La musique des ombres

Orpheos


Inventaire

(vide)

[Sujet privé avec Zelda]

Le revoici qui vagabondait, sa lyre sous le bras, dans les ruelles du bourg d’Hyrule. Orpheos avait quitté Llanistar au petit matin, à l’auberge de NuttyK, et se demandait depuis s’il aurait le courage de retourner au château. Il avait encore trop honte de se présenter à Zelda.

Toutefois, Llanistar lui avait permis de s’évader le temps d’une nuit, et de se sentir affectionné, presque aimé… Cette sensation-là, unique et qui prenait aux tripes, qui réconfortait les âmes les plus perdues, il l’avait connue pour la première fois avec lui. Llanistar avait dû être son amant le plus tendre, d’entre tous ceux qu’il avait eu. Les nobles plus ou moins décadents de la cour, ou les gens qu’il avait rencontrés durant son exil, ne lui avaient offert que des nuitées où les étreintes étaient peu nombreuses. Où l’attention n’était que passagère, quand elle n’était pas absente.

Mais cet homme du nord l’avait considéré, estimé, et chacun de ses gestes avait été sincère. En laissant le général à l’auberge, alors que sa monture avait succombé à une attaque cardiaque durant cette nuit pluvieuse -le tonnerre aurait-il tué le vieux cheval ? Il avait en tout cas accompagné les cris de son maître…- il lui avait assuré que son moral était un peu moins moribond désormais.

Si seulement c’était entièrement vrai…

La trahison de Dun ne quittait pas ses pensées, et surtout, il se lamentait d’être en mauvais termes vis-à-vis de la princesse. Il tenait à elle comme s’il s’agissait de sa sœur, et même s’il s’était éloigné d’elle des années durant, cela n’avait jamais changé. Il avait toujours gardé une place pour elle dans son cœur glacé de solitude. Alors, être justement en froid avec elle le paralysait.


La nuit était tombée depuis plus de deux heures, et le ciel s’était paré de toutes ses étoiles. La lune, qui pouvait aussi se montrer enfin, après plusieurs jours où ce fameux orage avait frappé le ciel d’Hyrule, projetait sa lumière blafarde dans les rues pavées du bourg.

Seul sur la place, alors que toutes les maisons autour s’étaient plongées dans le noir, il écoutait le silence. Orpheos réfléchissait à la façon dont il allait pouvoir reparler à la princesse… jusqu’à ce que, tout à coup, un frisson parcourut violemment son échine, et le fit se relever d’un bond tout en se retournant. Un léger chuchotement se fit entendre, venu de nulle part ; puis, Orpheos regarda ses pieds… dépourvus d’ombre. A vrai dire, tout son corps n’en projetait plus aucune depuis son retour du désert, et personne n’avait encore remarqué cette anomalie.


-Signifiez-moi ce que vous voulez, au lieu de jouer… murmura Orpheos, en ne sachant pas où fixer son regard.

Comme pour lui répondre, une forme sombre se dessina droit devant lui, sur le mur du magasin de masques… S’approchant avec prudence, Orpheos n’en crut pas ses yeux. C’était son ombre, qui bougeait là toute seule, et qui lui indiquait du doigt le chemin du temple du temps. Le Sheikah dut se pincer le bras pour vérifier s’il s’agissait d’un rêve.


-Par Din, est-ce de la sorcellerie… ?!

Trop intrigué, il suivit l’ombre jusqu’au temple, contourna celui-ci, et parvint derrière la cathédrale en l’ayant perdue un instant du regard… ce qui avait suffi à sa projection ombrageuse de s’évaporer. Un petit rire lointain se fit entendre, dans le vent.

-Qu’est-ce que vous attendez de moi ?! s’écria le chancelier.

Mais aucune réponse ne vint. Les entités des ténèbres le laissèrent derrière ce grand temple, abandonné à ses questions. Il avait l’impression que ces forces venues d’un autre monde cherchaient à lui indiquer le moyen d’avancer avec elles, mais il ne l’avait pas encore trouvé. Pourquoi l’avoir amené à cet endroit ?


-Je ferais mieux de rentrer au château… murmura-t-il pour lui-même, après un long temps de réflexion.

Et ce fut ce qu’il s’apprêta à faire, mais il eut soudain le sentiment d’être observé. Observé par quelqu’un de physique, cette fois.


Zelda Nohansen Hyrule

Princesse de la Destinée. ∫ Édile de Nayru.

Inventaire

(vide)

Impossible, il ne pouvait pas rester constamment enfermé au château. Il étouffait, et « elle » aussi, elle qui avait encore plus que lui besoin de se changer les idées. Sheik avait la chance d'avoir vécu avec plus de recul les événements récents. Il était moins impliqué sentimentalement que la Princesse, et il pouvait prendre plus de distance et regarder la situation avec plus de calme. Mais il supportait tout de même difficilement l'état dans lequel il la savait, tout comme il n'appréciait pas du tout de devoir restreindre ses sorties et de ne pas pouvoir aller agir sur le terrain. C'était au Désert qu'il aurait dû se trouver en l'instant, et non à côté de ce paisible temple, loin du danger, et loin d'un ami qui avait sans doute besoin d'aide. Dans un sens, il espérait que c'était bien le cas, qu'il avait besoin d'aide, ça voulait au moins dire qu'il était en vie, car tout comme Zelda il refusait d'envisager le contraire. Mais il savait qu'il lui était interdit de s'aventurer dans le Désert, ou même aux abords, et il n'avait donc d'autre choix que d'attendre des nouvelles.

Son esprit avait beau vagabonder ailleurs, il fallait quand même reconnaître que l'endroit était calme, et apaisant par la même occasion, c'était la raison pour laquelle il s'était aventuré par là. À défaut de pouvoir agir, il pouvait au moins prendre l'air et se détendre, il était sûr que l'excursion ferait grand bien à la Princesse aussi. Il ne comptait pas entrer à l'intérieur du temple, pas cette fois. Au lieu de cela, il s'était posté à l'arrière de ce dernier, là où nul ne penserait à aller. Qu’y avait-il à aller chercher là sinon le calme ?

Toutefois ses oreilles lui indiquèrent qu’il avait eu tort, et c’est à une bien étrange scène qu’il assista en s’approchant des éclats de voix qui lui parvenaient jusqu’à lui. Le Chancelier, celui qui avait disparu à nouveau après une entrevue quelque peu agitée avec la princesse. Tiens tiens. Qui parlait à ... une ombre ? Quelle diablerie était-ce là ? L’Ombre semblait douée de sa propre volonté, et se mouvoir d’elle-même, respectant assez peu les principes habituels d’une ombre. Elle disparut ensuite, laissant le jeune homme seul, et dépourvu de la tâche sombre habituelle qu’on était en droit de s’attendre à apercevoir à ses côtés. Il ne s’agissait là que d’un détail, mais il était plutôt choquant pour qui s’en rendait compte.

Il hésita à faire demi-tour, il ignorait ce qu’il venait de surprendre, et il ne savait pas si c’était le meilleur moment pour discuter avec Orpheos, ni même si ce dernier s’était calmé depuis la dernière fois qu’il l’avait vu. Toutefois il fallait avouer que le sujet serait plus difficile à réintroduire à un autre moment (pour peu qu’il croise à nouveau le Chancelier), et il sentit que ce dernier venait, à défaut de réellement le répérer, au moins de sentir sa présence.

Les doigts du musicien glissèrent sur la lyre qu'il tenait en main, et les quelques notes purent arriver aux oreilles d'Orpheos avant qu'il n'aperçoive ce dernier sortir d'un coin sombre et se rapprocher.

“Vous avez une bien drôle de façon de choisir vos amis Chancelier. D'autres auraient pourtant plus besoin de vous en ce moment. Et qui sont de meilleure compagnie.”

À dire vrai, le spectacle lui avait très peu plu. Il avait beau ne pas savoir de quoi il s’agissait, cela ne lui inspirait rien qui vaille. S’il avait vécu moins durement que Zelda la trahison du Prince, il n’en était pas moins devenu méfiant lui aussi, et il préférait tirer au plus vite cette histoire au clair. Hors de question que la Princesse s’entoure de gens suspects sans qu’il lève le petit doigt. Comme pour s’apaiser, alors qu’il reprenait la parole, ses doigts reprirent leur course légère sur l’instrument, et une douce mélodie – sans nul doute sa préféree – accompagna dès lors ses paroles.

“Qu’espérez-vous à courir après une Ombre ? Qu’a-t-elle donc à vous offrir ? N’y a-t-il pas plus pressant dans l’immédiat ? Une amitié qui se fâne ne devrait pas vous éloigner des êtres chers mais vous rapprocher de ceux qui vous restent. N’infligez pas à vos proches ce même sentiment d’abandon qu’on vous a laissé en guise de cadeau d’adieu, vous ne connaissez à présent que trop bien la blessure qu’il creusera dans leurs coeurs.”

Le musicien se tût finalement et ses doigts cessèrent délicatement les quelques allers et retours sur les cordes qui avaient ponctué son discours. Son regard se posa alors sur l’endroit où aurait dû se trouver une ombre dont il ne restait plus nulle trace. Accusateur, il continua de fixer l’endroit un instant avant de revenir vers le jeune homme. Il ne prononça pas un mot de plus et attendit, comme s’il avait demandé des explications.


Orpheos


Inventaire

(vide)

Le silence des lieux fut coupé par un son cristallin qu’Orpheos ne connaissait que trop bien. Un instrument pareil ne brisait pas le calme de la nuit : il le sublimait.
Ce fut donc intrigué qu’il se tourna vers la provenance du son de cette lyre, pour voir émerger de l’ombre un étrange individu…


-Vous avez une bien drôle de façon de choisir vos amis Chancelier. D'autres auraient pourtant plus besoin de vous en ce moment. Et qui sont de meilleure compagnie.

L’estomac du chancelier se noua : cet homme l’avait vu. Il l’avait vu hurler tout seul, et le prenait sans doute déjà pour un fou. Puis un autre détail le troubla : ce musicien, à la lyre aussi dorée que la sienne, le connaissait. Mais Orpheos, lui, ne savait pas qui il était. Il se souviendrait de cet énergumène, s’il l’avait vu ne serait-ce qu’une seule fois dans sa vie : c’était un homme petit, habillé d’une combinaison bleue moulante, qui portait un col haut dissimulant son visage, et dont les cheveux blonds tenus par un bandage ne laissaient entrevoir que son œil droit… rouge.
Un Sheikah… Orpheos était tombé sur un Sheikah. Un vrai, qui arborait le symbole de leur clan sur son poitrail, et qui n’avait pas les yeux verts comme lui dus à quelques métissages lointains.


-Ma compagnie n’est pas des plus recommandables ces temps-ci, répondit le dignitaire d’un ton qu’il voulut détaché. Personne n’aurait guère besoin de moi comme cela.

Aussitôt, comme pour lui faire payer son mensonge grossier, l’esprit du chancelier vint lui hurler un prénom : Zelda.

-Qu’espérez-vous à courir après une Ombre ? demanda le Sheikah en rejouant de sa lyre, sur une musique issue de leur peuple qu’il connaissait très bien. Qu’a-t-elle donc à vous offrir ? N’y a-t-il pas plus pressant dans l’immédiat ? Une amitié qui se fane ne devrait pas vous éloigner des êtres chers mais vous rapprocher de ceux qui vous restent. N’infligez pas à vos proches ce même sentiment d’abandon qu’on vous a laissé en guise de cadeau d’adieu, vous ne connaissez à présent que trop bien la blessure qu’il creusera dans leurs cœurs.

Touché en plein cœur par ses paroles, Orpheos faillit lui répondre de se mêler de ses affaires. Son problème avec Dun, son problème avec Zelda, il les avait finalement très peu abordés auprès de Llanistar lui-même qui s’était présenté comme un… ami. Alors ce n’était pas avec un parfait inconnu qu’il irait discuter de cela.
Et avant de cracher une diatribe indigne de son rang, le chancelier percuta ce que le Sheikah avait dit avant tout le reste. "Courir après une Ombre"… il avait d’abord cru à une métaphore, habituelle dans le langage empreint de poésie des authentiques Sheikah, mais il vit son regard rougeâtre se poser sur la pointe de ses bottes. Là où aurait dû figurer l'ombre de sa silhouette, à la lueur de la lune.


-Vous… vous avez… vu ?
balbutia le dignitaire devenu blanc comme son pantalon, pendant que l’homme blond se remettait à le dévisager. Attendez, ce n’est pas ce que vous croyez. Il y’a une explication à ça, j’ai agi pour le prince à la citadelle, je…

Orpheos s’interrompit tout seul. Ce fut à son tour de fixer l’autre, dont le visage était bien planqué derrière les bandages et le col. Et il le regarda tout aussi sévèrement.

-Vous savez qui je suis, mais ce n’est pas réciproque. Pourquoi irais-je me justifier pour mes actes auprès d’un inconnu se permettant d'entrée de me donner des leçons de morale, alors qu’il ne s’est même pas présenté ?

Mettant de nouveau au placard le réputé Orpheos distingué et froid comme la glace, l’Orpheos sans ambages, impétueux comme l’avait pu être son ancien esclave de père, refaisait surface. Il n’avait plus la patience d’être poli ; une moindre conséquence de toute la colère qu’il gérait très mal, ces jours derniers.

-Et excusez par avance le caractère abrupt de cette réponse, mais mon problème actuel avec la princesse Zelda -car je sais que c’est d’elle dont vous parlez- ne regarde que nous.


Orpheos s’approcha d’un pas, pour tenter de mieux distinguer l’homme auquel il faisait face. C’était très étrange… il avait la sensation de le connaitre déjà. Où aurait-il pu le croiser ?


Zelda Nohansen Hyrule

Princesse de la Destinée. ∫ Édile de Nayru.

Inventaire

(vide)

Le Sheikah fut étonné par la réaction qu’eut le Chancelier lorsqu’il comprit qu’il attendait des explications au sujet de son ombre trop volatile. Ainsi donc ce dernier lui-même était étonné de ce qui arrivait … La bonne nouvelle, c’était qu’à moins qu’il ne joue la comédie, il ne préparait rien de louche, et était plus dépassé qu’autre chose par les événements. La moins bonne nouvelle justement, c’était qu’il jouait donc avec des forces qui le dépassaient, et que lui-même ne contrôlait pas ce qui arrivait. Le fou ! Il n’eut cependant pas le droit à plus d’explications sur le phénomène et son origine, puisqu’Orpheos commençait à se montrer soupçonneux à son égard. Qui aurait pu le lui reprocher ? Il avait oublié toutes les politesses, et il se doutait qu’il devait être désagréable de se trouver face à une personne dont on ignore tout, et qui semble pourtant tout savoir de vous. C’est pourquoi il rattrapa son impertinence, non sans une légère courbette.

« Veuillez me pardonner Chancelier, il est vrai que je ne me suis pas présenté et que je manque à toutes les politesses. Vous pouvez m’appeler Sheik. Nul besoin d’en savoir plus, ce nom me suffit et suffit généralement à ceux qui doivent s’adresser à moi. Il se trouve que je loge présentement au Château, ou dans ses environs, jamais très loin. Oh, ne prenez pas cet air étonné, et cessez donc de me dévisager ainsi, nous ne nous sommes pas réellement croisés jusque là, du moins pas de façon réciproque, je suis aussi discret qu’une ombre, et plus discipliné que la vôtre. Je suis proche ami de la Princesse, dont je veille sur la sécurité, dans le plus grand secret. Ou presque. Les secrets ne durent jamais éternellement. Terminons par le fait que, moi, je dispose toujours d’une ombre, et que cette dernière reste à sa place, ce qui me donne le droit d’émettre quelques soupçons quand à votre façon de gérer la vôtre. »

Son monologue fini, il en revint toutefois aux problèmes principaux. Il tenait à savoir ce qui avait pu se passer à la Citadelle Noire, car, que le Chancelier soit ou non responsable de ce qui arrivait à son ombre, il n’était pas rassuré, et n’aimait pas l’idée que traîne ce genre de magie incontrôlable au château. Surtout si elle lui venait de Ganondorf.

« Donc, comme vous l’aurez compris, vos problèmes avec la Princesse me concernent aussi. Mais, dans la mesure où je suis déjà au courant de toute l’histoire, vous n’aurez rien de plus à me raconter que votre propre version des faits, ainsi que ce que vous comptez faire à présent, que je sache ainsi si je dois composer avec un possible abandon de la Princesse par l’un de ces derniers rares amis. Sincères, s’entend. Je suis moins bien informé au sujet de ce qui vous est arrivé dans le désert, et j’aimerais beaucoup que vous m’en fassiez part. Nous sommes là en présence d’un phénomène qu’on ne rencontre pas tous les jours, je suis intrigué. »

Il se tut donc et attendit en silence une réponse de la part d’Orpheos, lui laissant enfin la parole. Il était conscient qu’il n’avait pas dit grand-chose de lui, et qu’au final, il devait sembler encore plus mystérieux au Chancelier de ne jamais l’avoir croisé au château, et que personne ne lui ait jamais fait mention de son existence, pas même la Princesse. Toutefois le simple fait qu’il soit au courant de tout le concernant devait lui faire comprendre qu’il avait effectivement une oreille qui trainait au palais. Personne, mis à part les personnes en présence dans la pièce, n’avait de raison de connaître le déroulement exact de la réunion plutôt houleuse qui s’était tenue entre lui et la Princesse. Qui plus est, s’il pensait avant tout au bien de Zelda, il n’avait pas moins qu’elle une certaine affection pour les amis de celle-ci, et l’état de celui qui se trouvait face à lui ne le laissait pas indifférent.

« D’ailleurs, je suis certes moins doué que notre chère Princesse, mais je ne suis pas totalement inculte en matière de magie. Peut-être pourrais-je vous être d’une quelconque aide. »


Orpheos


Inventaire

(vide)

-Veuillez me pardonner Chancelier, il est vrai que je ne me suis pas présenté et que je manque à toutes les politesses, s’excusa l’homme dont la voix était étouffée par son col. Vous pouvez m’appeler Sheik. Nul besoin d’en savoir plus, ce nom me suffit et suffit généralement à ceux qui doivent s’adresser à moi. Il se trouve que je loge présentement au Château, ou dans ses environs, jamais très loin.

Scrutant le peu qu’il voyait du visage de Sheik, Orpheos haussa les sourcils, circonspect. Un personnage comme lui -et surtout une tenue moulante pareille- il l’aurait vu s’il logeait vraiment au château…

-Oh, ne prenez pas cet air étonné, et cessez donc de me dévisager ainsi, nous ne nous sommes pas réellement croisés jusque-là, du moins pas de façon réciproque, je suis aussi discret qu’une ombre, et plus discipliné que la vôtre. Je suis proche ami de la Princesse, dont je veille sur la sécurité, dans le plus grand secret. Ou presque. Les secrets ne durent jamais éternellement. Terminons par le fait que, moi, je dispose toujours d’une ombre, et que cette dernière reste à sa place, ce qui me donne le droit d’émettre quelques soupçons quand à votre façon de gérer la vôtre.

-Je tiens à vous rassurer sur ma capacité à gérer mes propres affaires, répondit sèchement le chancelier. La Princesse que vous protégez ne m’a pas nommé à un des plus hauts postes d’Hyrule pour rien non plus, et mes secrets ont une raison de le rester.

Orpheos était souvent têtu comme une mûle, mais en fait, il devait bien avouer comprendre pourquoi ce Sheik était si insistant sur ce qu’il venait de voir. Il s’inquiétait pour leur reine.

-Mais comme vous protégez Zelda… vous ne devez pas vous méprendre sur ce que vous venez de voir, et ne pas l’alarmer pour préparation de trahison.

-Donc, comme vous l’aurez compris, vos problèmes avec la Princesse me concernent aussi, conclut Sheik. Mais, dans la mesure où je suis déjà au courant de toute l’histoire, vous n’aurez rien de plus à me raconter que votre propre version des faits, ainsi que ce que vous comptez faire à présent, que je sache ainsi si je dois composer avec un possible abandon de la Princesse par l’un de ces derniers rares amis. Sincères, s’entend.
-Ben voyons… s’exaspéra Orpheos, que l’idée d’abandonner Zelda à son sort agaçait.
-Je suis moins bien informé au sujet de ce qui vous est arrivé dans le désert, et j’aimerais beaucoup que vous m’en fassiez part. Nous sommes là en présence d’un phénomène qu’on ne rencontre pas tous les jours, je suis intrigué.
-Vous savez sans doute que j’ai quitté Zelda une fois… c’était une erreur, faite par amour. Mais jamais je ne recommencerais, déclara Orpheos d’un ton sans appel et voulant mettre fin à tout soupçon chez l’autre. Surtout pas dans la présente situation ; jamais je ne ferais quelque chose contre elle de mon gré. Je souffre comme elle, et c’est bien pour cela que j’ai besoin de solitude, ces temps-ci…

Pourtant, le souvenir de sa nuit avec Llanistar lui revint encore en mémoire. Peut-être n’avait-il pas forcément besoin de solitude, mais de compréhension. Et d’un regard, il sut que Sheik, surtout en tant que protecteur de sa meilleure amie, aurait plus de chances de comprendre ses actes que bien des gens du château.

-Vous voulez toute l’histoire ? Cela concerne l’une des magies les plus sombres qui soient en Hyrule…
-D’ailleurs, le coupa Sheik, je suis certes moins doué que notre chère Princesse, mais je ne suis pas totalement inculte en matière de magie. Peut-être pourrais-je vous être d’une quelconque aide.

Cela, Orpheos n’en était pas certain.

-Je n’en sais rien… Tout s’est déroulé dans la salle du trône Gérudo, pendant que le Héros du Temps combattait le spectre de Ganon…
commença Orpheos, dont le regard se perdait dans ses souvenirs. L’Ombre et la Flamme nous barraient la route, faisant que nous ne pouvions accéder à la prison de cristal où était enfermé Dun Loireag. Sir Rusadir a vaincu les Flammes, et moi, je me suis chargé des Ombres…

Le Sheikah aux yeux verts prit une pause, laissant celui aux yeux rouges deviner la suite.

-Mais l’Ombre est un ennemi plus vicieux que la Flamme, plus intelligent, car doué de plusieurs entités propres que le seigneur Gérudo a su apprivoiser. Je me suis retrouvé plongé au cœur des ténèbres, seul et sans espoir, face à des apparitions que je ne décrirai pas. Alors, j’ai demandé à ces entités de l’Ombre qu’elles se retirent de notre passage… par un marché mettant mon âme en jeu.

Cette fois, Orpheos défia Sheik du regard. Comme pour tester sa réaction.

-Sans savoir ce qui se passerait par la suite, je l’ai liée aux forces des Ombres, qui ont accepté de se retirer de la salle du trône pour que mes compagnons présents puissent libérer Dun Loireag… J’ai ensuite perdu conscience jusqu’à mon retour au château, et me voici ici, cette nuit, avec les premières conséquences de mon marché. Je ne sais comment gérer les forces que j’ai moi-même arguées, et qui peuvent à tout moment me surpasser.

C’était déjà un peu le cas, pensa Orpheos, désemparé.

-J’ai dit aux Ombres que je pouvais leur donner plus de liberté qu’avec Ganondorf, que je saurais être un allié digne de leur force… mais la vérité, c’est que j’ignore le moyen de les invoquer, et encore moins de les contrôler. Leur force m’échappe autant que mon ombre à mon propre corps. Et je crois que seule Zelda pourrait m’aider…

Une fin de phrase pour signifier à Sheik qu’il ne lui faisait pas encore assez confiance, même s’il était l’ombre protectrice de la Princesse.
Il espérait tout de même que le Sheikah comprendrait que si Orpheos avait passé ce fameux marché avec des forces si noires, à la citadelle, cela avait été motivé par son affection pour Dun. Sa témérité face aux Ombres avait été motivée par l’unique but de sauver. Sauver un ami, qui l’avait finalement trahi.


Zelda Nohansen Hyrule

Princesse de la Destinée. ∫ Édile de Nayru.

Inventaire

(vide)

Sheik se radoucit légèrement, au moment d’entendre le récit du Chancelier. Si d’après ce qu’il avait vu, ainsi que ses souvenirs partagés avec la souveraine, ce dernier n’avait jamais été un modèle d’humilité, il sentait bien malgré tout qu’il tenait à la Princesse, et c’est pourquoi le Sheikah en conclut qu’il pouvait compter sur lui. Ils étaient précieux en ces temps sombres ces véritables amis qui pouvaient donner l’espoir à Zelda … Comme le lui reprendre d’ailleurs. Mais le risque était à prendre, jamais elle ne tiendrait seule, et il s’estimait capable de reconnaître l’amitié quand il la croisait.

Il haussa toutefois les sourcils pendant qu’Orpheos lui racontait ce qui était arrivé. Ce dernier avait tout bonnement vendu son âme. Il était toujours délicat de passer un marché avec des entités peu recommandables, encore plus quand on ne sait pas ce qu’on engage sur la table ! Loin de lui l’idée d’accabler de reproches le jeune homme, mais il avait du mal à ne pas tiquer en entendant son histoire.

« Chancelier, si j’ai un jour un commerce à tenir je viendrai faire affaire avec vous. Vous me semblez bien généreux au jeu des négociations ! »

Son âme, une liberté dont la mesure était encore difficile à mesurer pleinement… Qu’aurait-il bien pu offrir de plus à ces Ombres en peine ? Mais le musicien se reprit, il fallait avouer qu’à situation désespérée, mesures désespérées… Il n’était pas présent ce jour-là dans le Désert, et donc bien en mal de juger les choix de l’homme qui se trouvait face à lui. En outre il comprenait d’autant mieux certaines réactions violentes d’Orpheos. Si la Princesse avait été très touchée par cette trahison, que dire pour un ami qui avait été jusqu’à mettre en jeu sa propre vie et s’offrir à une magie qui le dépassait … Tout ça pour …

« Pardonnez-moi. Tout cela est préoccupant, mais je n’ai aucun droit de juger votre choix. Je n’ai pas vécu tout cela. Je n’étais pas présent... Toutefois, avec le recul, je pense que le Seigneur Ganondorf, savait lui mieux que quiconque ce qu’il faisait, et que ce n’était guère une bonne idée que de leur offrir plus qu’il n’avait daigné leur céder. »

En fait, il n’y avait nulle garantie que ces Ombres soient fidèles, elles avaient même déjà prouvé l’inverse en changeant de maître. Qui plus est, nulle preuve non plus qu’elles ne pourraient être néfastes, tout autant avec leur nouvelle victime à tourmenter qu’avec son entourage. Sheik devait malgré tout avouer qu’il ne connaissait aucun moyen de libérer le Chancelier de cet attachement et de rompre le contrat. Ce qui était scellé lors d’un tel pacte ne pouvait être défait si facilement.

« Bien… Ce qui est fait, est fait… Il serait effectivement judicieux d’en parler à la Princesse. Elle en sera informée si tôt qu’il sera possible, ce n’est d’ailleurs pas négociable. Il est des choses que je ne peux lui cacher. Peut-être connaît-elle certaines méthodes pour communiquer avec les Ombres… Elles sont sans doute légions, et ne figurent sans doute pas dans sa magie de prédilection, mais elle a passé beaucoup – trop – de temps à se documenter récemment, allant au delà de son champ de pratique habituelle. Bien qu’ayant à contrario trop peu laissé de place au sommeil, son esprit a quand même su garder en mémoire les informations qu’elle a lues. Il faudra la consulter. Mais en attendant… Je connais peut-être un moyen… »

Lentement, les doigts du Sheikah avaient repris une course légère sur l’instrument qu’il avait quelque peu délaissé jusque là, reprenant sa mélodie achevée un peu plus tôt. Il avait pris une décision, mais avant d’aller plus loin, cette musique l’apaiserait et le conforterait dans la direction choisie, alors que, sans plus prêter attention aux réactions du Chancelier, il lui expliquait ce qui allait suivre.

« Nous savons tout deux Cher Ami, qu’il est une langue connue de tous, que chaque oreille reconnaîtra sans peine. Une langue qui a tant de visages, qu’elle a pour chaque une interprétation propre. Tant de mots, de sons, de silences, d’expressions et de couleurs… Nul ne sait ce qui la rend si simple et si complexe. Elle est à la fois personnelle et universelle. Peut-être vous ouvrira-t-elle à vos Sombres Hôtes. Entendez et apprenez… Le Nocturne de l’Ombre…  »

Il se tut ensuite, ses doigts se détachèrent plutôt abruptement de la lyre, et le silence fut. Tout autour d’eux, seul le léger bruit du vent, une branche qui craque doucement au loin sous son souffle, et un oiseau qui s’en envole en criaillant. Tant de bruits, invisibles le reste du temps, dont tous n’étaient même pas identifiables. Le silence n’était-il pas ce calme harmonieux plus qu’un réel vide ? Et doucement, comme il venait de l’annoncer, la musique reprit. Elle ne brisait pas le silence, elle le comblait et se mêlait à la nuit. Une note après l’autre, avec calme et minutie, avec doigté et spontanéité, le musicien joua l’air qui jadis avait conduit son plus fidèle ami aujourd’hui disparu dans un lieu des plus sombres et dangereux, et qui encore aujourd’hui, résonnait aux oreilles du Peuple de l’Obscur. Alors qu’il jouait, il lui sembla que l’obscurité se faisait plus épaisse autour d’eux, et qu’un froid léger les encerclait, mais qu’importe ? Lui aussi avait une part d’ombre. Il s’en méfiait mais ne les craignait pas pour autant.

Il se passa un instant ainsi, où la musique emplit l’espace autour d’eux, les coupant presque du monde extérieur, mais toute mélodie a une fin, et ses doigts finirent par ralentir et quitter doucement les cordes. En un sens, il avait la désagréable impression d’avoir accompli la volonté des Ombres. Quel hasard avait pu conduire jusqu’à lui le jeune homme à qui il venait d’enseigner ce morceau ? La peste soit ces esprits. C’était le seul moyen d’établir le contact qu’il connaissait avec eux. Et il valait mieux qu’Orpheos ait un moyen de communiquer, car après tout, le dialogue, c’était un premier pas vers le contrôle. En espérant que ce dernier n’aille pas en sens inverse de ce qu’il espérait. Qui savait qui posséderait le mieux l’autre ? Elles devaient être diablement douées à ce jeu, malheureux celui qui ne parviendrait pas à imposer sa volonté.

« Chancelier, prenez garde, cet air vous plongera dans les Ténèbres Abyssales… »

Une mise en garde, une seule. Il allait sans dire qu’il garderait un œil sur l’homme tant qu’il serait à proximité du château, parce qu’il n’aurait jamais une confiance totale en ses nouvelles « partenaires ». Il avait néanmoins choisi de le laisser maître de son Destin, à lui seul le choix d’utiliser ou non cet air, lui seul se sauverait ou se condamnerait, cette responsabilité-là, Sheik ne la porterait pas.


Orpheos


Inventaire

(vide)

Sheik l’observait avec sévérité. Le protecteur de Zelda semblait ne pas apprécier du tout son histoire. Mais le chancelier avait conclu un pacte dangereux, en ayant conscience qu’il l’était ; c’était son choix, et Sheik parut le comprendre finalement.

-Pardonnez-moi. Tout cela est préoccupant, mais je n’ai aucun droit de juger votre choix. Je n’ai pas vécu tout cela. Je n’étais pas présent... Toutefois, avec le recul, je pense que le Seigneur Ganondorf, savait lui mieux que quiconque ce qu’il faisait, et que ce n’était guère une bonne idée que de leur offrir plus qu’il n’avait daigné leur céder.

Et qu’aurait-il fait à sa place ? pensa Orpheos. Il venait bien de lui dire que dans la salle du trône Gérudo, il s’était retrouvé seul, à l’agonie, encerclé par des entités trop puissantes, avec un ami à sauver. Orpheos ne regrettait certainement pas ce choix… Ou quoique si, mais c’était parce que Dun l’avait trahi. Lui et tout le monde.
Sheik parut pousser un soupir.


-Bien… Ce qui est fait, est fait…
reprit l’ombre de Zelda. Il serait effectivement judicieux d’en parler à la Princesse. Elle en sera informée si tôt qu’il sera possible, ce n’est d’ailleurs pas négociable. Il est des choses que je ne peux lui cacher.

Orpheos eut un mauvais frisson ; il redoutait la réaction de la reine, quand elle apprendrait avec quelles forces il avait joué. Elle comprendrait, toutefois, pourquoi il avait réagi si violemment à leur dernière entrevue au château…

-Peut-être connaît-elle certaines méthodes pour communiquer avec les Ombres… Elles sont sans doute légions, et ne figurent sans doute pas dans sa magie de prédilection, mais elle a passé beaucoup – trop – de temps à se documenter récemment, allant au-delà de son champ de pratique habituelle, expliqua Sheik en faisant naître une très légère expression de tendresse sur le visage d’Orpheos, qui reconnaissait bien son amie dans ce portrait. Bien qu’ayant à contrario trop peu laissé de place au sommeil, son esprit a quand même su garder en mémoire les informations qu’elle a lues. Il faudra la consulter. Mais en attendant… Je connais peut-être un moyen…

A ce moment, la harpe du Sheikah se remit à sonner. Orpheos resta muet, trop mélomane pour venir troubler la musique qui reprenait. La musique…

-Nous savons tous deux Cher Ami, qu’il est une langue connue de tous, que chaque oreille reconnaîtra sans peine. Une langue qui a tant de visages, qu’elle a pour chaque une interprétation propre. Tant de mots, de sons, de silences, d’expressions et de couleurs… Nul ne sait ce qui la rend si simple et si complexe. Elle est à la fois personnelle et universelle.

Evidemment. La musique. Comme Orpheos comprenait ce discours.

-Peut-être vous ouvrira-t-elle à vos Sombres Hôtes. Entendez et apprenez… Le Nocturne de l’Ombre…

La douce voix de Sheik, qui avait parfaitement accompagné les notes de cristal, s’évanouit sur ces paroles pour laisser parler son instrument. Le silence d’abord, la nuit, l’envol d’un oiseau… puis ce fut la première note qui vint. Les doigts de fée du Sheikah, enserrés de bandages, semblèrent voler sur les cordes de la harpe, alors qu’ils en pinçaient l’une après l’autre en réalité…
Ce chant s’accorda si bien aux obscurités de la nuit que bientôt, la pénombre environnante parut réellement s’épaissir. Il fit aussi légèrement plus froid. Ici, sur le temple, des murmures coururent le long des murs. Et là, l’herbe qui chuchota. De manière trop distincte pour qu’il puisse s’agir du vent…

Un frisson parcourut l’échine du Sheikah, et il sut. Il sut quoi faire.

Orpheos releva lui aussi son instrument, le plaça entre son avant-bras gauche et son buste, pour commencer à accompagner la mélodie de Sheik. La harpe du chancelier, moins cristalline mais plus mélancolique, se mit bientôt à résonner dans la nuit avec celle de son étrange partenaire. Les deux hommes, face à face, les yeux dans les yeux, s’accompagnèrent bientôt en parfaite harmonie. Le nocturne appelait les ténèbres et densifiait la pénombre autour d’eux, mais ils continuèrent… jusqu’à ce que leurs mains se trouvent en parfaite concordance sur les cordes.

Au lieu d’user d’une vraie magie, Orpheos ne savait pas spécialement pourquoi le protecteur personnel de Zelda lui enseignait cette mélodie… On aurait dit un chant oublié de leur peuple… Mais il sentait déjà que ce nocturne serait crucial.
Et cela, il le constata lorsqu’il vit son ombre réapparaître à ses pieds.


-Que… ?

Ce fut ce moment précis que sembla choisir Sheik pour tout stopper. Le nocturne de l’ombre toucha à sa fin, s’envola avec un autre oiseau sur ses dernières notes, et puis le silence, ainsi que la lumière blafarde de l’astre lunaire, revinrent. La pénombre, le froid et les murmures envahissants, eux, disparurent des lieux.
Le silence, encore, paraissait plus intense… comme si ce chant avait endormi la nature.


-Chancelier, prenez garde, l’avertit Sheik après quelques instants de mutisme. Cet air vous plongera dans les Ténèbres Abyssales…

Son partenaire musical parlait par énigmes, mais Orpheos pensait comprendre son discours. Le nocturne de l’ombre, ce chant qu’il venait de lui enseigner, lui permettrait de communiquer avec les siennes. Mais sans doute au prix de plonger avec elles dans le noir…

-J’ai compris, répondit simplement Orpheos.


Zelda Nohansen Hyrule

Princesse de la Destinée. ∫ Édile de Nayru.

Inventaire

(vide)

Le Sheikah hocha la tête, espérant qu’Orpheos avait bel et bien compris ce qu’il voulait dire. La suite, c’était lui qui en déciderait. Sheik ne comptait pas en rester là, il mettrait au courant la Princesse (comment aurait-il pu en être autrement ?) et puis garderait tout de même un œil sur ce qui se passerait ensuite. Il savait toutefois qu’il ne pourrait surveiller que lorsqu’il croiserait le Chancelier, et il devrait donc compter sur ce dernier pour bien gérer la situation.

Posant le regard à terre, sur la forme sombre aux pieds du chancelier, il comprit alors qu’il avait vu juste, et que cette musique pouvait véritablement aider Orpheos. C’était peut-être une bonne nouvelle, ce qui était sûr c’est que ça ferait avancer les choses.

« Chancelier, il me faut à présent vous laisser. J’ai beaucoup à faire, vous aussi d’ailleurs… Et je ne parle pas uniquement de vos nouvelles amies… vous comprendrez en voyant la pile de documents sur votre bureau ! Il ne fait jamais bon s’absenter quand on vous a confié une responsabilité. Les conséquences de vos actes vous rattraperont toujours. »

Sur ce, le musicien recula de quelques pas, et avant même qu’Orpheos ait pu répliquer ou faire un pas dans sa direction, une lumière aveuglante envahit les lieux. Lorsqu’elle se dissipa, et que les yeux du Chancelier eurent pu se réhabituer à la scène, le Sheikah avait déjà filé, ne laissant rien derrière lui. Ce dernier, rapide et agile, n’avait pas eu besoin de plus de temps pour disparaître dans l’ombre de l’horizon, et s’évanouir dans la nuit. Tour bien futile, certes, le Chancelier s’attendait sûrement à ce que Sheik regagne le château et devinait sa direction. Peut-être même prendrait-il la même. Mais il avait décidé qu’ils ne feraient pas le chemin ensemble, et puis il avait toujours tenu à garder une part de mystère.


1