Hyrule's Journey

Là où se meurent les rêveurs

Robert l'Innocent

Inventaire


Tous les aventuriers ne finissent pas bien. Ils sont nombreux les anonymes partant courir la plaine à la recherche d’une vie meilleure. Les exemples comme le général Llanistar font tourner la tête des palefreniers, des fils de paysans, et des étranger fuyant la misère ; se dotant d’arme de fortune comme l’épée du père ou de silex pointu fixé au bout d’un bâton, ils se disent prêt à combattre le mal. Ils déchantent vite quand leurs réservent de nourriture se tarissent et que nul engeance diabolique n’apparaissent. La faim les ronges et très vites, ceux-ci deviennent des pillards attaquent les petites communautés de cultivateurs pour leurs soutirer quelques choux. Les plus chanceux arrivent à se distinguer par des faits d’armes leurs ouvrant les portes des auberges pour quelques repas, mais les dés ne sont pas toujours favorables et les mauvaises rencontres peuvent amputer quand elles ne sont simplement pas mortel. Pour une poignée d’élus hâblant dans les entourages de la princesse, des centaines échouent à avoir un destin. On retrouve alors ses âmes égarés dans les dispensaires. Ces lieux faisaient autant office d'hôpitaux que centre de rétention pour indigent ; accueillait à toutes heures les estropiés, les affamés, les crétins et autres indésirables amené de gré ou de force par la providence ou les milices. Pour l’église, gérer ces adresses n’était pas qu’une mission naturelle. La rétention des plus pauvres ou des plus retardés était un enjeu politique qu’il convenait d’utiliser à bon escient face à la royauté Hylienne. Tantôt elle servait  comme mesure d'extorsion sur les mestres, qui n’y voyait qu’un lieu emplie de fou et de pestilence,  tantôt comme mesure incitative à contribuer au bon déroulement du culte auprès des bourgeois, soucieux de soutenir et de parquer ces pauvres dangereux. Par conséquent, ces lieux étaient à l’image du public auquel elle s’adressait : toujours dans un état de délabrement avancée.
Robert n’avait jamais été quelqu’un de charitable, si ce n’est son aversion profonde envers ceux qui laissaient des estropier derrière eux. L'inquisiteur avait parmi ses missions l’obligation de sonder régulièrement les dispensaires pour y trouver de nouveaux disciples. Les troubles que traverse aujourd’hui le pays forçait l’église à recruter plus de bras pour protéger ses intérêts et  même si le Pontife avait choisi son camp concernant l’inimitié entre la princesse et son adversaire, Ganondorf, les nouvelles n’étaient pas positives des deux bords. les Prêtresses disparues ou enfuient, les assassinats de prêtre, les pillages de monastère ou  simplement les affres de la guerre incitait à réagir avec une grande vigueur. Et qui de plus à même de protéger l’église que ceux qui vivaient à ses crochets ? Surtout que ceux-ci ne portaient que rarement les notables qui les avaient conduits à la famine.
Caracolant sur les pavés du bourg hylien, l’Innocent redressait son heaume. Le soleil frappait fort et ce dernier transpirait sous sa cale. Aux côtés de son cheval, une jument à la robe alezan, deux frères inquisiteurs faisaient office de garde du corps. Portant des robes d'étoffe brune et le visage recouvert d’un grand capuce, ces deux hommes ne présentait leurs fonctions protectrice que par l’épée qu’ils portaient à leurs ceinturons. Après avoir traversé au trot le pont levis du bourg, ils se dirigèrent vers l’est. Là, s’était regroupés des grappes de pauvre ; travailleurs pauvres vivant à la fois de leurs proximités avec la capitale d’Hyrule et de quelques lopins de terre fertile leurs garantissant leurs subsistance. Ici, les chaumières dépassaient rarement un étage et aucune n’avaient le luxe d’être construite avec des matériaux plus résistant que le bois. Robert y reconnu facilement le dispensaire, cette construction mimant les tours forme pointu du Temple du Temps détonnait tant elle dépassait de la ligne d’horizon de ce camp. En s’approchant, les inquisiteurs furent surpris par la queue serpentant autour de la clôture en bois. Celle-ci débouchait sur une grosse marmite offrant une soupe liquide et transparente aux locaux. En relevant la tête, l’Innocent s'aperçut du délabrement de la bâtisse: Des fenêtres condamnée, des murs vermoulu, des escaliers aux marches brisés ; si ces gens n’étaient pas réduit au désespoir, sans doute auraient-ils fait le choix de vivre loin de ce lieu. L’armure de Robert ne lui permettait pas de passer inaperçu parmis les manants et dans des lieux rarement confronté à des personnes en armure complète: cela relevait de la bête de foire. L’approche des trois hommes avait donc tué le brouhaha traditionnel d’un lieu aussi fréquenté et pour instaurer un silence plein d’inimitié. Après avoir attaché son cheval à la clôture, il s’approcha d’un pas lourd de l’entrée du bâtiment. Son regard toisa celui d’un homme assis sur un banc accolé à un des murs du dispensaire. Celui-ci, la bouche mi-close et au regard vide semblait être déjà mort ou dans un état proche du végétatif. Robert se dit qu’il ne trouverait personne de capable de tenir une arme ici.
La mère supérieur, responsable du lieu, s’approcha. Ses traits étaient tirés par la fatigue et l’inquiétude que lui procurait ces visiteurs. Elle plut immédiatement à Robert, lui rappelant la nonne qui l’avait élevé.
“Bonjour mes frères, je suis ravis de vous voir parmi nous, menti-elle, Je serais ravis de vous faire visiter notre humble établissement.”
Elle tourna les talons en voyant que l’inquisiteur ne répondait pas. Et Celui-ci, toujours flanqués de ses deux acolytes, la suivit à l'intérieur. Écoutant d’une oreille les propos de la religieuse, Robert se concentrait pour juger les hommes croisés. Celui-ci était un estropié, celui-ci était rongé par la syphilis et celui-ci trop faible, aucun ne convenait aux critères, pourtant peut sélectif, des religieux combattants. A la fin de la visite, ils n’avaient choisis que cinq hommes convenable.
“Et voici la salle d’attente, dit-elle en ouvrant une porte à double battant, c’est ici que les gens attendent que des lits se libèrent pour passer la nuit. Nous essayons de tourner régulièrement nos hôtes.”
Un homme, à la stature bien plus athlétique que ses semblables et cheveux blonds dépassait de la masse de paysans. Il n’était pas plus grand que les autres, ni vraiment plus propre, mais quelque chose dans son allure avait attiré l’attention de l’inquisiteur;
“Eh, toi, le blond, dit Robert en s'approchant de l’homme en question, aimerais-tu ne plus jamais avoir besoin de mendier pour te nourrir ou pour dormir ?” Il marqua une pause. “Aimerais-tu servir les déesses ?”  
Tous les aventuriers ne finissent pas bien. Ils sont nombreux les anonymes partant courir la plaine à la recherche d’une vie meilleure. Les exemples comme le général Llanistar font tourner la tête des palefreniers, des fils de paysans, et des étranger fuyant la misère ; se dotant d’arme de fortune comme l’épée du père ou de silex pointu fixé au bout d’un bâton, ils se disent prêt à combattre le mal. Ils déchantent vite quand leurs réservent de nourriture se tarissent et que nul engeance diabolique n’apparaissent. La faim les ronges et très vites, ceux-ci deviennent des pillards attaquent les petites communautés de cultivateurs pour leurs soutirer quelques choux. Les plus chanceux arrivent à se distinguer par des faits d’armes leurs ouvrant les portes des auberges pour quelques repas, mais les dés ne sont pas toujours favorables et les mauvaises rencontres peuvent amputer quand elles ne sont simplement pas mortel. Pour une poignée d’élus hablant dans les entourages de la princesse, des centaines échouent à avoir un destin. On retrouve alors ses âmes égarés dans les dispensaires. Ces lieux faisaient autant office d'hôpitaux que centre de rétention pour indigent ; accueillait à toutes heures les estropiés, les affamés, les crétins et autres indésirables amené de gré ou de force par la providence ou les milices. Pour l’église, gérer ces adresses n’était pas qu’une mission naturelle. La rétention des plus pauvres ou des plus retardés était un enjeu politique qu’il convenait d’utiliser à bon escient face à la royauté Hylienne. Tantôt elle servait  comme mesure d'extorsion sur les mestres, qui n’y voyait qu’un lieu emplie de fou et de pestilence,  tantôt comme mesure incitative à contribuer au bon déroulement du culte auprès des bourgeois, soucieux de soutenir et de parquer ces pauvres dangereux. Par conséquent, ces lieux étaient à l’image du public auquel elle s’adressait : toujours dans un état de délabrement avancée.
Robert n’avait jamais été quelqu’un de charitable, si ce n’est son aversion profonde envers ceux qui laissaient des estropier derrière eux. L'inquisiteur avait parmi ses missions l’obligation de sonder régulièrement les dispensaires pour y trouver de nouveaux disciples. Les troubles que traverse aujourd’hui le pays forçait l’église à recruter plus de bras pour protéger ses intérêts et  même si le Pontife n’avait pas choisi son camp concernant l’inimitié entre la princesse et son adversaire, Ganondorf, les nouvelles n’étaient pas positives. les Prêtresses disparues ou enfuient, les assassinats de prêtre, les pillages de monastère ou  simplement les affres de la guerre incitait à réagir avec une grande vigueur. Et qui de plus à même de protéger l’église que ceux qui vivaient à ses crochets ? Surtout que ceux-ci ne portaient que rarement les notables qui les avaient conduits à la famine.
Caracolant sur les pavés du bourg hylien, l’Innocent redressait son heaume. Le soleil frappait fort et ce dernier transpirait sous sa cale. Aux côtés de son cheval, une jument à la robe alezan, deux frères inquisiteurs faisaient office de garde du corps. Portant des robes d'étoffe brune et le visage recouvert d’un grand capuce, ces deux hommes ne présentait leurs fonctions protectrice que par l’épée qu’ils portaient à leurs ceinturons. Après avoir traversé au trot le pont levis du bourg, ils se dirigèrent vers l’est. Là, s’était regroupés des grappes de pauvre ; travailleurs pauvres vivant à la fois de leurs proximités avec la capitale d’Hyrule et de quelques lopins de terre fertile leurs garantissant leurs subsistance. Ici, les chaumières dépassaient rarement un étage et aucune n’avaient le luxe d’être construite avec des matériaux plus résistant que le bois. Robert y reconnu facilement le dispensaire, cette construction mimant les tours forme pointu du Temple du Temps détonnait tant elle dépassait de la ligne d’horizon de ce camp. En s’approchant, les inquisiteurs furent surpris par la queue serpentant autour de la clôture en bois. Celle-ci débouchait sur une grosse marmite offrant une soupe liquide et transparente aux locaux. En relevant la tête, l’Innocent s'aperçut du délabrement de la bâtisse: Des fenêtres condamnée, des murs vermoulu, des escaliers aux marches brisés ; si ces gens n’étaient pas réduit au désespoir, sans doute auraient-ils fait le choix de vivre loin de ce lieu. L’armure de Robert ne lui permettait pas de passer inaperçu parmis les manants et dans des lieux rarement confronté à des personnes en armure complète: cela relevait de la bête de foire. L’approche des trois hommes avait donc tué le brouhaha traditionnel d’un lieu aussi fréquenté et pour instaurer un silence plein d’inimitié. Après avoir attaché son cheval à la clôture, il s’approcha d’un pas lourd de l’entrée du bâtiment. Son regard toisa celui d’un homme assis sur un banc accolé à un des murs du dispensaire. Celui-ci, la bouche mi-close et au regard vide semblait être déjà mort ou dans un état proche du végétatif. Robert se dit qu’il ne trouverait personne de capable de tenir une arme ici.
La mère supérieur, responsable du lieu, s’approcha. Ses traits étaient tirés par la fatigue et l’inquiétude que lui procurait ces visiteurs. Elle plut immédiatement à Robert, lui rappelant la nonne qui l’avait élevé.


Bonjour mes frères, je suis ravis de vous voir parmi nous, menti-elle, Je serais ravis de vous faire visiter notre humble établissement.

Elle tourna les talons en voyant que l’inquisiteur ne répondait pas. Et Celui-ci, toujours flanqués de ses deux acolytes, la suivit à l'intérieur. Écoutant d’une oreille les propos de la religieuse, Robert se concentrait pour juger les hommes croisés. Celui-ci était un estropié, celui-ci était rongé par la syphilis et celui-ci trop faible, aucun ne convenait aux critères, pourtant peut sélectif, des religieux combattants. A la fin de la visite, ils n’avaient choisis que cinq hommes convenable.

Et voici la salle d’attente, dit-elle en ouvrant une porte à double battant, c’est ici que les gens attendent que des lits se libèrent pour passer la nuit. Nous essayons de tourner régulièrement nos hôtes.

Un homme, à la stature bien plus athlétique que ses semblables et cheveux blonds dépassait de la masse de paysans. Il n’était pas plus grand que les autres, ni vraiment plus propre, mais quelque chose dans son allure avait attiré l’attention de l’inquisiteur :

Eh, toi, le blond, dit Robert en s'approchant de l’homme en question, aimerais-tu ne plus jamais avoir besoin de mendier pour te nourrir ou pour dormir ?” Il marqua une pause. “Aimerais-tu servir les déesses ?



Du coin de l’œil, il observa les trois hommes s'aventurer dans l'une des venelles du faubourg. De vifs éclats de soleil accrochaient le heaume et la cuirasse du cavalier de tête, dont le plastron était habillé d'un tabard blanc mais brodé d'armoiries encore trop énigmatiques. Appuyé sur sa fourche, l'Hylien se contenta d'épier, de loin, la marche lente de ces chevaliers venus caracoler hors les murs de la Citadelle. Ramenant sa main au dessus de ses yeux, pour mieux se cacher de l'astre du jour, il fronça les sourcils, curieux d'en savoir plus. D'expérience personnelle, il savait que ce genre de compagnie annonçait toujours les ennuis. Pourtant, il resta stoïque : jusqu'à présent, ces champions inconnus demeuraient à bonne distance de l'établi dans lequel il servait sa peine du jour. En temps normal, et plus encore aujourd'hui sans doute, une telle escorte n'aurait pas été dépêchée à la recherche d'un petit aigrefin comme lui. Certes, quelques uns des commerçants passés par les quartiers extérieurs s'étaient plaints après des disparitions de biens. Mais nul n'aurait su dire qu'il était responsable. En bonne logique, il n'avait donc pas à s'inquiéter de cette arrivée aussi faraude qu'incongrue. Ils venaient probablement s'enquérir de l'avancée des battues contre la bête qui rodait dans les sous-bois et que tous les bretteurs de la Ville-Close semblaient chercher. Un contrat avait même été cloué sur le large panneau de bois tenu par l'échevin.

Les talons enfoncés dans une terre sans cesse battue par des centaines de semelles, de fer à sabot et creusée de sillons par les roues des fourgons, il épongea son front poissé sur la manche trouée de sa harde de lin. Puis, après un soupir, Jolan se remit au travail tachant à grand peine de ne pas aller se glisser derrière un talus le temps que passe la cohorte. Ses jambes, vermoulues par le labeur, n'auraient de toute façon su le porter loin. Il était donc contraint à faire dos rond et demeurer aussi invisible qu'il lui était possible de le faire. Théoriquement, ce n'était pas là chose ardue : sa dégaine ne jurait pas avec celle des comparses qui travaillaient, çà et là, à toucher leur pain quotidien. Comme eux, il allait pieds nus et comme eux, il dînait généralement au dispensaire, qui faisait aussi la charité. La bâtisse, installée à un peu plus d'une cinquantaine de coudées, accueillait régulièrement les gens de son espèce. Celles et ceux que la guerre avait affamés, jetés sur les routes, estropiés. Ces petites gens dont les rois et les seigneurs se souciaient tant qu'ils labouraient les champs mais qu'ils n'avaient su protéger décemment.

Contrairement à certains de ceux que Jolan côtoyait aujourd'hui, Jolan n'éprouvait pas de rancœur à l'égard de ces maîtres du Royaume. Comme bien des hommes et des femmes cassés par la grande hélianthe et la houe, il préférait voir les soldats partir en bataille plutôt que de s'y rendre lui-même. La besogne était dure, cela ne faisait aucun doute, et les accidents arrivaient parfois. Sans doute était-ce pour cela qu'il avait initialement choisie une autre profession. Cela et le cens qu'imposaient les puissants pour financer leurs armées. Mais au moins, ils rentraient vivants, quand leurs suzerains n'étaient pas défaits ou pris de court. Hélas, depuis l'arrivée du Gerudo, plusieurs d'entre eux avaient failli à leur tâche et chez quelques uns des marauds qui soupaient avec lui, la peur devenait palpable.

Il cessa de penser à la bonne organisation du monde en réalisant que la harde avançait lentement vers lui.

La longue lame qui alourdissait le flanc de l'étranger fut pour lui comme un déclic. Après un bref regard en direction de la femme qui avait acheté ses bras pour la journée, il décida de partir. Elle était occupée à traire une brebis et ne remarquerait pas sa disparition avant de longue minutes. D'ici là, il aurait eu le temps de rejoindre la maison que les Déesses avaient finalement abandonné à la ruine. Il comptait sur le dégoût que ces murs recru inspiraient généralement aux fils de bonne famille et aux paladins rutilants, espérant que les malandrins qu'il avait aperçu ne s'avéreraient pas être de simples épées à louer. Ils avaient l'air bien trop fortunés pour que cela soit le cas.

Tout en silence, la démarche un brin chaloupée, il déverrouilla l'une des fenêtres pour ne pas avoir à passer à la porte au vu et au su de tous. Il savait que la mère supérieure n'était pas à l'intérieur, il l'avait vue sortir un instant plus tôt. Fermant le petit soupirail, tout juste assez large pour laisser passer quelqu'un d'aussi maigre que lui, il prit place aux côtés d'un homme assoupi, sur un banc de chêne déjà trop mince pour le postérieur d'un enfant. Dès quelques bougies disséminées ça et là s'échappaient de longues écharpes de fumées, accompagnés des lourds volutes crachés par le feu qui brûlait dans l'âtre. La cheminée, mal entretenue et flanquée dans le fond de la pièce, peinait à en avaler l'essentiel. Sur la salle roulait donc un brouillard léger, intangible mais bien présent. Il courrait le long des établis, des tables et des paillasses. Il agrippait l'étoffe qui couvrait certains lits et il cachait, parfois, le visage des imprudents.

Peu confiant dans cette seule protection, le fils de Serle, récupéra cependant le couvre-chef qui enharnachait la caboche de son voisin de fortune. Il ne s'agissait que d'une capuche de toile rapiécée, mais compte tenu de la pilosité du camarade, il n'avait pas à craindre de poux. L'enfant oublié l'enfila alors sans mot dire. Grognant quand les trois hommes qu'il fuyaient passèrent le seuil, il baissa la tête de sorte à ne pas être aperçu. Visiblement en vain. Une voix alourdie par l'acier tonna dans entre les quatre murs du petit hôpital. Elle l'invectivait.

Un temps il pensa à ignorer l'inquisiteur. A la lumière des cierges, l'emblème qui décorait sa carapace der fer ne laissait plus de place au doute. Il envisagea aussi la fuite mais il réalisait bien qu'il ne ferait qu'instiller plus de courroux dans ce poing déjà peu clément. Et, en l'état actuel des choses, qu'il ne serait pas en mesure de leur échapper. Les armes qui pendaient à leur ceinturon ne servaient sans doute pas qu'à faire peur. Aussi, il finit par se lever mais n'eut pas à s'approcher : l'autre le fit pour lui. « Je ne... » commença-t-il d'abord, avant de réaliser qu'il pouvait difficilement contredire l’ecclésiaste en face de lui sans risquer une rouste. Tout beau-parleur qu'il pouvait être, il aurait du mal à passer inaperçu s'il se lançait dans un long débat sur la nature même de la mendicité. Il pourrait peut-être en profiter pour subtiliser quelques piécettes aux trois molosses, mais de toute évidence le jeu n'en valait pas la chandelle. S'il avait profité de la protection du Renard, cela aurait peut-être été plus sensé, mais l'homme qui lui avait donné rendez-vous avait finalement disparu. Certains prétendait d'ailleurs qu'il comptait parmi les victimes de la Bête.

"Je n'saurais l'dire messire...", grommela-t-il, évitant volontairement le regard du moine. Son armet relevé laissait voir un visage difforme, explosé, mais c'était moins par aversion que pour rendre son personnage crédible qu'il baissait l'ambre de ses pupilles. « Je n'crois pas qu'les Déesses voudrait d'un maladroit comme icelui... », souffla encore Jolan, jouant avec ses doigts comme pour cacher une nervosité qu'il n'avait pas véritablement à feindre. Son mensonge n'en était d'ailleurs pas tout à fait un : tout révérencieux qu'il était à l'égard des puissances supérieures, il connaissait aussi sa condition. Son père le lui avait assez répété pour que cela finisse par entrer — il était une ignominie. Comme l'ogresse qui avait été sa mère. Un sang impur battait ses tempes.

"J'n'aime pas mendier, pour sûr !" Fit-il ensuite, volontairement plus enjoué mais non sans manger ses mots. Il fallait que son acte fonctionne, sans quoi il ne pourrait refuser l'offre du missionnaire. Pas sans risquer un passage à tabac qu'il préférait éviter. Il n'en avait que trop expérimenté pour savoir combien ils pouvaient être douloureux. « Mais... c'est-y qu'ces paluches elles savent pô faire grand'chose... » lança-t-il encore, ramenant ses mains devant l'officier sacerdotal. Le geste n'avait rien de menaçant. « J'voudrais pas déshonorer eulé'Trois sans l'vouloir mon bon messire... » En déclamant sa dernière phrase, il s'était saisi de la main ganté de l'homme qui lui avait adressé la parole et l'avait serrée fort, un peu comme aurait pu le faire l'un de ces enfants des Déesses qui prenait des hommes d'église à part pour confesser certains des maux qui les rongeait.