Laver son âme sale en famille.

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John Doe


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Il marchait calmement au travers d'une brume étrange. Presque étouffant, ce brouillard était verdâtre, comme composé de sciure et obligeait ceux qui en étaient pris au piège à agiter les bras dans le vain espoir de le repousser. Le tintement de quelques fées vagabondes avait tout d'une mélodie hypnotique. C'est le coeur curieusement serré qu'Arkhams revit les arbres millénaires des Bois Perdus. Il parcourait ce labyrinthe sans frayeur car, logés au creux de son âme, il connaissait ces lieux qui furent jadis son passé de l'enfance. Souvenirs assez lointains et tellement différents du présent qu'ils semblaient appartenir à quelqu'un d'autre que lui.

Il aperçut enfin le petit point d'eau stagnante au fond duquel gisait un portail de pierre écroulé depuis longtemps. Sans réfléchir Arkhams bifurqua à gauche et se surprit à remarquer l’absence de l’habituelle sentinelle qui gardait le Bosquet Sacré vierge de visiteurs. Avinées de paix jusqu’à l’extrême, les races d’Hyrule étaient devenues naïves et laissaient chacun visiter le pays de l’autre dans une amitié feinte et abjecte. Non, toutes les races ne se valaient. Aucune ne valait rien d’ailleurs, a fortiori celle des Kokiris dont il fut un jour banni. Arrivé au bosquet il entama une pause dans les hautes herbes et se laissa envahir par le calme de l’endroit. Agréable était la sensation de se tenir là, les jambes enfouis dans une pelouse humide de rosée. Une des étranges chenilles composée de sphères brillantes qui voletaient dans toute la forêt vint frapper son œil avec douceur et Arkhams tenta de l’attraper dans son poing. Elle se déchira en petites fées multiples puis reprirent formes plus loin. Le Larron soupira et se dirigea jusqu’au temple.

Il ferma son esprit pour ne pas être envahi de souvenir douloureux et ne reprit conscience qu’une fois dans la partie centrale de l’édifice. Une pièce aux murs droits et sombres, bercée d’une faible lumière verte l’accueillait en silence. Ne savant où se rendre exactement, Arkhams alla au milieu de celle-ci et mit un genou à terre, les mains jointes et les paupières fermées. Il priait quelque dieu impie de la forêt. Les heures défilèrent lentement. Il commençait à avoir chaud dans sa lourde armure. L’Illusion Dépravée avait retrouvé de sa superbe ainsi protégé d’un acier de couleur blanche d’une pureté insolente. Les pièces de son haubert étaient lacées de cordelettes d’or et finement nouées. Son heaume trônait avec fierté à ses genoux, ressemblant à un crâne de lézard Dodongo. Arkhams ressemblait à un officier de la Garde Royale avec ses atours de nacre.

Seule ombre à cette prestance royale, son corps, sorte de pitoyable imitation d’être hylien. Et c’est, dans ce temple perdu au cœur d’une jungle hostile, qu’il cherchait à se débarrasser par quelque prière de son héritage kokiri qu’il haïssait tant.


[HRP : Je précise quelque chose, ce RP se situe avant que Saria ne sorte de la forêt et ne rejoigne la place du marché et l'event, pour un soucis de réalité et de temporalité. ]


Les nuages défilaient, loin au dessus de sa tête. Saria observait le ciel depuis le rebord du puits sur lequel elle s'était installée quelques heures plus tôt. La forêt était devenue dangereuse, hostile à la sage depuis quelques temps, elle ne savait pourquoi. C'était d'ailleurs pour cela qu'elle s'était réfugiée dans le temple, vierge encore de toute menace.
La kokiri n'avait pas compris ce changement soudain des environs, ne s'aventurant jamais hors de son bosquet et de ses bois, n'allant presque plus au village.

La jeune fille soupira un moment, elle y réfléchissait depuis déjà plusieurs jours. Sortir de son cocon forestier et aller chercher des réponses par elle même au delà des limites qu'elle connaissait. Après tout, qui sait ce qui s'était passer durant sa longue absence ? Sans nouvelle de Link et de ses autres amis, elle n'en savait rien.

Se levant tranquillement, elle se dirigea vers la porte menant vers la salle centrale du temple. Le bois grinça à l'ouverture et fermeture, annonçant l'arrivée de la sage. Cette dernière posa un instant les yeux sur le plafond, admirant l'architecture. Puis ses perles céladons descendirent progressivement les murs, pour s'arrêter sur le centre de l'immense pièce.

Là se tenait un homme en armure, agenouillé, priant ?
L'acier nacré de sa protection lui donnait une allure de noble chevalier, venu là quérir la sage de la forêt et son aide, peut être. Les choses étaient elles si graves ?
Secouant légèrement sa tête pour chasser la mélancolie qui avait voulue s'inviter, Saria peignit un doux sourire sur son visage et s'avança vers l'homme pour le saluer.

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Le sol de pierre, bien que recouvert de ci de là d’un tapis d’humus frais, rappelait au vieux Seigneur qu’il était inconfortable. Ses genoux commençaient à souffrir de cette dureté et son dos maintenu droit par une inconfortable posture était endoloris. L’esprit d’Arkhams lui vagabondait dans des lieux inconnus, il cherchait en lui-même une émotion ou au moins une écoute à sa prière. Le silence glauque de la salle obscure n’était que la seule réponse. De temps en temps il ouvrait un œil, suspicieux, et lorgnait parfois les hideux tableaux de la Confrérie des Esprits, représentant un immonde fantôme aux yeux luisants et portant un brandon aux flammes étranges. Ces spectres ancestraux gardaient le temple et entretenaient, leur portrait ainsi exposé, un certain mystère inquiétant.


Alors qu’un sommeil non désiré commençait à caresser la conscience d’Arkhams, un bruit de grincement mat le chassa au loin. Il ouvrit les yeux et dut attendre quelques instants pour en connaitre l’origine et s’habituer à la faible clarté. Il faisait encore jour et un rayon de soleil bien pâle s’écrasait en un fin halo orange sur une jeune personne, debout à quelques pas devant lui. Le Vil Larron fut saisi par l’étonnement, il en tira son épée d’or, et stupéfié de honte par cette position d’humilité qui seyait guère à son noble rang. D’un geste il se releva droit comme un i et analysa son agresseur. Une simple petite chose un brin effrayée ouvrait grand ses yeux d’enfant sur lui. Elle portait les habits traditionnels du peuple Kokiri et une sorte d’aura de pureté et d’innocence enveloppée son corps de fillette. Toutefois son regard accusait une certaine expérience de la vie, en contradiction avec son apparence juvénile. Une sourde douleur au cœur fit vaciller Arkhams lorsqu’il émit une effrayante hypothèse : et si cette petite le connaissait, avait reconnu cet ex Kokiri ? Une haine et une peur sourde lui firent serrer son poing sur la garde de sa fine lame. Sa bête intérieur rugit et lui sommait de déchiqueter l’enfant, tant elle représentait ce qu’il détestait. Sous ses yeux se tenait la chose dont il voulait se débarrasser à tout prix : son passé d’enfant des bois. Il retint son bras, rechignant à tuer un enfant.



« Depuis quand ton abjecte race s’intéresse-t-elle à ce lieu saint ? Il n’a plus aucune espèce d’importance. Rentre à ton village avant qu’il ne t’arrive une mauvaise aventure. »


Dit-il avec autorité. Il voulait être seul, personne ne devait contempler sa faiblesse, sa prière admit-il avec dégout. Admirant la beauté manifeste de l’enfant, il ne put que constater la laideur de son propre corps contrefait, cette chair pourrie qui avait été contrainte de grandir, ce morceau d’enfant qui eut subi les ravages d’années de vieillesse d’un seul coup.


L'avancée tranquille de Saria se stoppa net à la vue de la lame de l'inconnu. Son sourire se muât en demi sourire, le tranchant doré lui était-il destiné ? L'immobilité de l'homme infirmât cette hypothèse.
Ses yeux mirent un petit moment à s’habituer à l'obscurité omniprésente et son regard se posa sur le visage de l'inconnu.
L'homme avait le teint gris, livide, comme cadavérique. Ses cheveux gris terminait d'affirmer qu'il était sans doute vieux, très vieux, cependant, sa stature n'en laissait rien paraitre.
Son regard noir et hautain trahissait cependant sa non appartenance au corps de la chevalerie comme Saria le pensait à première vue, montrant plutôt une noirceur d'âme et un cœur rongé par quelques maux et malêtre. Elle ne laissât rien paraitre mais des doutes sur l'inconnu et ses intentions apparurent à la kokiri.

Il s'adressa à Saria et ses mots lui firent l'effet d'une claque. A ceux ci elle ouvrit de grand yeux ronds étonnées et effaça son sourire.


"Je vous demande pardon ? Ce lieu a de l'importance pour moi, et pour d'autres encore, n'importe qui à le droit de venir ici quand bon lui semble, et ce n'est pas vous qui avez quoi que ce soit à y redire, votre menace ne m'impressionne pas, et je resterais ici autant qu'il me plaira."

Elle était restée droite et fière et son visage exprimait sa sévérité. Elle ne ressentait aucune rage, juste de l'indignation. "Abjecte race" ?! De quelle droit se permettait-il ?
Habituellement elle se montrait amicale avec tout le monde, même les inconnus qu'elle venait de rencontrer. Mais celui ci, il s'était comme braquée à sa vue et l'avait repoussée immédiatement avec un air hautain et supérieur. De ce fait, elle n'avait pas la moindre intention de se montrer sympathique et de se laisser marcher ainsi sur les pieds par ce rustre sauvage paré de richesses, sans doute pour cacher sa propre pauvreté d'âme et de cœur.

La sage n'avait pas bouger de la place où elle avait arrêté sa course, à mi chemin entre le centre de la pièce sombre et la porte qu'elle avait franchie quelques secondes auparavant.

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La réplique avait fait mouche. La petite n'était nullement impressionnée par la stature de l'odieux seigneur et elle se permettait même de s'insurger contre la sailli. Ce qu'exprimait le fond ses yeux était bien de la sagesse et du courage latents. Arkhams était toutefois intrigué par cette maturité d'esprit, peu commune chez cette race idiote. Les Kokiris se complaisaient dans l'enfance que la forêt leur donnait. Fort de ce pouvoir incroyable, nul n'avait osé l'utiliser à de meilleur fin que celui de ... jouer. Pitoyables et sans ambition, le genre d'êtres vivants qui doit trépasser, par principe.


Oui ... Éliminer ils devaient être ... Arkhams porta sa main au visage, en proie à un dégout total pour lui même. Il était un des leurs. Son sang charriait le même patrimoine innommable qu'eux ! Damnation éternelle. Que les Déesses aient pitié de lui, qu'elles lui donnent la chance d'évacuer cet héritage ignoble hors de lui, que son âme soit purifié de cette gangrène !


Le Vil Larron croyait au destin car ce dernier, aussi farceur qu'un Skull Kid, lui avait mis sur son chemin nombres de comparses et d'évènements qui lui avaient sourit maintes fois. Sa noblesse, il l'avait gagnée par la force mais aussi par le hasard. Adopté chétif par Ganondorf puis renforcé par ses frères du Mal ... Tout ceci n'était que hasard. Et maintenant, en face de lui, une gamine haute comme un Sakdoss se dressait là avec fierté et conviction. Improbable ... Non, inespéré. Il tenta alors d'établir un contact moins froid avec la Kokiri. Il devait en savoir plus.



« Qui êtes-vous ? Une enfant passe son temps à jouer à la balle et pas à s'aventurer aussi loin dans un temple austère, lourd de malédiction. »


Il la savait déjà rétive à se confier ou même simplement à parler. Il se releva et tenta se composer malgré tout un sourire qu'il voulait le plus honnête possible.


« Je me nomme Arkhams. Mon passé est trop violent et mes vices trop horribles pour qu'une enfant puisse les entendre. Je suis ici pour me débarrasser d'un cauchemar qui me hante, mais je ne sais comment. Il n'y a nul Dieu à prier ici. »


Saria, bien que révoltée et blessée de la remarque de l'homme en face d'elle, devait bien admettre sa curiosité pour ce finalement étrange personnage. Tantôt froid et insultant, il se tenait maintenant le visage en proie à ses sentiments et ses pensées. Se radoucissant dans le ton il s'intéressait désormais à la kokiri et son identité. Cette dernière le trouvait bien étrange, et, même si elle était toujours sur ses gardes et révoltés de ses précédentes paroles elle pris la peine de lui répondre, la curiosité piquée à vif.

"Je m'appelle Saria. Pour ma part je ne joue pas à la balle... Cette image d'un kokiri ne se souciant que de jouer montrait bien l'idée que l'homme se faisait de son peuple était mauvaise... et cela la dérangeait. C'est cette hostilité qu'elle ressentait chez l'inconnu qui la poussait à se montrer méfiante malgré tout.

"Je me suis réfugiée ici car la forêt se montre plus hostile à ma présence que ce temple, et son calme est propice à la réflexion."

L'inconnu se présentât enfin à la sage : Arkhams. Ce nom lui rappelait vaguement quelque chose s'en qu'elle ne sût dire quoi...
Voyant les efforts qu'il faisait pour se montrer... aimable ? Elle fît de même et répondit à son sourire qui faisait de son visage gris et abimé quelque chose en somme... d'amusant, comme si l'expression ne collait pas à l'image qu'il voulait renvoyer de lui, par la même expression qui elle se voulait douce et rassurante.


"Je n'ai d'enfantin que l'apparence et mes oreilles peuvent entendre les malheurs et les vices sans s'en trouver blessées ou choquées.
Mais dîtes moi, s'il n'y a nul Dieu à prier, qui priez vous avant mon arrivée ?"

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Saria ... Un nom de légende dans la tribu Kokiri. Arkhams rechigna à fouiller dans son ancienne culture. Etait - elle ... ?! Par tous les saints, c'était impossible. Farore avait elle eu pitié de lui, pourtant odieux porte-mort ?! Il répondit alors du tac au tac à cette femme.


« Alors vous êtes ... ? Peut être est-ce toi que je priais pendant des heures. »


Lui qui était venu avec un espoir fou, qu'il savait non réalisable. Il décida de s'ouvrir à cette semblable, car cette sage avait des pouvoirs, de grands pouvoirs. Parmi ces insectes des bois, seule elle possédait quelque science capable de l'aider. Il se permit d'enchainer, sans laisser le temps à Saria de réfléchir plus avant sur son assertion.


« Arkhams n'est sans doute pas mon vrai nom. C'est un patronyme que je me suis forgé après avoir été banni. Ton misérable peuple m'a rejeté alors que j'étais un des vôtres, chétif et apeuré. Peut être même y as tu consenti ? Ganondorf a ramassé mes débris de faux Kokiri et de presque humain. Me voilà ainsi instrument de meurtre, outil pour purifier ce monde pourri. »


Le Vil Larron n'avait exprimé aucun sentiment, ses paroles s'écoulaient de lui comme le pus d'une plaie infectée ; à moitié soulagé. Il rengaina son arme d'or et attrapa son heaume qu'il enfonça sur son crâne. Son allure de Hache-Viande chevaleresque l'aida à trouver courage dans sa requête.


« Toi qui connais cette magie. Toi qui connais cette malédiction qui frappe les exclus à vieillir, arrache de mon âme votre héritage sylvestre maudit. Pitié, Sage de la Forêt. »


Il leva la main, la paume en direction du plafond et murmura une incantation mystérieuse. Un brume glacée entoura sa main et se jeta à la gorge de Saria. Cela ne devait pas lui faire mal, ni même l'effrayer. Il fallait seulement qu'elle sache pourquoi il fut banni injustement du village avec cette morsure de givre. Sa magie impie et interdite dans les bois ... Seul crime qu'il avait commis sans pourtant en être coupable.


« Hâte toi, enfant. Je ne supporte plus cette malédiction. Rends moi beau, ou au moins ... Pur »


Fit il d'un ton sans réplique.


La réponse de l'être gris se fît sans attendre, il l'avait reconnu et savait qui elle était, les dons qui lui avaient été accordés. Il lui annonçât même que la personne qu'il priait était elle même. Étonnée et flattée par cette révélation, car c'était les déesses que l'ont priait, non les sages. Elle ouvrit sa bouche pour répliquer, mais Arkhams ne lui en laissât pas le temps.
Il expliquât d'une harangue son histoire, son enfance, comment ses semblables l'avaient traités.
Elle eût un pincement au cœur en pensant à ce qu'ils lui avaient fait subir. La malédiction qui touche les bannis est dure et peu y survivent, ou alors ils ne sont plus hommes... C'est ce qu'était devenu celui qui se trouvait en face d'elle.
Dans un sens, elle se sentais coupable car jamais elle n'aurait permis une telle chose, elle ne comprenait même pas pourquoi on lui avait infligée cette torture.

C'est ainsi que comme explication l'homme rangeât son arme et mis son heaume. Il se dégageait de cette apparence une certaine force et puissance. Levant un bras au ciel une nuée de givre fondît vers la gorge de la kokiri. Elle ferma les yeux une seconde, se demandant si elle serait la victime d'une vengeance, mais il n'en fût rien, elle ne sentît qu'un froid profond s'insinuer dans sa chair et ses os, sans le moindre mal.
Alors elle ouvrît les yeux et affichât un sourire triste. Il avait été chasser pour utilisation de la magie. Les kokiris étaient assez réticent face à ce genre de pratique, il est vrai, ne connaissant pas toute l'étendue de la puissance qu'elle octroi et l’inconnu est source de frayeur.

Son pincement au cœur se transformât en peine, Saria était pleine d'empathie pour cet homme qu'elle ne connaissait pas, transformée en arme par le seigneur du malin car rejeter par son peuple. Elle n'avait pas été là lors de cet évènement et se le reprochait, elle aurait pus faire quelque chose, peut être même qu'aujourd'hui il ne serait pas aussi torturé et que ses méfaits n'auraient pas été commis.

Il lui supplia de le sauver, de lui ôter cette malédiction, si jamais elle en était capable. Il était un des sbires de son plus grand ennemi, mais c'était aussi un kokiri, l'un des siens, et il souffrait, elle ne pouvais pas le laisser ainsi. Cette supplique le rendait infiniment humain derrière ces précédents aires supérieur et la force qu'il tentait de faire paraître par des atours. Il voulait être fort mais il était faible.

D'un soupir elle commença sa marche vers Arkhams. Elle ne pourrait jamais ôter complètement la malédiction, il ne reviendrait jamais comme auparavant, mais au moins pourrait elle ôter les effets visible. Saria espérait simplement que son geste amènerai la paix chez l'homme et que cela se ressentirait dans ses actes.

Une fois arriver face à lui elle le regardât avec des grands yeux pleins de douceur et de compréhension. Elle leva ses mains vers son visage en lui souriant.


"Baisse toi s'il te plais."

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Plus Arkhams débitait avec aigreur et honte son passé à cet enfant, avec la confiance gratuite qu’il lui donné, le visage de la Kokiri s’alluma de peine. La sage compatissait-elle ? Soudain il douta.


« Que suis-je devenu pour prier à l’aide ?! Suis-je comme tous ces déchets d’Hyrule à supplier des Déesses sourdes et aveugles afin que leurs arbres fleurissent au futur été ou pour calmer une pitoyable dispute père-fils ?! » Hurla-t-il en lui.


Non, assurément pas. Il n’était dans ce lieu maudit et puant le renfermé uniquement pour acquérir plus de force. Peut-être que ses gênes Kokiri, auquel était vissé le Sceau des Damnés, punition pour désertion des forces du Malin, disparaitrait avec cette malédiction. Son corps deviendrait même enfin normal, bien qu’il détestait ce qualificatif abject et affublé au commun des mortels. Non, est-ce une prière s’il y a violence en cas de refus de la priée ? Non, c’était une sorte de chantage, un peu de magie altruiste contre l’assurance de vivre. Quelle confiance en lui il possédait cet horrible personnage, assez suffisant pour penser pouvoir trancher une gardienne des trésors divins d’Hyrule ! Après tout, pourquoi pas. Ce n’était qu’une gamine froussarde qui montrait des signes de témérité purement orgueilleuse.


La douce Saria, belle comme une fleur en bourgeon qui ne finirait jamais par éclore, demanda au Vil Larron de s’agenouiller. Ah ! Que ses genoux étaient d’un seul coup raides à l’effort. Plier ces articulations ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Arthrosés par la vieillesse ? Non, sclérosés par la fierté, pensa Arkhams avec humour. Il obtempéra toutefois avec un rictus de difficulté. A genoux devant une enfant inoffensive, quelle scène que personne ne devrait jamais voir ! Il pensa soudain à l’idée d’éliminer Saria une fois son office effectué.


Il s’impatienta soudain, dans cette position disgracieuse.



« Vite, je me languis de ne plus être des vôtres. Garde-toi d’échouer, petite. Je ne renâclerai pas à trancher de l’élu, une fois n’est pas coutume ! »


L'homme obtempéra avec une certaine difficulté. Une fois en place Saria avança ses mains vers son visage, avant qu'il n'ouvrit la bouche pour cracher de nouveau impolitesse et menace. La kokiri se retînt de lever les yeux aux ciel. Était-il si suffisant, que cette position lui faisait honte ? Elle douta l'espace d'un instant de son geste, après tout, il avait commis des horreurs et appartenait anciennement au rang de Ganondorf. Seulement cela avait été causer par un rejet de son peuple contre lequel elle n'avait agit.
Tiraillée ainsi entre deux idées, une lui vînt à l'esprit.


"Je t'ai déjà dit que tes menaces ne m’impressionnaient pas, je sais me défendre. "

Fermant les yeux elle posa ses mains sur les joues du Vil Larron écartant les doigts. Elle se concentrât sur sa propre énergie magique, et sur la malédiction qui habitait Arkhams.
Elle psalmodia, ouvrant à peine les lèvres, comme un murmure, un chant inaudible quelques paroles incompréhensible pour les non initiés. Au même moment ses mains s'illuminèrent d'une lueur verdâtre, pâle et légèrement chaude qui se faufila sur le visage de l'homme avant de se diffuser sur tout son corps. Là où passait le halo vert disparaissait le gris. Comme une enveloppe la lumière avait emprisonnée les effets de la malédiction dans une petite boule qui alla se nicher dans la nuque de l'Illusion dépravée, s'inscrivant dans sa peau tel le sceau de la sage de la forêt.

Se doutant de la réaction de l'homme et la redoutant en un sens, elle s'éloigna rapidement de lui, à reculons. Chantonnant une dernière incantation à voix basse à laquelle répondit une puissante barrière sphérique entourant la sage, elle se permit une explication.


"Je ne peux pas complétement détruire la malédiction qui te frappes, je peux néanmoins la retenir, mais ça a un prix. Si tu ôte une vie le sceau se brisera et tu subira les effets de la malédiction instantanément. Prend gardes à tes actes désormais."

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Qu'il répugnait cette situation, il se retenait presque de prendre Saria par les bras et de lui ordonner de finir ce rituel. Son impatience colérique empourpra pendant quelques secondes ses joues creuses et blafardes, mais sous son heaume, la Sage n'en vit rien, au grand soulagement du Vil Larron. Il dut toutefois l'enlever, car la petite s'approcher de lui.

Finalement la Kokiri posa ses mains d'une douceur incroyable sur son visage. La fraicheur le fit frissonner un instant, puis la gentillesse qui faisait briller les pupilles Saria se répandit à travers ses doigts et apaisèrent l'ancien Général de Ganondorf. Un halo vert étrange et calme caressa ses deux joues puis tout bascula.

La rancoeur, la tristesse, la haine, la colère, tout ce qui forgeait le caractère infecte d'Arkhams disparut. Que se passait-il ? Il paniquait presque d'être dénué de cette carapace émotionnelle. Il se retrouva presque nu et sans défense, son âme à ciel ouvert. Il manqua de pleurer lorsqu'une sensation de chaleur pénétra ses os usés. Dans un recoin de son esprit, une agréable mélodie d'oisillons se fit entendre et une odeur de forêt, d'humus et de parfum de fleurs se fit sentir. Son espièglerie d'enfance, qui le faisait passé à l'époque pour un trouble-fête rejaillit en lui. Il se sentait ... jeune. Prit d'une panique soudaine il se releva d'un bond, en sueur et les yeux exorbités. Il crut bousculer Saria, mais elle avait déjà terminé ses soins mystérieux. Depuis combien de temps se vidait il de ses émotions empoisonnées et acides ?! Depuis combien de temps la Sage examinait son combat intérieur ?! Mais soudain il se rendit compte que la fille qui l'observait paraissait beaucoup moins ... petite.

Il détacha brusquement les cordelettes de son armure blanche et or. Celle ci tomba dans un fracas bruyant sur le sol. Ses gantelets de fer étaient trop petits, il les ôta subitement. Arkhams contempla alors des petites mains fines couleur pêche. Elles étaient agiles mais surtout chaudes, tièdes d'une vitalité depuis longtemps disparue. Il hurla de panique.



« Que m'as-tu fait, sorcière ?! »


Après l'assertion nerveuse de l'Illusion dépravée, une douleur intense se manifesta sur sa nuque. Il y porta son étrange main qui ne lui appartenait pas et s'agenouilla de douleur. Il palpa des nervures sur sa peau. Un sceau. C'est alors qu'il comprit. Il regarda ensuite Saria avec des yeux perplexes où plusieurs sentiments contradictoires malmenés son esprit. Les paroles de Saria revinrent alors à sa mémoire. Elles furent prononcés pendant qu'il luttait en lui.

« Malédiction, retenir ...ôte une vie... se brisera. »

Il se laissa choir sur son séant, à moitié nu devant la Kokiri. Il tremblait de froid, sensation qu'il n'avait pas ressentie depuis des lunes. Il était devenu l'adolescent qu'il n'avait jamais été, grandi trop vite pour cela. Saria venait de lui offrir une nouvelle vie. Un nouveau départ. Son inquiétude quant au prix de cette magie magnifique fut repoussée loin de son esprit, trop heureux de son nouveau physique. Il ne sut quoi dire. Plusieurs fois il ouvrit la bouche, mais aucune phrase ne venait agiter sa langue. Il caressa ses cheveux, très longs, par moment, avec un plaisir exquis. Il n'était plus le sombre marquis à moitié mort. Il sentait courir dans ses veines une vitalité incroyable, il se sentait prêt à se battre à mains nues contre un Goron !



« Je ... Merci. »


Prononça t il enfin, avec une voix pleine de vie, cristalline et non plus caverneuse et sans chaleur. Saria trônait fière de sa miséricorde dans une barrière verte, presque invulnérable. Il aurait bien aimé la serrer dans ses bras, mais qu'importe. Il s'agenouilla devant elle, avec toute l'humilité qu'il pouvait manifester.


« Je louerai votre nom chaque jour, Madame. »


Il ne s'écouta qu'à peine, son esprit vagabondait déjà très loin du temple, imaginant sa nouvelle vie. Quelle serait-elle, à présent ?


La réaction d'Arkhams fût, dans les premiers temps, celle qu'avais imaginer Saria. Il se montra déboussolé, étonné et profondément surpris par son soudain changement. La malédiction qui lui avait été imposée était lourde et changeait totalement la personne qui la subissait. Ainsi, l'ancien être gris, taciturne et hautain avait mué, encore une fois, mais par un retour en arrière, il découvrait chez lui une troisième forme.

Ôtant subitement son armure il se dévoila devant Saria qui fût l'espace d'un instant gênée, l'homme ne portant qu'un pagne. Faisant fît de ses joues qui s'empourpraient légèrement, elle continua d'observer le Vil Larron qui désormais crachait sa question à la sage renommée sorcière pour l'occasion.
La kokiri regarda sa barrière censée la protégée de tout assaut de colère de l'homme, devenu adolescent, qui s'affaiblissait. De même que la colère dans les paroles et les gestes du nouveau kokiri.
Il jeta un regard à Saria révélant comme le fond de son âme purifiée, emplie de question et d'incompréhension, qui la déstabilisa un instant. Par la suite il vînt s'agenouiller devant elle, la remerciant, et promettant de la louer chaque jour. Elle lui sourit alors tandis que se dissipait son bouclier protecteur.


"Je n'ai pas besoin d'être louée, ni même remerciée j'ai fait ce qu'il me semblait juste de faire tout simplement."

À ces mots elle lui tendit sa main pour qu'il se relève elle ne s'était jamais considérée supérieur aux autres, en rien, ni même par son status de sage, et l'importance qu'il lui donnait par sa position de supplication la mettait mal à l'aise.

"Relève toi ! Tu as un nouveau départ j'espère que tu saura en profiter, je prendrais mes dispositions au village, même si je doute que tu souhaite un jour y revenir, tu sera désormais et pour toujours le bienvenu."

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La main de Saria, fraiche comme une rosée de printemps, Arkhams l'utilisa pour se relever. La position, au départ humiliante se révéla agréable à présent. Ses anciennes colères pour le moment calmées, il sourit de ses nouvelles dents à sa sauveuse. Il recula finalement d'un pas car le parfum naturel de la Sage, mélange d'hibiscus et de jeunes fougères l'intimida, il ne savait pourquoi. Peut être parce qu'il était en face d'une Elue des Déesses et que celles-ci avaient daigné agir en sa faveur. Ne plus se sentir rejeté était une bénédiction.


Malgré tout Arkhams jugea bon de mettre un terme à ce curieux entretient. Ce qu'il représentait était la parfaite antithèse de Saria. Ces deux Kokiri n'appartenaient pas au même monde, au même idéal. A cette pensée il effleura son sceau des Damnés, légèrement moins lancinant qu'à l'accoutumé. Et c'est d'une main dénuée de cale, qu'il ébouriffa joyeusement sa tignasse avec un rire de plénitude. Que dire sinon ? Pourtant éloquent, même ce jeune Sire n'avait les mots pour traduire ses sentiments, ou encore pour clore la rencontre de manière correcte. La courtoisie habituelle jetterait un froid entre eux deux. Ils partageaient à présent, en tout cas il l'espérait, une relation simple, sans à priori aucun. De la pure sympathie.


Le Vil larron crut bon alors de répondre à Saria, pour briser le silence qui devenait peu à peu gênant.



« Merci. Cependant vous savez autant que moi, que notre éventuelle future rencontre sera différente. Lorsque nous nous reverrons, ce sera l'épée au poing. Il est même probable que je donne l'ordre de vous tuer et que je brûle ce sanctuaire, pour le plaisir de mon maitre. Je souhaite de toute mon âme ne plus jamais vous revoir, Saria la Sage des Sages. »


Arkhams caressa la cicatrice du sortilège forestier.


« A quoi bon se voir des yeux, puisque je sentirai à jamais votre souffle sur mon cou ? »


Et c'est sur cette assertion optimiste et galante qu'Arkhams, jeune homme aux folles ambitions et à l'avenir vierge, quitta le temple en courant, son rire habillant les tristes murs de son écho joyeux.


Il s'arrêta au détour d'un couloir puis s'agenouilla. Il tira la lame de son fourreau et s'entailla la peau blasphémée du sceau du Malin. Un sang noir, le siens, maudit par l'impitoyable sortilège de Ganondorf, s'écoula et éclaboussa le sol. Arkhams lécha le tranchant de sa belle épée souillée de ce goudron dégoutant, avec un rictus revanchard.

« Je sais, Maitre. Vous m'attendez, j'arrive. »

Pensa t il avec orgueil et espoir. Il cracha le venin, quelques pas plus tard, bien que le gout de son impureté planait toujours sur ses papilles. Bientôt, Arkhams serait de nouveau pur, comme autrefois.


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