Entrevue diplomatique

Zelda Nohansen Hyrule

Princesse de la Destinée. ∫ Édile de Nayru.

Inventaire

(vide)

Comme il lui semblait étrange de retrouver le calme et le luxe du château après son escapade dans le Désert. Il y avait déjà un bon moment qu’elle était rentrée avec l’armée hylienne après plusieurs jours passés à voyager à travers la large plaine d’Hyrule. Elle avait quitté les troupes lors de leur arrivée à la place du marché, et accompagné Link pour ramener la Prêtresse de Nayru au Temple du Temps, après quoi elle avait rejoint en toute discrétion ses appartements.

Et sa vie avait repris son cours, elle avait rejoint sa cage dorée. Elle portait à nouveau une robe richement brodée, pouvait prendre de vrais bains dans une eau claire et parfumée, et dormait à présent dans un lit des plus confortables. Et pourtant… Pourtant quelque chose lui manquait encore plus qu’auparavant, et elle se prenait à regarder fréquemment l’extérieur depuis les hautes fenêtres du château, comme en ce moment-même. Elle devait être folle. Elle avait risqué sa vie et le royaume en aurait payé cher le prix. Elle n’aurait pas pu obtenir un rappel plus clair de la catastrophe qu’elle avait frôlée. Pourtant elle ne regrettait toujours rien, et songeait même déjà à recommencer si une nouvelle occasion se présentait. Elle s’était sentie réellement utile. Elle ignorait comment se seraient passés les événements sans sa présence, seules les Déesses auraient pu le dire, mais elle avait eu le sentiment que son intervention avait eu de l’importance.

« Nayru, Sage parmi les Déesses, où se trouve vraiment ma place … ? »

Mais comme à chaque fois, sa question restait sans réponse. Sans doute aurait-elle dû passer par l’Eglise pour trouver réponse à ses interrogations, mais elle ne pouvait décemment aborder le sujet avec quiconque qui ne soit déjà au courant de ses escapades secrètes. Elle ne pouvait pas avoir d’intermédiaire. Peut-être pourrait-elle demander à la Prêtresse de Nayru si elle avait un conseil de la Déesse à lui transmettre lors de leur prochaine rencontre, mais elle avait peu d’espoir et ne souhaitait pas la déranger alors qu’elle était peut-être toujours en convalescence ou en repos. D’autres avaient bien plus besoin qu’elle d’une intervention des Déesses. Cette question lui appartenait, c’était à elle d’y répondre.
Au moins s’était-elle réconciliée avec Link. Lui aussi lui manquait, elle avait rarement pu passer autant de temps en sa compagnie, du moins pas depuis longtemps, et les au revoir avaient été difficiles pour elle, surtout les heures qui avaient suivis et lors desquelles elle s’était sentie plus seule que jamais. Elle redoutait un peu sa réaction s’il apprenait qu’elle n’avait pas perdu toute intention de rejoindre à nouveau la bataille si elle en sentait la nécessité, mais cette question semblait sans importance à côté de son désir de le revoir. Cependant, chaque chose viendrait en son temps. Elle abandonna la fenêtre pour continuer son chemin à travers les couloirs, jusqu’à arriver devant la porte de la chambre qui avait été assignée à Nabooru. Sans doute aurait-elle dû la convoquer en audience ou en salle de réunion de façon plus officielle, mais elle savait combien la jeune femme avait pu être éprouvée et n’avait nulle envie de la brusquer même si on l’avait informée de la nette amélioration de son état. La culture Gerudo était de toute façon bien différente de celle qui régnait à la cour, et elle doutait que la Dame du Désert lui en tienne rigueur.


Elle frappa quelques coups à la porte, n’entrant qu’après en avoir reçu la permission. La chambre en question était une des plus somptueuses du château, réservée aux invités de marque du château, pourtant elle doutait qu’elle vaille aux yeux de la Sage de l’Esprit le désert qu’elle avait perdu. Si elle-même s’inquiétait de la perte de cette part du royaume et s’attristait de la tournure des événements, elle ne pouvait imaginer quel tourment pouvait être celui de la Gerudo.

« Dame Nabooru, j’ai pensé qu’une promenade dans les jardins en ma compagnie pourrait vous faire le plus grand bien. Cela nous permettrait également d’évoquer les récents événements, si toutefois vous le souhaitez aussi. Je ne doute pas que ce soit un épisode douloureux, mais il est d’autant plus nécessaire que nous puissions y réagir sans tarder. »

D’elles deux, seule la Dame du Désert avait vécu l’assaut dans sa totalité. Sans compter sa connaissance du terrain. Les informations qu’elle aurait à donner et ses conseils pouvaient être précieux. Il était aussi important pour elle de savoir ce que Nabooru comptait faire de son côté. Toutefois, au-delà de tout intérêt pour ce qu’elle avait à raconter, la princesse songeait honnêtement qu’une balade à l’extérieur serait profitable pour la Gerudo maintenant que son état le permettait.


Le bout de ses doigts effleurèrent en douceur la longue cicatrice qui la décorait du ventre jusqu'à sa côte ; elle n'était pas la seule mais certainement la plus impressionnante. Malgré tout le travail des réputés médecins du Castel qui avait travaillé ardemment pour la remettre sur pied, il restait encore de trop nombreuses traces qui lui rappelait son dernier séjour dans sa propre maison. Elle ne savait qu'elle devait être la bonne conduite à tenir alors : céder à la colère, se révolter une nouvelle fois contre le tyran pour finir dans un pire état que fut le sien quelques semaines auparavant, ou bien relâcher ses nerfs et ses larmes une bonne fois pour toute et repartir de l'avant, l'esprit plus sain. La première idée lui paraissait la plus facile mais c'était cette même pensée  qui l'avait conduit vers sa propre chute. Quant à la seconde, elle s'y refusait catégoriquement. Nabooru ne saurait laisser la tristesse l'envahir et la tirer vers de sombres cauchemars qui ne ferait que rabaisser un moral déjà faible.

A force de ressasser tout cela, celle qui fut la Reine des gérudos en finissait dépitée et se morfondait dans sa chambre dans l'anonymat le plus total. Incapable de se laisser abattre pour autant, elle avait déjà imaginé moult plans et scénarios pour retourner au cœur de sa Forteresse. Dans ses rêves les plus fous elle se dressait devant ses sœurs et le Seigneur du Malin, l'épée brandie au-dessus de sa tête, victorieuse et à l'allure imposante de respect et d'inspiration ; elle avait mis fin à la guerre et à la crise d'identité de son peuple. Mais dans les plus noirs elle était défaite sous un ciel orageux. L'air est lourd et chaud. Irrespirable. Sa main peine à brandir son épée. Celle de l'ennemi la frappe d'un revers en pleine poitrine et elle tombe se noyer dans une flaque carmin. A terre, sa dernière vision avant de mourir n'est qu'un vaste désert de cadavres puants que la pluie s'empresse de nettoyer.

Quelle que fut ses chances de réussite, Nabooru savait que contre-attaquer n'aiderait en rien le royaume ou ses sœurs. Mais, par les déesses, quelle fin grandiose cela pourrait être pour une âme guerrière ! Elle s'y voyait déjà chevauchant avec ses plus proches et fidèles amis, les équidés lancés au triple galop sur le pont menant à la Forteresse ; puis le passage entre les deux falaises. Ils sont repérés mais il est déjà trop tard, la flèche de son arc vient transpercer une gorge et ils envahissent la cour en poussant des hurlements barbares. S'il y avait une mort à choisir, elle se serait logiquement contentée de celle-ci.

Trois coups à sa porte la tirèrent de ses rêveries. La Sage de l'Esprit, installée dans l'encadrure d'un fenêtre, ne se leva pour aller ouvrir. C'était peut-être les médecins qui venaient prendre des nouvelles de son état ou l'une de ses sœurs du désert qui venait squatter sa chambre. Toutes les réfugiées n'étaient pas aussi bien traitées qu'elle, à fortiori. « C'est ouvert », lança-t-elle sans entrain particulier. Elle s'étonna de voir la Princesse passer le pas de sa porte. Seule. Presque aussitôt qu'elle fut entrer et qu'elle la vit, la gérudo descendit de son perchoir et s'approcha de quelques pas en sa direction. Elle s'apprêta à prendre la parole pour signaler sa surprise mais elle fut coupée. D'autant qu'elle se souvienne de leurs - assez rares - entrevues, Zelda avait toujours un côté très cérémonieux, prudent et respectueux. Elle en arracha malgré elle un sourire à la rouquine, qui s'empressa de faire une légère tape dans l'épaule de la Princesse dans la foulée.

" Eh ça va, ma grande ! Je veux bien comprendre que tu... que vous vouliez y mettre les formes, Princesse. Mais regardez-moi : ça va, je vais bien. C'est difficile mais je supporte ce qui m'arrive, c'est mon rôle. "

La jeune femme secoua la tête de gauche à droite en tournant les talon pour aller chercher de quoi couvrir le haut de son corps. Déjà il y a quelques mois elle avait agis de la même façon en apprenant le retour de Ganondorf en gardant ses problèmes pour elle-même. Elle était persuadée qu'en parler ne résoudrait rien, et probablement pour ne pas trahir sa propre fierté et celle de son peuple elle refuserait de se morfondre devant la Princesse des hyliens. Il en allait de sa légitimité, de son honneur. « Ce pays est si froid », pensa-t-elle tout haut en attrapant le premier bout de tissu qui suffirait à cacher ses cicatrices. Une manière comme une autre de justifier de les couvrir pour ne pas être la cible de tous les regards.

Elle était néanmoins très heureuse de sa visite. D'une par la spontanéité du geste, de deux parce que rares étaient les visiteurs et qu'elle se demandait justement depuis un moment quand est-ce qu'elle pourrait parler à la jeune Nohansen. Si elle se moquait gentiment de son côté très serein et prudent, elle savait que la jeune femme avait toujours les pensées très claires et très justes. Une forme de sagesse comme rares en possédaient ; et certains osaient critiquer son jeune âge ? Nabooru ne comprenait pas le peuple hylien. Jamais content, toujours sur la défensive, ils étaient aussi nombreux à critiquer leurs seigneurs. C'était parfaitement désolant... A coup sûr, son échec pour repousser Ganondorf devait avoir son influence ici au Castel et la blondinette devait en avoir prit pour son grade également. « Allons-y », souffla-t-elle avec moins d'entrain et plus de sérieux qu'à l'accoutumée avant de sortir de sa chambre.

Il n'y eu pas de mot pendant un moment. Quand bien même la Reine Gérudo faisait tout pour paraître la moins sensible aux événements de ces dernières semaines, Zelda devait avoir flairé son malaise et lui laissait tout le temps qu'il lui fallait pour mettre ses idées en ordre. Dès ses premiers mots, elle l'avait compris : elle voulait faire en sorte de la brusquer le moins possible. C'était d'ailleurs très bien vu de sa part, car encore ce jour-là l'Exaltée était loin d'être dans une forme olympique. Ses traits tirés témoignait de plusieurs nuits agitées ; pour cause, on ne dors jamais mieux que chez soi. Même si elle appréciait énormément les efforts fournis pour son confort, rien ne lui faisait oublier l'air braisé du Désert et chaque grains d'or qui le composait. Par Din, qu'est-ce qu'elle aimerait y retourner dès le prochain lever de soleil... !

" J'apprécie que tu sois venu ", soupira-t-elle au détour d'un couloir. " Les visiteurs ne font pas foule devant la porte de ma chambre. Mais surtout pardonne-moi de ne pas être passé plus souvent ces derniers mois. Là, j'ai l'impression de faire l'aumône. C'est désagréable. "

Nabooru avait effectivement très peu quitter son désert ces derniers mois. Quelques escapades anonymes au quatre coins d'Hyrule n'avait que peu de poids face aux longues journées passées entre les murs de la Forteresse, pensant qu'elle y serait à l'abri de la colère de Ganondorf. Comme elle espérait ne plus jamais se tromper aussi bêtement à l'avenir...

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Zelda Nohansen Hyrule

Princesse de la Destinée. ∫ Édile de Nayru.

Inventaire

(vide)

Si Zelda fut soulagée de voir que la Gerudo semblait prendre du recul par rapport aux événements récents et était en mesure de les évoquer, ce n’était pas suffisant pour la tromper sur l’état qui devait être le sien. Elle savait Nabooru attachée à son domaine et son peuple autant qu’elle-même l’était pour Hyrule et ses habitants, et combien elle devait en être affectée, sans compter l’état dans lequel elle l’avait trouvée. Toutefois, retrouver le franc-parler de la Sage de l’Esprit lui tira un sourire tout de même, dans le monde fait de convenances où elle avait l’habitude de passer ses journées, elle avait toujours trouvé rafraichissant la spontanéité de certains à son égard.

Elle se contenta d’observer sans dire un mot lorsque la Gerudo alla chercher de quoi se couvrir. Elle ignorait si c’était bel et bien le froid, ou si Nabooru souhaitait garder pour elle les séquelles de ce qui lui était arrivé, mais dans les deux cas elle comprenait, et dans le second elle avait toujours du mal à imaginer ce qu’elle avait pu subir et comprendre comment on avait pu le lui infliger.

« C’est malheureusement de saison, mais que toi et tes sœurs n’hésitiez pas à aller trouver le tailleur du Château, il pourra confectionner ce qui pourrait vous manquer pour braver le froid. »

Elle avait conscience que ce changement soudain de température pouvait être désagréable pour le peuple Gerudo, et ne souhaitait pas voir une de ses invités prendre froid. Même si elle savait combien les nuits dans le désert pouvaient être glacées, elle se doutait que les fières guerrières du désert n’avaient pas eu le temps d’emporter grand-chose avec elles au départ de la Forteresse.

Lorsque Nabooru lança son invitation à démarrer, elle sentit dans sa voix un regain de sérieux. Bien entendu, elle ne prenait pas tout cela à la légère. Un silence gêné les accompagna à travers les couloirs, où la princesse ignorait comment aborder le sujet. Si elle savait ce qu’elle aurait aimé savoir, elle n’était pas sûre de la façon la plus délicate de poser ses questions. La Gerudo avait un air plutôt fatigué et malgré l’entrain dont elle avait fait preuve un peu plus tôt, il lui aurait été difficile de le cacher. Zelda connaissait les nuits blanches, et outre la fatigue qui en découlait, leur cause était souvent tout aussi pesante. Ce fut la Sage de l’Esprit qui la première reprit la parole.

« Tu en aurais fait tout autant pour moi. Je sais que j’aurais été bien accueillie au Désert si cela avait été nécessaire. Mais nous avons tous été plutôt occupés ces derniers mois… »

Elle-même n’avait plus pris le temps d’aller chercher des nouvelles du côté du Désert, occupée par des problèmes à régler aux quatre coins du royaume. Pourtant, les faits étaient là : elle aurait dû prêter plus attention aux terres de l’ouest. Elle se rendit compte qu’elle avait un sentiment de culpabilité envers Nabooru. Quand bien même elle n’était pas directement responsable de ce qui était arrivé, il était des erreurs ou choix en relation dont on pouvait lui imputer la responsabilité. Autant le fait de n’avoir pas déployé plus de forces au Désert dès le départ, que le fait que les renforts n’aient pas suffit. Elle n’avait pas voulu mettre en péril le reste du royaume, et peut-être ce choix avait-il été bénéfique pour certains, mais de toute évidence pas pour les habitantes de la Forteresse.

« Je te demande d’ailleurs de me pardonner. J’ai ma part de responsabilités dans ce qui est arrivé, même s’il est trop tard pour revenir en arrière… »

Elle comptait bien regarder de l’avant, et user son temps à chercher des solutions plus qu’à énumérer les causes irréversibles. Mais elle estimait nécessaire de présenter ses excuses malgré tout, tout comme elle avait besoin de savoir exactement ce qui était arrivé. Parce que s’il se trouvait le moindre détail qui puisse servir à l’avenir, elle devait le connaître.

« Cependant, même si je me doute que ce sont des souvenirs pénibles… Il faut que je sache ce qui est arrivé… Je n’ai pas eu le temps d’interroger en détail la messagère qui m’a porté la mauvaise nouvelle. »


[Le rp se passe peu de temps après celui à la place du marché]


"Enfin !" C'était le premier mot qu'elle avait prononcé une fois qu'elle était arrivée sur le chemin menant au château d'Hyrule. Elle ne pensait pas arriver à destination après les événements de la place du marché mais heureusement, les choses s'étaient plus ou moins améliorées et elle avait pu retourner à sa quête. L'édifice était visible au loin et semblait de plus en plus immense au fur et à mesure qu'elle se rapprochait. Néanmoins, sa progression fut vite stoppée par une sorte de portail gardé par plusieurs hommes. Ce n'était pas la première fois qu'elle se rendait au château mais elle avait toujours été accompagnée par une tierce personne, elle ne savait pas si les gardes accepteraient de la laisser passer sinon il fallait trouver une autre solution. Comme elle le craignait, une fois arrivée devant la grande herse qui la séparait du chemin menant au château, un des soldats lui fit signe de s'arrêter.

"Halte ! Il est interdit d’aller au château sans autorisation…" Il marqua une petite pause avant de regarder son compagnon puis il reposa son regard sur la kokiri avant de continuer. "Et les enfants n’ont rien à faire là-bas !"

La sage se mit à soupirer, elle s’était habituée à ce qu’on la compare à un enfant car les autres ignoraient qu’elle gardait un physique d’enfant. Pourtant, elle avait vu beaucoup de choses durant ces dernières années mais beaucoup d’hyliens n’avaient aucune connaissance sur les kokiris, pensant qu’il s’agissait d’un peuple comme les autres. Insister ne servirait à rien, ces gardes faisaient plutôt attention à ce qu’ils voyaient tout en croyant leurs yeux. Mais il était hors de question de reculer, il fallait absolument qu’elle aille voir la princesse pour prendre des nouvelles des récents événements ainsi que s’assurer que la sage de l’esprit allait bien : elle avait eu vent de ce qui s’était déroulé dans la vallée gerudo et le sort de son amie l’inquiétait énormément.

"Je dois voir la princesse…"

"Est-ce que tu as compris ce que je viens de dire ?" Il s’approcha de la kokiri avant de poser sa main sur sa tête et de s’agenouiller pour être à sa hauteur. "Tu devrais retourner jouer avec tes amis et laisser les grandes personnes tranquilles."

La sage se mit à serrer les poings, elle n’avait pas envie de le montrer aux yeux des hyliens mais elle l’avait pris pour des occasions comme celle-là. Elle sortit un objet qu’elle avait dissimulé sur elle avant de le montrer aux gardes tout en prenant un ton plus calme pour montrer l’importance de la situation.

"Je viens de la part du chef des kokiris."


~~~~~


Escortée par deux gardes, Saria regardait à droite et à gauche tous les décors du château. Chaque salle avait sa propre utilisation alors que les kokiris étaient habitués à en avoir qu’une seule dans leur maison. La grandeur du bâtiment la laissait sans voix et si les deux hommes n’étaient pas là pour la guider, elle se serait perdue volontiers dans ce gigantesque univers qu’elle connaissait à peine. Elle aurait préféré ne pas leur montrer cette pierre pour pouvoir entrer dans le château mais c’était la seule solution qui lui restait et qui avait heureusement fonctionné. Néanmoins, la sage avait l’impression de tourner encore et encore dans le château, comme si les gardes ne savaient pas où l’amener. A chaque fois qu’ils croisaient un garde, ces deniers discutèrent pendant quelques minutes à l’écart de l’enfant. Elle aurait aimé savoir de quoi ils parlaient et s’ils avaient finalement pris ses paroles au sérieux car elle commençait à perdre confiance.

Finalement, après avoir rencontré un cinquième garde, les hommes qui l’escortaient semblaient être plus sûrs de ce qu’ils faisaient. Ce soudain changement ne la rassurait pas du tout et elle s’empressa de leur poser la question, histoire de se rassurer.


"Quelque chose ne va pas ?"

Mais aucune réponse ne lui fut donnée, elle continuait de marcher encore et encore dans les couloirs sans même savoir où elle allait. Elle tenait fermement son balluchon dans ses mains pendant que sa fée s’était réfugiée dans ses cheveux pour ne pas se perdre dans cet environnement. Sur le coup, la forêt lui manquait mais elle se devait de rester forte pour les autres kokiris car le destin d’Hyrule pouvait influencer cette paix dans laquelle les enfants vivaient. Il suffisait de tenir le coup jusqu’à voir la princesse et la sage, si jamais elle arrivait à destination.

La sage mit ses mains sur les yeux pour les protéger du soleil qui passait à travers les vitres. L’environnement lui semblait plus chaleureux car elle ne s’attendait pas à se retrouver dans les jardins intérieurs du château. Au loin était visible deux silhouettes qu’elle connaissait parfaitement et sur cette vision, Saria ne put s’empêcher de soupirer de soulagement, heureuse d’être enfin arrivée et de voir ses amies. Elle n’attendit pas l’autorisation des gardes pour aller à la rencontre des deux sages et la kokiri se mit à courir dans le jardin, poursuivie pendant un bref instant par les deux gardes. Une fois arrivée à hauteur des deux jeunes femmes, elle stoppa sa course avant de s’incliner légèrement pour les saluer.


"Princesse Zelda, je suis heureuse de vous revoir."

Elle se releva et posa son regard sur Nabooru, elle avait l’impression que cela faisait une éternité qu’elle ne l’avait pas vu. Rien n’avait changé par rapport à ses souvenirs mais la douleur était visible dans son regard. Elle ne connaissait pas tout en détail mais elle savait que l’épreuve qu’elle avait vécue était affreuse et qu’il lui faudrait beaucoup de temps pour s’en remettre. Les gardes quant à eux s’arrêtèrent plus loin lorsqu’ils virent que la princesse semblait connaitre l’enfant mais gardèrent tout de même un œil sur elle au cas où.

"Nabooru… Je suis soulagée de te voir ici." Elle porta ses mains au-dessus de son cœur et marqua une petite pause à cause de l’émotion puis elle prit une grande inspiration avant de reprendre. "Je… Je suis désolée. Je ne sais pas combien de temps j’étais absente et je ne suis pas au courant de tout ce qui s’est passé…" Elle regarda Zelda pendant un bref instant avant de regarder à nouveau Nabooru en souriant. "Mais désormais, tu n’es plus seule à combattre, je suis là pour t’aider."

Ce sourire ne quitta pas son visage mais elle espérait que cela réchauffe le cœur de la sage. Elle n’était plus seule désormais et elle pouvait compter sur le soutien de ses amis pour combattre et tenter de reprendre ce qui lui appartenait.

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[On reprend ce RP, très chère admin ? Après tout, il est toujours d'actualité !]

    Nabooru ne pouvait décemment pas en vouloir à la Princesse pour ce qui s'était passé au Désert ; elle assumait l'entière responsabilité de sa défaite et de son échec. Tenir Ganondorf à l'écart d'Hyrule était sa principale mission, et au lieu de le traquer et de l'éliminer, elle s'était terrer dans une forteresse trop bien connue du gérudo pour qu'elle constitue une défense efficace. Non, elle ne pouvait définitivement pas rejeter la faute sur la blondinette, et ce même si elle aurait pu envoyer des troupes pour tenir main forte au peuple du Désert. Toutes deux avaient sous-estimé leur grand ennemi.

    La Sage de l'Esprit allait lui répondre lorsque s'invita soudainement une tierce personne : Saria. Un sourire se dessina sur le visage de la Reine Brisée à la simple vue de sa jeune amie, qui ne tarda pas à montrer toute sa compassion à son égard. Par fierté et malgré que les souvenirs de la Forteresse soient encore récents, elle confirma son apparente bonne humeur. Par fierté sans doute, elle ne voulait pas être prise en pitié. Ce n'était pas son genre !

    « Ta sollicitude me touche, Saria », dit-elle en posant une main sur sa petite épaule. « Nous nous parlerons tout à l'heure si tu le veux bien. Ça me fait plaisir de te revoir. »

    Elle croisa le regard de Zelda en se retournant, avant de s'écarter de la Sage de la Forêt. Elle ne voulait pas révéler tous les détails de ses mésaventures devant trop de personnes dans l'immédiat ; en parler à l'édile de Nayru était déjà bien suffisant. La tête basse, elle attendit que la princesse ne la rejoigne pour reprendre leur conversation. Un long soupire accompagna le retour de celle-ci à ses côtés. Croisant les bras, elle releva ses deux yeux dorés.

    « Comme tu l'as dis, ce sont des souvenirs pénibles. Je n'ai pas très envie de les raconter à beaucoup de monde. Pas dans l'immédiat », souffla la rouquine discrètement pour se justifier.

    Elle força à moitié un sourire pour éviter que l'hylienne ne la prenne en pitié à son tour. Peu fière de ce qu'elle avait subie, elle gardait pourtant une certaine assurance ; ou bien elle la simulait plutôt bien. Mais quelqu'un qui la connaissait savait qu'elle n'était pas dans la meilleure des formes, au contraire. En grande sensible, Nabooru était plus touchée qu'elle ne voulait l'admettre.

    La Sage se permit un instant de silence pour apprécier le calme et la sérénité des jardins du Castel. Autant pour en profiter que pour réfléchir à ses prochains mots.

    « L'attaque a été rapide, tellement qu'en l'espace d'une petite heure, nous avions perdu le combat. Ganondorf est plus puissant qu'auparavant ; et les dragmires dans leur ensemble aussi. Magiciens, sorciers, guerriers, assassins, mercenaires... et bien d'autres choses encore... ils sont plus dangereux que lors de notre attaque sur la Citadelle. Quant à leur armée... elle est implacable. Ganondorf relève les morts pour en faire le fer de lance de son armée. »

    Un frisson parcourut le dos de la femme du désert en repensant à l'assaut du Trône sur sa Forteresse. Tout particulièrement, ses pensées se tournaient vers l'être immonde et malfaisant qui l'avait torturé et humilié lors de son emprisonnement... Son regard revint croiser celui de Zelda.

    « Tu dois trouver un moyen pour leur botter les fesses, ma grande », sourit-elle avec un regain d'entrain dans la voix. « S'il existe des failles chez l'ennemi, je serai très heureuse de t'aider à les trouver ; aujourd'hui, je n'en vois aucune, mais avec ton aide... et celle des autres... », elle jeta un coup d'œil vers Saria. « Nous y arriverons. Mais comprend bien que dans l'immédiat, ma priorité est de retrouver le Désert et le reconquérir, avec ou sans l'aide de ton armée. »

    Nabooru était fermement décidée à regagner son désert dans les plus brefs délais. Nombre de ses sœurs y étaient obligées de servir le Seigneur du Malin, et elle ne pouvait pas le supporter. Elle ne le voyait pas souffrir, néanmoins elle sentait son peuple la réclamer.

    « Ganondorf a commis une seule erreur : il m'a laissé en vie », reprit-elle. « Malgré l'échec de la Croisade sanglante, malgré sa Citadelle en ruine, il fait toujours preuve de suffisance. Il a bien trop confiance en lui, et plus il deviendra puissant, plus il le sera davantage. »

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Zelda Nohansen Hyrule

Princesse de la Destinée. ∫ Édile de Nayru.

Inventaire

(vide)

Nabooru n'eut pas le temps de lui répondre que Saria débarquait, suivie par des gardes un peu perdus face à l'entrain de celle qu'ils prenaient sans doute pour une simple enfant. Discrètement la princesse leur fit signe que tout allait bien et qu'ils pouvaient la laisser faire à sa guise. La Sage de la Forêt était une invitée digne de confiance.
Un sincère sourire aux lèvres dû à la bonne humeur communicative de la Kokiri, elle emboîtât le pas à Nabooru en invitant Saria à profiter de son hospitalité avant de s'entretenir avec elles.


"Je dois discuter avec Nabooru mais nous sommes à toi dans un instant. Tu dois avoir fait un long voyage, prends le temps de te reposer et demande à ces gardes si tu as besoin de quoique ce soit, tu seras ici bienvenue aussi longtemps que tu le souhaiteras."

Elle avait bien compris que Nabooru souhaitait pour l'instant lui parler en tête à tête, et elle savait les souvenirs qu'elle lui demandait de restituer difficiles à revivre. Elle ne fut gère surprise quand la Gerudo le lui confirma à haute voix. Elle ne se hasarda pas à un commentaire sur l'état de cette dernière. Elle savait que les femmes du Désert étaient un peuple fier, et leur reine peut-être encore plus que toutes les autres. Inutile donc de pointer du doigt le trouble de la Gerudo au risque de la blesser dans son orgueil. Zelda se contenta de lui rendre son sourire pour l'encourager.

"Je t'écoute, prends tout le temps qu'il te faudra."

Une fois Nabooru prête, Zelda l'écouta d'une traite reparler du soir où tout avait basculé à la forteresse, évitant bien de l'interrompre et de la couper dans son élan. Le récit confirmait ses craintes. Elle avait pu le deviner par la victoire de Ganondorf, mais le coup qu'ils avaient porté à sa Citadelle dans le désert ne l'avait de toute évidence pas empêché de redresser ses forces. Le fragment de Triforce qu'il avait volé n'était peut-être pas étranger au fait qu'il soit capable de déployer une grande puissance magique. Elle avait déjà eu affaire à une armée de Stalfos, le jour où elle avait dû fuir le château, laissant à Link l'Ocarina du Temps, mais ce que la Sage de l'Esprit lui décrivait semblait encore au delà. Si elle devait le croiser, il faudrait qu'elle soit prête et en pleine maîtrise de ses pouvoirs. Puisse Nayru la guider.

Elle eut un petit rire nerveux quand Nabooru lui intima de trouver un moyen de botter les fesses de Ganondorf. Bien entendu il s'agissait aussi de son propre désir.

"J'y travaille, crois-moi."

Quand elle n'était pas en conseil de guerre ou en réunion avec les nobles pour essayer de dégager les fonds suffisants, elle avait le nez fourré dans des livres de magie, encore bien loin malheureusement d'avoir trouvé ce qu'elle cherchait. Elle comprenait toutefois l'impatience de la Gerudo et son désir de porter secours à celles de son peuple qui n'avaient pas eu autant de chance que les autres, ainsi que sans doute de récupérer leur forteresse.

"Je ne peux que trop bien comprendre ton désir de protéger ton peuple, et de lui rendre ce qui lui appartient. Mais je t'en prie, ne commets pas d'imprudence. Si je ne peux malheureusement pas te promettre de troupes pour ça, je te donnerai toute l'aide qu'il m'est possible de t'apporter. Mes espions sont à ton service, et je t'invite de tout coeur à assister aux conseils de guerre qui se tiennent au château."

Elle ne pouvait pas risquer un nouvel assaut sans certitude. Protéger et surveiller les frontières avec le désert était déjà complexe, et laisser sans défense le reste du royaume aurait été une bien mauvaise idée. S'ils envisageaient certes de ne pas attendre que Ganondorf grignote encore plus de territoire à Hyrule, toute action devait être mûrement pensée et considérée. Elle espérait que la Gerudo se joindrait à eux et accepterait de prendre le temps d'établir une stratégie commune, d'où son invitation aux conseils de guerre, mais elle la laissait libre de choisir quelles seraient ses actions.

"De mon côté... Link n'apprécierait pas de m'entendre dire ça, mais je crois que cette fois cet affrontement ne se terminera pas sans que je doive intervenir."

Elle tendit sa main en avant, dévoilant le symbole brillant de la Triforce qui en ornait le dos.

"Ma magie sera nécessaire pour s'opposer à la sienne... Il possède peut-être deux fragments à présent, mais si sa puissance en est augmentée, ça ne le rend pas invulnérable pour autant. Qui plus est, les fragments qu'il possède se trouvent au même endroit, et si nous parvenons à le contrer, nous mettrons la main sur les deux à la fois. Voilà qui mettrait fin aux hostilités une bonne fois pour toutes...
Malheureusement, mon Père ne m'a pas laissé autant d'informations que je l'aurais souhaité sur la Triforce. J'ignore encore comment enlever un fragment de Triforce à son porteur. Si seulement je l'avais su il y a quelques années, nous n'en serions pas là aujourd'hui... Toutefois il nous a prouvé que c'était possible, et qu'il possède cette information."


Elle ignorait pourtant si ce fameux secret était écrit dans un livre ou sur un parchemin conservé dans le désert ou s'il n'avait jamais été que transmis oralement. Elle aurait tant aimé pouvoir se rendre sur place pour enquêter, mais le risque était inconsidéré, et elle ne pouvait pas jouer le sort d'Hyrule sur des suppositions. Car si elle tombait, c'était à la fois la royauté et le dernier fragment de Triforce qui s'écroulaient avec elle.

"Si malgré tout tu retournes dans le désert... Et que tu as l'occasion de voir ou d'entendre quelque chose..."

Mais elle n'alla pas plus loin dans sa pensée, elle se doutait que la Gerudo avait compris quelles informations pouvaient être précieuses, et elle n'espérait pas pour autant que la Sage se rende là-bas seule.

"Toutefois je te le déconseille fortement. Mes espions ont du mal à s'infiltrer sur le territoire de Ganondorf, mais à ce qu'on m'a rapporté, il serait en train de rebâtir la Citadelle que nous avions mise à terre. Et ça... Ca veut dire qu'il est à présent bien installé dans le désert."


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