L'errance est la meilleur amie de la surprise

Avec Dreack

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Morgane


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Morgane avait encore les larmes aux yeux malgré sa résolution nouvelle. Elle avait trouvé un but, mais à quel prix ? Celui de la haine et de la rancoeur, et de la méfiance envers une justice vérolée et maladive. Son cheval trottait au hasard, car sa cavalière ne le guidait pas. Ses yeux flous se fermaient de temps à autre. Le visage de ses parents dansaient dans ses pensées. Etaient-ils morts pour la liberté de leur fille, ou à cause de leur servitude. Les larmes de chagrins se transformèrent en larmes de rage. Mais Morgane sentit bientôt une autre larme sur son bras, qui n'avait rien à voir avec ses émotions aléatoires : la pluie commençait à tomber.

Morgane reprit le contrôle de l'étalon, et pressa ses bottes contre les flancs de l'animal. La pluie n'était pas encore drue, et si elle accélérait elle pourrait rejoindre Cocorico à temps. Elle se pencha sur le cheval, cherchant une protection contre le vent qui se levait également.


"Quelle poisse."

Plus Morgane s'inquiétait de ne pas arriver assez vite, plus la pluie fouettait sa peau. Le canasson soufflait sous l'effort, mais souffrait également de la pluie. Un éclair éclata tout près, et un vacarme assourdissant retentit. C'en fut trop pour l'étalon, qui rua sous la surprise. Morgane n'était pas préparée. Elle essaya tant bien que mal de rester sur le cheval, et ses mains s'aggripèrent en vain à sa crinière alors que le bas de son corps glissait déjà dans le vide. Une secousse de plus et la sheikah s'étala dans la boue qui commençait à se former. Libéré de sa cavalière, l'animal fuit au galop.

"Revient, saloperie, ou je te transforme en steak !"

Le juron de Morgane fut couvert par un nouveau couple éclair/tonnerre, et la sheikah n'était pas rassurée. Elle chercha des yeux un abri où se mettre, et elle repéra bientôt ce qu'il lui fallait : dans la pénombre naissante une grotte se dessinait. Morgane se releva à la hâte, et couru à toute vitesse.
L'abri de fortune était sombre, mais il restait sec et c'est tout ce qui importait à la jeune femme. Elle s'asseya sur une roche proche, essorant le bas de sa robe. Heureusement sa besace n'était pas tombé dans la ruade du cheval : elle sortit de quoi faire une torche rudimentaire, et vérifia que son fleuret était toujours là.

C'est à la lumière de la torche que Morgane se rendit compte que la grotte n'était pas d'un renforcement dans la roche : un tunnel naturel se dessinait en arrière, caché par la pénombre. La sheikah se leva : elle ne se sentait pas seule dans cet abri de fortune, et quitte à laisser passer l'orage, autant assouvir sa curiosité.
Elle s'enfonça donc dans le tunnel, bien qu'elle se sentit bientôt oppressée. Le passage était étroit, et pour l'instant elle avait juste la place de tenir légèrement courbée. Pourtant au fur et à mesure qu'elle s'enfonçait, son instinct continuait de réagir à une présence. Bientôt la lueur de la torche ne fut plus visible de l'extérieur...


Dreack


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L'eau qui s'infiltrait dans la terre et entre les rochers gouttait sur sa capuche. Comme une bête blessé, le Sorcier Noir tentait de reprendre ses forces. Ces derniers jours n'avaient pas été de tout repos. Trop faible pour rejoindre ses alliés Dragmires, Dreack avait trouvé refuge dans l'une des nombreuses cavernes souterraines de la plaine d'Hyrule. A l'abri de la lumière et des intempéries, il en avait profité pour retrouver ses forces. L'Horreur du Clan avait toujours eu plus de facilité à évoluer dans ce genre de lieu. Une pénombre quasi constante, un air vicié, des espace restreints pour la première fois depuis des jours, Dreack se sentait enfin chez lui. Il avait survécu en se nourrissant de fongus et autres mousse qui poussait sur les rochers de la caverne. Si il n'y connaissait pas grand chose en herboristerie, il était en revanche très bien informer sur la flore cavernicole.

Dreack n'avait pas eu non plus à craindre la présence d’éventuel monstre. Sa seule présence ici suffisait à les repousser. Un groupe d'Araknons avait bien tenté de l'attaquer mais il s'en était débarrassé aussi rapidement qu'ils étaient venu. Aillant enfin droit à son repos, il avait put reconstitué une bonne partie de ses réserves magique. Grâce à ça, il se sentait beaucoup mieux bien que les douleurs infligés par le rédempteur et la mendiante était encore présente. Mais à présent qu'il sentait la douce caresse du mana sur sa peau, il savait que ses sévisses ne serait bientôt qu'un souvenir qui se transformera en rancune.

Privé de la lumière du jour et de la lune, il avait perdu la notion du temps. Il aurait très bien put passer encore des semaines entières ici, si il n'avait pas une tâche à accomplir. Une fois qu'il aurait totalement recouvré ses forces, il s'aventurerait dans le monde extérieur qu'il déteste tant. Il n'avait pas éprouvé le besoin d'explorer la caverne, pourquoi s'aventurer aux plus profond des ténèbres alors qu'on ne fait presque qu'un avec elle ? A la manière des mystiques de la nature qui communie avec la terre-mère, Dreack avait crée un lien avec ce lieu tortueux et sombre. Et il sentait une lumière dans son ombre. L'averse soudaine avait sans doute pousser un voyageur à chercher refuge dans son lieu de repos.

Le Sorcier Noir laissa l’énergie des lieux l'envahir. Les champignons fluorescents se mirent à briller d'une lueur violette, réagissant à ses pouvoirs en créant des nuages de spore qui se déposèrent sur le sol avant de glisser sur celui-ci. Un courant d'air traversa la caverne faisant virevolter les nuages, les amenant dans les ténèbres profondes. Quelques minutes plus tard, alors que l'intrus avançait dans les couloirs tortueux de la grotte, quelque chose frotta contre les parois rocheuses. Une demi-douzaine d'yeux rouges s'ouvrirent en même temps avant que les Araknons tombent sur le sol bloquant l'endroit d'où venait la jeune femme. Une autre plus grosse tomba à son tour. Ses pattes velus se levèrent et la bête feulât en direction de la Sheika. Lorsqu'elle retombèrent, son oeil s'ouvrit mais au lieu d'être rouge comme les autres, celui ci brillait d'une lueur violette. Les monstres se mirent à grogner en direction de la jeune femme pendant qu'une voix lointaine s'adressa à elle.


- Qui pénètre mon domaine ?


Morgane


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Dès qu’elle vit l’Araknon, le sang de Morgane se glaça. Il vint directement geler son cœur, et le sang glacé se propagea dans tout son corps au rythme d’un battement de cœur accéléré. Elle sentit ses extrémités se figer, et sa cage thoracique se resserrer presque à l’étouffer. Dans un contraste parfaitement fourbe, la peur vint exploser dans son ventre et liquéfier ses entrailles. Si le froid ne la paralysait pas, Morgane aurait lâché une galette : il était assez simple de comprendre qu’elle était terrifiée par les araignées et autres monstres y ressemblant un peu trop.

Sa poigne se raffermit tant bien que mal autour de son fleuret. La voix venant des ténèbres lui paraissait presque dérisoire, jusqu’à ce que son délire n’imagine le pire : appartenait-elle à cette saloperie de monstre ? Cette horreur n’était déjà pas assez immonde ?! La fière sheikah n’était l’ombre que d’elle-même à ce moment là, et elle aurait tout donné pour pleurer. Mais on lui avait appris depuis toute petite à retenir ses larmes, aussi elle ne fit pas cet honneur là au monstre.


"Qui est là… ?"

La sheikah n’arrivait pas à voir à travers les brumes de la peur. Son esprit embué savait pourtant qu’il lui fallait trouver une source de chaleur pour contrer le froid qui l’engourdissait des nerfs aux pieds. Sa voix tremblante la rendait honteuse, et sa vessie était à deux doigts de la lâcher pour lui faciliter la course. Saloperie de réflexe de survie. Morgane maudit ses soit-disant déesses qui leur avaient apporté Force, Courage et Sagesse. Elle passait la pire journée de sa vie : une justice pourrie par les hyliens, son cheval qui s’était fait la malle, et maintenant cette ignomie. S’en était trop.

"Ton domaine ? Tu dois être le noble le plus moisi qui soit pour que ce trou soit ton domaine !"

La rage commençait à faire son effet. Il n’existait pas de monstres parlant, même dans les cirques les plus audacieux. Même les contes sheikahs n’imaginaient pas une telle horreurs, il fallait donc voir cet obstacle comme une simple araignée. Une araignée de presque plus d'un mètre de haut et avec des pattes gigantesques, mais une simple araignée quand même.

Dans un geste entre rage et terreur, Morgane agita brusquement la torche de fortune vers l’œil violet de l’Araknon tandis que son second bras dardait son fleuret vers un monstre plus téméraire que les autres qui s’approcherait trop près. Les bêtes qui grognaient lui empêchait une fuite sereine par un simple retour arrière et ces grands yeux représentaient des cibles faciles si on occultait les affreuses pattes velues sur le chemin. Et puis quitte à passer une journée de merde, autant y plonger jusqu’au cou.


Dreack


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Les mandibules de l'Araknons écumèrent d'une bave grisâtre lorsque la jeune femme agita sa torche de fortune dans sa direction. Elle envoya ses pattes supérieure en avant, comme pour chasser la flamme qui lui bruler la vue. Mais plus loin dans le tréfonds de la caverne, Dreack eut frisson. Alors que son esprit vicieux farfouillait dans celui de la jeune femme, il sentit quelque chose qui fit vibrer sa propre essence. Une flux tellement proche du sien qu'il avait frissonné son corps. Ses yeux s'ouvrirent et son regard s'illumina d'une lueur verte éclairant son visage blafard sur laquelle se dessina un sourire mauvais. Cette essence, il la connaissait bien. Il prit une profonde inspiration, les spores flottant dans la pièce pénétrant dans ses narines, un acte semblable aux  toxicomanes qui constituaient une proportion marginale des sujets de la Reine. Il sentit déjà l'afflux de magie imprégné son cerveau, il allait testé quelques chose.

Plus loin dans la caverne, la matriarche Araknon s'agita. Elle se mit à vibrer, ses pattes glissants sur le sol rocheux recouvert d'une fine brume. On aurait dit qu'elle était sur des roulettes et qu'elle avait du mal à tenir l'équilibre. Des bruits de craquement résonnèrent dans la caverne alors que la bête se tordait de douleur en émettant des bruits stridents avant de s'écrouler sur le sol, toujours agité de spasmes de douleur. Puis sa carapaces se fendit, son sang giclant sur les parois de la grotte. Lentement, une femme se releva de la carcasse de la matriarche Araknos. Si elle n'avait pas comme des protubérances de chitine qui recouvrait quelques partie de son corps, on aurait put croire qu'elle était nue, mais la femme se releva complétement faisant tourner sa tête sur sa nuque pour la faire craquer. Son mouvement s'arrêta pour qu'elle puisse plonger son regard dans celui de la jeune femme. Malgré l'obscurité, ses traits étaient parfaitement discernable grâce à la lueur surnaturelle qui s'échappait de ses yeux. Une copie conforme de la suzeraine des terres des Déesse se trouvait à présent devant la jeune femme, même si sa peau était plus ambré et que le diadème qui était d'ordinaire d'or et de pierre précieuse était fait de chitine et de ce qui semblait être de petits œufs. Elle fixa Morgane et tendit sa main vers elle.


- Tout les trous de ces terres m'appartiennent, comme la vie de tout tes misérables semblables.

Les Araknons commencèrent eux aussi à muter se transformant peu à peu en Garde Royale n'aillant pour seul différence avec eux, leurs armures de chitines, la bave abondante qui filtrait à travers leurs casques et leurs multiples bras. La Reine pointa du doigt la jeune femme et un air mauvais s'installa sur son visage.

- Gardes ! Éliminez cette blatte de ma vue !

Les gardes se mirent à baver plus abondamment avant de foncer vers la jeune femme, leurs bras armé de crochet acéré tendu vers elle. Un vent froid vint caresser la nuque de Morgane remontant lentement le long de sa nuque avant de s’immiscer dans son oreille comme un doux murmure.

- Soit sans pitié ... Car ils n'en auront aucune ...


Morgane


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Tout se passa trop vite pour l’esprit fatigué et embué de Morgane. Le monstre bava, et quelques secondes plus tard, il n’y eut plus de monstre : il n’y avait que la raison principale de sa souffrance au quotidien depuis des années. La conscience de la sheikah savait, au plus profond d’elle-même que cette représentation de la reine n’était, justement, qu’une représentation. Mais le cœur de la jeune femme était au bord de l’explosion : se tenait en face d’elle la plus grande garce de l’univers à ses yeux, et elle mourrait d’envie de la faire souffrir en retour.

Morgane n’avait jamais vu la reine de ses propres yeux, mais son père lui en avait montré un portrait il devait y avoir deux ou trois ans de cela. Tous les sheikahs se devaient de savoir qui était l’hylienne qui bénéficiait du soutien de dame Impa. Pour la brunette, Zelda était la pire des esclavagistes : malgré son pouvoir, sa prétendu gentillesse et son soi-disant sens de la justice, elle continuait de profiter de la servitude des sheikahs, sans rien faire pour changer cela.

Les mots de la pseudo-Zelda vinrent marteler le fer déjà chaud de sa rage. Dans son esprit, Morgane n’était plus dans la caverne : elle était dans une des somptueuses salles du château, où dans un coin son père en haillon nettoyait le sang que répandait le cadavre encore chaud de sa mère. Les gardes commençaient à s’organiser, et une brise fraîche vint caresser Morgane, lui délivrant un conseil qui sonnait comme la permission qu’elle attendait. Il était temps de rendre justice soi-même.

La sheikah n’avait jamais combattu en temps réel grâce à la protection de sa mère. L’entrainement sur des mannequins de paille avait beau avoir été assidu et régulier, se trouver face à des ennemis bougeant et attaquant en retour était une toute autre histoire. Pourtant, pas un instant la main de Morgane ne faiblit. Elle se mit à danser entre les gardes, cherchant la faille dans les armures factices de son imagination. La pointe fleurait les morceaux de peau découverts, tranchait ce qui pouvait l’être. Des zébrures vinrent bientôt s’aligner sur ses bras, mais son esprit occulta la douleur : ses yeux étaient rivés sur Zelda. Alors elle continua, tuant plus de monstres, prenant plus de coup. Un des gardes réussit à la frapper par derrière, et Morgane tomba au sol genou en avant. Elle se releva rapidement, tuant dans le même coup celui qui l’avait fait tomber. Mais un second assaut la renvoya à terre. Elle essaya de se relever, mais déjà un autre monstre venait lui asséner un nouveau coup, et le cercle se resserrait autour d’elle. Les zébrures recouvraient totalement ses bras, son sang se mélangeant à la bave des monstres. Son visage écopa aussi d’un puissant coup, éclaboussant le sol d’une teinte vermeille. Morgane serra son fleuret contre sa poitrine, comme pour protéger le dernier lègue de sa mère.


"NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN !"

Le cri monta du plus profond de son ventre, chargé de haine et de chagrin. Elle allait mourir ici, sans même avoir eu le temps de commencer sa mission vengeresse. Elle allait rejoindre les autre sheikahs abattus dans l’ombre, et disparaitrait de la surface d’Hyrule non pas dans un combat épique au sein même du château, mais au fond d’une caverne sordide face à une Zelda d’illusion. Elle allait mourir parce que son cœur avait souhaité en découdre avec un fantasme plutôt que d’écouter sa raison et de fuir le piège tendu. Dans un dernier instant de lucidité ou de folie, Morgane se mit à espérer que la brise reviendrait lui caresser la peau une ultime fois, soulageant la douleur des blessures de ses bras, lui murmurant de dernières paroles.


Dreack


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Les " créatures " envoutés de Dreack avait accomplit plus qu'il n'avait espéré. Malgré une rude détermination, la jeune femme avait succombé aux assauts des créatures troglodytes. Les monstres vicieux entourent la jeune femme, gargouillant derrière leurs casque de métal enfoncé sur leurs visages. Certains bavaient si abondement, que leurs flux s'écoulait aux travers de la visière pour s'écraser ensuite sur le sol froid de la caverne. Ils agitaient leurs mandibules, prêt à découper leur victime.

Mais un bruit de pas mit fin à leurs instincts nourriciers. Ils s'écartèrent laissant la monarque, prendre place au sein du cercle. Elle se pencha au dessus de la jeune femme, ses nattes tressés pendant de chaque coté de son visage tordu par un rictus d'amusement. Sa tête pencha sur le coté alors que ses yeux reprirent une teinte verdâtre.


- Pitoyable. Comment as tu pu croire un seul instant que tu aurais tes chances contre moi et mes serviteurs ?

Les gardes se remirent à gargouiller à l'appel de leurs patronymes. La Reine se redressa et toisa narquoisement la sheikah.

- Meurs, comme tu as vécu ...

- Seule ... Et faible.

Au plus profond de la caverne, Dreack prit une grande inspiration. L'esprit de la jeune femme était prêt à être moissonné. Un tel potentiel gâché lui inspirait du dégout. Tellement de haine et de colère, et si peu de volonté de l'utilisé. Il était temps de refermer le piège. Si elle avait été une distraction mineur pour le Sorcier Noir, peut être que son âme satisfera le Marchand.

Les créatures semblèrent réagir plus farouchement lorsque la voix retentit. L'un d'entre elle rugit, avant de lever sa griffe en l'air, fouettant l'air vicié de la caverne. Puis son regard se braqua sur la Sheikah. Il bava au travers de son casque et s’élança vers elle.


Morgane


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La haine décida qu'il était temps de reprendre le dessus sur le chagrin. La douleur sembla s'éclipser, le feu parcourut ses veines pour alimenter son corps d'une énergie nouvelle. Telle le félin face à son ennemi, Morgane retroussa les lèvres et un grognement monta du fond de sa gorge. Ses poils se redressèrent, et les flux des monstres aux alentours se mirent à agiter cette maigre toison, décuplant le sens du toucher de Morgane d'une façon bestiale : ce que ses yeux ne voyaient pas, ses poils lui indiquaient. Elle retroussa les manches de sa robe, se redressa en courbant le dos, se donnant du volume. La garce était là.

"Crève pouffiasse."

Elle n'était plus la sheikah. Elle était le lynx qu'elle avait laissé dompté toutes ces années. Son fleuret retrouva naturellement place dans sa main, mais ses mouvements étaient bestiaux. Elle sauta à la gorge de la créature qui avait grogné et qui continuait de la fixer. Le fleuret dévora un mince interstice dans la carapace tandis que la seconde main de Morgane chercha un morceau à arracher, ce qu'elle trouva. Une partie du monstre vola plus loin, et la sheikah fut recouverte de bave et de mucus, mais elle n'en tenait pas compte. Ses oreilles légèrement plus affinées avaient entendu l'autre voix.

Morgane bondit pour se retrouver face à la pseudo Zelda qui avait avancé vers elle. La pensée qu'il y avait quelqu'un d'autre lui permettait maintenant de distinguer les détails grossiers de l'illusion. Un petit rire déçu franchi les lèvres toujours retroussées de la sheikah.


"Tsss, cela m'étonnait aussi que cette précieuse hypocrite ait bougé son gros derche de son trône. Tant pis sale monstruosité, c'est entre toi et moi."

Sans s'étaler plus sur une pose dramatique, elle sauta pour finir dans le dos de Zelda. Celle-ci fut incroyablement rapide puisqu'elle suivit son mouvement avec facilité, et gagna même quelques secondes sur la sheikah. La rapière de la pseudo princesse vint s'enfoncer dans la bras de Morgane, qui ne cria pas mais laissa échapper un grognement sourd. La rapière emprisonnée dans la bras redevint une pince suintant de bave. D'un coup sec elle se dégagea, et le fleuret vint en couper l'extrémité. C'était autour de cette horrible chose de crier maintenant.

Les monstres aux alentours ne bougèrent pas immédiatement. Avec le recul, Morgane mettrait ça sur le fait qu'ils devaient surement attendre de voir s'ils écoperaient d'une nouvelle cheffe de meute. Un cercle c'était dessiné entre les deux femelles. Les yeux aux pupilles félines de la sheikah repérèrent un point intéressant sur le plafond de la caverne. Elle courrut alors sur le monstre et d'un pas agile lui grimpa dessus, jusqu'à atteindre les épaules fictives de Zelda. De ce point là, les muscles félins se détendirent pour offrir à la jeune femme une allonge sans pareille. Son bras lança le fleuret avec précision, et le corps de la sheikah s'écarta avec souplesse. La proéminence rocheuse avait déjà été fragilisée par une intrusion d'eau et la roche bien érodée lâcha sans mal lorsque le fleuret lancé avec force rentra en collision avec le point de faiblesse.

Morgane ne se retourna pas. Il fallait trouver la voix.


"Qui est là ?"

Les monstres brisèrent leur cercle pour laisser passer le lynx furieux. Elle n'avait plus besoin de torche, et son nez nouvellement affûté chercha une nouvelle odeur, différent des monstres qui l'entouraient.

"Montre toi sale petit rat. Qu'on voit qui est faible ici, et ne m'envoie pas un autre de tes sbires ou je te le ferais regretter."

Le grognement continuait de monter de sa gorge, comme une feulement retenu. Jamais Morgane ne s'était senti aussi sûre d'elle, et même si ses bras étaient toujours couverts de blessures, son instinct était passé en mode combat, pas en mode survie.


Dreack


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Si Dreack aurait du avoir une réaction à ce qui venait de se passer, cela serait certainement un haussement de sourcil. Cette Sheikah était pour le moins étrange mais après tout, ne l'était-il pas aussi ? La jeune femme semblait le chercher. Avait-elle seulement conscience que ses pieds s'étaient déjà embourbé dans sa toile en entrant dans ce " refuge " ? Que la porte de son esprit avait déjà cédé au moment où elle avait accepté de mourir dans cette grotte ? Cette jeune sotte et impertinente avait besoin d'une leçon d'humilité. Personne ne l'insultait sans en subir les conséquences.

Le rire retentit à nouveau entre les parois de la caverne suivit d'un claquement de dent et d'un courant d'air froid. La torche tomba au sol, effrayant les petits insectes sur le sol qui allèrent se réfugier dans les fissures de la roche. Plus rien semblait pareil. La brume aux pieds de la jeune femme avait disparut et les corps brisés des créatures qu'elles avaient vaincu s'étaient évaporés, comme si il n'avait jamais existé. L'instant n'avait semblé durer qu'une seconde, le temps que la torche de fortune aille rencontrer le sol froid et humide de la caverne. Plus rien ne subsister, ni le sang des créatures sur la rapière, ni les roches qui s'étaient écroulés sur la Zelda factice. Il n'y avait rien d'autres que le fracas de l'orage à l’extérieur et le bruit régulier d'une infiltration. Tout était redevenu parfaitement normal.

Mais l'atmosphère oppressante était toujours là. Cette impression qu'un ennemi imaginaire se cache dans chaque ombre, projeter par le feu de la torche, attendant le bon moment pour bondir sur la Sheikah.


- Lasse de te battre contre des ombres ?

La voix était revenue mais au lieu de résonner sur les parois de la caverne, celle-ci résonnait directement dans la tête de la jeune femme.

- Tu possèdes quelques pré-dispositions Sheikah mais elles sont insuffisantes ...

Insufflant une partie de sa puissance récemment retrouvé, Dreack imposa à l'esprit de la Sheikah sa volonté propre. Les genoux de la jeune femme se plièrent, s'abattant violemment contre le sol.

- Ta volonté et ton esprit sont faibles. Les lames ne peuvent terrasser des êtres comme moi ou l'Elu de Nayru. La force et l'agilité brute s'inclineront toujours face à la magie.

Il relâcha l'emprise momentanée qu'il avait sur elle. Mais son aura était toujours très forte. Son petit rire sinistre résonna à nouveau dans la tête de la Sheikah et à nouveau tout changea.

Un vent violent vint frapper la peau de la jeune femme. Un vent glacial et humide alors que le claquement du tissu résonna malgré les rafales hurlantes. Une mince pluie tomba sur ses épaules alors que l'odeur du souffre envahit ses narines. A l'horizon, s’étendait une ville en proie aux flammes sous la lumière d'une aube rouge. Le vent hurla encore une fois, de toute évidence, la tour aux crénelages brisés était haute. Les hurlements retentirent en contrebas, tout comme le fracas des armes. Puis le bruit d'une détonation suivit d'un hurlement bestial. L'étendard de la Famille Royale d'Hyrule claqua une nouvelle avant que la hampe en bois se brise et que les armoiries de la famille Nohansen tombe dans le vide.


- Sais-tu que ta haine peut servir mes ambitions ?

A nouveau la voix retentit mais au lieu de résonner dans sa tête et dans l'air, celle ci vint du dos de la jeune femme. Dreack, le Sorcier Noir se tenait là. Vêtu entièrement de noir, seul le foulard aux tons améthyste et ses yeux luisants venait rompre la panoplie macabre qu'il portait. Autour de lui tournoyait des flammes grimaçante, sans doute les âmes de ses victimes, cherchant sans doute à fuir le funeste destin qu'ils les attendaient.

- Contemple ce que nous pouvons accomplir Morgane. Admire ce que je peux t'offrir ...

Derrière lui, un autre tour de garde s'écroula sous les hurlements des soldats.

- La destruction de la dynastie des Nohansen ...