L'hiver se fini, voila le printemps

[Rp d'accueil de Thesus]

[ Hors timeline ]

La pluie était tombée le matin même.
Flora se trouvait dans la salle commune de l'auberge de Nutty'K a Cocorico. Une tasse de thé fumante a la main, l'aveugle attendait le Héros du Temps.
L'avatar se posait tout de même quelques questions : Link l'avait il oubliée? Que diable, faisait il? Après ce qui s’était passé au Ranch avait il décidé de l'abandonner?
Flora reposa sa tasse, l'estomac noué, le cœur au bord des lèvres. Même si le baiser donné l'avait gêné, la prêtresse n'imaginai pas le Faux-Kokiri capable d'une telle chose.

Pourtant, deja plusieurs jours avaient passé ...
Flora essuya une larme aux coins de ses yeux-qui-n'y-voient-pas.
Ses oreilles en pointes captèrent alors un son. Elle penchât la tête de coté comme pour mieux écouter, bien qu'elle n'en eu pas besoin. C’était le bruit de pas. Des bottes, souillées de la boue que l'inconnu avait ramassé en parcourant les rues de Cocorico.
Elle tourna la tête de direction du bruit, ne pouvant s'y tromper. Celui ou celle a qui appartenait ses bottes venait vers elle.

Flora se composa son plus joli sourire. Peut être enfin le Heros était venu la chercher au final?
Pourtant c'est une autre voix qui héla une serveuse pour une boisson.

Flora repris son thé et en avala une gorgée, en se brulant la langue ...

Ce compte est un compte narrateur : les personnages joués par le narrateur ne peuvent pas être utilisés par les joueurs ou joueuses dans leur post (sauf autorisation d'un admin) et les jets de dé du narrateur sont contraignants.



Thesus


Inventaire

0,00


(vide)

Thesus détestait la pluie. Chaque goute qui tombait lui remémorait les évènements passés trois ans auparavant. Sa malédiction, ses parents, la perte de sa bien aimée, un tas de choses. Le jeune homme faisait tranquillement sa balade du matin dans les rues de Cocorico. Village si calme à cette heure.

A un moment, la soif pris le dessus et le jeune homme chercha un lieu où déguster une boisson bien fraîche. Finalement, le lieu fut choisi: l'auberge Nutty'K. Le gérant était agréable et les prix largement abordables. En entrant, Thesus remarqua que ses bottes étaient pleines de boues ! Il essuya ce qu'il pu avant d'entrer mais en enleva que la moitié. L'endroit n'était pas spécialement plein, mais l'ambiance était là. Certains mangeaient, d'autres dormaient, bref, chacun son occupation.

C'est alors que le garçon vit une femme sourire lorsqu'il s'approcha mais quelque chose clochait. En effet, lorsque Thesus interpella une serveuse pour qu'on lui serve une boisson, la jeune femme afficha une expression de déception. Elle semblait attendre quelqu'un d'autre...

Elle était seule à une table. Thesus se souvint de sages paroles de sa mère: " Lorsque quelqu'un est seul et semble avoir besoin de compagnie, n'hésite pas, fonce. C'est souvent comme ça que l'on rencontre de fabuleuses personnes."

Il obéit au conseil maternel et s'approcha à la table de la jeune femme. D'une claire voix, il dit:


" Bonjour mademoiselle, vous semblez attendre quelqu'un. Je me nomme Thesus, fils d'une modeste famille. Le sourire au lèvre et toujours aussi poli, il embrassa la main de la jeune femme. Puis-je me joindre à vous le temps que la personne que vous attendez arrive ? "

Ne connaissant pas grand monde dans le royaume d'Hyrule, parler à cette mystérieuse demoiselle ne pouvait être que bénéfique.


Flora répondit au sourire du voyageur, mais elle rougit quand les lèvres du jeune homme lui affleurèrent le dos de la main. Elle la retira rapidement en murmurant :

"Voyons, je vous en prie."

Puis elle invita d'un geste Thesus a s’assoir.

"Qui suis je pour vous refuser votre présence a ma table?"

Elle attendit qu'il s'installe et passe commande, patiemment, en buvant son thé. La petite prêtresse en profitait aussi pour tendre l'oreille. Juste au cas ou ...
Puis elle reporta son attention sur son "invité" quand la serveuse le servit en claquant la chope sur la table.


"Bien, fit elle, d'où venez vous Thesus?"

Ce compte est un compte narrateur : les personnages joués par le narrateur ne peuvent pas être utilisés par les joueurs ou joueuses dans leur post (sauf autorisation d'un admin) et les jets de dé du narrateur sont contraignants.



Thesus


Inventaire

0,00


(vide)

Lorsque la serveuse posa la chope sur la table, la jeune femme demanda à Thesus:

" D'où venez vous Thesus ? "

Il était étonné, car souvent les gens ne semblaient pas intéressés par l'origine du garçon. Souriant, il répondit:


" Je ne suis pas d'ici mais de lointaines contrées à l'extérieur du royaume. Malgré tout, avec mon père nous venions souvent ici pour amener les créations vestimentaires de ma mère dont les gens raffolaient. Je connais donc plutôt bien les habitudes locales. "

Thesus saisit sa chope de bière et avala une gorgée. Il fit une terrible grimace et se mit à rire:

" Hehehe, je ne suis pas un grand habitué de la bière ! Je n'arrive pas à me faire à cette amertume. Enfin bon, c'est rafraîchissant. Toujours souriant, et curieux, il poursuivit. Et vous ? D'où venez vous ? "


Flora se mit a rire.

"Voyons, si vous connaissez nos coutumes, vous devriez bien le savoir non?"

Puis reprenant son sérieux, elle sourit en disant :

"Je suis née en Hyrule, près de la Rivière Zora."

Ensuite la petite prêtresse désigna la chope de sa tasse, reprenant le sujet précédant.

"Par contre il est vrais que notre bière n'est pas très réputée a travers notre royaume. J'avoue ne pas trop l’apprécier."

Flora porta alors sa tasse a ses lèvres et bu la dernière gorgée qui s'y trouvait. Puis elle leva le bras en direction de la serveuse. Celle ci se rapprocha de la table et demanda, avec respect :

"Souhaitez vous autre chose Prêtresse?"
"Rien de plus qu'une autre tasse s'il vous plait" demanda l'Enfant Divin avec politesse et un grand sourire.

Finalement elle porta son attention une nouvelle fois sur le garçon en face d'elle et lui demanda :

"He bien? Qu'est ce qui vous amène par ici?"

Ce compte est un compte narrateur : les personnages joués par le narrateur ne peuvent pas être utilisés par les joueurs ou joueuses dans leur post (sauf autorisation d'un admin) et les jets de dé du narrateur sont contraignants.



Thesus


Inventaire

0,00


(vide)

La discussion se corsa un peu...

"He bien ? Qu'est ce qui vous amène par ici ?"

Thesus ne savait pas quoi dire... Depuis qu'il était revenu à Hyrule, jamais il n'avait préparé une réponse à cette question. Pourtant, d'après la serveuse, cette jeune femme était Prêtresse. Elle pouvait peut-être aider le garçon.


Il respira un bon coup et commença:

" Diverses raisons m'ont amené ici. Si je comprends bien, vous êtes Prêtresse, vous pourriez donc m'aider. Il regardait la jeune femme dans le blanc des yeux. Ce que je vais vous dire, promettez moi de le garder pour vous. Je sais que je peux vous faire confiance, vous dégagez une gigantesque sympathie. Il observa les alentours. Personne n'écoutait. Bien, reprit-il. Je ne sais pas si vous avez entendu parler il y'a trois ans d'un jeune garçon qui, ayant utilisé de la magie, a transformé ses parents en pierre. Je ne pense pas que vous soyez au-courant car les autorités on rapidement caché cette histoire. Ce jeune garçon c'est moi. Avant que vous partiez en courant prévenir tout le monde, sachez que j'ai purgé ma peine. Un exil de trois ans m'était imposé et je l'ai accompli. La véritable version de ce qui c'est passé ce soir là est la suivante. Thesus resserra son bandeau frontal. Un jour, quand j'étais plus jeune, j'ai sauvé la vie d'un homme. A ma grande surprise, il était un fanatique de Gano... Il s'arrêta et regarda la serveuse amener la tasse de la jeune femme. Lorsqu'elle repartie, il poursuivit. Cet homme était un fanatique de Ganondorf. Quand je l'ai soigné, il m'a juré ne pas être une mauvaise personne et de désirer le bien du royaume. Bref, il est reparti et j'ai repris ma traditionnelle existence. Il y'a trois ans, une tempête terrible a frappé l'extérieur du royaume d'Hyrule. Lorsque je suis sorti de la maison pour voir ce qu'il se passait, Atimus m'est apparût. Cet inconnu que j'avais soigné, était revenu me chercher pour faire partie de son armée. Il m'a lancé une malediction et changé mes parents en blocs de pierre. Ces blocs sont dans le royaume d'Hyrule, j'ai pu les récupérer et les ramener chez moi. Seulement, pour les ramener à la vie je dois me débarrasser de ma malédiction ou terrasser l'ensemble des forces du mal. Évidemment, dis comme ça, ça parait impossible mais le Héros du Temps l'a bien fait une fois. D'ailleurs si vous le connaissez, dîtes-lui que ce serait un honneur de devenir son disciple ! Il pourrait me montrer comment me battre dignement. Pour en revenir à ma malédiction, chaque jour, je perds de plus en plus le contrôle de moi-même. J'ai une marque sur le torse, une tête de mort. On peut voir des traits qui s'ajoutent à celle ci, comme un coeur et des veines noires qui apparaissent peu à peu. J'ai besoin de stopper cela le plus vite possible... Certains soirs je sens cette obscurité s'emparer de moi quelques minutes...

Thesus déboutonna le haut de sa cotte et découvrit son torse, laissant apparaître le sinistre tatouage. Ça c'est la marque que ce satané mage m'a fait. Il recouvrit le tout et continua. Je crois que je vous ai tout dit... Vous pensez pouvoir m'aider ?


Il lui demanda ses vœux de silence. Ce a quoi Flora répondit le plus sérieusement possible pour ses seize printemps :

« Je suis la Servante de Nayru. Tout ce que vous me confirez des cet instant sera sous le secret du confessionnal. »

Paroles symboliques, car ici, ils ne sont pas dans un Temple ou une Eglise. Mais elle prononçât ses mots si doucement, avec tant de ferveur, qu’on ne pouvait s’y tromper. L’avatar de Nayru emporterait le secret de Thesus dans la tombe.

Aussi elle se pencha en avant, les oreilles toutes ouvertes, pour entendre ce qu’il avait à lui dire.
Effectivement, la petite prêtresse n’avait pas eu vent de cet incident qu’on changeât une famille en pierre. Peut être était ce dut a son exil propre au Temple des Novices et a son apprentissage en tant que Fidele de Nayru. Les allusions au Gerudo lui donnèrent des frissons et elle songeât qu’Hyrule se porterait mieux si Link parvenait un jour à lui transpercer le cœur avec Excalibur. Flora songeât aussi qu’il faudrait qu’elle prononce une prière à ce sujet le soir même, avant de se coucher.

Ce qui l’inquiéta le plus c’était l’aveu du jeune garçon. Elle pouvait entendre sa peine, sentir son angoisse et sa détresse. Aussi l’avatar divin tendit une main, qu’elle posa à tâtons sur le coude de Thesus.


« J’ignore ou se trouve le Héros du Temps. Mais je sais qu’il est à sa tache, celle de nous protéger de Ganondorf et de ses sbires. Quand a votre malédiction, avez-vous déjà demandé l’assistance des Sorciers et Mages d’Hyrule ? Peut être pourront ils vous aider ?»

Et il faudra que j’en touche deux mots à Link, pensa-t-elle en son fort intérieur, tandis que ses oreilles captaient le bruit de tissus qu’on froisse. Apparemment, le jeune homme voulait lui montrer quelque chose. Flora sourit. C’était tellement mignon ces gens qui, comme Link oubliait parfois qu’elle était aveugle. Si tenté que Thesus l’ai remarqué de prime abord. Elle étouffa un rire.

« Pas besoin de vous refroidir, je n’y verrais de toute façon rien, même si mon nez était collé dessus. Nayru m’a faite aveugle voyez vous. »

Flora eu un sourire espiègle et leva sa tasse.

Ce compte est un compte narrateur : les personnages joués par le narrateur ne peuvent pas être utilisés par les joueurs ou joueuses dans leur post (sauf autorisation d'un admin) et les jets de dé du narrateur sont contraignants.



Thesus


Inventaire

0,00


(vide)

Thesus gêné, rougit et dit:

" Oh excusez moi, je suis complètement idiot... Je ferais plus attention la prochaine fois. Je vous remercie pour votre amabilité, vraiment... Pour répondre à votre question, je n'ai aucune idée d'où se trouve les mages et sorciers de ce royaume. Honnêtement, mon père et moi nous limitions à la place du marché et ses alentours. Puis je vis en dehors des villes, dans la forêt. Puis comme je vous l'ai dit, je préfère perdre le contrôle de moi-même loin d'ici pour ne pas créer de dégâts proche de la famille royale. Imaginez si le Héros du Temps l'apprend et me retrouve pour me tuer, hehehe. Ce n'est pas vraiment une mort que je souhaite...

Le jeune femme semblait apprécier sa boisson. Tel un homme digne de ce nom, il reprit:

" Je paierais ce que nous avons consommé pour vous remercier. Sachez que si vous avez besoin de moi pour quoi que ce soit, je serais là ! Il revint à ses problèmes. Vous pensez que les mages pourraient m'aider ? Je sais que la magie est quelque chose d'étonnant, mais les ténèbres disposent de si grands pouvoirs... "

Thesus appréciait cette jeune femme, encore une fois, les conseils de sa mère furent efficaces.


Link

Héros du Temps

Inventaire

0,00


(vide)

Le poil était soyeux sous la pulpe de ses doigts, tandis qu'il flattait doucement l'encolure de sa belle-amie équidé. La robe rousse qu'elle arborait avec fierté avait cette faculté déconcertante de lui tirer un sourire sans le moindre mal, quelque soit le temps, quelque soit la situation, quelque puisse être son propre état. La relation qu'il partageait avec la jument dépassait le simple duo habituel qu'un maraudeur quelconque pouvait former avec son animal. Il n'avait certainement pas le talent dont disposait sa fermière préférée pour parler avec les chevaux, mais il lui semblait véritablement qu'il était capable de communiquer avec Epona. De la comprendre aussi bien qu'elle ne le comprenait.

"C'est bien ma belle." Lâcha-t-il, doucement, à l'encontre de sa monture, avant de vider les étriers — sans tomber pour autant. A peine ses pieds avaient-ils touchés terre, qu'un nuage s'éleva doucement, avant de mourir. Ses doigts vinrent serrer la bride, et il mena son cheval à travers les escaliers serpentants jusqu'à Cocorico. Il savait pertinemment combien ce geste anodin s'avérait être un exercice des plus ardus pour les chevaux. Lui qui, d'habitude si déterminé, avançait avec une prudence à peine dissimulée pour s'assurer que son amie déjà chargée ne se blesse pas. Non pas parce que Malon l'aurait tué (encore que..!) mais parce qu'il tenait indubitablement à l'animal.

Le hameaux d'Impa baignait dans une douce lumière qu'il ne lui avait pas toujours connu. Au plus profond du puits, ou par dela les clotures qui fermaient le cimetière, pareil halo n'avait pas toujours brillé, il ne s'en souvenait que trop bien. Baissant les yeux puis courbant la nuque, il s'avança, avec en mémoire les légendes sanglantes faite de haine et de cupidité. Celles qui sommeillaient là où l'Ombre savait masquer le chemin. Celles qu'il avait eu à défaire. Celles que plus qu'aucune autre, il aurait préféré oublier.
« Là, tout doux.. — » Murmura-t-il à l'égard d'Epona, qui ressentait son mal être. Il avait vu ce que renfermait le village, ce que tous ignoraient. Il avait vu ce qu'on appelait Temple et qu'il préférait désigner comme antichambre des tourments. C'est là qu'il avait vu Sheik se muer en un hochet pour démon fraichement libéré, là qu'il avait perdu la trace de la Nourrice de Zelda. Non, décidément, il ne parvenait pas à voir Cocorico comme il avait su le faire, enfant.

Tant le rayon de soleil qui perçait au travers des nuages que les rires des quelques gamins qui jouaient près de l'arbre au centre de la place lui tirèrent un sourire, heureux de constater que les choses pouvaient parfois changer. Et changer en bien. L'espace d'un instant, il eut cette impression que ce qu'il défendait n'avait pas encore sombré, qu'il était encore envisageable de sauver le monde qu'il avait connu, et aimé. Quand bien même il n'avait rien dit, ni montré, il avait été chamboulé par la trahison de Dun Loireag ex Hyrule. Le Prince Parjure avait marqué son être plus qu'il ne l'avait cru réalisable : là où il croyait autrefois en son prochain, l'Hylien touchait du doigt le caractère parfois peu fiable qu'avaient le coeur des hommes. Et cette trahison avait été un coup sévère : pendant un temps il n'avait plus cru.

Le cuir, sous l'injonction de ses mains, s'enroula autour d'un long rondin d'un bois clair, maintenu par deux fourches, sans doute tirées du même arbre. Il savait à quel point Impa avait toujours été économe et prompt à multiplier les efforts pour éviter le gaspillage. A fortiori dans un cadre aussi peu fertile que celui de Cocorico. Après s'être assuré que son amie était fermement accrochée, et surtout qu'elle aurait à boire (il ne craignait pas pour elle mais espérait pouvoir reprendre la route avec Flora au plus vite), il récupéra ce qu'il avait harnaché avant de quitter Belle et son Castel-aux-milles-et-un pièges. Sa joue gauche restait marquée par le carreau qui aurait pu le tuer.

C'est épée et écu dans le dos, ainsi que le sourire sur les lèvres qu'il laissa Epona à son abreuvoir pour s'approcher du groupe d'enfants qui s'amusaient à traquer une des innombrables cocottes d'Anju.
« Hey, petit ! » Héla-t-il celui qui lui apparaissait être à la tête des quelques marmots. Une tignasse brune aux reflets roux, un peu folle, des taches de rousseurs sur un visage plutôt pale et quelques égratignures de dur à cuir lui rappelèrent Mido quand l'interpellé se retourna. « J'suis pas un p'tit ! Tu m'veux quoi, le vert ? »

Les lèvres du Sans-Lignage s'étirèrent un peu plus encore. L'attitude de ce pseudo caïd des ruelles lui plaisait sans qu'il n'eut su comment l'expliquer. Elle avait un air neuf, autant qu'elle ne lui était familière. Avec cet air coriace et ce regard plein de défis, le petit bout d'Hylien (les oreilles ne trompaient pas le Faux-Kokiri) parvenait à le sortir de ses propres malaises. Et, aussi naturellement que le Poisson-Rêve n'accompagne les dormeurs, il fit fléchir ses genoux jusqu'à se retrouver accroupi devant le gosse.

"Je ne te cherche pas de noises." Commença-t-il, cherchant sans peine le regard brun qui lui faisait face. Ils étaient à la même taille, dorénavant, et comme sur un pied d'égalité. C'était quelque chose qui était venu spontanément au jadis-Champion de Farore, qu'il n'avait pas su calculer. « Excuses-moi si je t'ai vexé. » Reprit-il, tranquillement, avec toujours ce demi sourire qu'il ne parvenait plus à effacer. « Nan, nan, c'bon. Qu'est-ce qu'tu veux ? » Grogna le faciès qui se cacha soudainement sous sa lourde tignasse.

"Il y a quatre jours, environ, une amie à moi a du arriver ici. Tu as du la voir : elle n'est pas très grande, jeune, avec un joli visage et de longs cheveux bleus. Elle a souvent... —
Celle qui est venue pour l'accouchement ?" Trancha le brun, qui en savait manifestement plus que le vagabond. Un léger silence s'installa, le temps que Link se ressaisisse, incapable de se souvenir avec précision de ce que le gamin de la Grand-Place lui avait dit, un peu plus d'une demi-semaine plus tôt. « Sans doute, oui. Ca doit être elle. » Finit-il par concéder. La sacerdoce était remarquable, et à partir du moment où elle avait été capable de déployer assez d'énergie magique pour guérir un humérus réduit en miette, il n'était pas improbable de l'imaginer sage-femme. Malgré sa cécité. « Tu sais où je peux la trouver ? » Enchaîna-t-il, en posant la main sur l'épaule du bambin.

"Elle est trop jolie pour être ton amie !" Souffla l'enfant, moqueur, avant que ses amis ne s'esclaffent, moqueurs. Le Voyageur de Temps fronça les sourcils, durcissant légèrement son regard, effaçant son sourire. Le petit arrêta de rire, quand au fond de ses yeux se plongèrent deux billes de givre au fond desquelles commençait une valse explicite. « Du côté de l'auberge. Par là. » Termina-t-il, hésitant, en levant le doigt pour pointer une direction dans le dos de son aîné. « Et je suis pas "petit". Je suis Marco. » Conclut l'interessé, d'une voix plus assurée que l'instant passé.

"Merci, Marco." Lâcha Link qui s'était déjà relevé et commençait à tourner les talons pour s'avancer vers l'établissement qu'on lui avait indiqué. Le visage encore tourné vers son informateur, il hocha la tête en signe de reconnaissance avant de s'éloigner. Il n'était pas loin de midi quand ses pas raisonnèrent sur le plancher. Midi passé d'une conversation, sans doute. Il posa sa paume grande ouverte, les doigts en étoile, sur la porte qu'il devinait geignarde, avant d'inspirer profondément, les yeux fermés et la nuque courbée. Il ignorait pertinemment si la Fille de Foi se tenait derrière ce dernier obstacle, quelque part entre ces quatre murs, mais il n'avait rien oublié du goût de ses lèvres, ni de sa fuite après qu'elle l'ai embrassé. S'il n'était pas fier de sa lâcheté d'hier, il craignait encore d'« affronter » la demoiselle.

La porte grinça, comme il l'avait imaginé. Et comme à chaque fois qu'il avait pénétré l'enceinte d'une taverne, il laissa un bref moment s'écouler. Il avait pris cette habitude de jeter un coup d'oeil circulaire. Le tableau que brossait son regard était des plus communs ; le portrait universel de la gargote universelle. Des serveuses aux minois pale et au port aguicheur, des rangées de tables – rondes, carrées ou rectangulaires – qui accueillaient des rangées d'habitués plus ou moins imbibés. Des histoires, des amours et des rires gras au coin d'un feu, d'ordinaire éteint en la saison, et des voyageurs perdus. C'est sur eux qu'il arrêta son regard. Un jeune homme dont les épaules trahissaient l'habitude et une demoiselle drapée de bleu.


"Flora.. —" Glissa-t-il, soulagé de l'avoir retrouvée. Il avait craint pour elle depuis qu'elle avait disparu — quand bien même cet épisode lui était un peu sorti de la tête après qu'il se soit attaqué aux remparts du Castel-Royal. Il s'avança vers la table qu'elle partageait avec l'inconnu, confiant. L'espiègle complicité qu'il lisait sur son visage avait bien vite fait taire ses instincts.

"Salutat... —" Commença-t-il, arrivé auprès d'eux, avant d'être brutalement jeté en avant. Ses deux paumes heurtèrent avec violence la table, faisant d'elle une sorte de bateau ivre secoué par des flots dérangés. Et tandis que le cercle de bois autour duquel Flora del Carmen et son ami étaient attablés ne tanguait, tandis qu'une voix sourde ne s'épandait en commentaire grivois sur une de ces « Dame-qui-sert » qu'il ne pouvait voir, l'alcool courait sur lui. Avant qu'il n'ai eu le temps de réaliser quoique ce soit, le Fils-de-Personne avait été percuté de dos par une enfant à peine plus âgée que l'Avatar de Nayru qui avait eu le malheur de trouver sur sa route la jambe d'un vieil homme au moins aussi frustré qu'aviné.

Il passa la main droite sur son visage trempé d'une liqueur qu'il ignorait, bien trop peu porté sur la boisson, avant d'ouvrir à nouveau les yeux, et de constater qu'il n'avait pas été le seul à se retrouver arrosé de la sorte. L'ensemble des chopes et des cruches était venu se fracasser contre la table plongeant les deux convives sous un déluge sucré.


"Alors, ma jolie, c't'y pas qu'on tient plus d'bout ! T'as t'y pas un peu trop touché a illa vinasse ?" Le rire qui s'éleva n'avait rien de méchant, ni de foncièrement pervers. Mais la fameuse vinasse dont il était question avait tout pour obscurcir le jugement du plus clair des hommes. « ... Excusez-moi un instant. — » Lança l'Hylien plus par politesse que nécessité. Après tout, il n'avait pas encore entamé quoique ce soit en présence des deux jeunes gens, aussi pouvait-il bien s'absenter une minute sans qu'aucun tort ne leur en soi causé. Quoique... —

"Rien de cassé ?" Glissa le Sans-Lignage à la serveuse, tout en l'aidant doucement à se relever. Le croche-patte que lui avait tendu l'ivrogne lui avait certainement foulé la cheville.


Flora était toute a sa discussion avec Thesus, quand la porte de l’auberge grinça a nouveau. Espérant, la demoiselle bleue penchât la tête, l’ouïe aux aguets. Qui était ce ? Ce pas, … Se pouvait il que ? …

Flora laissa tomber dans l’oreille d’un sourd les dernières paroles du jeune homme face à elle. Les mains posées sur la table, le menton baissé, l’enfant écoutait.
Ses oreilles ne la trompèrent pas, quand elles captèrent le soupir «
Flora … » et ses lèvres s’étirèrent en un sourire. Elle faillit –faillit seulement- se retourner pour accueillir le Héros du Temps et peut être le gratifier une nouvelle fois de pommettes roses et chaudes avec une embrassade. Mais une once de colère, de bouderie, l’en empêchèrent. L’enfant de Nayru ramena ses mains sur ses genoux, l’air sombre, la bouche pliée en une moue triste.

Pourtant elle ne put s’empêcher de lever la tête quand deux mains se posèrent en claquant sur le bois de leur table. «
Salutat... — » et que le thé posé sur la table ne lui vole au visage, éclaboussant la jeune fille. Le brouhaha autour d’eux cessa l’espace de deux secondes, le temps de regarder ce qui se passe, d’hausser les épaules et de reporter le regard sur son jeu de carte ou sur sa bière.

La prêtresse se redressa, le thé brulant coulant le long de ses joues. Pourtant elle n’en tint pas compte, préférant apporter son aide à la jeune demoiselle qui était tombée. Elle l’entendait gémir, et devinait que la chute fut douloureuse. Flora ignora à la fois le «
Alors, ma jolie, c't'y pas qu'on tient plus d'bout ! T'as t'y pas un peu trop touché a illa vinasse ? », Ainsi que le «... Excusez-moi un instant. — » pour se mettre a genoux auprès de la servante.

«
Où a tu mal ? » demanda l’Enfant Bleue « montre-moi. » L’autre lui obéit, en attrapant le poignet de Flora et le posant sur un genou tordu et sur une cheville brisée. « Ici Dame » murmura la serveuse d’une voix nouée par la douleur. L’avatar hocha la tête et apposa ses mains sur la jambe malmenée. Aussitôt une lueur irisée, bleue, puis vert, puis encore bleue, joua sur la peau de la fille et bientôt, les torsions et les contusions disparurent.

«
Voila … », murmura Flora en se redressant. Une main l’attrapa sous l’aisselle, doucement. Prévention et prévenance ? Ou juste l’expérience ? La prêtresse de Nayru en ressentit à la fois la sympathie et l’ironie.

«
Merci, » dit-elle a son soutenant, « je me sent bien ». Puis de se dégager. Et de tendre l’oreille cherchant Thesus et … Link, avec cette manie a elle seule qu'elle avait de pencher la tête de coté, comme pour mieux capter les sons. Son cœur fit une pirouette, de même que son estomac. Link était venu finalement …

C’est ce moment que choisi sa robe trempée de thé pour se rappeler a son bon souvenir, par le biais du tissus mouillé et maintenant glacé, contre sa poitrine et son ventre. Flora grelotta un instant, cachant ses formes indécemment dévoilées, avant de se tourner vers elle pensait être Link et Thesus.«
Veuillez m’excusez, j’aimerais me changer, avant de reprendre plus avant notre discussion. »

Et sur ces mots, la Demoiselle s’en fuit vers les escaliers, accompagnée de la serveuse a peine soignée.

Ce compte est un compte narrateur : les personnages joués par le narrateur ne peuvent pas être utilisés par les joueurs ou joueuses dans leur post (sauf autorisation d'un admin) et les jets de dé du narrateur sont contraignants.



Thesus


Inventaire

0,00


(vide)

" Salutat..."

Thesus, perdu dans ses pensées, ne vit rien venir. Lorsque cet inconnu vêtu de vert s'approcha de la table, une seconde s'était écoulée avant que la serveuse ne tombe et arrose la compagnie. Sur le moment, le jeune homme n'avait absolument rien compris à ce qu'il venait d'arriver. Lorsqu'il vit la pauvre serveuse sur le sol et sa cheville foulée son cerveau lui dessinait l'origine de ce bazar. Seulement, lorsque Thesus pensait que la blessée était la responsable, il entendit un homme , ricanant à s'en étouffer:


« Alors, ma jolie, c't'y pas qu'on tient plus d'bout ! T'as t'y pas un peu trop touché a illa vinasse ? »

La chaleur s'empara de Thesus. Tout son corps semblait brûler de l'intérieur et son bandeau frontal, qu'il gardait toujours, le gênait. De l'extérieur on ne voyait rien d'anormal. Juste un jeune homme aspergé d'alcool, dont une goutte lui parcourait gracieusement la joue. L'ivrogne continuait de rire et semblait fier de son acte. La chaleur laissa place à un autre sentiment cette-fois ci. La colère. Mais pas une colère habituelle, quelque chose d'incontrôlable. Les yeux de Thesus n'arboraient plus de beaux iris marrons mais rouges. Un rouge intense comme le sang. Inconsciemment, le garçon serra les poings et ne lâchait pas le soûlard des yeux. Ses pensées étaient confuses et nageaient dans un brouhaha de mots " Attrape-le. Tue-le. Regarde le rire de ce qu'il a fait. Quel lâche. Fonce punir cette ordure. "

Les mots retentissaient de plus en plus fort. Des cris fracassaient sa tête et sa respiration s'accéléra. Son coeur frappait l'intérieur de sa poitrine comme un forgeron frapperait une lame.

L'inconnu et la prêtresse s'occupaient de la jeune demoiselle. Thesus était prêt à briser la nuque du souillon. Il n'attendait que ça. Mais la voix de la jeune prêtresse arrêta le manège:


« Veuillez m’excusez, j’aimerais me changer, avant de reprendre plus avant notre discussion. »

Les voix disparurent et les rythmes respiratoire et cardiaque reprirent leurs habituelles affaires. L'Hylien tourna son visage vers l'inconnu et la servante de Nayru. A première vue il n'avaient rien remarqué, du moins c'est ce qu'il pensait. Il regardait maintenant son torse, là où sous la cotte, se cachait cette marque détestable. C'était la première fois qu'il perdait le contrôle de lui-même en pleine journée ! Le temps pressait...

Raclant sa gorge il répondit à la Prêtresse:
" Faites, on vous attendra patiemment. Il regardait ce jeune homme tout de vert vêtu. Rien de cassé ? Je m'appelle Thesus, enchanté l'ami."

Il tendit sa main.


Link

Héros du Temps

Inventaire

0,00


(vide)

Des doigts de son amie, il vit s'échapper tant de nuances de bleus qu'il connaissait déjà. Ses mâchoires se crispèrent, silencieuses et discrètes dans ce chaos qui régnait sur le Royaume de n'importe quel tenancier. Personne ne le remarquerait, à l'exception – peut être..! – de la serveuse qu'il aidait à se maintenir dans une position relativement assise, ignorant les propos malséants que tenait le pauvre homme dans leur dos. Elle avait sûrement nettement plus l'habitude de ce genre de comportements que lui, il la sentait néanmoins plus fragile qu'il ne l'était face à ce genre de remarques. Comme il lui était possible de le faire, il bomba le dos, comme pour faire office de bouclier contre ce qui l'effrayait.

Et il était loin d'être tout à fait indifférent à cette crainte que vivait l'enfant. Elle ne devait pas dépasser les dix-sept hivers de toute évidence ; et dix-sept hivers, ça faisait peu. Si peu, pour avoir jamais connu la magie froide qui investissait certainement sa jambe.
« Là.. — » Fit-il, la sentant trembler contre lui. « Ca ira vite mieux ensuite. » Glissa-t-il à nouveau, désireux de la rassurer. Pour avoir vécu la situation des dizaines si pas des centaines de fois, il savait comment elle devait réagir, en son fort intérieur. La sorcellerie avait ce quelque chose de glacial, d'intimidant.

Pas uniquement pour la fille, en réalité. Il était persuadé que l'Avatar de Nayru était au moins aussi terrifiée que ne l'était sa patiente. Elle aussi n'était qu'une enfant après tout. Une enfant jetée dans un monde d'adulte, de complots, de manigances et de mensonges. Un monde noir qu'elle tachait d'illuminer, et que – par chance – elle ne pouvait simplement pas voir. Parfois, il lui enviait son « don des Déesses », en vérité. La main qui n'était pas occupée à réconforter la malheureuse vint la soutenir, en silence.

Les reproches qui s'élevaient derrière lui finirent par se taire, la salle par redevenir ce qu'elle avait toujours été auparavant. La liqueur qui lui collait les cheveux aux tempes et au front ruisselait aussi sur son visage et goutait sur le tissu qui le recouvrait. L'Hylien n'aurait su dire combien de temps dura les soins, mais il savait que c'était trop long pour attirer durablement l'attention sur eux, tout en restant moins fastidieux que lorsqu'il était passé sur la table d'opération, au Ranch. Flora del Carmen finit par s'éloigner sans qu'il ne dise rien.

Dès lors, le Vagabond consacra sa deuxième main à aider la serveuse à se relever.
« Voilà. On y est. » Souffla-t-il, pour l'encourager, alors qu'elle ne gainait à nouveau une première jambe, s'élevant progressivement vers ce semblant de dignité qu'offrait la capacité de marcher. La voix de la Dame Bleue trancha soudainement, et il se retourna au trois-quart, laissant la demoiselle seule avec ses affaires. Un bref coup d'oeil lui indiqua le motif de la requête. Sans mot-dire, il laissa le rouge lui monter, teinter ses joues. Une forme de gêne, sans doute. Pourquoi avait-il fallu que la boisson couvre chacune des courbes de la Fille de Foi ? La peste soit cet ivrogne aux pieds trop longs.

Le Fils-de-Personne garda le silence, trop gêné pour répondre, et délesté de ce devoir par l'inconnu qui partageait la table de l'Enfant-Ecclésiaste. Son regard ne se détacha pas pour autant immédiatement, à mesure qu'il ne constatait l'étendue des dégâts. Il se surprit à penser que la jolie prêtresse avait du avoir droit à quelques remarques, par le passé. Immanquablement. Tout cela avait duré le temps qu'elle ne tourne talon, aidée de la jeune fille qu'elle venait de soigner. Ses yeux se posèrent ensuite sur le « vieillard » à l'origine des derniers événements. Les cheveux crépus en bataille, d'un gris foncé, le faciès buriné et le nez rouge ; les yeux petits et mis-clos, le regard torve, la bouche fendue en un drôle de rictus qui semblait clore un ricanement depuis trop longtemps pour être naturel.


"Quoi ? T'as-t'y pas un problème eul'mioche ? Ton 'ti pote y'm'regarde mal. Dis-lui de... —
Roustan ! Cesses de dire des idioties !"

Une autre serveuse eu tôt fait de se lancer dans la bataille, en servant à l'individu une nouvelle boisson, tout en attirant involontairement le regard sur d'autres attributs que les billes de glace qui servaient à Link de pupilles. Et avant, encore, qu'il ne se soit retourné, une nouvelle voix l'interpelait. Le Voyageur de Temps se retourna sur cet homme qui lui tendait la main, et s'inquiétait de son état. Son égal, sinon mieux, en taille et en corpulence, ce Thesus présentait des signes qui ne trompaient pas le bretteur. Outre les particularités physiques, le plus évident restait la cotte qui reposait sur ses larges épaules.

"Ca va, merci." Lâcha le Sans-Lignage, en se saisissant de la main de son homologue Hylien, non sans un instant d'hésitation. Tant parce que ce genre de gestuelle lui était des plus étrangères que parce qu'il ne parvenait simplement pas à faire tout à fait taire sa méfiance. « Link. » Ajouta-t-il, pour se présenter à son tour et rendre la pareil à l'inconnu. « Ce genre d'événements sont légions, par ici ? » Demanda-t-il, pensant s'adresser à un habitué. Il n'était pas si souvent aux abords du Village de la Sage de l'Ombre, et moins encore dans les tavernes qui le peuplait. Enfant, il avait toujours eu souvenir d'un endroit hameau serein — sans doute parce qu'Impa l'effrayait suffisamment pour qu'il la pense capable d'assez d'autorité pour assainir une bourgade tout entière. Plus vieux... Il avait perdu ce genre d'image à propos du village. « Du moins... — » Amorça-t-il, avant que d'autres hurlements hystériques ne tranchent dans sa question.

"PUISQUE J'TE DIS QU'IL AVAIT LES YEUX ROUGES ! C'T'EUL'PUTAIN D'DEMON DU PUIT ! UN D'CI SHEIKAH POSS'DÉS !
Mais, enfin, Roustan...
TA GUEULE !"

L'Hylien jeta un bref regard inquisiteur à son compagnon d'infortune, plongeant ses deux perles givrées au plus profond d'iris redevenus bruns, avant de se retourner sur l'homme qui montait à l'assaut de leur table (sur laquelle il n'avait jamais posé que les mains...). Une chemise noir recouvrait le torse massif d'un de ceux qui avait passé sa vie à travailler dehors. Il partageait en commun avec le blond ce zeste de peau hâlée, mais présentait une musculature ô combien plus développée ; et le dépassait d'au moins une demi-tête. Le crochet du droit fila, ne laissant à Link que le temps de courber subitement ses genoux. Le poing passa nettement au dessus de son crâne. Dans un relent de protectionnisme envers Thesus, le Fils-de-Personne poussa celui-ci en arrière, pour lui éviter la frappe qui se promettait ravageuse.

"Un problèmes euls mioches ? J'm'en vais vous dompter, moi ! Si si ! Euls'deux à la fois !"

Beugla-t-il à nouveau. Les yeux du vieux fou semblaient chercher le deuxième mioche à qui refaire la face. Et pour cause : le Héros déchu avait roulé jusque dans son dos.


Les pieds de Flora claquaient contre le bois de l’escalier. Dans son dos s’élevait la voix de Thesus :
«
Faites, on vous attendra patiemment. Rien de cassé ? Je m'appelle Thesus, enchanté l'ami. »
Flora eu un sourire. Si seulement Thesus savait, qu’il parlait a l’homme dont juste deux minutes plus tôt, il avouait sa peur bleue, il serait peut être, surement, beaucoup moins a l’aise.

L’aubergiste avait bien fait les choses, et a son arrivée lui avait attribué la chambre juste en face de l’escalier. La prêtresse avait trois pas à faire en tendant la main et elle touchait la poignée de la porte. Flora entra donc dans son logement, et porta les mains à son col. Le tissu glissa sur sa gorge, puis sur ses épaules, avant de tomber au niveau de ses reins pour au final choir au sol.

La jeune fille marcha sur quelques pas avant de s’agenouiller devant un coffre de cèdres qu’elle ouvrit. Il contenait la tenue paysanne que Talon avait donnée à la prêtresse lors de son séjour au Ranch Lonlon. Rapidement elle enfila la jupe brune et les bas de laine. Puis elle passa la chemise par-dessus sa tête, chemise dont l’ourlet se coinça dans la ligne d’écailles qui lui courrait le long de la colonne.

Avec un soupir, Flora retira la chemise et porta la main à sa nuque. Le bout de ses doigts frôlait le bord presque coupant des premières. L’espace d’un instant, la petite prêtresse se demanda si ce n’était pas le Héros du Temps qui avait raison, et qu’il s’agissait d’une malédiction et non d’un cadeau.
Chemise à la main, en petite tenue du haut, Flora s’assit sur le lit. Le bout de ses doigts jouait toujours sur le bord des écailles, son esprit vagabondait. Elle savait que les deux hommes l’attendaient, pourtant elle ne pouvait se résigner à finir de se vêtir et les rejoindre. D'en bas déjà, la jeune fille entendait les bruits typiques des bagarres.

«
Link » murmura-t-elle, « Ne fait rien de dangereux. Je t’en conjure. »
Flora redoutait de se retrouver face a Link, face a ses bourdes et a, elle se le figurait, ses reproches non dis. Flora resongea a son arrivée la veille dans l’auberge. Elle ressassa la façon dont on avait défoncé sa porte quelques minutes après qu’elle l’eu close, la façon dont on la tira au bas de l’escalier, en chemise de nuit, pour lui demander de sauver un homme. Un homme dont le sang embaumait la pièce de son odeur rouillée, faisant tourner la tête de Flora et lui soulevant l’estomac. Et quand elle avait posé ses doigts sur le thorax de l’homme en question la façon dont il l’avait appelée «
Flora » et qu’elle avait reconnu la voix « Kuro … » de son ami, victime d’un attentat. Flora s’était, hier soir, échinée a maintenir en vie l’ancien Dragmire, usant jusqu'à la trame, son pouvoir. Donnant jusqu'à la dernière goutte de ses connaissances en guérison. Jusqu’au moment où on la saisit par l’épaule pour la rejeter en arrière. Flora ne sut jamais ce qu’il advint de Kuro cette nuit la. Était-il en vie ? Avait-il trépassé ?

La prêtresse savait par contre la façon dont le tenancier s’était approché d’elle, l’haleine avinée, et dont il posa une main invasive et nonchalante sur elle. La demoiselle de Nayru eu un haut le cœur en se souvenant de l’insistance que l’horrible homme avait mit dans ce geste, la façon dont il s’était attardé, descendant sous son nombril, essayant avec ses mains, malgré son statut de sainte, de forcer l’ouverture de ses cuisses. Flora faillit en vomir, dégoutée et révulsée. Comment les hommes ne peuvent ils penser qu’a ça ? Comment peuvent ils y penser, alors que ca peut être si dangereux pour leur épouse ? Comme cette pauvresse que la Prêtresse avait assistée à mettre au monde. Dont la vie s’échappait de cet endroit même que les hommes aimaient à cueillir ? La bagatelle importait elle plus que la mort d'un nourrisson ? Comment pouvaient-ils leur imposer de porter la vie ? Eux qui sont si a même de la détruire ? La jeune fille émit une prière fervente a l'adresse de Nayru, pour la remercier de la chasteté imposée aux Trois Avatars. Et si un jour, le Héros lui demandait ... ?

Le cœur de Flora battit alors. De bonheur et d’angoisse, car en bas, elle savait que se trouvait celui qui le lui avait volé son palpitant. Et qu’elle avait fait la bourde de le lui avouer. Mais pas avec des mots, avec un simple geste. Elle l’avait embrassé. Il l’avait repoussée. Flora ne pouvait s’empêcher de se demander pourquoi ?
La jeune fille pressentait que le début de la réponse se trouvait là, sous ses doigts. Que ses excroissances reptiliennes étaient en partie responsables du dégout (imaginé) de Link. La demoiselle bleue était persuadée que son ami l'avait abandonnée, la-bas a la place du marché, livrée a elle même alors que lui partait courir la Princesse. Flora en eu les larmes aux yeux.

Du dégout pour elle-même naquit en son cœur. Ses doigts se firent de fer et elle se mit a tirer sur l’une des écailles, traitresses qui lui avait mit son ami hors de portée, et l'avait a tout jamais isolée. La douleur fut immédiate, Flora avait l’impression qu’on lui arrachait un ongle. Pourtant elle continua à tirer, même quand les larmes se mirent à déborder de ses yeux qui ne voient pas. Même quand l’odeur de rouille du sang satura l’air. Même quand elle dut fourrer un poing dans sa bouche pour étouffer un gémissement, qui se mua tout de même en un cri long et a hérisser la peau en chair de poule. Finalement, l’excroissance céda et sans perdre de temps la jeune fille s’attaqua a la seconde, juste a coté. Son second cri dut alerter, car quand Flora se retrouva avec les deux objets dans les mains couvertes de sang (mains et écailles), la porte vola et elle entendit un hoquet choqué. D’une main tremblante, la prêtresse chercha à tâtons sa chemise, dans l’espoir vain de se couvrir.

Ce compte est un compte narrateur : les personnages joués par le narrateur ne peuvent pas être utilisés par les joueurs ou joueuses dans leur post (sauf autorisation d'un admin) et les jets de dé du narrateur sont contraignants.



Thesus


Inventaire

0,00


(vide)

" Ce genre d'événements sont légions, par ici ? Demanda le jeune homme de vert vêtu.

- Pour être honnête je ne suis pas du coin, enfin...Je suis arrivé il y'a seulement quelques temps, répondit Thesus. J'espère que non cher ami. Link ? Ce n'est pas un nom très commun... Ça sonne bien ! "

Un sentiment de curiosité apparût chez le garçon, amenant une intense envie d'en savoir plus sur ce voyageur. Quand tout semblait revenu à la normal, le débauché reprit de plus belle:

" PUISQUE J'TE DIS QU'IL AVAIT LES YEUX ROUGES ! C'T'EUL'PUTAIN D'DEMON DU PUIT ! UN D'CI SHEIKAH POSS'DÉS ! "

Malheureusement pour le jeune hylien , le souillon semblait avoir remarqué sa malédiction... Il ne manquait plus qu'un nouvel affrontement ne survienne et recommence cet indésirable manège. Comme par hasard, il en fut ainsi... Quelques secondes après ces hurlements l'ivrogne chargea, et à sa grande surprise, Link repoussa Thesus permettant à ce dernier d'éviter un coup fatal.

"Un problèmes euls mioches ? J'm'en vais vous dompter, moi ! Si si ! Euls'deux à la fois !"

Ce Link était impressionnant. Ses mouvements étaient cadrés à la seconde et en un rien de temps, il se tenait fièrement derrière l'assaillant.

" Il est si rapide...", pensa Thesus. Apparemment, ce fabuleux jeune homme pouvait peut-être lui montrer quelques techniques ! Les gémissements de leur opposant ramena l'hylien sur terre et sans pouvoir se défendre, deux mains gigantesques saisirent son cou. La douleur n'était pas le problème, mais l'oxygène. Qui peu à peu, manquait. A l'aide de ses bras, Thesus sauvait l'infime quantité d'air encore disponible. L'ivrogne, toujours avec ce sourire aux lèvres, redémarra la roue infernale. Les yeux du jeunot redevinrent rouge sang et les insoutenables voix chantèrent leur hymne morbide dans son esprit.

" Non... Pas... Pas encore...", pensa-t'il. Comme un mammifère affamé, le bras droit de Thesus cherchait désespérément de quoi se défendre. Il sentit une forme cylindrique et en déduit tenir une bouteille. Juste conclusion, qui fût confirmée lorsque le col de cette dernière était entouré par les fins doigts du jeune homme. Comme un valeureux chevalier trancherait son ennemi, Thesus frappa la tête de son agresseur, libérant son cou de ces deux paluches. Rapidement, il cogna de nouveau le chasseur devenue maintenant la proie.

" Tue le. Il ne mérite pas mieux qu'un séjour en enfer ! "

Aveuglé par la haine, qui était normalement étrangère à Thesus, il continua ses attaques jusqu'à ce que ce vieux fou saisisse le poignet droit du maudit. Le crâne du monsieur montrait une vilaine blessure et le sang coulait le long de son visage. Une lutte de force commença, un coup la bouteille s'approchait, un coup elle s'éloignait. Ayant aucune expérience en combat, le genou qui vint heurter les côtes de Thesus fût d'un grand étonnement. Ce dernier tomba sur le sol, ayant perdu l'équilibre et sa bien efficace bouteille. Les voix raisonnaient de plus belle et ses yeux diaboliques fixaient l'ivrogne qui préparait son prochain coup.

C'est alors qu'il se souvint de la Prêtresse, encore à l'étage et sûrement ignorante de ce qui était entrain de se passer au rez-de-chaussé. Il fallait que quelqu'un la prévienne, mais la rage qui rongeait Thesus effaça l'image de la jeune femme et dirigea toute son attention sur le soûlard qui levait son bras si large, dont le poing tenait fermement la bouteille.


Link

Héros du Temps

Inventaire

0,00


(vide)

Avant qu'il n'ai eu l'occasion de faire quoique ce soit d'autre qu'un mouvement préventif pour éviter de se retrouver avec le crâne fendu en deux beaux morceaux ; et pour avoir déjà ouvert le faciès osseux de plusieurs Non-Morts, il savait que ça n'était pas des plus agréables surprises, les deux hommes avaient engagé le combat. Les genoux encore fléchis, il se releva prudemment, la main sur son épaule encore douloureuse. Après tant de temps à se mouvoir sans rien d'autre qu'une épée dans le dos, il en avait presque oublié comment rouler avec un écu vissé entre les omoplates. La pression qu'avait imposé l'acier enchanté à la naissance de son bras – encore légèrement convalescent depuis le ranch – avait provoqué cette désagréable sensation d'aiguille qui perce chair et tissu.

Son genoux aussi le tiraillait. Foutue échelle, pensa-t-il à nouveau comme lors de sa chute dans les couloirs anciens et les cavernes cachées au sein du Castel-Royal. Peu importait le passé, certes, sauf quand celui-ci avait pareilles conséquences sur le présent. Il lui était devenu difficile de s'élancer avec autant d'assurance qu'avant, maintenant que les plaies de son épaule et de sa jambe s'étaient réveillées. Il n'avait de toute façon pas le temps de penser à ses anciennes balafres ou au fait qu'il avait réussi à oublier qu'il portait un bouclier dans le dos. La situation requerrait qu'il bouge. Maintenant.

Les larges mains de l'ivrogne s'étaient saisies de la gorge de l'ami de Flora. Pas un seul dans l'auberge miteuse n'osait bouger, et s'élever contre ce Roustan qui faisait, semblait-il, office de doyen. L'Hylien ne prit pas le temps d'analyser plus amplement la situation, conscient qu'il fallait réagir dans la seconde ou préparer quatre planches pour l'un des deux belligérants. Sans perdre une seconde de plus, le blond se jeta à son tour dans la mêlée. Tout s'enchaîna avant qu'il ne parvienne à combler l'écart qui s'était installé entre la scène de combat et lui.

Le verre se brisa sur le visage du saoulard, et la lutte pris un autre tournant. Bien vite les coups s'enchaînèrent, à mesure que Thesus ne balançait son bras nouvellement armé d'avant en arrière. L'arcade sourcilière du colosse ne tarda guère à devenir un véritable affluant sanguin et les rides de sa figure se firent les rigoles carmin de cette mappemonde pour le moins original. Au plus profond des yeux du Vagabond se dansait une gigue arctique qui ne trahissait que trop bien le fond de sa pensée : il fallait arrêter le jeune homme avant qu'il ne tue le grand-père.

C'était sans compter sur un énième retournement de situation. L'autrefois-Champion de Farore ne disposait pas du temps nécessaire pour stopper le genoux en pleine course — ce fut le foie du gamin qui s'en occupa à sa place. Son compagnon d'infortune s'effondra, la bouteille exposée changea de main. La montagne de muscle arma le bras, prêt à mettre un terme à une rixe particulièrement rapide. Partout dans la salle, le temps semblait s'être arrêté, jusqu'à ce que le coup parte.


".. Ugnh.. —" Lèvres pincées, mâchoires fermement soudées l'une à l'autre. Dents grinçantes. Rictus. Sur ses traits se dessinait un masque de souffrance qui semblait couler comme l'aurait fait la poudre-à-visage ou le phare-à-paupière d'une bourgeoise trop maquillée par temps de pluie. Sa bouche n'avait pas desserré un seul instant, même quand un râle étouffé lui avait échappé. Son bras gauche le brûlait, éventré. Le goulot écharpé avait su déchirer sa tunique un peu au dessus du coude, et de là se tailler un chemin entre la chair, les muscles et les tissus. Mettre à nu l'os.

"Ah bah, t'y re'vla toi !" Grommela le fou-aux-énormes-paluches, soufflant son haleine infecte (et chargée de trop d'alcools pour qu'il ne les reconnaisse) au visage du Sans-Lignage. « T'voulais pô attendre ? Approche eul'gars. » L'étoffe beige de ses chausses se retrouva bien vite maculée de sang à nouveau, elle aussi. L'arme improvisée du vieillard avait ripé sur tout le torse du bretteur, heureusement protégé d'une chemise de maille sous la tunique, avant d'entailler sévèrement sa cuisse.

Link porta sa main droite en soutien à son bras dorénavant trop blessé pour qu'il ne puisse s'en servir autrement que comme d'un poids mort. Ses lèvres se décrispèrent, tant le besoin en air se fit substantiel. L'Hylien se mit doucement à haleter, tachant de faire un point de pression à l'aide de son poing. Son regard ne quittait plus l'homme qui lui faisait face ; par deux fois plus large que lui et plus haut d'au moins une tête et demi. Et comme à chaque fois qu'il s'engageait dans une bataille, une espèce de fièvre puissante et exaltante s'emparait de lui. La chaleur le gagnait. Il n'aurait su dire si c'était la plaie qui s'infectait – probable, le nombre de bouches passées sur le goulot avaient certainement laissée un nombre conséquent de bactéries en tout genre – ou si au contraire son organisme réagissait à ce qu'il n'avait plus pratiqué depuis des lustres. Son dernier véritable ennemi avait croisé le fer avec lui avant la trahison de Dun Loireag.

Roustan arma à nouveau son bras. Sur sa droite, il leva à nouveau les restes de la chopine, prêt à l'abattre. Quand le poing aviné du poivrot retomba, et juste avant qu'il ne rencontre à nouveau la chair du Fils-de-Personne celui-ci fit jouer sa jambe meurtrie. Ancrant son pied au sol avec tout le poids qu'il lui était possible de mobiliser, il pivota sur l'axe qu'était devenue son membre estropié. La bouteille s'écrasa avec violence l'une des chaises ou siégeaient un peu plus tôt une Prêtresse et un apprenti-guerrier. Sans attendre, et prenant tout son élan, le Voyageur de Temps balança son épaule et laissa son corps tanguer sous sa propre masse.

Il percuta le pauvre homme en plein thorax, qui cracha ses poumons avant de chuter sur le dos. Ses mains noueuses et ses doigts longs comme des poignards raclèrent le sol jusqu'à attraper la cheville du Faux-Kokiri. Les gémissements qu'il poussaient témoignaient encore de ses intentions guerrières — mais il les traduisit mieux encore quand il tacha de jeter le Héros déchu à terre. L'Enfant-des-Bois comprit alors et seulement qu'il ne pourrait pas simplement se débarrasser de cette sangsue en l'envoyant au tapis.

Sa botte enfonça la mâchoire du débauché, dans un coup de pied d'une violence extrème. Deux dents, sinon plus, sautèrent alors que l'homme vomissait douloureusement son sang. Une nouvelle fois, Link arqua sa jambe pour frapper. Le deuxième coup envoya son adversaire vers d'autres rivages, gouvernés par une baleine aussi massive qu'un îlot et capable de voler. Le Poisson-Rêve, disait-on, guidait tant les endormis que les inconscients.

Immédiatement après que le vieillard aux cheveux crépus soit devenu aussi inerte que l'ensemble du mobilier de l'auberge, il sentit ses jambes trembler et ses membres le firent souffrir avec suffisamment d'insistance pour lui tirer un presque cri. L'adrénaline retombée, il subissait le contre-coup de l'affrontement. L'espace d'instant, il crût qu'il allait s'effondrer à son tour, comme les deux autres. Poussant un long soupir, il s'essaya bien vite à un exercice de respiration que Saria lui avait enseigné. Calmer son coeur pour perdre le moins de sang possible. Moins son palpitant s'affolerait, moins vite il pomperait l'hémoglobine par delà les frontières de son enveloppe charnelle.
Le silence de mort qui planait sur la salle cessa quand, adossé à un mur, il se laissa glisser, les yeux fermés, le poing toujours fermement appuyé sur la plaie. Sur ses doigts ruisselait un liquide chaud, poisseux et vermeil. Sous ses ongles s'accrochaient de petits lambeaux de chair que le verre avait su déchirer. Ses lèvres rougies par expulsait l'air que son torse avait su stocker avant le dénouement de la bataille. Lentement mais sûrement, il quittait le monde des rixes pour revenir parmi les buveurs invétérés et les serveuses en petite tenue.


"C'est ces deux là qui ont besoin de toi, dame-qui-sert." Glissa-t-il, les yeux toujours clos, à l'égard d'une de celles qu'il avait entendu arriver. « Tu devrais t'occuper du vieil-homme en premier lieu. Il devrait se réveiller avec une sacré rage de dent. » Continua-t-il, avant qu'elle n'ai eu le temps de réagir. Toujours sans ouvrir les yeux, simplement en jouant de son ouïe, il sut qu'elle obtempérait. Petit à petit le soulagement le gagnait, après l'adrénaline. Aucun Hylien ne prendrait la vie d'un Hylien ce jour. Il s'accorda un soupir de plus, avant de retourner pleinement et entièrement sur les lieux du carnage.

Il leva les deux suaires de chair qui couvrait sa vue. Le sang inondait le plancher. Deux serveuses s'était improvisées infirmières, et une troisième arrivait vers lui, un tissu blanc en main. Encore dans un état second, il la remercia d'un bref sourire. Quelques instants après, un bandeau venait panser sa plaie et libérer son autre main. Son bras gauche restait encore sacrément atteint, mais il avait désormais récupéré un semblant de mobilité. Oh, certes, les cabrioles ne seraient pas pour demain, mais au moins pouvait-il vaguement bouger.

Suspend les épées, suspends les flèches.. —

Se mit-il doucement a chantonner, tout en serrant le bandage qu'on lui avait apporté. Une veille prière qu'il avait pratiquement oublié, et dont seuls deux vers lui revenait. Il ne savait pas à qui elle était adressée, en vérité, mais était persuadé qu'elle ne visait ni Din, ni Nayru ni Farore.
Permet qu'ils vivent de meilleurs jours... —

Reprit-il dans un murmure, avant qu'un cri n'éclate. Il ne fallut guère plus d'une demi-seconde au Fils-de-Personne pour comprendre qu'il s'agissait de Flora. Il ne l'avait pas oubliée, mais force était de constater qu'elle avait su s'évader des parois de son crâne le temps d'une bagarre. La peste que cette journée ! Midi tout juste passé et déjà deux drames, au moins..! Tant bien que mal, il se releva, avant de se trainer aussi vite qu'il lui était possible de se déplacer avec une cuisse en pareil état. Au confins ouestrien, dans la Forteresse de Ganondorf, il avait eu à mener deux affrontements successifs avec des dégâts autrement plus importants. Aussi s'appuierait-il aussi souvent qu'il lui serait nécessaire de le faire, mais il ne s'arrêterait certainement pas là. A nouveau, l'inquiétude qui lui mettait insidieusement les nerfs à vifs depuis des mois grandissait en son sein.

Il monta les escaliers quatre à quatre – dans la mesure où il était encore capable de le faire, l'expression reste évidemment à nuancer –, avant d'ouvrir la porte avec le peu d'énergie qu'il lui restait encore dans le bras gauche. La main droite s'était refermée sur la fusée de l'Épée Sacrée, et doucement le fer de la Déesse avait commencé à coulisser au fond de sa gaine quand il découvrit...
« ... — Flora ?! » Hoqueta-t-il, face à la servante de Nayru pratiquement nue, en pleine partie d'automutilation.

"Milles pavois fracassés ! Par la barbe de Din ! Qu'est-ce qui te prend ?!" Blasphéma-t-il dans un sifflement ô combien désapprobateur, après que son regard se soit posée sur cette paume pointée vers les cieux, dans laquelle trônaient deux des écailles qu'ils avaient découvertes ensemble, au Ranch. « Qu'est-ce que tu fous, bordel ?! C'est une offrande à tes Trois adorées ?! » Siffla-t-il, à mesure que l'inquiétude ne nourrissait sa colère. Pourquoi ces trois Femmes aux Vertus Divines n'étaient-elles pas capable d'épargner les justes et les méritants ? « Tu crois vraiment que je vais te laisser faire ça ? » S'enquit le Sans-Lignage, en se rapprochant doucement de la fille de Foi, déliant ses doigts de la hampe d'Excalibur. « Arrête-ça immédiatement ! » Ordonna-t-il tant bien que mal, en se saisissant des deux protubérances que la jeune fille avait arrachés.


Il est difficile a croire que ces deux la puissent se supporter. Lui, un Héros déchut qui reniait leurs droits au Trois. Elle une fille de foi dont l’existence même n’était jurée que sur les Déesses. Pourtant si le contexte même faisait qu’ils n’auraient jamais dut se supporter, les circonstances sans cesses les réunissaient.

La prêtresse se recroquevilla quand la porte claqua contre les montants de bois. Elle perçut la colère et l’inquiétude dans les mots, eux même aussi douloureux que le fouet qui frappe. Sa bouche se réduit en une moue, une simple ligne rose qui exprimait clairement le désaccord. Comment pouvait-il en être autrement ? Tout ce qu’était capable de lui dire le jeune homme depuis son erreur au Ranch n’étaient que reproches. Et aujourd’hui ne faisait pas exception.

Le poing de Flora se ferma en une petite boule compacte, qui vola vers le visage du Héros du Temps, le frappant – ca elle l’avait pas prévu – de manière a se que sa jambe estropiée ne puisse plus le porter. Link avait entre temps refermé sa main sur l’autre poignet de la Prêtresse, et sa chute les entraina tout les deux vers le plancher de bois.

Ce n’est qu’une fois le nez dans la tunique du jeune homme que la jeune fille le sentit. Le sang. Link en était couvert.
Mais ce n'est pas la seule chose que sentit Flora. Sous sa joue, elle sentit le plexus solaire dur et la musculature sèche du Héros, nourrit aux racines et aux bulbes. Tombée quasiment a califourchon sur les jambes de Link, la prêtresse sentit une chaleur naitre sur ses joues -et elle dut se l'avouer plus bas aussi. Chaleur qui apaisait pas le trouble que lui inspirait le jeune homme. Au contraire son trouble attisait la frustration de la petite prêtresse .... La colère d’abord chaude de la jeune fille se mua en une rage froide. Pourquoi espérer que son ami – Par Nayru ce mot lui écorchait la langue – apprenne la prudence, vu qu’il aimait a courir tout les dangers possibles ? Du bout des doigts Flora envoya un filet très fin et doux de magie dans le corps blessé sous elle. Un clignement des yeux et elle sut l’étendue des dégâts.

«
Tu es donc incapable de prendre soins de toi ? » murmura-t-elle en se redressant. Elle avait la gorge nouée, les yeux pleins de larmes. Elle ferma les yeux et en cueillit l’une sur ses cils, qu’elle laissa couler dans le creux de sa paume. A voix basse, si basse qu’on aurait dit le doux roulis d’une cascade, Flora se mit à psalmodier un sort.

Là ou beaucoup ne connaissaient l’Amour de Nayru, cette larme prise dans le cristal et dont l’utilité se bornait à fournir un bouclier au lanceur, Flora elle usa de ce sort de guérison qu’on nommait les Larmes de Nayru. En pratique il s’agissait d’un sort dont l’adepte n’usait qu’en cas d’extrême urgence, qui épuiserait les capacités magique de la demoiselle. Mais il ne s’agit la que de on dit. Il est raconté aussi que l’usage de se sort dévoilait l’âme du guérisseur a son bénéficiaire. … Que des on dit ... Que celui qui versait les larmes donnait son âme en échange de la vie … un sort ultime …

Flora ressentait ce qu’elle faisait comme un geste intime, du même acabit que si elle avait pris la main du Héros pour l’attirer vers le lit juste a coté. Dans ses mains réunies en coupe, la larme était devenue eau et avait remplit ses paumes. Un halo phosphorescent s’était pris dans ses cheveux cyan, ses yeux blancs et le long des écailles a la fois sur son dos et dans la paume du jeune homme. Debout devant le Héros, ses yeux blancs perdus dans le vide, la prêtresse lâcha le contenu de ses mains en une pluie fine et chaude. Flora savait que Link ressentirait son contact de façon glacée, parce qu’il ne croyait plus, ou qu’il n’éprouvait pas les mêmes sentiments qu’elle….
Quand ses paumes furent vides, Flora les laissa retomber le long de son corps.

«
T’as raison. » murmura-t-elle « entre une reine et une infirme je ferais le même choix. ». Elle se détourna et alla s’assoir sur le lit, toujours dénudée, l’aura éteinte. Elle tourna le dos au Héros et d'un coup d'épaule masqua sa colonne avec ses mèches cyan.
«
Va-t’en. »

Un sanglot, un frisson. L'avatar se réprimanda intérieurement. Elle devait se ressaisir et descendre retrouver Thesus en espérant que les combats ne l'avait pas trop amoché. User de ses dernières gouttes de magie pour aider les combattant au rez de chaussé.
«
Va-t’en. » fut tout ce qu'elle put répéter ...

Ce compte est un compte narrateur : les personnages joués par le narrateur ne peuvent pas être utilisés par les joueurs ou joueuses dans leur post (sauf autorisation d'un admin) et les jets de dé du narrateur sont contraignants.



Thesus


Inventaire

0,00


(vide)

Parfois, un homme se retrouve dans certaines situations. Incapable d'expliquer pourquoi il a fait telle ou telle chose. Il écoute des émotions qui dictent ses actes. Thesus n'était pas une mauvaise personne. Enfaîte, il était un homme pragmatique et doux. Parfois, il s'énervait certes, mais jamais jusqu'à frapper un homme. Et pourtant, il était prisonnier d'une émotion qu'il ne connaissait que très peu, la colère. Fils obéissant, il a rarement répondu à ses parents, conscient que la situation financière de la famille pouvait basculer d'un jour à l'autre. Il aidait donc à la tâche et pouvait être fier de ce qu'il avait construit et apporté au sein du foyer familial. Fils unique, il n'a pas connu l'amour d'un frère, les moments de partage, de découverte, et a plutôt côtoyé la solitude. Thesus ne pouvait compter que sur lui. Mais le destin joue bien des surprises, et ce jour là, lorsqu'une bouteille en verre allait mettre fin à l'existence du jeune homme, contrôlé par une malédiction qu'il ne voulait pas, il est apparût. Cet homme tout de vert vêtu. Il correspondait parfaitement à la description physique de la légende, mais la Prêtresse avait bien précisé qu'il se battait toujours contre le mal, loin d'ici. Trop occupé pour s'approcher des habitants, dont le destin reposait sur ce voyageur du temps armé d'une lame sacrée et d'un bouclier indestructible. Il ne pouvait être le Héros dans ce cas là, mais cette dextérité, cette façon de se déplacer, d'être là au bon moment et de rester droit et fier avec un bras en lambeaux, installait le doute. Un doute que Thesus espérait un jour combler.

La colère avait disparu, les voix s'étaient éteintes, et les pensées du garçon se remirent en place. Décidément, cette journée n'était pas la bonne. Mais la vie marche ainsi. Bonnes surprises et mauvaises surprises. Link ne tarda pas à riposter face à se bloc de chair et d'os. Et Thesus en fut encore plus surpris lorsqu'il vit ce dernier tomber sur le sol. Ayant été intelligemment poussé par ce fabuleux combattant, puis frappé au visage à plusieurs reprises, il était inconscient. Dangereusement inconscient. Des soins étaient nécessaires, et le plus rapidement possible. Link ne perda pas son temps et se dirigea à l'étage ou se changeait l'innocente Prêtresse. Du moin c'était ce que pensait Thesus jusqu'à ce que l'Hylien entende le début d'une querelle. Et pas n'importe quelle type de querelle. Celle qui blessait le coeur des gens. L'amour.

Le maudit ne voulait pas s'en mêler. Il ne les connaissait pas assez pour faire ce que tout ami devait faire durant les moments difficiles. Les consoler, les aider et trouver des solutions. Mais Thesus qui n'avait jamais eu d'amis était incapable d'endosser un tel rôle.

Il se leva, reposant maintenant sur des jambes fatiguées et confuses. Une serveuse s'approcha de lui:

" J'peux vous aider ?"

Thesus, poliment, lui fit signe que non, le sourire aux lèvres. Sourire qu'il effaça instantanément quand elle se retourna. Le jeune homme observait les lieux puis finalement reposa son épaule contre un meuble et croisa les bras. Tout ce qui était arrivé était en partie de sa faute. Si il n'avait pas regardé le pauvre soûlard trop longtemps, rien de tout cela n'aurait existé. Encore une raison de plus pour trouver une solution et se débarasser de cette malédiction. Son regard se figea sur les marches d'escalier, en attendant ces deux personnes surprenantes.


Link

Héros du Temps

Inventaire

0,00


(vide)

Son visage tout entier fut déporté sur la droite quand le poing enfantin de la prêtresse percuta sa joue. Sa pommette malmenée lui arracha un grognement rauque, tandis que sa main cherchait, avec autant de précipitation que d'imprécision, quoique ce fut qui puisse le retenir. Ses genoux tremblaient furieusement, ses jambes chancelaient, et chacun des muscles de son corps hurlait sa propre douleur. Tous ces cris silencieux lui déchiraient les tympans, jetaient sur ses yeux autant de linges carmins qu'il n'avait perdu de sang. La tête lui tournait quand il émit un gémissement qu'il ne pouvait pratiquement plus entendre. La peste qu'étaient ces bouteilles au tranchant si sec !

Ses doigts griffèrent le bois d'il-ne-savait-quel-meuble, qu'il entrainait dans sa chute. Avant que son poids n'ai fini de faucher ses jambes, le vacarme avait commencé avec la dégringolade d'une pièce de hêtre suffisamment massive pour être entendue dans toute l'auberge. Et puis... Et puis son crâne heurta le plancher. Reprenant doucement consistance, l'Hylien grinça des dents plutôt que de laisser une nouvelle plainte s'échapper de ses lèvres encore une fois. Oh, certes, la demoiselle n'avait pas décoché un uppercut si dévastateur qu'aurait su le faire le gamin qu'il avait croisé avant d'arriver, mais c'était une espèce de syndrome semblable à celui de la goutte d'eau qui parvient sans mal à faire déborder le vase.

C'était cette accumulation de maux – bien plus anciens qu'un vulgaire coup de verre dans le bras ou la cuisse – qui avait su le jeter à terre. Cette sensation d'échec qui le taraudait depuis des jours, des mois et des années. Ce sentiment d'être plus vieux que n'importe lequel de ses aînés, de vivre dans un corps par trop souvent ouvert, et bien trop rafistolé. Cette fatigue de plus en plus lourde à mesure qu'il n'accumulait la tension et ne dormait jamais vraiment. — Un peu comme il le faisait lui aussi.

Et cette douleur là n'avait rien de la chaleur sourde mais découverte qui grimpait en l'instant à l'assaut de tout son être. Celle-ci était autrement plus sournoise et s'infiltrait insidieusement, quelque puisse être le chemin sinueux à suivre. Elle n'avait que cette froideur sombre. Elle était gelée, en vérité. Cette souffrance seule, capable de percer les rêves et d'éventrer les cieux pour laisser de lourds nuages noirs les remplacer. Ce mal unique, qui tue l'espérance. La peur. Le Sans-Lignage craignait pour ce qu'il avait toujours protégé. Des idéaux de liberté, des pensées justes. Des désirs de paix — des avenirs où il n'aurait plus à lever l'épée. Un univers où Zelda vivrait, sereine apaisée, où Malon pourrait respirer un air lavé de tout tourment, où personne n'aurait plus jamais à se soucier de guerre ou d'autres conflits. Un monde de naïf, et un objectif noble, pour sûr. Mais un objectif égoïste, néanmoins puisqu'il était aussi motivé par sa propre souffrance — et le désir de s'en débarrasser.

La voix fluette de la fille de Foie le tira loin de ses rêveries, et il serra les dents en silence, essuyant le reproche de cette gamine. Comme si cela l'amusait de se faire charcuter, allons bon ! Ces sacerdoces qui se croyaient tous plus futés les uns que les autres. Une majorité d'entre eux n'avait jamais mis le pied en dehors de leur sacrosaints monastères, trop occupé à prier pour un peuple qu'ils n'avaient pas le temps de servir. « Je me suis blessé pour protéger ton cher ami », eut-il envie de lui cracher au visage. « Pendant que tu t'arrachais la parure qui couvre ton dos pour l'offrir à tes trois idiotes hautaines, je me faisait charcuter pour ton acolyte ! » Les mots lui brûlaient la gorge et sa colère lui martelait les tempes, tandis que son coeur s'emballait de nouveau. — Triste erreur sur laquelle il ne pouvait que difficilement influer. Les bandages qu'il avait pu réaliser s'imbibèrent bien vite d'un liquide chaud à l'âcre odeur de fer.

« De la magie, encore, hein ? » Eut-il envie de hurler, sans parvenir à desserrer les lèvres, tandis qu'elle murmurait il ne savait quelle incantation-prière ou quelle prière-incantation. L'Hylien savait pertinemment une chose : si ses mâchoires étaient amenées à se séparer, il ne saurait pas retenir un râle qu'il se refusait depuis si longtemps à laisser sortir.

Ses ongles rognèrent le bois. Si l'espace d'un instant – le temps d'une bagarre – il avait été envahi par la chaleur immuable des maux, le Sans-Lignage se sentait dorénavant gelé. Encore et toujours, l'Hiver venait jusqu'à lui, ce blizzard surnaturel s'insinuait au plus profond de ses chairs, ses tissus et ses os. — Sa langue claqua au fond de sa bouche, alors que son visage se crispait. Le plancher crissa, sous la kératine.

Ses lèvres restèrent pincées. Blanches. Quand chacune des larmes s'infiltra, le Faux-Kokiri sût encore se taire. Doucement mais sûrement, il se sentait rajeunir. Comme si.. Comme si la magie de Flora ramenait son corps en arrière dans le temps ; avant toutes ces blessures. Relâchant sa tête, Link finit par laisser l'air pénétrer sa bouche. Une vapeur froide s'éleva en un petit nuage blanc avant de retomber (sans doute autrement plus lourd que l'air ambiant), témoignant de sa température corporelle. La guérison de son bras et de sa cuisse avait été autrement plus douloureuse que ne l'étaient ses plaies. Mais il savait que la magie réclamait toujours son dû, et en cela il s'en méfiait invariablement.

Petit à petit, la tempête polaire qui l'habitait se retira, et il cessa de grelotter pour mieux haleter. L'Enfant-des-Bois lâcha sa nuque et se laissa aller à mesure que l'effort qu'on lui imposait arrivait enfin à terme. Le sommet de son crâne rencontra sobrement le sol crasseux de la petite chambre et chacun de ses muscles se décontractait lentement. Son torse, figé durant la chute des larmes, ne s'affolait plus. Il respirait presque normalement, encore essoufflé. L'oxygène s'invitait chez lui puis le fuyait par saccades. Ses esprits commencèrent à lui revenir, et il réalisait que Flora avait du consacrer énormément d'énergie pour mettre en oeuvre un sortilège aussi puissant. S'il était à ce point épuisé, dans quel état devait-elle être..?

Le jeune homme passa sa main sur sa lèvre inférieure et en essuya le sang. Son autre bras lui servait d'appui pour se relever et il parvint à se hisser jusqu'à la position assise, suffoquant encore un peu.
« Flo... — Flora.. » Débuta-t-il, portant la main à la gorge, comme si on l'avait fermement étranglé. Les mots se coinçaient dans sa trachée alors qu'il hésitait entre un merci et un reproche pour les risques qu'elle avait pris. S'il s'était fait lacérer pour son ami, elle n'avait pas non plus hésité à sacrifier une large part de son énergie pour lui.

Son murmure n'eut rien de suave. Plus grinçant que n'importe laquelle des portes de la plus miteuses des bâtisses – la masure des Frères Skultullas, à n'en point douter – du Réal d'Hylia, il brisa toute intonation ; qu'elle provienne du ventre, de la gorge ou du nez. A nouveau, la voix-devenue-couteau de la Ponte ecclésiastique s'adonna aux joies du coup à l'aveuglette (sans mauvais jeu de mot), frappant au hasard, et quémandant la chance de toucher. Ses doigts se cramponnèrent à une aspérité quelconque. Il se hissa debout à la force du poignet, époussetant sa tunique (et constatant qu'elle avait aussi bénéficié de la magie) en silence. Le choc qu'avait été tous ces enchantements le laissaient encore trop groggy pour qu'il ne se pose de réelle question sur la teneur des propos de l'enfant. Pourtant, ses dents grincèrent à nouveau. La Prêtresse souhaitait qu'il dispose ? Très bien. Il disposerait. Il n'avait de toute façon pas besoin de sa compagnie pour lui rappeler à quel point il était seul.


"Comme tu veux." Grommela-t-il, austère et piquant comme l'acier d'une lance. « Si c'est là ce que madame la Grande Prêtresse souhaite, je vais délester son plancher de mon infâme présence. » Jamais il ne s'était ainsi exprimé, et pour couronner le tout, il se laissa même aller jusqu'à une révérence moqueuse — qui témoignait essentiellement de la nouvelle plaie que cette gamine avait su ouvrir. A quoi bon s'attacher et faire confiance si c'était pour se voir ainsi jeté ensuite..?

Le Fils-de-Personne tourna les talons, après avoir relevé la commode qu'il avait fait tomber. Pourquoi fallait-il toujours qu'il soit jeté, trahi, ou abandonné ? Il savait qu'il vivrait une vie en marge de celles des autres, et que ce serait son principal fardeau. Mais même maintenant ? Aujourd'hui, alors que Farore avait fait choir le Courage de sa main pour mieux le donner à Ganondorf, pourquoi devait-il continuer, perpétuellement, avoir à supporter les innombrables désagréments de cette « bénédiction » (qu'il n'avait jamais su utiliser) ? Les marches craquèrent, malmenées par son poids, quand il entama sa descente des escaliers, avant de s'arrêter.
« Si jamais tu souhaites quitter Cocorico, tu as trois minutes. » Siffla-t-il, aussi sec et cassant qu'une de ces roses des sables qui parsemait parfois les dunes du Désert. Sans plus attendre et sans se retourner, il repris sa route.

Jouant des coudes et des poignets pour s'assurer que tout allait au mieux, s'éviter une mauvaise surprise au moment le moins opportun, il arriva enfin en bas. Thesus le regardait si fixement qu'il en détourna le regard, gêné par toute cette attention qu'on lui prêtait. Plus que jamais, le Héros Déchu souffrait de cette irrémédiable envie de fuir, loin de tous ces regards braqués sur ses épaules, loin de tous les reproches qui pesaient sur sa nuque. Link traversa silencieusement l'auberge, jusqu'à arriver à l'inconnu d'il-y-a quelques minutes. Posant doucement sa main sur son épaule gauche, il chercha un instant ses mots.


"Si la Prêtresse ne redescend pas, souffla-t-il, veilles sur elle, s'il te plait. C'est une enfant pleine de bonté et je ne voudrais pas qu'il lui arrive quoique ce soit." Termina-t-il, dans un presque murmure. Sans attendre une quelconque réponse, l'Hylien s'éloigna et poussa la porte bancale de l'auberge, rejoignant sa fière jument. Une fois scellée, il pourrait s'en aller. Aussi loin que ne le permettrait les vents d'Ouest. Décidément... — Il n'aimait vraiment pas ce hameau en apparence si paisible. Cocorico.


Ses yeux se fermaient d’eux même. Elle se crispa sous les paroles violentes de Link, comme s’il frappait avec un fouet, une larme encore aux coins des yeux. Du pouce elle effaçât les traces de la dispute, alors que la porte claquait sous la colère du Héros. Elle crispa une dernière fois les épaules sous l’ampleur du son.

Incapable de bouger dans l’immédiat elle joue avec les tissus de la chemise. Avant de la passer par-dessus sa tête et de l’enfiler. Sauf que cette fois ci encore, en plus de passer sur ses plaies a vif, le tissus se coinça sur l’arrête de ses écailles. La jeune fille serra les dents, pour s’empêcher d’hurler, et forçat le vêtement a descendre. Ce qui eu pour effet de déchirer l’habit dans un son sinistre.

La demoiselle bleue en pesta de rage et jeta le chiffon à terre avant de donner un coup de pied colérique dans le haillon. Peste soit des hommes, qui vous font tourner la tête pour après vous rejeter comme on oublie la dernière des catins … A ce stade de fatigue, c’est la colère, toute adolescente de la prêtresse qui la tiens debout. Et non pas une fraicheur retrouvée, ou un surplus d’énergie caché au fond de son corps gracile et juvénile.

Alors que Flora fulminai toute seule dans son coin, porte s’ouvrit doucement a nouveau, et la serveuse soignée un peu plus tôt, entra a pas de loup. Sans mot dire, elle ramassa la chemise déchirée. Elle ne fit pas de commentaire sur la ligne bleue roi dans le dos de la Sainte. Elle fit son travail, en silence. Lentement, comme si Flora était un fauve à dompter, la serveuse s’approcha d’elle, avant de lui attraper le poignet.
«
M’dame, vous devriez être moins s’vère avec l’messieurs. Il a démonté la grand ‘salle pour vot’ ami et vous. »
La prêtresse ne réagit pas de suite, et laisse la serveuse l’aider à s’habiller. Celle-ci lui enfila une chemise de coton, prélevée dans ses propres affaires, ainsi qu’un corsage à lacer dans le dos.

«
Voila, comme ça, il pourra vous aider, vot’ m’ssieurs, et ça vous gênera pas, avec vos choses la … Elles sont jolies ... C’est dommage de les abimer comme l’avez fait ! »
Puis elle prit le poignet de Flora, avant de la conduire vers l’escalier. Doucement la serveuse lui fit descendre une a une les marches de bois, alors que la fatigue rongeait de plus en plus les os de la prêtresse et que les soupirs épuisés se multipliaient. Pendant ce temps, dans le cœur de la jeune fille bleue, le remord et le doute faisait place à la colère et au chagrin. Au fur et à mesure que ses genoux se mettaient à trembler elle pensa au Héros, au dehors.

«
Est il déjà partit ? » demanda-t-elle à celle sur laquelle elle s’appuyait comme une vieille.
«
Non, Anton l’cuyer l’ralentit pour vous laisser l’temps d’faire vos affaires. Pas facile vot' am'reux, mais, vous l’êtes pas n'n p'us. »
Doucement, mais d’une main ferme, la serveuse conduisit la Prêtresse de Nayru a travers la salle. D’un toucher et d’un sourire, Flora guérit la blessure de Thesus.

«
Désolée, Thesus, nos routes se séparent ici. J’espère te recroiser si Nayru le veux. » Et de continuer les conseils d’avant la bagarre « Rends toi a la place du Marché. Il y a la Mire, là bas. Elle t’aidera si tu lui dis que tu viens de ma part. »

Puis elle s’arrêta devant Rustan. Quand ses doigts rencontrèrent la mâchoire malmenée du gars, elle se rendit enfin compte de ce que la serveuse lui avait dit, et qui justifiait si clairement la colère de son ami. Cela la fit réagir.
Une fois les soins finis, toute titubante, Flora esquissa un pas de course maladroit en direction de la porte. Ses oreilles la guidèrent vers le panneau de bois, et ses paumes claquèrent alors que ses genoux la trahissaient. Pourtant, seule la volonté empêcha l’avatar de Nayru de tomber et enfin elle put se précipiter au dehors.

Link était juste là, avec sa jument. Tous deux sentaient le foin juste coupé et mis à sécher. Flora aimait cette odeur, qui lui rappelait l’été. Elle fit un petit bond, un saut de puce et ses bras se refermèrent autour de la taille du jeune homme, et son nez, déjà mangé par le froid venait se fourrer dans le manteau de son ami. Il lui tournait le dos, et avait surement dut sursauter a son geste. Mais égoïstement, elle n’en tint pas compte, serrant Link contre elle, des ses forces vidées. Le sempiternelle bonnet vert, vint lui caresser le front. Elle eu un geste de la tête, comme si elle cherchait a se blottir plus avant. La prêtresse grelotait de fatigue et elle articula un seul mot encore, avant de fermer les yeux et de simplement se raccrocher a cette masse rassurante et chaude :

«
Désolée …. »

Ce compte est un compte narrateur : les personnages joués par le narrateur ne peuvent pas être utilisés par les joueurs ou joueuses dans leur post (sauf autorisation d'un admin) et les jets de dé du narrateur sont contraignants.



Thesus


Inventaire

0,00


(vide)

Link, redescendit finalement. Il se dirigea vers Thesus et posa sa main sur l'épaule de ce dernier:

"Si la Prêtresse ne redescend pas, veilles sur elle, s'il te plait. C'est une enfant pleine de bonté et je ne voudrais pas qu'il lui arrive quoique ce soit."

Thesus acquiesça de la tête puis juste avant que le jeune homme vêtu de vert sorte, il dit:

" J'espère te recroiser ! J'aimerais que tu m'apprennes à me battre, tu as été formidable. Merci encore Link."

Lorsqu'il termina sa phrase, le blond était déjà parti. Décidément, un vrai mystère. Pourtant, il se reconnaissait au travers de ce garçon, l'habitude d'être seul. Ce non-besoin d'avoir une réponse lorsqu'il demanda à Thesus de prendre soin de la Prêtresse, le confirmait.

Quelques minutes plus tard, ce fut au tour de la Prêtresse de descendre les escaliers. Sûrement fatiguée par ce qui etait arrivé à l'étage et la querelle avec Link. Mais vraisemblablement, Thesus ne savait pas du tout ce qu'il s'était passé. La jeune femme traversa la salle jusqu'à arriver vers l'Hylien, puis à l'aide d'un simple toucher et d'un sourire, elle soigna sa petite blessure:


"Désolée, Thesus, nos routes se séparent ici. J’espère te recroiser si Nayru le veux. Rends toi a la place du Marché. Il y a la Mire, là bas. Elle t’aidera si tu lui dis que tu viens de ma part. "

Souriant, il répondit:

" On se reverra avec plaisir Prêtresse, prenez soin de vous et de votre ami. Je suis persuadé que tout ira bien. Encore merci pour votre conseil, je le suivrais à la lettre !"

Même si ce tragique événement refroidit le moral de tout le monde, Thesus était content d'avoir connu cette jeune femme et son courageux ami. En moins d'une journée, il était redevable à ces deux personnes. Pressée, la servante de Nayru ne tarda pas à quitter les lieux. L'hylien s'approcha de la porte d'entrée et observa l'action. Il fut interrompu par une des serveuses qui elle aussi pointa le bout de son nez. Thesus se mit à rire:

" Vous aussi vous êtes curieuse de savoir comment ça va se finir ?

- Oui m'sieur.

- Hehehe, je suis sur que tout finira très bien. Le sourire au lèvres, il poursuivit. En plus, regardez ce soleil, c'est une belle journée ! "

A l'aide de sa main, il sorti un petit sac de rubis, et en donna un petite somme à la curieuse:

" Ça c'est pour nos boissons, et cela pour vous."

Il rangea le tout et lui dit au revoir. La rue était animée. Tous ces artisans, marchands, et autres travailleurs s'occupaient de leurs affaires. Thesus, se retourna une dernière fois vers le couple. Malgré ce mouvement infatigable dans Cocorico, le temps semblait s'arrêter autour de ces jeunes gens.

"A bientôt" pensa le jeune homme. Et doucement, il reprit la route vers sa petite maison dans la forêt.


2