To Lord and Land ! — « ENFONCEZ MOI CETTE FOUTUE PORTE ! »
Début de l'hiver - 1 an 3 mois avant (voir la timeline)
Le cimeterre qui l'amputa de trois doigts le ramena sur terre. Ses genoux flanchèrent il s'effondra à terre. La poussière s'élevait autour de lui tandis que les plaques qui protégeait ses tibias percutaient la terre aride. Il hurla. Foutredieu ! Trois doigts ! Il pouvait les voir, les compter, gisant à ses pieds, à quelques centimètres de lui dans une rigole de sang qui couvrait aussi bien la main mutilée que celle qui était venue en soutien. Foutredieu ! « Pour le Général » voulut-il beugler. Mais à nouveau l'acier le harcelait. La traitresse mi-morte mi vivante frappait encore et toujours. Sa deuxième main se sépara en deux, aux trois quarts tandis que le reste de son moignons s'envolaient sur sa gauche, dans la trajectoire du coup. Son coeur s'accéléra, le sang lui battait les tempes et lui masquait les yeux. Il tâcha de prier, mais la lame lui perca la gorge d'un estoc, trop tôt.
Le cadavre de Gérudo retira son arme de la trachée où elle s'était logée. Le cou de sa victime devient vite carmin, tandis que le soldat de Llanistar se répandait en une litanie inaudible. Sa main fila jusqu'à la bouche ouverte du gamin, ses doigts froids se fermèrent sur la langue. D'un coup sec et dans un bruit écoeurant, elle tira le muscle en dehors des mâchoires du pauvre homme. Face à la resistance, elle opposa une force inhumaine et avec la langue manqua d'arracher toute sa gorge, sans se soucier de la pique qui s'immisçait dans le creux de ses reins et venait percer sa chaire meurtrie. Elle ne sentait de toute façon plus rien. L'acier continuait de traverser sa bedaine, elle la voyait s'ouvrir pour laisser sortir cet enfant indigne qui tachait de tuer sa mère — sans qu'elle n'éprouve quoique ça. Pas de douleur, pas d'émotions. Juste le devoir qu'elle avait de servir, la responsabilité qu'on avait posé sur son épaule à moitié arrachée et l'autre, en meilleur état théorique.
Lâchant l'épée, elle agrippa à pleines mains le fer de la lance, réduisant ses doigts à une charpie infâme. Et pour mieux ramener l'homme qui se tenait au bout de la hampe, elle tira à nouveau. L'arme gagna presque un mètre, avant que l'autre ne réagisse. Elle l'entendait murmurer des mots qui n'avaient plus de sens. Elle fit fi des risques qui ne l'effrayaient plus – plus rien ne le pouvait, sinon retourner dans le Royaume-d'En-Dessous, peut être – elle pivota quand il fut dans son dos. La lance toujours fermement maintenue dans son estomac lui arracha la moitié du flanc. Et son poing à elle décrocha la tête du militaire sans autre forme de procès. Puis, elle brisa l'immense hallebarde, ignorant ce qu'elle avait fait de l'arme qui lui avait été si propre et si proche du temps où elle avait servi l'Exaltée.
Ses yeux morts et dorénavant aveugles se posèrent sur une silhouette qui tachait de pénétrer l'enceinte du Bastion du Désert. Elle avait pour mission d'empêcher ceci. Quand une flèche se ficha dans son genoux, elle ne se retourna même pas pour châtier l'auteur de cette ignominie. Sa course débuta ; et à chaque pas elle semait un organe de plus. Chacune des portes avait été barrée, et il serait de toute évidence incroyablement complexe de parvenir à faire bouger d'un iota n'importe lequel de ces obstacles, tant chacune d'entre elles n'avait d'autre priorité que d'empêcher les ennemis du Seigneur d'entrer.
Quelque chose lui défonça la colonne vertebrale. Elle ne savait quoi. Avant qu'elle n'ai pu comprendre, son visage s'explosa contre les portes renforcées qui avaient été installées sur chaque entrée, après la prise de la Forteresse par le tristement célèbre Mandrag. Le cartilage s'enfonça dans son crâne et la dépouille de son nez lui déchira le cerveau, sans qu'elle n'en meurent une seconde fois.
« ALLEZ ! POUR ZELDA, POUR HYRULE ! » Le cri lui parvint, et ce qui la maintenait contre le mur s'éloigna une seconde. Suffisamment pour se décoller, trop peu pour chuter. A nouveau, elle s'écrasa contre la pierre quand le bois lui percuta le dos et lui enfonça les intestins. Elle se délitait, partait en miette. « POUR NOTRE BONNE TERRE ! TENEZ BON ! ENFONCEZ MOI CETTE FOUTUE PORTE ! »
Le bélier revint une troisième fois à la charge, brisant tout ce qu'il restait à briser. Sa conscience s'envolait doucement, à mesure que le mur ne se teintait de ce qu'il lui restait de points vitaux. Elle suffoqua quand ses poumons traversèrent sa cage thoracique, et que l'immense pièce de bois perçait son torse. Son appareil respiratoire resta accroché à la tête sculptée qui venait de l'éventrer avec une violence sans nom. « DU NERFS SOLDATS ! ENFONCEZ MOI CETTE SATANÉE PORTE ! IL Y A ENCORE DES SALOPES À ÉGORGER LÀ DEDANS ! » La bouillie que formait désormais ses os, sa chair et ses bronches maculait le fier faciès d'ormeau. Sa luxuriante toison s'était teintée d'un vermeil-rosé repoussant. Mais ça ne les arrêtait pas. Une dernière fois son visage rencontra la pierre. Elle n'y survivrait pas.
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#1 'Dé à 3 faces' :
#1 Résultat :

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#2 'Dé à 2 faces' :
#2 Résultat :
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Ses mains moites se resserrèrent autour de l'anse bardée de cuir qui lui glissait entre les doigts. « Ca va ? » Glissa-t-il à son camarade, d'une vois sifflante et fragile, presque anémique. « On va y laisser not' peau, Eudes. C'm'man qui va être joyeuse. » Cracha son frère, rassurant. Miné tant par le soleil qui chauffait les mailles de son armure, par la masse de leur colis Goron et que par les combats qui faisaient rage tout autour d'eux, l'ainé ne cherchait même plus à encourager son cadet : pourquoi faire ? Ils allaient de toute façon crever pour cette foutu Nabooru, incapable de s'en sortir sans l'aide de la Couronne. Comme si Zelda n'y gagnait pas plus à travailler à sa propre protection plutôt que d'en s'en aller dispenser son aide à n'importe quel misérable ! Pour cette rouquine qui se camouflait encore, ils allaient mourir. Et ça le déprimait.
La chaleur tapait dur, et lui meurtrissait tant le crâne que ce gamin de bientôt dix-sept ans arracha d'une main les sangles qui retenait son heaume et le jeta dans la terre rougie par l'ardent disque-de-feu qui brulait les entrailles. C'est alors et seulement qu'il la vit : cette silhouette capuchonnée qui courait droit vers un mur, comme pour fuir un avenir incertain. « EEEEEEEEEEUDES ! » Hurla alors Grégoire quand il vit la hallebarde enfoncer les cuirs de son petit frère. L'acier se teinta de sang, et immédiatement, il lâcha le baril rempli de poudre pour dégainer son épée. Sa propre lame coupa net la main du cadavre qui tentait de tuer son frère : aucun être vivant n'osait approcher une charge aussi explosive.
L'enchainement fut rapide : son coude vint exploser le nez déjà en miette du mort-vivant. La rage décuplait ses forces, et la peur de perdre son cadet nourrissait cette rage mieux qu'aucune rancoeur ou qu'aucun ordre n'aurait su le faire, laissant le baril abandonné. Quand l'ennemi tomba, défait, Grégoire prit son frère dans les bras ; et quand ses yeux se fermèrent, il laissa les larmes couler le long de son visage marqué par le soleil. Etait-ce ça la guerre ? Tuer des gosses de quatorze ans, pour l'honneur d'une femme dont on ignore jusqu'à la gueule ; sinon son pif légendaire et ses cheveux de sienne ? Il s'était juré de rester fort et pourtant il pleurait. Il s'était juré de ne desserrer les lèvres avant d'avoir arraché la langue du Gérudo, et pourtant il hurlait.
Rageur, en proie à la plus sombre des émotions, il abandonna le corps encore chaud de son cadet et se saisit du baril de poudre pour le porter seul ; devant son torse. Il ne voyait plus grand chose, exception faite cette pauvre folle certainement en proie à une insolation pour chercher une poignée de porte là où il n'y avait que murs et rocs. Qu'importe ! Elle n'était pas capable de voir qu'il n'y avait pas d'entrée, lui serait capable de lui en ouvrir une à même le mur. Il allait faire exploser un pan entier de la Forteresse de cette catin pour qui on avait pris son frère. Peu lui souciait les Dragmire dorénavant, peu lui souciait le général. Tout ce qui lui semblait existentiel, c'était de faire payer cette prétendue reine sur les Dunes, sage de l'esprit ou il ne savait trop quoi.
L'assaut que le Seigneur du Malin avait porté contre celle qu'il souhaitait aider était passé outre les mailles de son attention. Un des éclairs lancés plus tôt souleva subitement une gerbe de terre en même temps que ses jambes ne quittaient le sol, comme fauchées par une magie qu'il n'avait su voir venir. Son chargement lui échappa tandis que devant ses yeux tombait un voile de suie.
Bien qu'il ne s'agisse pas du même mur que celui déjà frappé par le bélier dans le post précédent, on estime qu'à chaque assaut les chances d'entrer sont plus élevées que précédemment. Un dé à six faces (D6) est lancé pour clarifier la situation et les possibilités.
NOTA BENE #2 : A tous ceux qui tenteraient de passer par l'ouverture éventuellement créée lors de ce post, souvenez vous qu'elle n'est accessible qu'en passant à proximité du Seigneur du Malin. A vos risques et périls !]
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'Dé à 6 faces' :
Résultat :
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