! Toutefois je vous prie de prendre garde, il semble que des… maraudeurs semblent tenter de ruiner notre petite fête. Je vous invite donc à faire attention si vous êtes amenés à sortir, bien que mes gardes veilleront au grain ! » Sa voix et son discours puaient l’opulence, mais ce ne fut pas ce qui inquiéta Ylaina. Que c’était-il passé avec Aedelrick ? Les fenêtres étaient pourtant fermées, où était-il ? Rattrapés par la garde, ou seule sa présence avait été soupçonnée ? Elle se pencha vers l’oreille de Shun.

« Reste sur tes gardes, ce n’était pas prévu. Il va falloir être réactif mon mignon, je pense qu’on va passer à l’œuvre plus vite que prévu. »

Mais avant de donner le signal, il fallait d’abord mettre la main sur la vitrine ciblée, et surtout sur les pierres qu’elle contenait. Ils prirent donc congé du Baron, qui n’inspirait pas confiance à la jeune femme. Mais elle n’avait pas le temps de s’attarder là-dessus. Ils avancèrent dans le manoir, toujours entourés par la foule.