Wenches & Mead [avec Sen Hime & Jayt]

It's all we need !

début du printemps - Ce jour-là... (voir la timeline)

Llanistar van Rusadir


Inventaire

(vide)

Llanistar se redressa d'un coup sur la salle de son cheval, trop brusquement. Une légère crispation de son dos lui arracha un début de grimace avant que la tension ne s'en aille. Décidément, il avait beaucoup donné à son travail du jour et son corps le lui faisait sentir. Depuis maintenant plusieurs mois qu'il s'était installé à Hyrule, les restes de son ancienne fortune avaient eu le temps de fondre et de le laisser dans le besoin. Heureusement l'aubergiste auquel il louait sa chambre avait le coeur sur la main et de la compassion pour un ancien soldat comme lui. En plus de lui permettre de garder son logis sans payer quelques temps, il lui avait trouvé un travail. Le Nordique n'avait pas rechigné et, touché par le geste de son hôte, s'acquittait avec satisfaction de sa tâche d'aide forgeron, dans la montagne du péril. Loin de lui l'idée d'en faire un projet de vie mais cette simple activité qui chassait l'ennui de ses jours et le poussait à vivre d'horaires normaux l'apaisait. A dire vrai, Llanistar l'exilé ne s'était plus sentit aussi serein depuis plusieurs années et c'est ce qui le poussait ce soir là à ne pas se diriger vers la plaine comme il le faisait après chaque journée de labeur pour rentrer à son auberge. Cette fois ci, il avait trop manié le marteau et avait quitté la forge avec trop de retard. Il ne pourrait rentrer avant la levée du pont-levis qu'après une rude galopade, et il ne s'en sentait pas le courage. Aussi, il se dirigea vers l'auberge de NuttyK en massant d'une main son épaule droite, la plus endolorie.

Il n'avait jamais réussit à apprécier pleinement ce village. D'apparence, il semblait calme et serein, loin de l'activité grouillante du bourg mais Llanistar sentait en ce lieu une atmosphère malsaine, empreinte de ténèbres et de mort. Peut être étais ce le cimetière, peut être juste son imagination. Toujours était il qu'éprouvant à chaque fois un malaise en passant à côté du puits, il avait prit l'habitude de l'éviter. Superstitieux, non. Sur ses gardes, oui. Des restes de son ancienne vie, sans doute. Mais ce soir, sa route ne passait pas par là et il arriva rapidement à sa destination. Si l'auberge avait mauvaise réputation, cela valait sans doute par l'exécrable caractère de son propriétaire. Car la bâtisse en elle même était assez cossue et paraissait assez massive pour accueillir la totalité du village en son sein. Le soleil commençait à se coucher à l'ouest et des lumières filtraient déjà de l'intérieur ainsi que le vacarme habituel de ce lieu de vie. Llanistar s'approcha d'un garçon d'écuries assoupit contre un mur et après être descendu avec raideur de selle, le réveilla en le secouant par l'épaule sans brutalité. Le gamin ouvrit un oeil puis deux et murmura d'une voix endormit.


"Gnié pour quoi ?"

"Prend soin de mon cheval. Voilà de quoi payer le foin et de quoi te payer également."

Il glissa dans sa main deux rubis bleus et lui tendit les rênes. Après s'être longuement étiré, le gamin se leva en emmenant la monture vers l'abreuvoir. Llanistar se dirigea alors vers l'entrée de la salle commune. Il espérait secrètement y retrouver quelques camarades de la garde ou ouvriers à plumer aux cartes ou aux dés. Il s'était découvert un don aux jeux d'argent et profitait clairement de cela pour se faire offrir des pintes par ses camarades malchanceux. Sitôt qu'il poussa les portes de la taverne, il changea de monde, pour son immense plaisir.
Là où l'obscurité était grandissante dehors et apaisante, l'auberge était un monde de joie et de vie. Une musique résonnait gaiement dans toute la pièce, oeuvre d'un quatuor plutôt doué dans la musique populaire. Là, deux vétérans se racontaient leurs souvenirs communs à grand renfort de claques dans le dos. Ici, un jeune homme ivre tentait maladroitement de séduire une serveuse, celle ci semblant prendre plaisir à ce jeu. Dans un coin, un vieillard régalait de ses contes une bande d'enfants assis en cercle autour de lui. Et à plusieurs tables, on entendait le claquement des chopes entre elles ou le son de dés roulant sur le bois. Décidément, Llanistar aimait ces lieux.
Il repéra une jeune fille qu'il avait croisé plus tôt dans la journée et à qui il avait vendu un hachoir de cuisine. Celle ci lui sourit timidement et il lui retourna le geste. Après tout, elle était plutôt mignonne et le méritait bien ! C'est alors qu'il repéra deux de ses partenaires habituels de jeux ; des gardes chargés de la surveillance de la route du mont du péril. Deux braves hommes qui s'ennuyaient tant à ce poste qu'ils passaient leurs journées à inventer des nouveaux jeux, auxquels Llanistar s'empressait de les dépouiller. Sitôt qu'ils le virent, il les hélèrent à grands cris et il se dirigea vers eux, son sourire n'ayant pas quitté ses lèvres.


"Et ben, p'tit gars ! T'as l'air bin crevé ce soir ! Prêt pour ta r'venche ?

"Et comment ! Même un pied dans une des tombes du cimetière, je ne refuserais pas un défi !"

Il s'installa et grimaça une nouvelle fois quand le bras massif de Gleren vint s'écraser sur son épaule. Véritable géant à la barbe aussi rousse que sa bière préférée, il adorait presque autant boire que rire, ce qui en faisait un camarade de soirée idéal. Le dernier de leur trio était plus jeune, plus fluet mais plus vif d'esprit. Un fils de tanneur du bourg, appelé Yorlin. Une belle gueule, comme on disait dans l'armée. Le genre de soldat à faire tomber les jeunes filles plus vite que les ennemis sur un champ de bataille. Llanistar se sentait mieux avec eux que seul depuis quelques temps et il se passait rarement de leur compagnie plus de quelques jours. Il héla alors la première serveuse qui croisa son regard. Etrange, pensa t'il, qu'il ne la connaisse d'ailleurs pas.

[spoiler]https://www.youtube.com/watch?v=qyG_mnBS6zg[/spoiler]


Songe Tristenuit


Inventaire

(vide)

L’ambiance joyeuse de l’auberge contrastait avec les inquiétudes du peuple et son propre moral. Le climat ambiant qui s’installait peu à peu sur le royaume ne lui convenait pas, pas du tout même. Combien de gardes avait-elle compté entre la Place du marché et le Village Cocorico ? Bien trop à son goût. La différence était sans doute bien mince pour le peuple, et sûrement les gens ne se rendaient-ils pas compte des renforts déployés. De toute façon, ils étaient encore bien trop peu pour repousser une attaque du Seigneur du Malin si ce dernier y lançait ses forces, bien trop peu nombreux donc pour réellement défendre les habitants. Et pourtant, assez pour lui mettre des bâtons dans les roues à elle.

À peine quelques temps que le Ranch avait subit une attaque, et pourtant les conséquences retombaient déjà sur les commerces, les prix des marchands, la prolifération des forces de l’ordre … Et ses affaires à elle s’en trouvaient tout aussi affectées. Elle n’avait jamais aimé la prise de risques de son métier, sa vie valait bien plus à ses yeux que de simples rubis, c’était le côté « argent facile » qui l’avait séduite au moment de se choisir une source de revenus. Un subtil équilibre entre les risques et ce qu’ils lui rapporteraient, un jeu dangereux mais qui en valait la peine. Là, son activité devenait de plus en plus compliquée, elle devait monter les prix de ses contrats pour qu’ils vaillent le coup, en refuser bien plus qu’avant, et même ses plus prestigieux clients avaient de plus en plus de mal à payer. Les temps étaient durs pour tout le monde. La poisse !

Elle voulait vivre libre, mais elle avait besoin de moyens pour conserver un minimum de confort de vie… La voilà qui était donc obligée de se mêler de plus en plus aux gens et d’augmenter ses heures en tant que serveuse. Même si ça restait léger comme différence pour l’instant, elle savait que ça allait empirer et qu’elle pourrait de moins en moins vivre exclusivement de la chasse aux primes. Cette réduction de son temps libre ne l’enchantait pas du tout.

« Et voilà pour vous … »

Un sourire feint, qu’elle avait de plus en plus de mal à sortir. Mais elle avait plus que jamais besoin de conserver son emploi à l’auberge et de faire bonne impression. Dire qu’on aurait pu penser que le climat d’insécurité allait servir les criminels… C’était peut-être vrai pour certains, mais dans son cas ça ne marchait pas. Pas en cherchant à ne pas devoir se cacher et à garder une bonne identité publique et une bonne image. Elle se demanda un instant, si une victoire de la guerre par le Cavalier Noir aurait pu arranger ses affaires et si le chaos qui en ressortirait, du moins celui que semblaient prévoir les gens autour d’elle pour ce scénario, pourrait lui être vraiment utile. Elle avait quelques doutes, elle avait appris à se débrouiller mais il lui semblait que la situation se retournerait contre elle aussi, finie sa couverture, terminée sa tranquillité. Et pourtant rien ne l’assurait que les gardes seraient moins nombreux en cas de victoire par la Famille Royale. Il allait être temps qu’elle trouve une solution.

Elle se retourna en entendant un client qui l’appelait. En parlant de gardes … Deux encadraient l’homme qui venait de la héler .Elle n’avait jamais vu cet homme auparavant contrairement aux deux autres, habitués depuis longtemps à l’auberge. Elle aurait voulu leur jeter son plateau à la figure, à tous, leur demander pourquoi il fallait qu’ils soient si présents, pourquoi ils avaient décidé de gâcher son travail et sa vie. Des ordres de plus haut ? Que lui importait qu’ils ne soient pas responsables, elle avait besoin d’extérioriser sa colère. Elle se retint. Elle repeint un sourire radieux sur son visage. Paradoxalement, le regard que poseraient les gardes sur elle était encore plus important, elle devait se montrer irréprochable. De même, celui dont elle ignorait encore l’identité pouvait tout à fait être une personne importante, il était trop tôt pour en juger. Elle se rendit donc à leur table, d’un air aimable et engageante.

« Qu’est-ce que ces messieurs souhaiteraient consommer ? »


Invité

Invité
[ Aaaaah mais c'est quoi ces pavés ? i___i ]

Jayt était un joyeux luron, tout le monde vous le dira. Pourtant, la guerre environnante arrivait quelques soirs à obscurcir sa bonne humeur, mais il avait son remède fétiche : la taverne. Vrai lieu de vie et de charme féminin, le sheikah aimait venir s'y ressourcer en buvant une bonne bière et en admirant les courbes féminines des serveuses. Il n'y avait pas à dire, le tavernier avait un sacré goût pour choisir ses employées, qui devaient réellement jouer dans la fréquentation de l'établissement !

Lorsqu'il entra ce soir là dans l'auberge, plusieurs groupes attirèrent son attention, mais une personne bien plus que les autres. Par les déesses ! Cette serveuse au sourire si franc était une vrai beauté ! Jayt sentit son sang ne faire qu'un tour, et même s'il ne se précipita pas sur cette serveuse qui lui était inconnue, ses yeux ne la quittèrent pas tandis qu'il alla au comptoir. Il guettait le moment propice.

Lorsqu'elle se dirigea vers le trio de Llanistar (bien qu'il ne connaissait même pas le nordique de vue), il sentit une menace. En effet, cette table proposait un mâle tout à fait charmant pour la gente féminine, et Jayt sentit qu'il devait attaquer sinon l'autre charmeur au visage réellement attirant en profiterait surement pour commencer la discussion. Il s'approcha donc de la table, tout sourire.

"Bien le bonsoir messieurs, demoiselle. Je suis désolé de vous importuner de la sorte", ce n'était pas tout à fait le cas, car il se doutait tout à fait que son intervention pourrait paraître culottée !, "mais je n'ai pu résister à l'ambiance joviale de votre table. Qui plus est, me voilà totalement sous le charme de votre serveuse, et comme je ne voudrais pas passer comme horriblement goujat, j'ai préféré ne pas l'apostropher alors qu'elle se dirigeait vers vous !"

Il resta poliment debout à côté du quatuor qui s'était formé, souriant au possible. Ses propres mots lui semblaient horriblement pompeux comparé à d'habitude, mais la présence du plus jeune au charme puissant le mettait mal à l'aise. Il n'avait quasiment jamais eu à faire face à de la concurrence, et il s'attendait à tout, même s'il s'avérait que le jeune homme ne tente rien. Il posa son regard ambre sur Sen Hime.

"Mademoiselle, me feriez-vous l'honneur de me donner votre nom ? Je commencerais toutefois à me présenter, je ne voudrais pas passer pour un balourd." Il s'adressa alors à la table entière, sans manière. "Je suis Jayt, enchanté messieurs."

Même s'il brûlait d'envie de fixer son pseudo-rival (il avait l'étrange capacité d'imaginer des situations qui pouvaient paraître totalement décalées) il n'en fit rien, concentré à ne rien laisser paraître.

[ J'espère que ça ira, désolé pour le retard ^^ ]


Llanistar van Rusadir


Inventaire

(vide)

La visage de la jeune femme ne lui disait rien. Aucun souvenir attaché à ce sourire faux, à ce mépris savamment dissimulé derrière un masque d'amabilité. Elle trompait sans doute la plupart des clients de l'auberge mais pas lui. Le nordique savait ressentir les émotions des autres. Lire dans les esprits était un mythe : les pensées d'un homme étant trop volatiles et rapides pour qu'on puisse s'en emparer. En revanche les sentiments, eux, surgissaient suffisamment fort pour être perçus. Et Llanistar ne percevait en elle qu'inquiétude et mépris. Elle était belle de corps mais son aura suffisait à glacer les ardeurs que le nordique aurait pu avoir à son égard. Néanmoins elle s'approcha et lui offrit son plus beau masque charmeur pour lui demander :

« Qu’est-ce que ces messieurs souhaiteraient consommer ? »

Pendant que ses compagnons passaient commande, Llanistar ne put s'empêcher de fixer les yeux de la jeune femme, d'un bleu azur fascinant. Elle pouvait tromper les soldats du dimanche qui constituaient la garde d'Hyrule mais pas lui. Lui avait déjà tué, maintes fois, et tout autant manqué de se faire tuer. Il connaissait cette émotion qui vous prenait lors de votre première fois et qui ne vous lâchait plus. Plus jamais.
Longtemps il avait cru aux histoires de chevaliers blancs, vertueux et courageux. Ne donnant la mort qu'en cas d'extrême nécessité ou pour punir les pires infamies. Enfant, il avait fait sien des chansons romantiques glorifiant des nobles figures du passées, aussi fortes que sages, invaincues mais aux mains pures. Et puis, Llanistar avait comprit. Il avait eu du sang sur les mains et il avait comprit que ces histoires n'étaient que du vent. Tuer n'était pas repoussant : c'était un plaisir au dessus de tout. Une prise de pouvoir presque divin d'un homme sur un autre. Un plaisir orgasmique, digne des plus fortes drogues. Difficile de s'arrêter une fois commencé...Une émotion pareille ne s'en allait jamais. Elle vous appelait à toujours plus de sang et il fallait une volonté immense pour la faire taire. Une volonté que tous ne possédait pas. En scrutant les yeux de la serveuse, Llanistar espérait qu'elle avait cette volonté.
Après quelques instants, il déclara :


"Ce que vous avez de plus fort. Je paye pour mes camarades."

Sans perdre de temps, il sortit son salaire du jour qu'il déposa sur la table devant elle. Le double de ce que coutaient les boissons. Il ne s'en rendait même pas compte mais il se sentait de la sympathie pour cette jeune fille que la vie avait déjà poussé au crime ultime, ne serait qu'une fois. Considéré comme traitre dans son pays, le nordique était bien placé pour savoir que l'on est souvent moins responsable que coupable. Il espérait juste qu'elle ne prendrait pas son geste pour une tentative de charme.
C'est alors qu'un jeune homme s'avança vers eux. Des cheveux rouges, franchement étranges, un visage séduisant et une tenue assez ouverte qui ne cachait pas une profonde expérience de la séduction. Llanistar pouffa en pensant que le jeune homme devait s'intéresser à la serveuse...Il doutait sérieusement qu'elle fut intéressée par les avances d'un client. Curieux de l'entendre dans sa tentative de charme, il s'installa plus confortablement sur son siège et eut un sourire amusé, un brin moqueur peut être.


"Bien le bonsoir messieurs, demoiselle. Je suis désolé de vous importuner de la sorte , mais je n'ai pu résister à l'ambiance joviale de votre table. Qui plus est, me voilà totalement sous le charme de votre serveuse, et comme je ne voudrais pas passer comme horriblement goujat, j'ai préféré ne pas l'apostropher alors qu'elle se dirigeait vers vous !"

Il se débrouillait bien. Une voix assurée, calme mais amicale, un sourire à faire tomber les pommes...Il commençait à lui plaire. Oh Llanistar se doutait bien que les moeurs de Markand étaient peu appréciés à Hyrule et que ce jeune homme ne venait pas pour lui (encore qu'il le regardait souvent) mais il ne put s'empêcher de passer furtivement sa langue sur ses lèvres en admirant cet Apollon. Difficile pour autant de dire si ce dernier l'avait remarqué, toujours est il qu'il continua sur sa lancée, sans peur du ridicule ni de la démesure.

"Mademoiselle, me feriez-vous l'honneur de me donner votre nom ? Je commencerais toutefois à me présenter, je ne voudrais pas passer pour un balourd. Je suis Jayt, enchanté messieurs."

Ardu de ne pas paraître balourd dans une situation pareille mais il dégageait une sorte de charisme charmeur qui faisait oublier le côté pompeux de ses tirades. Extravagant, sans doute, mais avec brio. Llanistar ne put s'empêcher de venir à sa rescousse. Il leva son verre.

"Enchanté Jayt ! Je suis Llanistar, fils de Veren. Trinquons ensemble si vous le voulez bien ! Je vous paye un verre de ce que vous voulez !"

Il lança un rubis bleu à la serveuse qui l'attrapa avec aisance. Décidément, drôle d'assemblée que celle ci.


Songe Tristenuit


Inventaire

(vide)

Alors qu’elle prenait les commandes, Sen eut du mal à maintenir son sourire. Pourquoi cet étranger la fixait-elle ainsi ? Oh elle n’avait rien contre les regards chargés de désir, certes elle les dédaignait, mais ils étaient un atout non négligeable pour elle qui cherchait à être appréciée et attirante, sauf qu’il ne s’agissait ici nullement d’envie. Comment dire ? Elle se sentait comme transpercée, comme si d’un simple regard cet homme pouvait lire en elle… Elle ne supportait pas ça. Pas du tout.

« Ce que nous avons de plus fort… Bien Messire. »

Elle redoubla d’efforts pour renforcer son sourire radieux en ramassant d’un geste délicat les rubis qu’il venait de poser sur la table. Sa surprise fut plus difficile à cacher lorsqu’elle les compta d’un coup d’œil rapide, et c’est un regard interrogateur qu’elle lui lança ensuite, sans toutefois perdre totalement son masque chaleureux, et le tout avec un léger rire.

« J’espère que vous savez qu’il y en a là pour autant de pourboire que la valeur des boissons. »

Non pas qu’elle ait eu peur qu’il dépense tout son argent, à vrai dire il aurait pu perdre jusqu’au dernier rubis qu’elle ne se serait pas attendrie sur son sort. D’ailleurs quitte à ce qu’il gaspille son argent elle préférait de loin en profiter, mais une réputation d’honnête femme ne se construisait pas en dépouillant les clients, du moins pas sous leurs yeux. Remarquant qu’il ne semblait pas vouloir récupérer une partie de la somme, elle garda l’ensemble. Elle l’avait prévenu, elle avait respecté son devoir de gentille fille, elle ne comptait absolument pas se faire prier, surtout en ces temps difficiles. Elle ne comprenait toutefois pas ce qui lui prenait. Cherchait-il à impressionner ses camarades ou à lui faire bonne impression ? Se trompait-elle sur le regard qu’il portait sur elle ? Ou était-il assez riche pour si peu se soucier de la valeur des choses, même en cette dure période ?

Elle n’eut pas le temps de se questionner longtemps avant qu’un autre client ne les rejoigne. Un client bien bavard et qui portait sur elle un tout autre regard, celui-là n’était pas totalement désintéressé, et il ne s’en cachait pas non plus. Ainsi donc elle était charmante. Voilà longtemps qu’elle n’était plus sensible aux compliments. Encore moins à la parole des hommes. Son existence seule n’était-elle pas une preuve qu’ils n’avaient que peu de vertu ? Son père n’avait eu que peu de considération pour son épouse en lui donnant naissance, jamais elle n’avait connu sa véritable mère d’ailleurs. Peut-être aurait-elle été plus gentille que l’autre. Mais nulle importance désormais. Ce qui importait à présent, c’était son mépris pour les hommes, et encore plus pour ceux qui se montraient charmeurs à son égard. Néanmoins, même si elle ne pensait pas tirer grand-chose de celui-là, qui ne lui semblait pas détenir de poste important particulier, ni spécialement riche, et pas non plus détenteur de toute autre forme de pouvoir, il n’en restait pas moins qu’elle ne laisserait pas tomber son masque. Une gentille fille n’éconduit pas méchamment un jeune homme, et qui sait, peut-être avait-il beaucoup à dire, et des informations intéressantes. Aussi, bien qu’elle resta relativement silencieuse face à son compliment, eut-il droit lui aussi à un sourire pendant qu’il leur donnait son nom et demandait celui de la serveuse.

L’étranger assis à table se présenta lui aussi, avant d’inviter le nouveau venu à joindre sa tablée. N’était-ce pas bien une habitude de noble que de présenter aussi sa famille. Est-ce qu’elle se sentait obligée de leur parler de son père elle ? Sen, fille d’un soldat infidèle dont le nom n’avait sans doute marqué que ses compagnons d’infortune. Elle attrapa au vol le rubis que lui lançait l’homme en question. Comme s’il n’avait pas déjà assez payé… Mais c’était lui qui voyait, le client est roi. Elle tira prestement une chaise et invita d’un geste le dénommé Jayt à prendre place.

« Je m’appelle Sen. Et puisque cet homme vous offre si gracieusement de quoi vous désaltérer, qu’est-ce que vous ferait plaisir ? … Si vous voulez bien patienter un instant, je m’en vais de ce pas chercher vos boissons. Je ne serai pas longue. »

Abandonnant ainsi les hommes ensemble après s’être renseignée aussi sur ce que souhaitait le nouvel arrivant, elle retourna vers le comptoir pour délivrer la commande, et attendit patiemment qu’on lui serve les boissons à ramener auprès de ses clients. Adossée au comptoir en patientant pour qu’on lui délivre de quoi remplir son plateau, elle se tourna vers la table pour jeter un coup d’œil. Impossible d’entendre ce qui s’y disait d’où elle était. Non pas que ça l’intéresse particulièrement, simple curiosité, elle était toujours à l’affut des renseignements qui auraient pu faciliter son travail ou la mettre sur une bonne piste.

« Sen ? »

Elle se tourna et récupéra les boissons qu’on lui avait rapportées, d’un air enjoué.

« Merci ! »

Il ne lui fallut que quelques pas pour revenir auprès de la table et poser agilement les boissons devant ses occupants.

« Voilà pour ces messieurs ~ Vous m’en direz des nouvelles. »

Sans doute aurait-il été normalement temps de se séparer des jeunes gens. Il y avait d’autres tables qui attendaient d’être servies, et elle n’avait pas le luxe de s’accorder une pause. Elle était cependant sûre que NuttyK comprendrait que des clients prêts à payer le double du prix pour leur consommation aient droit à une présence conviviale et un petit traitement de faveur afin de leur donner l’envie de revenir. Elle ne tarderait sans doute pas à reprendre le service, mais elle avait envie de tendre l’oreille un instant, et d’entendre leurs discussions, sous couvert de leur faire profiter de sa supposée charmante présence féminine. C’est donc avec un grand sourire à nouveau qu’elle attendit, un regard chaleureux posé sur eux, feignant à merveille l’intérêt pour leur avis sur ce qu’elle venait de leur servir et leurs éventuelles requêtes.

[ Désolée aussi pour l’attente ! XD (mais je ne vous oublie pas) Prévenez s’il y a le moindre soucis :3 ]


Invité

Invité
Jayt était aux anges suite au joli sourire que lui accorda la serveuse avant de lui donner son nom, juste après le dénommé Llanistar. Ce dernier l'invita d'ailleurs à trinquer avec eux et Sen lui offrit même une chaise !

"Sen, je vous en prie....!"

Mais elle était déjà repartie, légère et sublime comme un rossignol. Le Sheikah s'assit donc, remerciant son hôte de la tête et tout sourire.

"Votre hospitalité me réchauffe le coeur fils de Veren, car la belle ne semble pas plus touchée que ça par mon numéro, alors que je n'ai pas eu peur du ridicule juste pour la faire sourire !"

Et il se mit à rire, tout seul, en très bon public (même et surtout de lui même) qu'il était ! Il détailla l'assemblée, s'amusant de la situation. Il était venu courir la donzelle, et il était entouré de mâles ! Les déesses devaient bien rire si Farore avait pointé le bout de son nez dans sa tête à ce moment là. La très jolie Sen revint bien vite avec les boissons, qu'elle disposa rapidement devant chacun des membres de la table. Le sheikah eut un regard soupçonneux sur son verre, puis sur les autres hommes de la table qui ne semblaient pas plus tiquer que ça. SOIS UN HOMME JAYT !
Mais voyant que la serveuse de son cœur (pour ce soir bien sur !) était toujours à leur côté, il sentit un moyen de retarder l'heure où il devrait affronter le breuvage dans son verre ! Il se leva, alla chercher une chaise et fit une mini révérence pour y inviter Sen.

"Aurez-vous le courage et la bonté de venir illuminer cette assemblée masculine avec votre sourire si agréable ?"

Il se rassit, déposant son regard d'ambre sur Llanistar.

"D'ailleurs cher hôte d'un soir, je n'ai pas le plaisir de vous avoir croisé auparavant ! Qu'est-ce qui vous mène dans cet établissement de qualité et reconnu à travers le pays ? D'ailleurs ma jolie je ne vous avais jamais vu non plus avant, cela fait longtemps que vous travaillez ici ?"

Il se rendit alors compte qu'avant même d'avoir bu, il avait la langue beaucoup trop pendue ! Dans un besoin instantané de ne pas paraître trop ennuyeux et de vouloir se faire taire lui-même, il saisit son verre et regarda Llanistar.

"A la santé de celui qui paye sa tournée ! CUL SEC !"

Et c'est ce qu'il fit. Le liquide lui incendia la bouche, la gorge, et probablement tout le reste du circuit qu'il serait inconvenant de décrire. Il en eut les larmes aux yeux mais ne fit rien paraitre, se contentant d'exhiber son verre vide en l'air. Au moins, il avait réussi à se faire taire lui même !


Llanistar van Rusadir


Inventaire

(vide)

« Voilà pour ces messieurs ~ Vous m’en direz des nouvelles. »

Llanistar avait observé avec intérêt la jeune femme ramasser les rubis et avait fait mine de ne pas entendre sa, courte, protestation. Qu'elle se doute qu'il l'avait percé à jour lui serait impossible par ce simple geste mais le nordique n'escomptait pas spécialement qu'elle connaisse la raison de sa générosité. Les mots étaient souvent inutiles et la prendre à part pour lui parler de ce dont elle ne serait surement pas fière n'était pas dans ses intentions. D'ailleurs, il ne la suivit pas du regard quand elle alla chercher les boissons. Au contraire, il s'intéressa à ce charmeur, vraiment beau du reste. Jayt, jeune, charmant, des cheveux aussi rouges que le feu qui grondait dans le foyer et un sourire réellement désarmant. Llanistar n'aurait pas su dire ce que l'Hylien avait de si spécial mais il percevait chez ce dernier une aura particulière. Comme si ce dernier avait travaillé son charme, taillé son charisme comme on taille un diamant pour en affiner l'éclat. Mais tandis que le nordique pensait cela, Jayt s'était assis et affiché une sorte de déception amusée et lui souriait.

"Votre hospitalité me réchauffe le coeur fils de Veren, car la belle ne semble pas plus touchée que ça par mon numéro, alors que je n'ai pas eu peur du ridicule juste pour la faire sourire !"

"Les femmes conservent au moins ce pouvoir sur nous, Jayt ! Mais si j'étais vous, je n'abandonnerais pas si vite. Qui sait ? Peut être est elle trop fière ou trop timide pour montrer son intérêt."

Comme si il était du meilleur conseil pour la séduction. Sa propre et unique histoire avec une femme n'entrait pas vraiment dans les cadres habituels hommes/femmes et il devait bien reconnaître une méconnaissance et un embarras gênant en présence de l'autre sexe. Se retrouver ça à une femme l'angoissait tant il avait peu connu cette situation. Alors que la présence d'un homme... Il observa Jayt plus en détail et se demanda comment on pouvait être aussi beau et néanmoins finir la soirée dans un taudis pareil. L'auberge de Nuttyk la meilleure du village ? Sans doute, puisqu'elle était également la seule. Face à plusieurs tavernes du bourg, elle ne tenait pas la comparaison.
Mais le seul spectacle de Jayt jetant de furtifs regards soupçonneux à son verre après que la délicieuse serveuse les eut servit, cette simple vision suffit à faire oublier à Llanistar l'humidité, la crasse et le vacarme environnant. C'était trop drôle pour qu'il en loupe un instant. Mais le jeune homme se leva, alla chercher une chaise et commença son petit jeu avec une Sen qui semblait enjouée mais pas franchement décidée à aller dans ses filets. Pourtant le numéro ne manquait pas de charme ni de panache.


"Aurez-vous le courage et la bonté de venir illuminer cette assemblée masculine avec votre sourire si agréable ?"

Courage comme un défi. Bonté comme une demande galante. Bien joué. Difficile à refuser, sauf si elle faisait valoir le fait que Nuttyk était le pire tyran domestique que la terre ait jamais portée. Il serait amusant de suivre ce duel de mots et de gestes implicites. Jayt se rassit, ne voulant surement pas paraître trop insistant et s'empara de son verre dans une main tandis que son regard se posait sur Llanistar. Le nordique avait conscience qu'un sourire un brin moqueur ne quittait pas ses lèvres mais il ne souhaitait pas cacher son amusement. A côté de lui, deux de ses compagnons habituels allaient trinquer leur verre quand le jeune charmeur reprit la parole.

"D'ailleurs cher hôte d'un soir, je n'ai pas le plaisir de vous avoir croisé auparavant ! Qu'est-ce qui vous mène dans cet établissement de qualité et reconnu à travers le pays ? D'ailleurs ma jolie je ne vous avais jamais vu non plus avant, cela fait longtemps que vous travaillez ici ?"

"Je travaille depuis quelques temps seulement à l'une des forges, sur le mont du péril. Un petit artisan mais talentueux. Il tira négligemment une dague qui pendait à sa ceinture. Une de ses propres réalisations, forgée sous l'oeil et la tutelle attentive du forgeron barbu. Acier et cuir, rien de particulier mais de bonne facture. Je suis loin de l'égaler. Mais au moins j'occupe mes journées, je gagne de quoi boire avant la nuit et je viens ici c'est pour ce que vous avez dans votre verre.

Jayt leva alors son verre et demanda à tous de trinquer au nom du nordique, ce qu'ils firent dans un fracas de chopes se percutant et d'alcool renversé. Llanistar but alors une longue gorgée de son verre. Il faillit éclater de rire en voyant Jayt manquer de s'étouffer, surprit par ce qui était sans doute la boisson la plus violente d'Hyrule. Nuttyk l'appelait le "Magma" et ca n'était sans doute pas pour rien. Désireux de ne pas laisser le jeune homme sur cette note enflammée, il enchaîna.

"Mais vous, beau comme vous êtes, que venez vous donc faire ici ? Bien que ce délicieux endroit soit un exemple à suivre pour toutes les tavernes d'hyrule... Ajouta t'il, soucieux de ne pas vexer la jeune serveuse. "Votre tenue me fait vous voir plus à la grande ville que dans ce village."

Et toujours ce sourire assuré sur le visage de Llanistar. L'alcool aidant, il commençait à apprécier cette soirée.


Songe Tristenuit


Inventaire

(vide)

Sen fit semblant d’hésiter avant de rejoindre gracieusement la chaise qui avait été déplacée tout spécialement pour elle. Il aurait été étrange de la rejoindre sans le moindre doute, alors que son patron ne se trouvait pas très loin. Mais elle savait très bien qu’il comprendrait, des clients qui payent bien ont droit à quelques privilèges, et elle comptait bien leur proposer un nouveau service dès que les verres seraient vidés. De plus elle avait déjà décidé qu’elle était curieuse d’entendre les conversations à cette table, ça ne lui rendait la tâche que plus facile.

Elle ne boirait cependant pas pour sa part, ça serait moins bien vu par le patron. Et de toute façon, elle avait pour principe de rester sobre lorsqu’elle travaillait, et cela valait aussi et surtout pour son travail de chasseuse de prime. Celui-là nécessitait même qu’elle reste aussi lucide que possible, et ce en permanence, toujours prête à faire face à toute situation. Elle voulait entendre des confessions, non en faire, et le pire qui puisse arriver était sans doute une parole ou un geste qui lui échappe et révèle à tous sa véritable nature. Vraiment, elle avait tout intérêt à rester mesurée à moins d’être totalement seule.

Lorsqu’elle se fut assise, le jeune homme qui l’avait invitée à la table questionna leur hôte sur sa présence dans l’auberge, ainsi qu’elle-même sur ses horaires de travail. Avant de répondre, elle écouta d’abord ce que le dénommé Llanistar avait à raconter. Ainsi il travaillait au Mont du Péril. Rien de très particulier, si ce n’est que cela faisait un moment qu’elle-même n’y était plus allée. Il n’était pas rare qu’elle y fasse un passage lorsqu’elle avait besoin de réfléchir, ou de parler, sans avoir personne à qui se confier. Continuant à écouter l’homme parler de son travail, d’une oreille attentive malgré tout, elle ne put s’empêcher de laisser traîner son regard vers la montagne. Impossible bien entendu de discerner grand-chose de nuit, quand bien même la petite fenêtre aurait été nettoyée et complètement transparente. Elle sortit de sa rêverie pour répondre à son tour.

« Je travaille ici depuis longtemps pour ma part, mais lorsqu’ils sont partis, mes parents m’ont largement laissé de quoi subsister, ce qui m’a de vivre confortablement sans avoir à remplir mes journées autant que les autres serveuses. Jusqu’à présent du moins, les temps sont durs pour tous, peut-être me croiserez-vous plus souvent dans le futur. »

Mis à part l’origine de sa seconde source de revenu, ce n’était que trop vrai. Ses horaires de serveuse prenaient de plus en plus de place, et cela lui déplaisait fortement. Bien que ce fut d’un sourire charmeur qu’elle ait annoncé être plus présente à l’avenir, elle souhaitait que tout cela ne soit qu’une mauvaise passe et n’arrive pas réellement, elle ne pourrait pas supporter longtemps la situation si elle écopait de plus d’heures de service.

Toutefois, avant que quiconque n’ajoute quoi que ce soit, Jayt avait déjà levé son verre à la santé de leur hôte. Elle les regarda donc boire, et ne manqua pas de remarquer ledit jeune homme qui s’étouffa presque en avalant cul sec le contenu de son verre. Sans doute était-il peu habitué à l’alcool choisi par Llanistar, ou peu habitué à en boire si vite. Elle n’eut cependant pas le loisir de fixer longtemps le jeune homme avec des yeux écarquillés, puisqu’il fut interrogé par l’apprenti-forgeron sur sa présence à lui dans cet endroit. Elle passa donc sur l’incident, se contenant de récupérer son air attentif, toujours accompagné d’un délicat sourire.

« Oui, dites-nous, qu’est-ce qui vous amène ici ? »

[ Vraiment désolée une fois de plus pour l’attente T_T ]