Le Fléau de Din - Village Cocorico [Zone 1]

début du printemps - Ce jour-là... (voir la timeline)

Abel Del Naja


Inventaire

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(vide)

Alors, que faisaient-elles ?! Pourquoi ne venaient-elles pas l’affronter ? Abel attendait ses deux adversaires féminins en plein cœur de la maison enflammée, depuis de trop longs instants, et dans une chaleur trop écrasante. Son pouvoir de passe-muraille ne le protégeait pas des températures ambiantes. Les poutres se consumaient au-dessus de sa tête en laissant tomber de la braise, et les meubles partaient en de multiples explosions qui relâchaient un souffle brûlant sur lui, sans parler des fenêtres qui ne tarderaient pas à éclater. Et lui, par provocation pour les forces royalistes, restait planté au milieu à ses risques et périls. Que ne ferait-il pas par péché d’orgueil ? Ses deux ennemies, visiblement, n’étaient pas assez courageuses pour venir le combattre dans cet environnement dangereux, mais cela satisfaisait au moins sa fierté de combattant.

Mais un boucan soudain le fit douter, la terre se mit à trembler, et même les flammes de l’incendie commencèrent à vaciller. Les deux femmes étaient-elles en train de riposter ? Depuis l’extérieur, c’était une erreur ! Abel se prépara à user de son pouvoir… mais les choses ne se déroulèrent pas selon ses prévisions. Quelque chose d’absolument gigantesque dut écraser la maison jouxtant celle où il se trouvait, puisque le mur et le toit s’effondrèrent de son côté. Abel courut vers la sortie, la main sur son masque, prêt à se dématérialiser… jusqu’à ce que le sol se dérobe sous ses pieds. Un glissement de terrain ?!

La moitié de la maison s’écroula sur Abel, qui usa juste à temps de son pouvoir pour traverser les poutres et les murs tombant sur son chemin, mais qui commit sa première erreur : se re-matérialiser trop vite, au moment de passer la porte d’entrée. Un dernier souffle enflammé provint de derrière le dos d’Abel et, ainsi propulsé de plusieurs mètres en avant, il s’écrasa brutalement face contre terre. Le fourreau de ses rapières chauffait durement la paume de ses mains.


-…Aïe.


Il aurait certainement une bosse sur le front. Sa tête lui faisait atrocement mal et le village, tout autour de lui, avait tendance à se balancer de droite à gauche comme un bateau en pleine mer. Sonné comme il l’était, il n’aurait pas les capacités physiques pour user de son masque dans l’immédiat, et cela l’inquiétait. Où se trouvaient ses deux adversaires ?!
L’inquiétude disparut vite de ses yeux et un sourire prit place sur son visage, toujours caché par son masque : il n’était pas le plus blessé, loin de là. Quelque chose de monstrueux –qu’Abel ne saurait identifier- était en train de se déchaîner quelques dizaines de mètres plus loin dans le village, et il le suspectait d’être à l’origine de l’actuelle situation – le glissement de terrain qui avait manqué de le tuer, mais aussi ses deux ennemies en train de s’éloigner comme elles le pouvaient, le bras de l’une passé sous celui de l’autre. Elles fuyaient ! Abel éclata d’un rire tonitruant malgré son état ; un rire que tous durent entendre à dix mètres à la ronde.


-Par le choix de battre en retraite, vous venez d’avouer votre défaite face à moi ! Revenez me combattre lorsque vous serez plus fortes ou plus braves, gamines !

Le cœur d’Abel palpitait d’un suprême orgueil sous sa poitrine, et sa bouche riait aux éclats sous son masque. Misérables qu’elles étaient ! Ce n’était pas ce genre d’adversaire qui pourrait vaincre un jour le magnifique Del Naja ! Oh, elles pouvaient courir loin de ses lames qu’il ne viendrait pas les chercher. Sa fierté passerait toujours la première.

La créature qui s’était abattue sur le village, en revanche, ne tarderait pas à tout dévaster et mieux valait pour Abel qu’il ne stationne pas davantage. C’était finalement à son tour de battre en retraite. Où pouvaient se trouver tous les autres Dragmires ? Il l’ignorait, et de toute façon, Abel considérait qu’ils étaient assez forts pour qu’il n’ait pas à les surveiller. La débandade générale imposait qu’ils fuient tous chacun de leur côté, et il préférait ne pas reprendre le portail ouvert dans le cimetière -l’était-il toujours au moins ?- car revenir par là-bas imposait au noble de s’engager dans un nouveau duel, et il n’avait plus le temps pour cela. Et puis, hormis le monstre venu de la montagne, personne ne gagnerait cette bataille. Abel laissa tomber ses armes derrière lui.

Récupérant progressivement ses forces, le très aérien Del Naja finit par remonter sur une nouvelle maison, en choisissant de s’enfuir par les toits. Toutefois, juste avant de partir pour ne plus jamais se retourner, son attention fut attirée par une personne que tous semblaient avoir oubliée. Une dame en vert s’était perchée à l’abri sur un toit, loin du carnage que continuait de faire l’immense créature volcanique, et visiblement pas blessée. Abel la reconnut tout de suite ; son visage était connu des personnalités fréquentant la cour royale.


-Voici une aubaine qui se présente à moi…

Le noble masqué fit demi-tour pour gagner en quelques instants l’endroit où s’était réfugiée la prêtresse de Farore. Elle se redressa vivement dès son arrivée, mâchoire serrée, en menaçant Abel d’une lance aussi prête à siffler que sa langue.

-Je rencontre enfin celle que notre Prêtresse de Din méprise tant… Farore vous a-t-elle donnée assez de courage pour que vous vous planquiez efficacement ?
-Puisque Farore se trouve très justement de mon côté, elle ne m'empêchera pas de châtier les gueux profanes tels que vous,
cracha la prêtresse peu réputée pour son amabilité.
-Oh… Vous me terrifiez…


Abel fit un pas vers elle et déclencha de ce fait la fureur du serpent. Plus audacieuse qu’il ne l’aurait cru, la prêtresse fit un bond en avant tout en pointant sa lance vers lui, et manqua de le blesser par la pointe, à quelques centimètres près de son flanc. Les puissantes mains d’Abel s’emparèrent du manche de son arme, et toujours derrière son masque, planta ses yeux dans ceux de la prêtresse. Malgré sa situation précaire, la bouche de la vipère se tordit en un rictus moqueur.

-Je n’ai aucune leçon de courage à recevoir, surtout de la part d’un pleutre qui se cache derrière un masque !

Et cette fois, un véritable crachat s’écrasa sur le masque du noble.
L’orgueilleux Del Naja ne le supporta pas.


-Je déteste les mal élevées telles que vous ! Un séjour à l'ombre vous inculquera peut-être les bases de la politesse.

Les mains d’Abel arrachèrent la lance d’entre celles de la prêtresse, avant de lui coller une beigne magistrale qui la fit s’allonger devant ses pieds, inconsciente.

-Tout de même, on devrait mieux savoir protéger les dignitaires, commenta Abel. J’espère qu’on pourra mieux le faire, lorsque le Noir seigneur sera à tous notre Roi.

Sur ce, Abel ramassa le corps inerte de la prêtresse de Farore sur son épaule, et s’éloigna enfin de la zone des combats où le monstre sévissait. Il quitta le village Cocorico sans se retourner, ni même s’attarder, conscient des renforts royaux qui seraient bientôt envoyés, mais surtout hâtif d'emmener sa capture loin de tout cela. Il savait déjà où, mais ce serait un secret. Il savait ce qu'il comptait lui faire, mais il n'en dirait rien. Personne n'aurait cela à connaissance, pas même le seigneur du désert.

Abel avait toujours rêvé de faire d'une personne religieuse son jouet absolu.


Abigaïl


Inventaire

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(vide)

Trop facile. Nom des Trois, si seulement Ad' pouvait émerger à son tour de cette satanée brume, tel une divinité salvatrice ou un héros de légendes, ce serait parfait. Ainsi pensait Abigaïl, non sans amertume, alors que trois guerrières Gérudos surgissaient pour interposer son attaque. Fou ce que l'esprit humain avait le temps de se montrer plein de sarcasme alors même que la catastrophe se faisait imminente – mais elles étaient déjà sur lui la seconde d'après, et il ne put penser plus longtemps à l'ironie de son sort.
Belle déviation. L'épée transperça le vent, tandis que deux filles du Désert entraient en collision avec le soldat de Cocorico. Peuh. Comme s'il allait se laisser aller facilement à une pression aussi frêle. Puisque les combattantes avaient heurté sa droite, et donc son bouclier, il n'hésita pas même une seconde avant de leur asséner un large coup de coude, laissant ainsi son écu rond les frapper en plein thorax. Niveau force brute, elles ne faisaient pas le poids : ni contre sa carrure d'ours, ni contre son armure lourde.


« Écartez-vous ! » Lança la Dragmire, et Abigaïl pouvait bien être peu instruit, il n'était pas sourd. Malheureusement, c'était son équipement même, alourdi par l'eau qui en dégouttait encore, qui l'empêcha d'esquiver à temps un autre sortilège lancée par la traîtresse – bordel de merde, un second en si peu de t-

Un flash. Puis.

Plus rien.

...


Lorsque le soldat reprit conscience, le sol tremblait sous son corps crispé. Nouvelle offensive ennemie ? Du renfort ? Éruption volcanique ? Fin du monde ? Abigaïl eut un rictus. Nauséeux, mais le cœur martelant toujours comme un signal d'alerte dans sa poitrine, il tourna la tête en direction de son bras gauche, avant de tâtonner pour récupérer son épée. Fort heureusement, s'il avait lâché prise, il n'avait pas projeté l'arme trop loin. C'est une fois le manche en poigne qu'il s'appuya sur ses coudes pour se relever. Son bouclier, lui, était resté fermement attaché à son avant-bras droit.
Le courant électrique qui l'avait frappé de plein fouet entraînait des spasmes dans ses membres qui lui rappelaient très vaguement les contrecoups d'une haute fièvre. Il aurait pu cuire dans cette armure, si la tension avait été plus forte... Ses bras tremblaient encore. Le visage farouche, mais presque résigné, il tourna la tête vers ses ennemies, persuadé qu'elles en finiraient avec lui une bonne fois pour toutes. Mais... non. Les guerrières basanées battaient visiblement en retraite, comme la moitié de la population dans le village, à ce qu'il semblait, au vu des cris de panique qu'il entendait émaner de toutes les directions. Étrange.
Plus étrange encore : La guerrière aux yeux féroces n'avait pas attaqué.

Pourquoi ?

L'Hylien se redressa tout à fait. Se faisant, il dévisageait ouvertement son adversaire. Ils se contemplèrent en chiens de faïence. Abigaïl ne savait pas ce qu'elle attendait pour mener l'offensive.
Ça puait le piège. Ou le changement de stratégie.

Combien de temps était-il resté inconscient ?


« Venez donc, tous les deux, » lui lança-t-elle comme un défi ouvert au monde. Et alors, ses yeux sombres semblèrent chercher une autre silhouette dans le brouillard, un héros non pas fantasmagorique mais bien réel, un guerrier palpable bien plus qu'une légende abstraite, dont l'absence commençait à se faire remarquer.
Le soldat de Cocorico profita du fait que la Dragmire avait tourné la tête pour raffermir sa garde et pointer son épée en sa direction, en bon militaire qu'il était, malgré la douleur et les haut-le-coeurs intermittents. Puis, il chargea, bien que peu rapidement en raison du poids de son armure. C'est elle qui avait convoqué le combat : il n'allait pas lui ôter ce plaisir.

Pile au même moment, mais à une vitesse bien plus importante que la sienne, le héros en question apparut dans leur champ de vision. Trop rapide ; Abigaïl avait à peine parcouru la moitié du chemin qui le menait jusqu'à l'assassin. Cela lui permit néanmoins, alors que Link lançait son offensive contre la Dragmire, de changer de trajectoire en dernière minute. Il contourna leur adversaire commune, à distance, tel un rapace qui cernait sa proie. Détacha la lanière de son bouclier de son avant-bras, pour pouvoir le saisir directement par la poigne. Puis il fondit dans son dos, exactement en oiseau de proie, l'écu brandie devant lui. La brusque montée d'adrénaline à la vue de son allié avait rendu à sa poigne sa fermeté d'origine, et c'est avec férocité qu'il asséna un coup d'estoc à la Fille du Malin, visant une partie découverte de sa cotte de maille au niveau de sa hanche : en effet, la déflagration précédente avant calciné une partie de la chemise noire qui dissimulait sa protection légère.

Cette fois, cependant, il n'allait pas lui laisser l'occasion de se dérober par de belles acrobaties. Son bouclier venait la cueillir à sa droite si jamais elle tentait de lui filer entre les doigts, encore une fois, par une galipette digne d'une saltimbanque : il n'allait pas se laisser avoir deux fois par la même technique. Il chercha à la coincer entre Trancheloup et son écu.

Des bruits de pas réguliers d'hommes en armure se rapprochaient. La garde de Cocorico ! Soudain plus apaisé, Abigaïl sembla s'ancrer un peu plus définitivement dans le sol, et le cœur enflé par le courage et la détermination, il porta un nouveau coup d'estoc à l'ennemie, cette fois-ci au creux des reins, afin de fragiliser sa colonne vertébrale. Un cri étranglé, puis deux, plus trois retentirent à quelques mètres d'eux, mais le soldat ne se laissa pas distraire.

C'était les gardes. Trop obnubilé par son combat contre la Dragmire, Abigaïl ne les vit pas s'attaquer aux Gérudos qui avaient précédemment déviées son offensive contre Swann. Il ne les vit pas les entraîner dans la brume pour une dernière danse. Lorsqu'ils émergèrent de l'épais brouillard, ils étaient sept – deux déjà blessés, et les autres visiblement intacts, mais tous debout. Ils avaient dû suivre le trajet inverse des fuyardes qui partaient retrouver leur Roi.

Malgré l'absence plus que flagrante du capitaine, tombé plus tôt aux mains des ennemis, les soldats s'alignèrent et pointèrent leurs lances en direction des combattants, en une même cadence. De la combattante, du moins, car ils reconnaissaient l'armement d'Abigaïl qui l'indiquait comme l'un des leurs, et ils ne mirent pas longtemps avant de distinguer le Héros du Temps à son tour. Très vite, ils changèrent de formation, pour cette fois-ci encercler le trio, les pointes toujours tournées vers eux, bien qu'à distance raisonnable. Il n'y aurait pas de fuite ce soir : pas ici, au cœur de la brume qui isolait la Lionne de ses pairs.


Par la Grace de Nayru...

Elle suffoquait, les poumons noyés dans la masse de cendre qui lui tombait sur le visage et teintait le leger duvet bleu recouvrant son crane. Flora toussa, et chercha a se debarasser de ce miasme qui lui pesait. Son souffle etait un peu rauque et sifflant, mais la jeune femme tenait bon, les deux mains posées sur le rebord du puit.

Cela la rassurait, elle, l'aveugle, de sentir la pierre froide et irregulière sous ses doigts. Les cendres venaient des incendies qui ravageaient le village et ses quartiers. Mais ici, ils ne pouvaient venir lecher les batisses, car la pluie Sainte que l'enfant divin avait invoquée protegait les murs et le bois.

L'oreille aux aguets, la Dechue put entendre les Redemptrices quitter le combat. Elle percut les souffles crispés par la douleur et par l'effort, l'une s'appuyant surement sur l'autre, a la recherche d'un guerisseur. Eh ben ce ne sera pas elle cette fois. La Pretresse en avait jusque par dessus la tete d'etre un simple soutient, gentiment cachée derrière les miriades de gardes et les armés bien au chaud a attendre, et ne jamais se mettre en danger. Désolée pour Milty et pour Elu' mais va falloir vous trouver quelqu'un d'autre. D'autant plus que Flora ne se sentait pas capable d'assurer des soins autres que legers. La Pluie lui avait rongé une bonne partie de ses reserves magiques et il aurait ete dangereux pour la Sagesse d'en user d'avantage, au risque de se retrouver faible et a la merci d'Abel. Lequel ne tarda pas a suivre les filles, en riant et tout heureux d'avoir vaincu. Remarque on peut l'applaudir seul contre deux, mais en meme temps, Flora avait comprit au bruit de ses pas qu'on avait la un veterant contre deux novices. Etait ce reellement equilibré?

Flora s'ecarta du puit, les jambes un peu tremblante. Le pire lui semblait passé. Mais elle ne se rendait pas compte a quel point elle se trompait, car en cet instant la terre vibra, semblant sur le point de s'ouvrir en deux. Bien sur, vous pouvez comprendre qu'il s'agit là de l'arrivée du Roi Dogondo. Seulement allez le comprendre ca, quand vous y voyez rien du tout et que votre seule ouverture sur le monde ce sont vos doigts et vos oreilles. si je vous dis que Flora sursauta, c'est une litote, en fait le rugissement que poussa la bete la paralysa de frayeur, et l'espace d'un instant la jeune femme crut que son coeur allait cesser de battre pour toujours. Mourir de peur, c'est une bien pietre perspective n'est ce pas?

En cet instant, un autre dogondo, plus jeune, un adolescent, en profita pour se faufiller aupres de la pretresse de Nayru. Ne vous fiez pas a son apparence a priori inofensive. En fait ces bestiaux possèdent de sacrés crocs et a force de manger de tout et n'importe quoi depuis la charogne jusqu'a leurs semblables (voire les charognes de leurs semblables), la salive et les crocs des Dogondos sont recouverts de virus et autres pestes en tout genre.

Bref, la vilaine bébétte, s'avanca jusqu'a Flora, en rampant. Peut etre fit elle un geste brusque? Peut etre qu'il avait simplement la rage? Ou qu'il eu peur? je ne saurais vous expliquer ce qui passa par la tete de cet animal. Toute chose est que pourtant il se rua sur la jeune femme, et planta ses dents dans sa chair tendre. Flora cria, un cri qui pourtant dans le vacarme passa inapercut, tandis que la bete s'accrochait fermement a sa jambe, déchiquetait son mollet.

Un coup de chance peut être, fit que la demoiselle percuta le puit et y assomma la bête. Des larmes de douleur et incompréhension aux yeux, Flora s’écarta du puits, tâtonnant de sa jambe estropiée et de l'autre, dans le but de se trouver un nouvel abris. Chose pas tout a fait aisée avec le Roi qui ruait ca et la, défonçant les maisons comme s'il s'agissait de fétus de paille. Toutefois, Flora parvint a se réfugier sous la mansarde d'une maison. Là elle se roula en boule, recroquevillée sur sa douleur, cherchant du bout des doigts a évaluer les dégâts. Elle ne connaissait pas le peuple reptile de la montagne et rien dans sa vie de guérisseuse l'avait préparée a cela.

Les premiers frissons de la fièvre induite par les microbes du Dogondo survirent dans les vingts minutes. Secouée jusqu’à en claquer des dents, l'enfant de Nayru se roula encore plus en position fœtale. Elle avait mal, tellement mal.

Cependant une rumeur chez les Gorons parle des maladies des Dogondos. Pour les géants de pierre, ca veut pas dire grand chose, mais pour un Hylien ... enfin bref, tout ca pour dire qu'avant que le jour ne se fut levé, Flora avait sombré là sous son perron, dans un profond coma ...

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De ses doigts de mailles, de cuir et de fer, Thibault arracha l'armet qui lui enserrait la gueule. Prenant à peine le temps de détacher les lanières, le soldat tira aussi fort qu'il le pouvait encore sur le casque qui le protégeait jusqu'à lors. Mais le dernier assaut de la Gérudo avait été trop brutal pour que son heaume continue de lui servir. Sans le moindre ménagement, ni le plus petite once de respect, il s'en sépara. L'acier poli tomba sur les cendres avant de rouler dans la boue tandis que sa deuxième main rejoignait le pommeau de sa lame. « Allez, approche salope. » Maugréa-t-il, son regard sombre plongé dans celui de l'amazone.  « Approche, putain ! » Rugit-il alors. A chacun des mots qui étiraient ses lèvres, la cicatrice qui courait le long de son visage semblait s'animer, se mouvoir, comme si elle était d'une volonté propre. De son menton à son oeil, la balafre dansait, malsaine. L'attente tuait ses articulations au moins autant que le coup de masse n'avait écrasé ses tempes et faussé absolument toutes ses notions. Même à présent, des étoiles continuaient à danser devant ses yeux. Il ne réalisa que trop tard que la guerrière s'était élancée, répondant à son appel. « ALLEZ ! » Hurla Thibault, lançant sa lame à l'assaut de la masse d'arme de la rouquine. Il n'avait pas vu la dague. L'acier griffa son gantelet sans parvenir à l'atteindre, avant de grincer le long des mailles de sa cotte, pour ensuite déchirer jusqu'au blason de Cocorico et du Seigneur Aneleon Prime, qui ornait sa tunique. Le stylet que maniait la chienne ouestrienne parvint à écarter les anneaux de fer gris, juste à son épaule. Sa poigne sur la hampe de sa lame commença à se défaire sans même qu'il ne le réalise. Il avait à peine réalisé à quel point la lame de son ennemi avait su se frayer un chemin quand il compris que son arme lui avait échappé des mains. « Rejoins ton pitre de capitaine ! » Siffla-t-elle, comme un serpent, le visage partiellement dissimulé par le chèche qui masquait ses lèvres.

Sans prendre le temps de réfléchir, le troupier qu'il était envoya son front contre le visage de son assaillante. Petit, son père lui avait toujours dit qu'il était de ceux capable de réaliser de grandes choses. De ceux capable d'utiliser leur tête autant, sinon plus, que leurs bras. Thibault avait toujours trouvé plus d'utilité à ses poings qu'à son front, mais quand il sentit le nez de son ennemi se fendre, il sut que son ancien n'avait pas toujours été dans l'erreur. Serrant le poing autant qu'il le pouvait encore, le fantassin tâcha de frapper. Avant qu'il n'en trouve l'occasion ou le temps, le gourdin de la Gérudo percuta son cou, sur le côté. « ... Bordel... », parvint-il à souffler en s'écroulant. Bientôt la fange embrassa son menton autant que la poussière n'envahissait sa bouche. La Gérudo le toisa, alors qu'il nageait tant bien que mal dans le limon, abasourdi et estourbi. Elle le tança d'un reproche qu'il n'entendait pas. Qu'il n'entendait plus, en vérité. Ses doigts glissèrent, rampèrent même, jusqu'à gagner l'épée bâtarde qu'il avait laissé choir. Mais avant qu'il ne parvienne à la tirer jusqu'à lui, le talon de l'égorgeuse vint l'arrêter. Pris d'une rage particulière et pourtant encore assommé, l'homme d'épée tira brusquement le couteau qu'il gardait contre le torse. Poussant un cri de guerre faiblard mais furieux, il piqua d'estoc. Avant que la Gérudo ne le réalise, son pied s'était fait centre d'une rigole de sang : percé de part en part par la petite lame que son ennemi avait gardé secrète. Bientôt, il lui semblait que la terre aspirait la guerrière. Sans attendre, Thibault se hissa sur son adversaire, à califourchon. S'il avait été dans un autre contexte, la scène lui aurait sans doute plu, mais pour l'heure l'intégralité de ses pensées restaient comme fixées sur son objectif : il devait éradiquer l'engeance qui remuait et ondulait sous son bassin. Le griveton frappa alors. Son poing de fer griffa le tissu avant de mordre le menton de la belle. Un temps elle resta sonnée, quelques secondes à peine... et il avait déjà récupéré la matraque qu'elle avait su garder tout ce temps. « FOUTU CHIENNE ! » Hurla-t-il, balançant le premier coup. Ses deux mains enserraient la gaine de cuir, tandis qu'il balançait ses bras aussi lourdement qu'il pouvait. Le premier assaut défonça la pommette basanée, le deuxième explosa l'orbite droit de la Gérudo. L'Hylien ne s'arrêta pas. Une troisième fois le gourdin, maculé de sang, s'éleva dans la nuit avant de retomber. Puis une quatrième, fracassant les os, déchirant les chairs, broyant les tissus. « PISSE-FROID ! PUTERELLE ! MEURS ! » Le visage de la demoiselle ne ressemblait plus à rien. Une bouillie tantôt rougeâtre, tantôt grisonnante trahissait l'existence passée d'un crâne là où rien sinon des poussières d'os ne demeuraient. Le fantassin se fendit d'un assaut supplémentaire.

Puis, il finit par comprendre que la femme sur laquelle il s'était assis était morte. Le sang battait les quelques pavés de la ruelle autant que les cendres. Thibault se releva, récupérant son épée. Son regard de mort balaya les restes de la Gérudo, qu'il gratifia d'un dernier glaviot. « Foutu salope... », murmura-t-il en quittant les lieux et en rejoignant la Grand-Place du Domaine d'Impa. Mais sitôt qu'il arriva, le vieux soldat fut pris d'une image effroyable.

"Bordel de merde !" Siffla-t-il, en apercevant le Dragon qui prenait d'assaut le village. « SOLDATS ! » Mugit-il, cherchant ses troupes des yeux, « ATTRAPEZ-MOI TOUS CES ENFANTS DE PUTAINS ! LAISSEZ-LES PAS PROFITER DE LA DISTRACTION ! JE VEUX TOUTES CES RIBAUDES EN TRAIN DE DANSER AU BOUT D'UNE CORDE DEMAIN À L'AUBE ! » Lâcha-t-il, le ton aussi violent et brutal que ne l'avaient été ses coups de masses. Cocorico brûlerait peut-être, mais tous tomberaient avec elle.

La première frappe du Ceald le fit sursauter. Tournant son long corps pour chercher a atteindre le moustique qui lui frappait ainsi l’échine, le Roi s’écrasa sur la façade d'une maison, faisant crouler sur son dos et sa nuque des morceaux de brique et de poussière. A ses yeux, Lanre n’était guère plus qu'un insecte, un de ceux dont il se débarrassait en prenant de long bain de boue, puant et glaireux. Balourd et maladroit, le Roi chercha a se frotter contre la battisse, comme un ours se gratterait le dos a un arbre. Il était plus que résolu a se défaire de l'Hylien, d'autant plus qu'il ressentait sa présence a la fois menaçante et futile. Ses yeux de braise et de flamme roulaient dans leurs orbites, louchant sur les gens qui couraient dans les rues, et sa langue rêvait de chair sanglante et d'os craquant.

Il était hors de question qu'un mortel lui gâche ainsi son plaisir. Le Roi se jeta en avant, la gueule largement ouverte, prêt a dévorer le groupe d'individus le plus proche. Quand soudain une nouvelle douleur surgit a l'arrière de son crane, faisant danser des étoiles devant ses yeux et les voilant d'un rouge sanglant. Il hurla, un cri effroyable et a glacer les os. Ah ! Le moustique avait recommencer a piquer !! Ca lui faisait mal, terriblement mal ! Et cela le mit en rage ! Une rage si profonde que le Roi se jeta une fois de plus contre les antiques maisons de la bourgade. Il rugit encore et encore alors qu'il se frottait, donnait des coups de patte dans le vide, cherchant a déchiqueter ce qui le gênait ainsi. Sa longue queue fouettait l'air, menaçante et destructrice, achevant de démolir les maisons maintenant en ruine, tout en se pilonnant l’échine pour démolir l’énergumène.
Pour peu, le Roi aurait put faire des bonds, au gauche, a droite, et encore a gauche, tel un taureau, dans le but de désarçonner son cavalier clandestin. Ah !! Quelle colère il aurait alors a subir, une fois au sol. Tout le métal du monde ne pourra protéger le Nordique des crocs destructeurs de Lanre, lorsque il sera enfin a terre.

Pareil a un flot vermeil, le sang de la bête s’échappait par les blessures que le Nordique lui infligeait. Et avec lui, lentement, s’écoulait la vie du Roi. Il ne le sentit pas de suite, non il était bien trop fort. C'est a ce moment la, qu'une racine venue de nul part s'enroula autour de sa patte arrière droite. Nouvelle frustration, nouvel accès de colère. Le Roi ouvrit grand la gueule et cracha subitement un long jet de flammes qui virent carboniser et racornir la futile plante et au passage sa sournoise créatrice. Une enfant des bois ! Peste soit de ces gens la. Les flammes virent lécher les poutres de la maison et des recoins ou Saria s’était réfugiée, cherchant a lui couper toute retraite et échappatoire. Frustré de voir encore une proie lui échapper, le Roi donna un violent coup de patte sur la maison qui protégeait la petite Sage vêtue de vert. Un feulement de dépit et il se détourna.  

Une fois sa besogne accomplie, il s'attaqua une fois de plus a la lourde tache de détruire méticuleusement Cocorico. Toutefois son regard vif perçût un mouvement. Il pivota violemment de la tête, déséquilibrante Lanre toujours juché sur son dos. Les flammes de ses yeux virent alors Miltyades et Eluria, toutes deux occupées a fuir le combat et chercher de l'aide. Le Roi se cabra, en rugissant. Voila qui fera partie de son repas ! Et il se mit en marche, d'abord lentement, puis de plus en plus vite, jusqu'à se rouler en boule, comme avant, quand il a dévalé la pente et la montagne. Le Roi n'apparaissait plus alors comme un animal mais comme une sphère caillouteuse, projetant des mottes de terre et des pierres. Roulant a pleine vitesse, le Dogondo vint a toute allure sur les deux jeunes femmes, cherchant a les écraser a l'image des troupes sur la montagne. Sa vitesse cru a un tel point qu’après avoir cherché a écraser les fuyardes, il vint s'encastrer dans une bâtisse, non loin de celle ou reposait la Prêtresse de Nayru, ajoutant sa part aux gravats sur le corps de celle ci. Reprenant pied et forme, il se retourna et gonfla la poitrine pour crier et cracher de son feu encore une fois. La viande … il l'aimait a point !
... Alea Jacta Est ...

La bataille approche de sa fin, tant et si bien que les Dragmires sont contraints à la fuite s'ils ne désirent pas finir la tête sur le billot ou la corde au cou. Cependant, parmi le chaos provoqué par Dodongo, il existe toujours des manants, fiers et vaillants, pour chercher à naviguer entre les différentes régions du conflit.

*

Quatre dés seront employés pour déterminer la résultante des actions sur les affrontements en cours au Village. Chaque Dragmire fera l'objet d'une tentative de capture dont la chance de réussite dépendra de son succès ou non au combat. Ainsi, si un soldat a su dominer ses adversaires, il aura plus de chances de les capturer que s'il a été vaincu. Trois D6 (Dé à 6 faces) concerneront donc Abel del Naja, Negus et Swann Dramire, tandis qu'un D3 (Dé à 3 faces) visera à retranscrire les chances de passage d'Aria Fezerion et Cecilia Iole Mentina.

D3 — Un passage dangereux : Aria Fezerion & Cecilia Iole Mentina

Si le résultat est compris entre 1 et 2 :
Aria se cramponne tant bien que mal à la selle, tachant de maintenir Cecilia et de progresser vers le Cimetière en parallèle. Derrière, des Gérudos les ont pris en chasse, mais bien vite la jument que l'étrangère a retrouvé dans le village disparait à leur vue. Les deux femmes gagnent le village sans encombre.

Si le résultat est 3 :
Aria force la cadence, alors prise en charge par des Gérudos. Néanmoins, un arbre enflammé par le souffle ardent du Dodongo s'effondre violemment sur sa jument, séparant l'animal en deux. Cecilia est propulsée de l'autre côté de la barrière et percute les premières dalles du Cimetière violemment. Sa vue se trouble et son souffle se fait court, mais elle parvient à ne pas sombrer dans l'inconscience qui la guette cependant. Incapable de se déplacer sans un appui elle doit attendre l'aide d'un allié pour quitter le village. Aria, en revanche, est refoulée par les flammes sans parvenir à gagner le Cimetière.

D6 — Fuyez, pauvres fous : Abel del Naja

Si le résultat est compris entre 1 et 6 :
Abel, vainqueur d'Eluria et de Miltiades, parvient à tromper la surveillance de la garde de Cocorico et fuit sans encombre. Il est libre d'aller et venir en Hyrule comme auparavant.

D6 — Fuyez, pauvres fous : Negus

Si le résultat est compris entre 1 et 5 :
Negus, bien que réduit à l'état de tas d'ossements, connait un sort inattendu. Alors qu'une partie de la garde procède encore à l'évacuation du Village, certains ont déjà commencé à récupérer les cadavres, pour chercher à les identifier. Différents volontaires récupèrent les os du défunts et les séparent, maladroitement. Aucun ne se doutent à un seul moment qu'il s'agit d'un seul et même cadavre. Après la bataille, les restes de Negus sont jetés dans une fosse commune, creusée pour l'occasion. Negus ne peut donc pas renaître ailleurs qu'à Cocorico, sauf à ce que ses os soient exhumés puis ramenés par un Dragmire, ce qui ne peut pas avoir lieu avant la fin de l'évent. Cependant, si Negus parvient à se sortir lui même de la fosse, il peut tenter de regagner le Désert.

Si le résultat est 6 :
Réduit à l'état de dépouille sans forme ni chair, Negus demeure inaperçu des gardes de Cocorico. Si un Dragmire pense à récupérer l'essence de son être dans sa fuite (ce qu'un résultat compris entre 1 et 5 empêche), il est considéré comme « libre ». Un rituel quelconque (laissé à la discrétion du joueur) permet de le ramener au Désert.

D6 — Fuyez, pauvres fous : Swann Dragmire

Si le résultat est compris entre 1 et 3 :
Les gardes qu'Abigail a cru entendre arriver progressent jusqu'au champ de bataille qui oppose Swann à Link et à son compagnon d'arme improvisé. Pourtant, la Lionne Noire a plus d'un tour dans son sac et parvient à tromper les soldats de Zelda. Elle est libre de fuir au terme de son combat.

Si le résultat est compris entre 4 et 6 :
Bien que pleine de ressources, Swann ne parvient pas à déceler l'arrivée de la garde qu'Abigail a pourtant entendu. Au terme de son combat, elle est capturée de la façon de son choix.

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Eluria Daerren


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(vide)

La réflexion de l'homme masqué la fit grincer des dents. Pourtant, il avait raison : en l'espace d'un soir, elles avaient subit deux défaites. Elles n'avaient ni réussi à faire fuir l'adversaire, ni protégé le village de sa quasi-destruction. Ensanglantée, elle avait pris appui sur sa soeur d'arme, à la recherche d'une personne pouvant soigner ses blessures. Mais ces recherches se sont soldées par un échec. Il ne restait plus que quelques combattants et ce reptile géant... Elles n'avaient plus vraiment le choix : la fuite fut leur seule option.

C'est ainsi qu'elles tentèrent de quitter le village pour se mettre à l'abri, un retour au repère étant beaucoup trop risqué. Elles avançaient péniblement entre les bâtisses en ruine ou, pour certaines, toujours en proie aux flammes. Mais, à croire que la Faucheuse convoitait leurs âmes cette nuit-là, elles n'étaient pas au bout de leur peine...

Le sol se mis à légèrement trembler sous leurs pieds, suivit d'un bruit sourd qui se rapprochait assez rapidement. Eluria tourna la tête pour voire cette sphère écailleuse leur foncer droit dessus, pour finir dans une maison à proximité, dans un vacarme assourdissant.
La bête n'en avait visiblement pas terminé avec elles, et commença à prendre une profonde aspiration. Sans réfléchir, la Rose Noire du puiser dans ses dernières ressources pour tendre un bras dans la direction du Roi des Reptiles. Le souffle de feu affronta un souffle de glace, la femme aux cheveux d'ébènes espérait tenir le temps qu'il fallait pour contenir l'attaque enflammée. Avec la fatigue cumulée lors du précédent combat, ses blessures qui l'avaient affaiblie et l'énergie dépensée dans cet ultime effort, elle avait finit par s'évanouir. Elle n'avait même plus la force de se demander si son coup avait marché, et laissa sa vie entre les mains de son amie.


Swann


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(vide)

Dans ses yeux se reflétaient probablement les flammes de Din elle-même.

Quel carnage... ! Alors que la brume se dissipait lentement, les silhouettes des - trop - nombreux cadavres lui apparaissaient dans ce qui lui semblait être une mer de sang. Protéger le peuple, lui rendre justice... et puis quoi encore ? Par le passé, elle avait prononcé ces mots derrière un masque d'hypocrisie presque insupportable à voir ; si elle n'aimait pas la vue de dizaines de corps encore chauds se vidant du précieux liquide carmin, elle ne faisait pourtant rien pour l'empêcher. Et pire que cela, elle y participait. Parce qu'elle était magnifiquement douée pour cela. Parce que, depuis toute petite, on avait transformé son corps et affûté son esprit pour en faire une arme diablement efficace. Un seul coup lui suffisait pour tuer. Un seul. Puissant. Sûr. Immédiat.

Alors que sa main gauche venaient défaire les bandages de la droite, l'assassin jeta un regard sur le côté, vers le tas de pierre qui jonchaient depuis peu le champ de bataille. La poussière soulevée par le récent éboulement, lentement, se dissipait ; de l'un des plus gros rocs dépassait un avant bras couvert par un gantelet de fer. Il ne bougerait plus. Plus jamais.
Ils avaient pensé pouvoir la retenir. L'encercler. La contraindre à l'abandon. Ah ! Cette simple pensée n'aurait jamais dû leur traverser l'esprit s'ils avaient su le nom de la personne qu'ils avaient cherché à arrêter. Mais elle ne s'en offusquait pas. L'erreur était humaine et trop courante pour qu'elle leur en tienne rigueur. Et puis, ils l'avaient finalement tous payé de leur vie.

Tous, sauf deux d'entre-eux.

~


Le premier coup, brutal, la cueillit à la mâchoire. Le Héros n'avait pas perdu plus de temps qu'il n'en fallait pour répondre à la provocation de la sombre demoiselle. Elle l'avait vu venir ; mais même malgré un rapide mouvement de recul pour garder ses distances, le garçon avait fondu sur elle comme un aigle qui chasse un lièvre : en ne lui laissant pas la moindre chance de lui échapper. Chancelante, elle continua de reculer quand lui avançait pour frapper de nouveau avec l'acier de son bouclier à deux reprises. L'os du nez se brisa ; déjà fragilisé lors du Tournoi, il ne pu tenir le choc cette fois encore. Elle évita de peu le dernier assaut, lorsque, chancelante, un mouvement imprévu et imprévisible la sauva d'une réouverture de l'arcade - elle aussi déjà cassée lors de ses derniers affrontements.

C'est alors qu'elle découvrit l'arme qui jusque là se défilait à son regard, alors que d'un mouvement vif l'hylien s'essayait à une ultime attaque meurtrière. Mais la sombre enfant du Seigneur Noir, rompue aux rudes affrontements au corps-à-corps, reprit ses appuis. D'un mouvement fluide et parfaitement maîtrisé, elle glissa sur son côté gauche pour éviter qu'il ne lui ouvre son gosier. Link, emporté dans son élan, s'écarta d'elle malgré lui ; il avait laissé passer sa chance. Elle aurait pu - du ? - profiter alors du déséquilibre naissant pour le prendre à revers. Mais contre toute logique, elle se désintéressa du Faux-Kokiri et se retourna aussitôt vers son second adversaire, dont le mouvement de contournement ne lui avait évidemment pas échappé. Comment aurait-il pu le prendre par surprise ? Au-delà du fait qu'il s'agisse là d'un mouvement stratégique évident lors d'un affrontement en supériorité numérique, elle n'avait pas eu besoin de le voir pour le sentir approcher d'elle ; l'armure de son ennemi, bruyante, lui suffisait amplement. Si ses oreilles pointues si particulière aux hyliens ne lui permettaient pas d'entendre la parole des déesses, les cliquetis d'une armure lourde ne pouvaient lui échapper.

Dès lors, tout l'assaut prévu par le rugueux soldat était remis en question. Dès lors qu'il perdait l'élément de surprise, si précieux à sa première attaque pour tout de suite ébranler la jeune femme, il devenait moitié moins dangereux ; et Swann pouvait lui répondre deux fois plus efficacement. Par le même mouvement subtile et fin qui lui avait permis d'échapper à la mort quelques instants plus tôt, elle se déroba à la pointe de l'épée du rouquin lorsque celle-ci menaça sa hanche intacte. Passant par la droite cette fois, elle recula pour instaurer la distance de sécurité qu'elle chérissait et qui lui permit d'appréhender sereinement les assauts suivants. Que faisait Link pendant ce temps ? Ah ! Le bougre ne pouvait se satisfaire du moindre répit ; car aussitôt Swann s'était retournée qu'un fauve à la fourrure dorée et tachetée de noir avait surgit de nulle part pour tenir main forte à l'hylienne. Esperanza, de son doux nom, le plus rapide de tous les animaux terrestres, n'avait certes pas les crocs, les griffes et la puissance d'un tigre, mais ils lui suffisaient à ignorer les protections légères comme celles que portaient le Fils-de-Personne.

Il sembla que la situation échappait néanmoins à la Lionne Noire lorsque des gardes encerclèrent le trio de combattants. Il n'en était rien ; elle avait amené les deux combattants exactement là où elle le souhaitait. Les gardes ne constituaient qu'un dommage collatéral ; ni plus, ni moins. Les combattants s'étaient légèrement éloignée de la fontaine jusqu'à rejoindre une étroite ruelle entourée de bâtiments rongés par les flammes et menaçants de s'effondrer à tout moment. Le piège s'était refermé sur eux, doucement, mais sûrement, sans qu'ils ne s'en rendent compte.

Il y eut un sifflement, à peine audible, auquel obéit aussitôt la bête, qui fila entre les pattes des gardes. Puis, un flash blanc provoqué par une noix mojo, vraisemblablement, d'autant plus déstabilisant que les yeux de tous devaient s'être adapté à la noirceur de la nuit. Trois explosions, peut-être quatre, retentirent. Et lorsque chacun pu rouvrir les yeux, ils ne pouvaient qu'observer les Larmes du Clan s'enfonçant dans le sol ; juste avant que les premières pierres et poutres en feu ne chutent au sol.

Ironie du sort ! Les murs de leurs propres demeures, qu'ils avaient mis tant de temps à bâtirent, et à rebâtirent, s'effondraient sur les loyaux défenseurs du Royaume.

~


Le gris et l'ambre repartirent se poser sur le fond d'eau qui restait dans la fontaine. Peu après les explosions, la couverture brumeuse s'était évaporée pour disparaître aussi mystérieusement qu'elle s'était installée, laissant transparaître enfin l'ampleur du massacre commis dans ce lieu à l'apparence très calme. Certes, des cris retentissaient encore, mais ils étaient lointains, presque inexistants. Ne restait que le souffle fort et saccadé d'une lionne du désert, épuisée par les efforts consentis à sa propre survie, se demandant comment elle pourrait fuir ses opposants. Elle n'en avait plus la force ; plus l'envie. Ses jambes étaient lourdes. Son esprit, son corps... ailleurs.

Elle ne se reconnaissait pas ; même son reflet semblait plus lui ressembler que le corps qui se tenait debout aux abords du petit muret qui faisait le tour de la fontaine. Par les astres, il fallait qu'elle se ressaisissent... et vite ! Les autres n'allaient pas tarder à tenter de la défaire, de nouveau ! Elle sentait encore leur souffle dans son dos. Jamais ils n'abdiqueraient. Alors elle non plus ! N'était-elle pas Swann Dragmire de Villarreal, la redoutable Lionne Noire, la terrifiante et talentueuse vainqueur du Tournoi d'Aegis ?

Remobilisant ses dernières forces, les doigts de sa main gauche empoignèrent instinctivement Dent de Dragon et elle se retourna vivement. Prête à en finir.

Le Héros, le Soldat et l'Assassin... ah ! Cela lui ferait une belle histoire à raconter plus tard.
Si tend est qu'elle le puisse.


Lanre


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(vide)

Il le vit noir davantage que rouge, mais il n'eut pas le moindre doute sur ce que c'était. Sur l'alliage de sa lame comme sur les écailles de la Bête, le sang dessinait de si jolies rigoles. « Ce qui saigne n'est pas immortel », plaidait souvent l'Ancien, avant les rites, les Grandes-Chasses, avant la sauvagerie et les batailles. « Niin, b'eddwch dauða ! — » Siffla-t-il comme une menace, tandis que l'acier filait à nouveau dans la plaie qu'il avait déjà ouverte. Toujours accroché à l'une des cornes du crâne du Dragon, le Ceald tâcha de négocier un peu mieux ses appuis. Enfonçant ses deux talons aussi près qu'il lui était possible de chaque omoplate, il récupéra sa deuxième main pour manier son arme. Le Saurien rugit, avant de se mettre de nouveau en mouvement. Et si Lanre avait déjà été amené à combattre face à la houle, le roulement des épaules de l'animal était autrement plus violent « Naida ! — » Gronda le rouquin, réalisant qu'il ne pourrait de toute façon pas rester debout. Avant qu'il ne puisse tenter quoique ce soit, le dos de la créature se bomba. Il glissa. Le sang poissait ses semelles quand son épée lui échappa.

Bientôt, bien trop tôt pour qu'il n'ai pu se ressaisir, il lui semblait qu'on tentait de l'enterrer. Le sol tremblait autant que les cieux ne crachaient la pierre. Il grogna, avant de sentir l'armature de bois s'enfoncer dans son dos, une première fois. Puis une deuxième. Sur sa langue pâteuse il sentait le goût âpre du fer, sans que son corps ne le brûle pour autant. Ses doigts se faufilèrent rapidement vers la hampe de la lame qu'Eorah lui avait confié un peu plus tôt. Soutenu par le mur d'une demeure contre laquelle Dodongo était venu s'écraser, le paria chercha l'air une seconde. Il ne souffrait pas, certes, mais son torse – vide – hurlait à l'aide. Après un instant qui lui avait semblé bien trop court, il se désolidarisa de la façade, non sans un effort considérable. Sans les substances du doyen, sans doute serait-il mort, déjà. Son poing se resserra un peu plus sur le cuir qui gainait l'épée courte, tant et si bien que sous les fourrures et les barrettes de fonte, ses phalanges avaient blanchi. « On va voir qui saigne le premier... », grimaça-t-il, après s'être arraché au mur.

Et comme pour lui répondre, la Guivre se jeta à l'assaut d'une autre masure, encore une fois dans son dos. Lanre, toujours à la recherche d'un soupçon d'équilibre, dérapa sans rien pouvoir y faire. Les blessures qu'il avait déjà infligé à son ennemi l'avait plongé dans une fureur qu'il avait attendu, sans vraiment savoir s'il pouvait y faire face. « On ne défie pas les Wyrms, mon garçon. An Kegn elle même les fuit », lui soufflait jadis Brieg. Pour peu, il aurait presque pu revoir le vieillard, alors que sa paume épousait la carapace du monstre, en quête d'une quelconque prise, qui lui échappa pour la dernière fois. De la même façon que la situation s'était entièrement soustrait à son contrôle, il se sentait chuter. Son poing dénudé se referma futilement, ne capturant guère que quelques cendres portées par le vent. Il tombait. Il s'écrasait, même, plus qu'il ne chutait véritablement, avant que la pierre ne l'arrête.

L'acier tinta clair en percutant le mur qui avait stoppé le maraudeur. Son souffle se vida comme une outre percée. Le guerrier se laissa rouler sur quelques pieds, tandis que la Bête s'éloignait. Chacun des pas du Saurien résonnait avec suffisamment d'insistance pour secouer doucement l'ossature de la bâtisse dans laquelle il l'avait abandonné. Le trappeur ferma les yeux, comme fatigué. Le fatalisme des siens l'exaspérait, mais il le comprenait : les Wyrms dominaient et sous leur joug, à la fois discret et omniprésent, la liberté mourrait avant de naître. Lentement mais sûrement le pas du Dodongo se fit plus lointain, jusqu'à ce que le rythme qu'imposaient ses tempes finisse par écarter tous les autres sons. Tant bien que mal (et plus mal que bien), l'apatride poussa sur ses bras, cherchant tantôt le sol, le rebord d'une fenêtre brisée, l'appui rassurant d'une commode éventrée, jusqu'à parvenir à se hisser sur ses deux jambes. Sans un mot, il cracha le sang qui lui inondait la bouche, avant d'essuyer nonchalamment ses lèvres d'un revers du poignet. Son regard glissa sur son avant-bras, déchiré sur toute la diagonale, jusqu'à rejoindre le glaive qu'il avait maladroitement laissé tomber. Tirant sur la manche qui n'avait pas résisté à l'assaut, il improvisa un garrot rapide, avant de récupérer son arme. Les jambes tremblantes et encore hésitant, il glissa la lame à sa ceinture, avant de se hisser à l'étage supérieur, dont le plancher partiellement étripé dégueulait çà et là.

Un bref coup d'oeil au travers d'une des rares meurtrières qui ne vomissait pas encore de flammes le renseigna bien assez. Le Dragon était loin d'être aussi loin qu'il ne croyait : il s'était arrêté pour cracher des langues de feu sur une demeure qui faisait face à la sienne. Sans s'attarder outre mesure, le Ceald entreprit de progresser au travers des entrailles de la bicoque, jusqu'à ce qu'un cadavre croise son chemin. L'homme, dont le visage rougeoyant et les cloques indiquait qu'il avait été la proie des flammes, portait un tablier de cuir noir sur une chemise tâchée de suie autant que de charbon. Sans trop de référence pour le défunt, l'étranger prit une seconde – à peine – pour le fouiller. Ses doigts rencontrèrent bien vite une petite outre de cuir. Sans un mot, Lanre délia les petites cordelettes et porta la poudre à son nez, avant de grimacer violemment. De toute évidence, il y avait plus de souffre et de salpêtre dans cette bourse que nulle part ailleurs.

Refermant prestement la sacoche, le Ceald attrapa la première chose qui lui passa à portée de main : un vieux tabouret patiné par les âges et léché par le feu. S'élançant aussi vite qu'il le pouvait, le rouquin projeta la chaise sur l'animal. Il le savait pertinemment : le bois ne blesserait pas le mastodonte d'écaille et de colère. Pas plus qu'un piqueron des marais. Ca n'était de toute façon pas son intention, puisqu'il ne souhaitait qu'interpeller le Wyrm. Reculant légèrement, le malandrin prit son élan avant de se lancer dans une course que d'aucuns estimeraient folle, sinon suicidaire. Mais bien vite, le sol disparût. Décollant au moment ou Dodongo se rapprochait – bien qu'il ignorait si c'était le fruit de sa provocation – Lanre se réceptionna une seconde fois sur son adversaire. La précédente chevauchée, sans être tout à fait un échec, n'avait pas été une réussite. Il lui importait de corriger son erreur. Ses talons, qui foulaient auparavant l'échine du Colosse, rencontrèrent cette fois-ci la gueule du Saurien. De ses naseaux s'échappait une fumée grisonnante tandis que ses yeux de braises et de flammes « roulaient dans leurs orbites ». Profitant de la vitesse pour conserver son équilibre, Lanre tira la dague qui sommeillait dans son dos. Ensorcelée par Blanche, elle était peut-être son meilleur atout pour venir à bout d'un Cracheur-de-Feu. L'Hiver permanent qui mordait en même temps qu'elle en faisait une arme aussi pernicieuse que sadique.

Se jetant à genoux devant l'oeil rougeoyant de la Vouivre, Lanre frappa d'estoc. La pointe d'os fila droit vers l'orbite mordoré. Le bras nu du Ceald s'éleva une deuxième fois, avant de retomber tout aussi brusquement. Une dernière fois, l'ivoire brilla à la lueur des braséros allumés un peu partout dans le Village, sans jamais retomber. Fou de rage, à l'évidence, Dodongo s'était mis à rouler, désarçonnant le Ceald par la même occasion. La sangle qui maintenait la dague à son poignet lui évita de la perdre alors qu'il chutait pour la deuxième reprise. L'espace d'un instant, sa conscience le quitta, laissant le monde se teinter d'un noir uniforme et inébranlable. Sa gueule tuméfiée percuta lourdement la fange rougie qui tapissait les allées du Fief d'Impa. Il grogna de douleur, réalisant avec peine que les effets de l'élixir de rebis et d'aconit perdaient doucement en puissance. Sous peu, s'il survivait, le mal lui tomberait dessus aussi sûrement que le marteau écrase l'enclume. « Ungh... — », grommela-t-il, sans parvenir à articuler quoique ce soit d'intelligible, alors qu'il tâchait de ramper. En vain. Sans pouvoir le voir et la tête de toute façon bien trop lourde pour qu'il n'essaye de la tourner,  il sentit le sang tiède recouvrir son épaule, glisser le long de son bras, peser sur les cuirs et les fourrures avant de tâcher jusqu'aux pelisses. L'air lui manquait à nouveau et son corps tout entier languissait peu à peu. Insidieux, le sommeil l'appelait à lui. Son rostre s'enfonça un peu plus dans la boue.


Miltiades


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Voila qu'elle en était réduite à fuir pitoyablement,  tourner le dos à son adversaire qui ne se privait pas de railler les deux femmes masquées. Tant mieux, cela ne donnait à Miltiades que plus de résolution. Elle se jura de mûrir, de devenir plus forte, et de dévoiler elle-même le visage de cet arrogant épéiste quand elle serait à son niveau.

En attendant, il fallait survivre à cette nuit. S'enfuir de cet endroit, avant de se faire trucider par une quelconque combattante ennemie. La quête d'un éventuel soigneur avait échouée et désormais le seul moyen de s'en tirer pour la Rose et le Tonnerre était de quitter le village.

Un bruit sourd, derrière. Des pas ? Et un grand bruit d'effondrement. Miltiades et sa partenaire se retournèrent et purent constater qu'elles avaient été choisies par le Roi Saurien comme amuse-gueules. Voila qui contrariait leurs plans. D'autant plus que leur titanesque opposant semblait préparer un tir enflammé. L'encapuchonnée réfléchissait à toute allure tandis que sa sœur d'armes contenait la bête, usant ses dernières forces.

Quand la Rose Noire s'évanouit, Miltiades commença à accumuler son énergie magique, à la concentrer dans son bras valide. Elle n'aurait pas assez de temps pour lancer son sort, il lui fallait quelque chose pour ralentir la progression du Dodongo démesuré.

Et cette diversion, c'est un guerrier roux qui la lui fournit. A coup de tabouret. Ce même rouquin se lança alors dans une lutte effrénée avec le reptile, sous le regard médusé de la jeune femme au masque. Jeune femme dont le bras droit était désormais parcouru d'éclairs teintés de rouge sang. Son sort le plus puissant était prêt.

Juste au bon moment, le brave combattant venait d'être mis au tapis par son adversaire. Un pas en avant, un mouvement du bras en direction de l'orbite du cracheur de feu et un cri.

"Sahqon Thul !"

Un trait foudroyant, un éclair qui zébra l'air en direction de l’œil du titan écaillé. Le dernier espoir de Miltiades.


La magie de la forêt ne fonctionnait pas du tout comme elle le voulait contre un colosse de feu de cette taille. Même si elle savait qu'elle ne serait pas efficace, elle pensait que cela aurait eu un impact bien plus important. Au final, le colosse s'était énervé et elle avait sans le vouloir attirer l'attention sur elle. Sentant qu'il n'allait pas en rester là, la sage commença à fuir dans la direction opposée du dodongo. Si elle était restée plus longtemps, elle n'aurait pas pu éviter les flammes de la bête et encore moins le coup qui avait fait effondré la maison derrière laquelle elle s'était réfugiée. Tombant à terre sous le choc, elle eut juste le temps de se retourner afin de voir les ruines de la maison, noyées sous les flammes. Si cette situation continuait de durer, il ne resterait plus rien du village de la sage de l'ombre. Le seul espoir semblait être cet homme roux qui l'affrontait mais allait-il réussir à défaire le monstre sans flancher ?

En tout cas, cette chose ne semblait plus être focalisée sur l'être de la forêt. Se relevant doucement, elle s'approcha des débris de la maison, profitant ainsi des flammes pour la dissimuler de la vue du dodongo. De là où elle se trouvait, elle pouvait observer le combat qui devenait de plus en plus intense. D'un côté, elle enviait cet homme, il faisait preuve de beaucoup de courage pour se dresser seul contre ce monstre. Elle aurait aimé pouvoir participer davantage à ce combat mais elle ne savait pas vraiment se battre, son épée et son lance-pierre étaient juste là pour qu'elle puisse se défendre au cas où il arriverait quelque chose. Mais même dans ce cas, les utiliser contre cette bête était une mauvaise idée, elle ne ferait que se sacrifier bêtement.

Mais le fait de voir également ces femmes au loin se défendre, alors qu'elles étaient mal en point, redonnait du courage à la sage. Ce n'était pas parce qu'elle était une simple enfant qu'elle ne pouvait pas s'investir. Si jamais ce monstre se rendait au village kokiri, personne ne serait en mesure de se défendre contre lui. Il fallait le stopper maintenant avant qu'il fasse davantage de carnage autour de lui. Voyant l'homme à terre, Saria n'hésita pas à sortir de sa cachette pour se faufiler jusqu'à lui. Plus elle se rapprochait, plus elle se rendait compte qu'il était bien blessé et que c'était encore un miracle qu'il était toujours debout.


"Ne bougez pas, je vais essayer de vous soigner !"

Se mettant à genoux à proximité de lui, elle posa ses petites mains sur son dos. Elle n'était pas une grande experte en magie mais elle connaissait quelques bases sur la guérison. La magie allait mettre du temps à se répandre et à faire son effet, il suffisait juste d'espérer que le dodongo soit occupé assez longtemps pour que son sort puisse fonctionner.

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Link


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D'aucuns auraient pu croire qu'il avait été véritablement surpris quand le Cygne noir avait amorcé son mouvement de recul. Quand elle avait glissé sur son flanc et quand elle s'était soustrait à son assaut. Bien sûr, Swann n'était pas de celles qui ignoraient comment danser les ballets de feu et de fer. Bien au contraire : elle avait cette adresse qui manquait à bien des guerriers. Mais même s'il la trouvait assagie, elle gardait également une certaine arrogance — celle-la même qui était souvent l'apanage des meilleurs d'entre eux.

L'Hylien la laissa glisser, conscient qu'il aurait bien plus de mal à la rattraper qu'à récupérer ce qu'il était venu chercher. Jetant un pied devant l'autre, l'Enfant-des-Bois ne chercha pas à lutter contre l'élan qui l'éloignait de l'affrontement. Dans les faits, il en jouait même... Quitte à exposer son dos comme son mouvement le contraignait à le faire, il en profita pour s'écarter un peu plus du combat. S'il doutait que son compagnon d'infortune parvienne à défaire l'ennemie qu'ils avaient su trouver, il lui semblait néanmoins que le soldat avait fait état de capacité surpassant celles de ses camarades. Laissant donc Swann au griveton, Link s'avança au travers d'un brouillard de plus en plus faiblard. Tôt ou tard ils pourraient en venir à bout et, probablement, débusquer ce fervent oiseau de nuit qui s'y cachait.

Portant sa main en visière une seconde, le blond essuya la sueur qui perlait sur son front et poissait ses tempes. Au fur et à mesure que la joute se poursuivaient, les lieux s'apparentaient de plus en plus à de véritables fournaises... Tant et si bien qu'il n'y aurait probablement pas besoin d'enterrer tous les cadavres. Cà et là, les flammes en rongeaient plus d'un. Tantôt gardes anonymes ou Gérudos sans visages, parfois de simples résidents morts avant d'avoir pu fuir. Les images du massacre commis à la Citadelle Noire lui revinrent et avec eux un haut-le-coeur. Comment aurait-il pu oublier.. ? Tâchant de ne pas prêter attention aux morts que l'incendie transformait en petits braséro, l'ex-Champion de Farore plissa les yeux, à la recherche d'une seule des lueurs. Il n'y avait guère que son épée qu'il souhaitait retrouver et s'il regrettait les défunts, il ne pouvait plus grand chose pour eux.

Avant qu'il n'y puisse quoique ce soit, il fut jeté à terre à son tour. Pestant, davantage contre le monde que contre lui-même – une fois n'est pas coutume ! – le bretteur essaya de se relever pour mieux réaliser qu'il n'y parviendrait pas. « Bordel ! — » Siffla-t-il, profondément agacé par la bête qui l'assaillait. La nuque baignant dans la fange, le Garçon-sans-Fée releva la tête, pour apercevoir l'animal qu'il ne faisait que deviner auparavant. Un félin tacheté, drapé d'un pelage d'or mais assombri par la nuit. Le fauve jeta une première patte à l'assaut de son visage. L'Hylien poussa un râle étouffé alors que les griffes déchiraient son visage. Le sang ne tarda pas à maculer sa joue tandis que le fauve rugissait, toujours plus agressif. Sans prendre le temps de réfléchir, mais conscient que le carnassier n'avait manqué son œil que de peu, le Fils-de-Personne cala soudainement son bras droit juste sous l'épaule du guépard qu'il avait désormais reconnu. Les crocs du Roi des Steppes filaient vers son visage quand le blond parvint à stopper la mâchoire mortelle : de la main gauche (qui maintenait l'écu de Belle), il avait saisi l'oreille de son adversaire avant de violemment tirer en arrière.

Profitant du délai qu'il venait de se ménager, Link glissa son bouclier entre le poitrail de la bête et son propre visage. Ses doigts se refermèrent un peu plus sèchement sur la hampe du poignard, juste avant qu'il ne frappe, visant l'abdomen. Il crut entendre l'animal feuler, sans pouvoir le jurer : les flammes crépitaient avec de plus en plus d'insistance. Tôt ou tard, les masures se refermeraient sur eux comme autant de gueules voraces. Il grogna, le faciès humide et rougeoyant, puis projeta brusquement un fauve moins acerbe qu'auparavant. La bête roula sur le côté et les braises encore brûlantes d'un candélabre brisé.

Sans un mot, il se hissa sur ses deux jambes, encore un peu chancelant. De son poing gouttait un sang dont il ignorait la provenance. Peut-être s'agissait-il du sien, peut être celui du Cygne, voire du fauve. Ca n'avait que peu d'importance, au fond. Crachant le cramoisi qui lui noyait la langue, le vagabond lança un regard circulaire sur la placette, cherchant ses adversaires des yeux. Dans son dos brûlait la flamme d'Excalibur, qu'il avait voulu chercher. Sa joue meurtrie et labourée rappelait qu'il valait mieux ne pas négliger Swann, à l'évidence. Portant l'avant-bras sur son menton huilé par la sueur le sang, l'Hylien s'essuya brièvement. Tout juste assez pour distinguer la Dragmire et la voir agir. Elle leva le bras, comme pour singer Sheik et aussitôt, il ramena sa tête derrière le pavois. Il n'avait pas besoin de voir ce qu'elle allait faire pour le savoir : trop lui avaient déjà joué cette pièce-la.

Une seconde plus tard, à peine, le givre de ses yeux toisait à nouveau les lieux. S'il les avait fermés par précaution, il savait aussi quand les ouvrir après coup : des noix mojos, il connaissait l'essentiel des secrets. Après-tout, c'était l'arme des Kokiris et des habitants des Bois plus que celle des Hyliens. Constatant que l'assaut de Swann ne le visait pas précisément, il roula sur sa gauche avant de se redresser face à sa lame. Glissant le coutelas dans sa gaine, Link laissa sa main épouser la fusée de l'Épée de Légende. Lorsque ses doigts rencontrèrent à nouveau la hampe, il lui sembla presque que l'acier céleste ronronnait sous le cuir qui lui habillait les paumes. L'alliage scintilla de mille reflets irisés quand il la libéra de la caisse où il l'avait abandonnée, un instant auparavant. Alors que les flammes léchaient avidement la lame, sans parvenir à la brûler, l'explosion retentit. « Et merde... », grommela-t-il en se retournant. La façade s'effondrait déjà.

Le verre percuta l'acier avec force, tant et si bien qu'il manqua de perdre son équilibre. Les dents du va-nu-pieds grincèrent sordidement, alors qu'il gardait l'égide de Zelda au dessus de son crâne. La première fenêtre se brisa sur son poignet sans qu'il ne bouge. Si le choc avec l'armature de bois, que le feu n'avait pas encore dévoré, ricocha dans tout son avant-bras au point de lui en tirer une véritable grimace, il tint bon néanmoins. « Ugnh... — », soupira-t-il sans réussir à cracher quelque chose de plus audible. Sa joue le lançait péniblement, certes, mais elle n'était ni déboitée, ni purement et simplement cassée. Il n'aurait su en dire tant de son poignet, dans l'immédiat. « Peste ! — » Siffla-t-il, la respiration plus difficile qu'auparavant. Le juron ne visait pas Swann, quand bien même on aurait pu le croire. En vérité, il n'était pas de ceux qui s'adressait directement à ses adversaires ; à l'inverse de la Lionne qui aimait à les provoquer.

Une fois de plus, il la chercha du regard. Si, tantôt, il s'était improvisé éclaireur dans l'ombre ou bandit – selon qui en jugeait, il ne doutait pas que ce soit foncièrement différent – c'était maintenant son tour d'en profiter. Plus que de la brume, néanmoins, c'était de la poussière qui masquait sa vue. Les débris fumants de la bicoque avaient achevé leur course mais le nuage qu'elle avait soulevé en s'écrasant persistait encore. Lentement mais sûrement le tout se dispersait au gré du vent qui soufflait sur Cocorico et peu à peu la silhouette gracieuse de son adversaire commença à se détacher dans l'opacité. Il s'élança aussitôt. Quelques foulées à peine suffirent pour rallier la fontaine devant laquelle Swann s'était postée. Jouant de son élan et faisant fi de la peine que lui infligeait son poignet, Link frappa du poing droit, visant la mâchoire du Cygne. La tranche d'acier de son bouclier percuterait la belle de Villarreal bien avant son poing, s'il réussissait son assaut.

Profitant du fait qu'il arrivait légèrement de côté, le Fils-de-Personne glissa sa jambe et son bras gauche – maintenant toujours une Épée de Maître ardente – dans le dos de la Dragmire. Avec la première, il tentait de faucher la jeune femme tandis qu'avec le second, il visait à la coller contre lui pour couper la retraite. Il savait Swann adroite et mobile mais il espérait qu'elle rencontre quelque difficultés à s'arracher à son emprise : déjà, le sol se rapprochait. Un plaquage en bonne et due forme, si l'Oiseau noirâtre ne parvenait pas à s'échapper.


Abigaïl


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(vide)

Pas une seule fois. Pas une seule fois Abigaïl avait-il réussi à toucher la jeune femme. Il n'avait pourtant jamais vraiment compté sur l'élément de surprise en combat, car son armure ne lui permettait pas la discrétion des assassins. Mais diantre, il semblait que les Déesses étaient en la faveur de son adversaire. Elle était talentueuse, et dansait entre ses offensives comme l'eau danserait autour d'une lame de fer, mais le talent ne pouvait suffire à éviter toutes ses tentatives : la chance l'accompagnait. Le soldat serra les dents, le visage toujours sévère, concentré dans son combat. Il ne laissa pas la frustration l'envahir, bien qu'il ne put s'empêcher d'ironiser. Pas le temps : déjà, la combattante prenait de la distance. Il la suivit comme son ombre. Une ombre clinquante, certes, mais adroite et précise dans ses assauts.

Un félin apparut dans la périphérie de son champ de vision, surgissant tel une divinité vengeresse (encore un deus ex machina, prêt à sauver la peau de la demoiselle : quelle aubaine, se dit brièvement l'ex-garde royal, non sans amertume) mais la bête se jeta sur le Héros du Temps, et Abigaïl ne s'arrêta pas. L'assassin pouvait aisément éviter ses coups d'estoc, alors il balaya l'espace du fil de sa lame, à l'horizontal, au niveau de sa taille : seule une roulade lui permettrait d'esquiver le coup, mais une roulade la ralentirait, et cela laisserait le temps au soldat de riposter encore. Puisqu'il ne pouvait pas l'avoir au combat franc, il l'aurait à l'usure.

Le Cygne Noir siffla. Abigaïl ne l'entendit pas, pas avec le crépitement des flammes et les cris des hommes de Cocorico, mais il reconnut le mouvement de ses lèvres, et il aperçut l'espèce de gros chat tacheté qui lui servait de familier filer sans demander son reste. Il sentit un frisson d'appréhension parcourir sa nuque raidie, et ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il vit son ennemie lever le bras. Le soldat vivait à Cocorico depuis bien trop longtemps pour ne pas reconnaître la technique d'attaque préférée des Enfants de l'Ombre : le fief regorgeait de Sheikahs, et les patrouilles dans les ghettos de la ville l'avaient vite amenées à repérer l'offensive. En un geste instinctif, il porta devant son visage son écu rond et ferma les paupières juste à temps. Un crac familier se fit entendre, suivit de deux, non, trois autres. Le bruit d'une lame qui se fichait au sol se fit entendre, et alarmé, Abigaïl baissa le bras. Il ne reconnaissait pas la posture de son adversaire, mais pour s'être mangé en pleine face deux assauts magiques, il craignait le pire. Sans réfléchir, il dépassa deux gardes pour foncer vers Swann, l'épée pointée vers elle.

Trop tard.

Deux pas de plus lui aurait suffit pour se tirer de la zone de risque. Mais déjà, le bâtiment s'effondrait sur eux. D'un geste automatique, presque instinctif, le soldat enfila son bouclier sur son avant-bras tout en le portant simultanément au-dessus de son crane, légèrement en biais. L'instant d'après, il sentit quelque chose de lourd et de transversal le cogner d'au-dessus. Une poutre. Fort heureusement, son écu levé protégea son crâne des dégâts de la collisions, et au lieu de se raidir, l'ex-garde royal se replia sur lui-même : ce petit mouvement de souplesse lui permit alors de mieux repousser la poutre de bois, qui glissa le long de son bouclier, puis de son armure lourde, avant de heurter le sol. Il garda position alors que des gravats continuaient à tomber, tout en crissant les dents à chaque à-coups contre son écu. Mais les Déesses avaient décidé d'être clémentes avec lui aussi, ce jour-là : cette fois-ci, il n'eut pas tant à encaisser les coups qu'à les dévier.

Le fracas de l'effondrement ne suffisait pourtant pas à noyer les cris de détresse des autres gardes, et Abigaïl repensa à son frère. Il repensa à son frère Lessandre qui, des années plus tôt, avait succombé à l'explosion de la tour du Prince Dun, lors de l'assaut du Castel Royal par les armées du Malin. La rage montait aussi vite que la peur à ce souvenir, ce passé bien trop relié au présent. Mais c'était en tant que membre inébranlable de l'armée qu'il finit par s'extirper du peu de gravats qui l'entouraient, afin de mieux constater l'ampleur de la destruction.

Une main gantée de fer ressortait d'un énorme pan du bâtiment écroulé. L'arbalète qu'elle tenait auparavant gisait au sol : ironiquement, celle-ci était intacte. Soldat inconnu, dirait-on, car ne restait plus du corps qu'une masse sanglante méconnaissable, de la chair à pâté humaine. Abigaïl s'approcha du carnage, et recueillit l'arme de son défunt compatriote. Il passa en revue ce qu'il restait de ses troupes,le cœur enflé par une détresse presque palpable, et une haine de plus en plus tenace. Il ne tarda pas à surmonter les gravats, à tenter de sauver ce qu'il restait encore à sauver dans cette catastrophe humaine, ce massacre que les fanatiques du Malin nommaient justice, ou juste mérite. L'épée rangée au fourreau, l'écu toujours au bras et l'arbalète posée au sol, il commença à déterrer, à tenter de repousser un pan du bâtiment qui écrasait un garçon inerte et gémissant – un jeune mage de l'armée, dix-sept ans à tout casser – même s'il savait qu'il était déjà trop tard. Si son acte était futile, au moins aurait-il essayé.

La façade était trop lourde pour qu'un homme seul (ou même dix) puisse la déplacer. Il finit par abandonner sa tâche, pour tenter d'extirper le gamin de là d'une autre manière. Il tira un temps vainement sur sa main, avant de se rendre compte qu'il la déboîtait plus qu'autre chose. Alors finalement, il baissa les bras.
«Désolé petit, » lui dit-il à voix basse, le visage grave. « Tout ce que je peux faire, c'est te faire partir plus vite. »

Il se pencha sur cette figure pâle et ensanglantée, sur ce visage trop jeune, cette respiration sifflante (du sang dans les poumons, du sang dans les trachées) et embrassa brièvement les boucles brunes et poussiéreuses du jeune soldat. Comme une bénédiction. Un adieu. Puis, il tira à nouveau Trancheloup de son fourreau. Croisa un instant le regard vitreux du garçon, et n'y lut aucune compréhension. Aucune reconnaissance. Seulement de la douleur.

Il l'acheva vite. Trancha net sa gorge emplie de sang, afin d'abréger ses souffrances. Le poids de cette mort pesa sur lui comme un nouveau manteau, mais pas la culpabilité.
Dans le poing crispé du jeune mage qui venait de rendre la vie, un bout de papier. Gentiment, Abigaïl saisit ces doigts tièdes, et les détendit. Une rune était inscrite sur le morceau de parchemin intact. Peut-être que le gamin avait cru pouvoir stopper la course des gravats à l'aide d'un sort... La gorge nouée, le soldat glissa le charme dans son gant de fer. Il se promit d'aider à déterrer les morts sous les décombres après la bataille, s'il en survivait.

Lorsqu'il se redressa enfin, il essuya du revers de sa main gantée son visage couvert de poussière, avant de reprendre l'arbalète. L'amas de cendre que l'effondrement surnaturel du bâtiment avait provoqué commençait à se dissiper. Aucun survivant, entre tous les gardes de Cocorico qui avaient tenté d'arrêter de front la sbire du Malin. Aucun, sauf lui. Une tempête d'émotions déferlait dans ses yeux pers, mais la rage prédominait. Il tenta d'intérioriser sa soif de vengeance, de réduire cette flamme de haine qui le consumait jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un feu de foyer, une source intarissable d'énergie pour le combat qu'il lui restait à achever.

La guerre ne pardonnait pas. Mais Abigaïl non plus.

Le Héros du Temps s'en était tiré aussi, au grand soulagement du dernier soldat restant.  Il s'était déjà lancé dans la lutte avec la chienne des Dragmires, pendant que le garde avait tenté de secourir ses camarades. L'envie de se jeter à corps perdu dans sa revanche manqua de le pousser à attaquer... mais au bout du compte, ce fut par pragmatisme qu'il se retint. Les deux combattants s'étaient bien trop rapprochés pour qu'il puisse s'immiscer sans risquer la vie de l'Elu des Déesses, et il ne comptait pas s'attirer les foudres des Trois Saintes. Bien que l'arbalète puisse le servir... Prudence, se dit-il. Réfléchis.

Finalement, il palpa son poignet pour en retirer le charme du mage récemment défunt. Il se permit une brève seconde d'hésitation, tout en observant le papier runique. Quel sortilège contenait ce symbole ? Puisque le jeune mage avait tenté de s'en servir pour se protéger des gravats, ce devait être un charme de projection ou d'immobilisation. Mais comment s'en servir ? La magie avait toujours été pour lui un ensemble de dangereux tours de passe-passe dont il ne connaissait rien. Mais il avait déjà vu à plusieurs reprises des personnes plus ou moins habituées à la magie user de tels morceaux de parchemin. Ne serait-ce que la Dragmire qu'ils affrontaient. Il tourna et retourna le papier, et sa main gauche se resserra sur l'arbalète. Cela valait le coup de tenter.

Il retira le carreau de l'arbalète pour pouvoir y accrocher le papier runique. Il prit soin de ne le percer qu'entre les traits d'encre, sans toucher les lignes tracées, sans trop savoir si cela lui permettrait de ne pas atténuer le sortilège. De toute façon, ce devait être une magie de débutant : il ne pouvait pas neutraliser un magicien accompli bien longtemps avec ça.

Ça devait marcher par contact. Abigaïl ne chercha pas à réduire la distance, car il savait que son armure clinquante alerterait les combattants. Au lieu de cela, il plaça le carreau à sa nouvelle arme de jet, la rune installée à la pointe, et visa sans tirer. L'occasion ne tarda pas à se présenter : le Héros du Temps poussa la jeune femme vers le sol, en tentant de l'y maintenir plaquée. La main ferme, le soldat décocha, en ciblant le bras gauche de Swann – celui que Link ne bloquait pas de ses membres, bien visible et détaché de la masse compacte que formaient leurs corps dans la lutte. Même si la flèche ne transperçait pas la chair, elle risquait fort d'accrocher le tissu noir de sa chemise, et cela suffirait. Dans le cas où elle se ficherait au sol, l'assassin, seule plaquée à terre, en subirait quand même les contrecoups (bien que sans doute amoindris). Cela suffirait pour que le Héros agisse en retour, tout du moins il l'espérait.

Le garde plaça un nouveau carreau à son arme de jet, juste au cas où, et se repositionna - l'oeil vif, à l'affût du moindre changement. Il rêvait de tirer ; tirer, et s'assurer que ses compatriotes n'étaient pas tombés pour rien. Mais la vengeance passerait après. La seule chose qui comptait désormais, au-delà de la vendetta toute personnelle qu'il aurait voulu infliger à la Dragmire, c'était le compte qu'il avait à rendre auprès de la Royauté. La tuer ici et maintenant ne suffisait pas ; il fallait la neutraliser, la capturer vivante.

Abigaïl avait un devoir envers Cocorico, et il se gardait bien de ne pas l'oublier.


Swann


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(vide)

Avec dédain, son regard se posa sur l'Elu de Farore.

La garde basse mais les jambes lourdes, elle se prépara à encaisser l'assaut ; si tant est qu'elle le pouvait encore. Si elle avait connu bien des situations périlleuses - bien trop compte tenu de son jeune âge -, celle-ci était de celles dont on ne pouvait être certain de l'issue. Tout autours du quartier se trainaient des corps tantôt inertes, tantôt en passe de le devenir. Les rares femmes des dunes à avoir survécues finissaient de quitter la ville en emboîtant le pas des quelques Dragmires n'étant pas tombés. Seuls les terribles rugissements du Roi des Lézards de Feu transgressaient le silence de la nuit, alors que les bruits d'affrontements et de panique s'étaient peu à peu estompés. Plus rien ne retenait vraiment la Belle de Villarreal ; pourtant, elle ne fuyait pas. Esseulée, sans le moindre objectif particulier, elle s'obstinait dans un combat perdu d'avance. Perdu, parce que déjà par le passé elle n'avait su défaire le Héros. Parce que cette fois, il était accompagné d'un soldat compétent qui se refusait à se laisser mourir. Et parce qu'au fur et à mesure que l'affrontement s'éternisait, elle épuisait ses tours un à un.

Oh ! Il lui en restait bien assez ; les idées ne manquaient pas. Les jambes, en revanche... Sans compter la blessure assez sérieuse qu'elle trainait à la hanche depuis l'embuscade du Fils-de-Personne, ni son nez qui la lançait régulièrement depuis la fracture. Certes, elle avait combattu dans de pires états. Oui ! Mais c'était en repoussant ainsi ses limites et celles de son corps qu'elle avait failli embrasser la Mort. Or, compte tenu des enjeux inexistants liés à la fin de cette bataille, elle ne pouvait se laisser aller à un acharnement stupide. Elle l'avait promis... et elle s'y tiendrait.

Comme un pâle reflet de la combattante qu'elle était réellement, elle ne s'essaya pas à la moindre esquive lorsque l'arrête d'acier percuta violemment sa mâchoire dans un craquement franchement glauque. Son regard abasourdi trahissait la détresse qui l'accompagna alors jusqu'au muret de la fontaine. Sa main, tremblante, en relâcha l'épée-émaille lorsque de la tête elle suivit le mouvement du feu rougeoyant qui parcourait Excalibur. Son porteur, plus habile, plus agile, plus rapide sur cette fin de combat, l'en menaça, et lorsqu'elle sentit la chaleur ardente parcourir son dos, elle comprit qu'il lui coupait là toute retraite. Profitant de ce net moment de domination, il l'humilia définitivement d'un croc-en-jambe qui la fit chuter lourdement sur le sol. Toute la sérénité de la lionne ayant disparu, c'est avec mépris et indignation qu'elle reçut le plaquage du Faux-kokiri.

Tout semblait réglé pour les valeureux royalistes, désireux de capturer une lionne affaiblie et pourtant parfaitement vivante. Certainement pensèrent-ils la victoire comme acquise lorsque, pour parfaitement en finir, un trait noir comme la suie fit gicler le sang de l'assassin en se plantant dans son bras gauche. Ah ! Comme ils devaient être fiers, tous deux, de leur stratégie efficace et sans pitié. Implacables, ils s'étaient offerts un luxe tout particulier : écraser la Lionne Noire. Sauf... qu'aucun des deux protagonistes n'avaient imaginé que Swann n'avait pas été leur unique adversaire lors de cette nuit sans lune.

Par les astres, quelle erreur ce fut.

~


Rocs et gravas continuaient de rouler sur le sol tandis que les cris de panique des soldats royalistes se perdaient en écho dans les travées de Cocorico. Lourdement, la seconde moitié de la façade de la maison s'écroula à son tour, ne leur laissant pas le moindre espoir de survie. Lorsque la dernière pierre fut tombée, Swann s'affala sur le muret de la fontaine, épuisée. Il n'était pas aisé de se défaire d'autant d'hommes armés à la fois, surtout compte tenu de son état douteux. Si son corps ne souffrait pas de blessures mortelles, l'accumulation des combats commençaient à sérieusement peser sur ses performances ; tout comme sa retenue... inhabituelle. L'ancienne douzième de l'Ordre aurait affronter chacun de ses ennemis un à un jusqu'à ne plus pouvoir aligner correctement ses jambes et elle n'aurait eu de cesse de faire virevolter son épée qu'à sa mort. Cette inconscience, ou cette rage, l'avait abandonné le jour où elle s'était trouvé une raison pour ne pas mettre inutilement sa vie en balance.

Son Père le lui avait interdis, aussi devait-elle faire au mieux de respecter sa volonté. Et pourtant, cette fois, il lui semblait que l'adversité était bien trop relevée pour conjuguer victoire et survie. Surtout lorsqu'elle sentit le souffle de ses deux adversaires dans son dos. Esseulée, fatiguée, rien ne pouvait laisser transparaître le moindre espoir. Cette intuition qu'elle avait depuis le début du combat s'était muée petit à petit en une crainte ; désormais, c'était devenue une certitude : elle ne se coucherait pas libre cette nuit. Il lui restait la possibilité de fuir, mais dans son état la garde la rattraperait sans mal dans la lande - et encore, il n'était pas certain qu'elle puisse distancer le Soldat et le Héros. Cette possibilité n'effleura pas même un peu son esprit : trop fière, elle ne pensait qu'à la victoire. Parce qu'elle était Swann Dragmire, la Lionne Noire, incontestée vainqueur du Tournoi d'Aegis. Parce qu'à part un peu de hargne, il ne lui restait pas beaucoup plus après les quelques passes disputées.

Elle la sentit alors ; en elle, une énergie malsaine et terrifiante s'agita. Son corps, réchauffé par cette agitation soudaine, sembla beaucoup plus alerte. Plus fort, aussi. Les Larmes du Clan se réveillaient lorsque dans son esprit résonnaient les paroles du serment qu'elle avait prononcées le soir-même de son entrée réelle dans le clan.
La Belle refréna cette pulsion meurtrière et malfaisante ; si elle se laissait aller à la transformation, elle s'abîmerait davantage (et ses ennemis n'aurait d'autres choix que de la tuer). Pour autant, ces brusques remous ne pouvaient signifier qu'une seule chose : son Seigneur était proche, probablement dans le village même. Swann y vit une opportunité, et sa voix s'éleva, faible mais empreinte d'une douceur toute particulière :

« Seigneur... », souffla-t-elle. Puis de reprendre, avec un peu plus de conviction : « Père ! » Elle chercha ses mots, sachant qu'il l'entendait parfaitement, comme il l'avait fais auparavant, à la Forteresse. « Il est ici, père ! »

D'un regard en arrière, elle s'assura que personne n'approchait. Les cendres et les poussières n'avaient pas finis de se dissiper dans la ruelle.

« Je peux le battre en notre honneur », dit-elle, levant les yeux au ciel. « Mais... je suis affaiblie. Beaucoup trop. » Elle marqua une pause, laissant à Ganondorf le temps de comprendre qu'elle ne pourrait fuir avec lui. « Donnez-moi une chance de le vaincre. »

Des sorciers qui parcouraient Hyrule, Ganondorf était le plus grand ; et ses tours plus spectaculaires les uns des autres incitaient autant de crainte que d'admiration. Ces capacités exceptionnelles ainsi que son imagination débordante laissait croire à Swann qu'elle s'adressait à la meilleure personne possible. Néanmoins, elle sentait du mouvement dans son dos, aussi espéra-t-elle qu'il lui reste suffisamment de force et de puissance pour un dernier mauvais tour en faveur de sa plus fidèle fille. Et très vite, compte tenu de l'urgence de la situation.

Ce fut alors que la Belle sentit un corps, jusque là inerte et dénué de toute vie, bouger sous sa botte droite. Aussitôt eut-elle un mouvement de recul tandis que l'ambre et le gris contemplaient la sorcellerie du Seigneur Noir à l'oeuvre. Elle chercha aux alentours d'autres mouvements, pensant alors qu'il réveillait les morts comme il avait l'habitude de le faire. Elle déchanta en n'en comptant pas un de plus. Presque déçue - car elle ne voyait pas bien comment un seul mort-vivant, plus lents qu'un escargot, parviendrait à l'aider à vaincre deux adversaires aussi coriaces que Link et Abigaël - elle reposa son regard sur la silhouette noire qui se dressait devant elle. Et, doucement mais sûrement, un petit sourire naquit au coin des lèvres de la sombre enfant, alors que les traits sombres de l'engeance se dessinaient.

Un instant, elle ne put que contempler le visage de ce terrible serviteur des ténèbres : le reflet de Swann Dragmire elle-même.

~


Le Héros du Temps ne pouvait que ruminer son échec, alors que le genoux de la véritable Swann se coinçait avec force entre ses omoplates, le forçant à rester au sol, contre le corps du subterfuge sur lequel il s'était rué sans la moindre appréhension. Et pour ne lui laisser aucune liberté, l'épée-émeille se logea dans le creux de sa nuque, dont elle effleura la peau, menaçant de percer chair et os. De sa main droite, elle maintenait parfaitement Dent de Dragon, tandis que de l'autre elle le repoussait contre le sol par le col de sa chemise. L'ambre et le gris parcourait rapidement le reste de son corps, avec lequel il pouvait toujours tenter de se défendre si l'envie d'y laisser sa peau lui plaisait ; elle s'attarda aussi un instant sur le brave tireur, au loin, qui lui aurait arraché un bras sans détours avec son arbalète si elle n'avait pas bénéficié de la fabuleuse supercherie de son roi.

« Et maintenant, Héros ? » Souffla-t-elle dans une nouvelle provocation qu'on pouvait sentir beaucoup plus fière que toutes les autres. « Un seul coup me suffit », murmura-t-elle à son attention, menaçante.

Elle mourrait d'envie de le faire, évidemment ! Et pourtant... pourtant la lame ne perçait toujours rien. L'enfant du Seigneur noir déglutit, alors que les traits de son visage s'étiraient. Elle se sentait faible, bien qu'en position de force. Son bras ne bougeait plus, comme bloqué par la fatalité et la futilité d'une telle action ; elle tuerait le Héros, certes. Et après ? Etait-ce aussi pitoyablement que l'on devait éteindre la vie d'un si formidable guerrier ? Son meilleur ennemi, de loin ; lui, il n'usait pas de sorts d'illusion frustrant ; lui, il ne la provoquait pas, restant humble en toute circonstance ; et elle le soupçonnait, si ce n'est sciemment au moins inconsciemment, de l'avoir laissé filer lors de leur première confrontation au Bourg.

Elle en restait sans voix, alors que son souffle devenait de plus en plus faible. Sa blessure à la hanche la lançait terriblement, et dans cet instant de répit qui s'allongeait, ses muscles et ses nerfs se relâchaient. Elle faillit pleurer de honte ; Ganondorf ne saurait la reconnaître. Il lui offrait sa chance sur un plateau d'argent, et pourtant, quand venait le moment, elle ne parvenait pas à conclure. Avait-elle trop d'honneur pour le faire ? Par les astres, non, certainement pas, ou c'eut été bien la première fois. Mais plus elle réfléchissait, et plus elle était convaincue de ne pas devoir achever le travail ; un soldat portant une arbalète, à quelques mètres de là, semblait lui déconseiller d'agir ainsi si elle voulait garder la vie sauve.

Aussi se trouvait-elle dans une impasse, de toute évidence.

A contre-coeur, elle desserra son étreinte et se laissa choir en arrière, dos contre le muret de la fontaine. « Tu saura, maintenant... » cracha-t-elle à l'encontre du Héros, dégoutée. « Me défier, c'est défier la Mort », déclara-t-elle en détournant le regard. Elle grimaça de douleur et se tint la hanche qu'il avait amoché, lâchant par là-même Dent de Dragon, alors que son souffle devenait de plus en court et saccadé. « Quelle poisse ! » Conclu-t-elle avec haine et regret.



[ Ceci conclu donc ma participation à l'évent, merci à mes deux partenaires qui se sont prêtés au jeu :3
Je précise, juste au cas où, compte tenu de la stratégie mise en place dans ce post : tout était préparé depuis le précédent, et j'avais laissé de nombreuuuuux indices (certains beaucoup plus explicites que d'autres) pour ne pas vous léser. Je ne vais pas en faire la liste ici, mais ce sera avec plaisir que je verrais ça avec vous par skype si vous le voulez ! ]


[table style="text-shadow:1px 1px 1px black;"]« Est-ce vraiment ce que tu voulais, Lion ? »[/table]
Le démon riait aux éclats, se moquait de lui... Ganondorf se fichait bien de son ironie. Il contemplait, interdit, son oeuvre, depuis les derniers contreforts de la montagne à présent éveillée. En redescendant, le gérudo n'en avait pas eu le loisir car l'éruption l'avait régulièrement mis en danger. Difficile de se concentrer sur le paysage lors des rochers en fusion manquent de vous écraser alors que vous courrez pour distancer une coulée de lave. Durant sa descente, le Lion n'avait croisé aucun de ses fidèles, incapable de savoir pour la plupart ce qui était advenu d'eux. Il n'avait pas vu de cadavre mais était ce suffisant pour les deviner vainqueurs ? Non. En revanche, le fait que les corps de leurs ennemis ne gisent pas sur les flancs du volcan était un indice qui puait la défaite. Sans doute fallait il s'attendre à ce qu'ils aient échoué à vaincre. Au moins avaient ils réussi à tenir...
Et pour quoi ? Ganondorf ne parvenait pas à avaler l'affront que lui avait infligé le dragon. C'était le seul cas de figure qu'il n'avait pas prévu. Que Volcania refuse la soumission, qu'il formule des exigences, qu'il tente d'attaquer les Dragmire... le roi du désert s'attendait à tout. A tout sauf à un refus clair et net de sa libération. Comment pouvait on préférer l'enfermement au coeur de la Terre à la liberté ? Cela le dépassait, comme souvent ces esprits primordiaux, qui se refusaient à la logique des hommes.


[table style="text-shadow:1px 1px 1px black;"]« Volcania était trop fier pour être éveillé par un mortel, est-ce si dur à comprendre ? Il te faudra être plus grand pour qu'il te laisser briser ses chaînes. »[/table]
Plus grand ? Et comment pourrait il être plus grand ? Ganondorf était l'élu de Din, déesse du feu originel, maître du désert, des ombres et de la flamme ! Que lui restait il encore à gravir qui le rende digne d'intérêt aux yeux d'un lézard sénile ?!
Sans même écouter la réponse du démon, le gérudo reporta son attention sur le village qui brûlait au dessous de lui.De Cocorico s'élevait une fumée noire puant la mort et la destruction. Une grande partie des maisons se calcinait, une autre était ravagée par le roi Dodongo encore déchaîné, le reste ne verrait peut être pas le jour. Au moins, cet objectif là était atteint. Ganondorf avait prouvé qu'il pouvait frapper là où on ne l'attendait pas, et que son armée n'avait rien perdu de sa force. Pour autant, il était inutile de se voiler la face, le clan subissait une défaite. Le gérudo ne ressentait plus la présence de Négus, ni d'Abel ou de l'Ombre. En revanche, une présence persistait, plus vive que les autres comme toujours. De tous, elle avait l'aura la plus vive, son caractère le voulait ainsi. Et ce fut à cet instant où l'attention du père était tournée vers elle que la fille l'appela.


« Seigneur... Il est ici, père ! »

Le coeur de Ganondorf se mis à battre frénétiquement tandis que ses poings se serraient à s'en ouvrir la paume des mains avec ses ongles. Swann partageait son aversion pour le héros, du moins le gérudo le pensait il, elle ne pouvait parler que de lui. Mais si elle était seul contre lui...

« Je peux le battre en notre honneur. Mais... je suis affaiblie. Beaucoup trop. Donnez-moi une chance de le vaincre. »

Ganondorf détestait cette situation. Il haïssait savoir sa fille en état de faiblesse contre son pire ennemi. Il lui en voulait de se placer ainsi en danger... Mais le Lion était aussi fier d'elle, plus qu'il ne saurait sans doute jamais lui avouer. Bien qu'adoptée comme ses autres enfants, Swann avait quelque chose de son caractère à lui. Une fougue, un élan irrépressible pour l'affrontement, la confrontation, et un goût pour la victoire qu'il partageait.
Il se plia donc à sa demande et, s'aidant du lien entre eux, ressentit la vie qui s'échappait d'un corps encore chaud non loin. Faisant appel à ses réserves d'énergie, le sorcier invoqua une ombre particulièrement puissante dans ce corps, tout en lui imposant la forme dont sa fille aurait besoin. Enfin, il lui envoya ces quelques mots,


« Reviens moi sauve. C'est un ordre. »

Aussitôt ensuite, le Gérudo rompit le contact. Une angoisse naissait au fond de sa gorge, une peur rare pour le colosse inflexible qu'il était, la crainte de perdre un être cher. Sans se retourner, Ganondorf pris alors la direction de la plaine et de son royaume. Il n'avait plus rien à faire dans ce champ de ruine, du moins tâchait il de s'en convaincre. La dernière chose qu'un villageois vu de lui fut un cimier rouge sur un casque noir comme la nuit où il s'évanouit.

[hrp]Dernier post de Ganondorf pour tout l'évent ![/hrp]

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Link


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Le brouillard persistait et maquillait encore la silhouette, tout juste éloignée de lui d'un pas. Le regard fixé sur le Sans-Visage qui lui faisait face, il arma le bras droit, non sans laisser filer une vilaine grimace. L'Hylien savait que sous les cuirs, les tissus et la chair, l'os de son poignet nageait comme un Zora dans l'eau. Il frappa néanmoins. Ses propres dents grincèrent une seconde, tandis que dans un craquement sonore et brutal, les crocs de la Lionne jaillissaient loin, au dehors de sa mâchoire déchirée. Sitôt que la tranche du pavois avait percuté le rostre de la Dragmire, celui-ci avait commencé à se fendiller. Ses traits s'étaient déformés, avant que l'alliage enchanté ne pénètre et ne traverse peaux et muscles, puis morde à même la boîte crânienne. L'Enfant-des-Bois avait cessé de forcer à l'instant même ou son bouclier avait touché le portrait, sombre et flou, et pourtant un pan entier de la gueule de la bête s'arrachait. Le reste s'était morcelé à l'impact.

Il ne jura pas, mais serra les dents. D'aucuns n'auraient pas eu sa certitude mais d'instinct, il ne pouvait l'ignorer. Un filet électrique – une aiguille, même –  avait remonté son bras et dès lors il l'avait su, presque deviné. Ce qu'il venait de frapper était mort ; depuis de longues minutes déjà. Contemplant les dents du cadavre qui s'envolaient, Link tâcha de ne pas se trahir : s'il savait pertinemment que l'assassin demeurait quelque part, ailleurs, elle ignorait sans doute qu'il l'avait découvert. Conscient qu'il était de toute façon trop tard pour faire marche arrière, le Fils-de-Personne se laissa chuter en avant, plaquant violemment l'Effroi-sans-masque dans l'eau de la fontaine. L'épée de Maître s'enfonça la première, sous le film troublé du miroir aquatique, avant d'être rejointe par la carcasse décrépie et dénudée tant par les flammes que par la terre.

Il s'attendait à un coup en traitre. Peu probable sur les flancs, parce qu'à la fois plus compliqué et moins meurtrier, le blond savait où il aurait frappé à la place de Swann. S'il ne pouvait prédire avec exactitude où elle frapperait (ou même si elle frapperait, en vérité), il passa néanmoins en revue ses possibilités. La situation dans laquelle le Cygne le mettait ressemblait de plus en plus à une impasse « Funérailles... — », grommela-t-il, sans pour autant perdre son sang-froid. Prêt à s'arracher à ce qui se transformait vite et certainement en un trou à rat, le jeune homme glissa pour autant le givre de ses yeux dans la petite mare de la fontaine, après s'être débarrassé du cadavre que Swann avait volontairement laissé sur son chemin. La lune s'improvisa son alliée, un temps au moins. Dans son dos se découpait nettement une ombre. Le noir de sa silhouette tranchait et jurait avec les langues de feu derrière, malgré l'opacité trouble de la citerne. Bien trop menue pour une Gérudo et par conséquent bien trop svelte pour un soldat en armes, la belle de Villarreal se tenait derrière lui, comme il avait pu le prévoir. Un bref coup d'oeil le renseigna sur l'unique élément qui avait encore de l'importance : les hanches de la demoiselle. Sans s'éterniser – il ne l'aurait de toute façon pas pu –, il libéra ses mains. Une seconde plus tard, à peine, celle de la Dragmire saisissait son col. Elle ne le savait peut-être pas, mais il la laissa faire.

Trop brave ou trop idiot, le Héros ne broncha pas quand le genou gauche de la jeune femme vint écraser le fourreau qu'il conservait sur le dos. Il ne céda pas non plus à la panique, quand son estoc vint caresser la lisière des mailles du haubert qu'il portait sous sa tunique. Patient et alerte autant qu'impatient et gainé, Link attendait, comme en suspension à la frontière de l'immobilisme et du mouvement. Il n'aurait qu'une seule et unique chance de surprendre et de désarmer son vis-à-vis. Une maigre chance de quelques fragments de seconde au plus. Il ne pouvait compter que sur quelques petites choses et le reflet de la belle n'en faisait pas parti. Privé de la vue dans l'immédiat, il devrait se fier à ses sens, son intuition autant qu'à son flair. Sous l'acier de sa cotte, chacun de ses muscles était aussi tendu que le crin de la corde d'un arc court. La sueur poissait ses tempes et maculait son front. Plus haut, la Dragmire parlait, d'une voix tantôt menaçante, tantôt dégoutée, sans qu'il ne l'écoute véritablement. L'intonation qui était la sienne lui apparaissait lente – bien trop, pour une nerveuse comme elle –, presque ralentie. Il n'en s'en soucia guère : l'instant qu'il attendait vint enfin.

Il n'aurait su dire avec exactitude ce que présageait la baisse de pression. En vérité, il ne s'en souciait guère. « Essayes un peu, pour voir ! » Souffla-t-il dans un murmure étouffé, en référence au coup qu'elle espérait pouvoir placer. Elle se voyait déjà gagnante quand tout devait encore se jouer, aux yeux de l'Oublié de Farore. Il ne s'inquiéta pas de l'assaut qu'elle amorçait peut-être, pas plus de l'hésitation qui la secouait potentiellement. Sans perdre la moindre seconde, il roula sur sa droite. La première jambe de la Dragmire toujours appuyée sur son dos, la dernière représentait son unique appui, qu'il savait fragile. Son dernier coup d'oeil avait été particulièrement informatif là dessus. Sans pouvoir voir, à aucun moment, le carreau qui aurait blessé – si pas tué – l'assassin, Link faucha la jambe de Swann de son épaule. La lionne glissa au sol, accompagnant bien involontairement la rotation qu'il lui imposait.

Rapidement – trop pour permettre une réaction –, la lame sacrée trouva la gorge de la Championne d'Aegis. A cheval sur la demoiselle aux cheveux corbeau, l'Hylien accentua à son tour la pression. Le tranchant d'Excalibur (désormais épargnée des vivaces langues rouges, mais néanmoins ardente) griffa le cou délicat de la Suderonne. Les flammes avaient chauffé l'alliage suffisamment longtemps pour qu'il demeure toujours brulant. Sans rien ajouter, le Fils-de-Personne frappa. Violemment. Son front heurta le nez de son adversaire, puis sa jambe cogna l'épée d'émaille, la jetant hors de portée de la Dragmire. « Apporte des menottes. Vite ! » Siffla-t-il, visiblement agacé, à l'adresse du soldat qui l'avait épaulé tout du long de l'affrontement. Et, le regard toujours fixé sur l'épéiste, le Héros du Temps leva la main sur sa prisonnière une fois de plus. Le pommeau de l'épée de Légende percuta la pommette de la jeune femme avant que n'arrivent les carcans d'acier.

Sans le moindre ménagement, il força Swann à pivoter sur elle même, puis lui attacha les mains dans le dos. « Voilà pour toi... » Grimaça-t-il, tant à l'égard d'Abigaïl que de Swann. Sa main gauche remonta jusqu'à son épaule, dans laquelle persistait la même douleur lancinante qui lui saignait le poignet. « Je te la laisse. Mène-la jusqu'à ton supérieur, ou qui sais-je, capable de prendre en main la suite des événements. » Lança-t-il, maintenant son bras meurtri et ensanglanté. Cherchant les yeux du garde, le vagabond finit par trouver son regard. Un regard vert,  franc, mais rongé par une colère qui perçait en dépit de l'obscurité et de la tignasse du guerrier. « J'ai encore à faire. » Glissa-t-il ensuite, en jetant un regard chargé de dépit autant que de regrets sur le Fief d'Impa. Il n'ignorait pas que Malon en était déjà loin, mais plus que tout, il craignait la présence de Belle sur le champ de bataille. Il n'avait jamais pu oublier la peur qui s'était saisi de son coeur, ce jour-là, lors de la contre-attaque sur la Forteresse. Ni la rage qu'il avait ressenti contre elle, un peu après. Une rage inquiète, plus violente que le plus grossier des gourdins, plus tranchante que la plus fine des lames. « Puisses ton épée demeurer aiguisée. Bon courage. » Il avait lâché ces quelques mots sans bouger les lèvres, ou presque. Sa voix était à la fois aussi légère que les poussières et les cendres battues par le vent, mais aussi lourde que le carnage dont-elles témoignaient. Sans plus un mot, l'Enfant-des-Bois récupéra la Dent-de-Dragon, avant de disparaître.


Accompagné de quelques frères, l'homme de pierre gravissait la montagne. La pente était bien trop raide pour l'arpenter en roulant, ils étaient donc contraints à la remonter en courant... plutôt lentement, donc.
Plus ils avançaient, plus la traversée se faisait rude. Les cadavres étaient jonchés sur le sol chaud de la montagne, les roches volaient et ne manquaient que de peu les trois gorons, qui se seraient retrouvés dans la même condition que ceux qu'ils croisèrent auparavant.
Dans un tournant, entre deux flancs de montagne, ils s'arrêtèrent. Un trop grand éboulement, certainement causé par la descente de la bête, avait rendu cette partie du mont impraticable. La roche bloquait tout, et elle était bien trop épaisse pour que la masse de Darunia ne puisse tous les détruire en peu de temps. Les autres voies empruntaient de trop grands détours pour atteindre le cratère rapidement, et le seul chemin qui y menait rapidement depuis leur position initiale était bloqué. Les trois frères n'avaient d'autres choix que de faire demi-tour.


« Merde ! On n'a pas le choix, on n'ira pas au cratère ce soir. Le chef de la tribu s'approcha d'un ravin à quelques pas. Il nous faut aller au village Hylien. Là-bas, on sera utile. Darunia martela le sol de son pied, brandissant sa titanesque masse vers le ciel. Demi-tour mes frères, y a encore du monde à massacrer en bas ! »

Et les gorons revinrent sur leurs pas, en roulant cette fois-ci. En quelques poignées de minutes, ils arrivèrent en bas de la montagne et rejoignirent le village Cocorico, mis à sac par l'armée Dragmire.

« Ji'goro, trouve les civils et mets-les en sûreté. Fais attention, assure-toi bien de ne pas sauver un Dragmire en piteux état. N'kemdir, avec moi. »
Darunia et N'kemdir avançaient. Observant les dégâts alentour, leurs yeux et leurs pas suivaient une rythmique bien cadrée ; droite, gauche, droite, gauche... sans aucune fausse note. Mais si ce soir le chef de la tribu semblait avoir un sens du rythme bien plus inné qu'à l'accoutumée, ce n'était pas parce ses pas marquaient les temps. Droite, gauche, droite gauche... à droite des cadavres, à gauche du feu. À droite du feu, à gauche des cadavres.
Le chef d'orchestre de ce soir devait certainement avoir la musique dans la peau, lui. Et son concert avait été mené d'une main de maître.

Plus ils avançaient, plus les flammes étaient denses. Et en continuant, ils aperçurent le chef d'orchestre. Il se tenait là, embrasant toute chose autour de lui. Ni une ni deux, Darunia attrapa le premier débris qui se trouvait sous sa main et lui lança directement dans le flanc droit avant de foncer dessus et frapper sa patte avant droite de sa puissante masse. Puis il chevaucha le dos de la bête et commença à frapper de ses poings.


« Allez ! Montre-moi comment tu danses, Dodongo ! » dit le goron, qui déglutit lorsqu'il vit qu'un homme au visage peinturluré en face de lui et de sa monture. « Hylien, réagis ! Y a un Dodongo massif devant toi ! »
Il espérait éloigner le Dodongo des autres combattants, mais malheureusement, ce dernier semblait vouloir aller vers eux. Et même massif comme il était, Darunia ne pouvait contenir la force du Roi.

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Alors qu'il continuait à ravager le village, avançant lourdement au milieu des ruines sans se préoccuper ni des maisons ni des villageois, pensant ne plus être dérangé, le Roi Dodongo sentit quelque chose s'écraser contre sa peau écailleuse. Il s'agissait à peine d'une piqûre de moustique, d'un frôlement, mais le simple fait qu'on ose encore s'attaquer à lui mit la bête en colère. Il pivota vers la source du projectile, repérant à nouveau le même insecte dont il avait cherché à se débarrasser un peu plus tôt. Il progressa à grands pas, prêt à dévorer l'impudent, mais avant qu'il n'ait ouvert la gueule, l'insignifiante créature avait bondit sur le haut de son crâne, osant piétiner sa chair rugueuse.

Le Dragon s'apprêtait déjà à hurler sa rage, à éjecter une fois pour toutes cette bestiole et en terminer pour de bon. Pourtant, avant d'avoir pu réagir, la douleur le transperça. Une douleur qu'il n'avait encore jamais ressentie le traversa alors que la dague mordait et traversait son oeil. Le Roi Dodongo lâcha enfin le hurlement qu'il n'avait pu laisser échapper plus tôt, mais pour une toute autre raison. Et lorsqu'il commença à gigoter en tous sens, ce n'était pas pour chasser l'impudente créature mais par impuissance à soulager le mal qui le rongeait.

Il ne sentit pas l'humain chuter, pas plus qu'il ne sentit l'éclair griffer ses écailles ou le Goron tenter un rodéo sur son dos. Seule la douleur lui importait encore. Sa gueule laissait échapper de longs cris d'où perçaient sa souffrance et sa colère. La bête d'agita en tous sens, cherchant à se rouler à terre, à expulser la cause de son tourment. Mais le gel le dévorait de l'intérieur. Son oeil, devenu insensible, avait déjà commencé à se couvrir d'une pellicule de glace, et ce n'était que la partie visible de l'iceberg. Le nerf optique lui aussi touché gelait, contaminant l'ensemble des organes et tissus qu'il rencontrait. Les parois internes du Dodongo se couvraient de glace elles aussi, le froid pénétrait au plus profond de la gigantesque créature, jusqu'à finalement rencontrer son coeur. Le Dragon s'effondra au moment même où la glace immobilisa l'organe vital, au terme de son agonie sous la morsure de la glace. Son corps sans vie fit trembler le sol autour de lui alors qu'il s'écroulait. Gelé, et mort.

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Llanistar van Rusadir


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(vide)

Ils avaient atterri dans un coin discret du village, lui et Orpheos, soutenus dans leur envol depuis le sommet de la montagne jusqu'à terre par l'ombre du chancelier. Il avait espéré que personne n'avait pu le voir mais à coup sûr, les gens étaient alors trop occupés pour cela et le soulagement de Llanistar eut un goût amer dans sa bouche.

Oui, lui et ses hommes semblaient bien avoir gagné... Mais sembler était le mot juste, car au milieu des maisons détruites aux toitures effondrés, des décombres innombrables, des feux qui continuaient à consommer certaines masures, des colonnes de fumée sans fin et des lamentations des habitants... Difficile de dire qu'il s'agissait d'une pleine victoire. Une défaite de Ganondorf, oui. Mais pouvait il considérer sa mission de défendre les sujets de Zelda accomplie ? Au milieu de cette dévastation, l'immense corps sans vie du roi dodongo semblait le narguer, comme une ultime moquerie. Si il fallait compter avec ce genre d'atrocités, comment un simple soldat pourrait il sauver des vies ?
Llanistar chercha un peu de réconfort dans le regard d'Orpheos, qui semblait déplorer autant que lui le spectacle auquel ils assistaient. Les deux hommes restèrent là, sur les hauteurs du village, un certain temps avant de se décider à retourner au coeur de l'Histoire. Dés lors, instinctivement, ils mirent une certaine distance entre eux tandis qu'ils marchaient côte à côte et s'efforcèrent de cesser de montrer ces indices subtiles qui pourraient trahir leur lien. Sitôt qu'il fut sur la place de Cocorico, ses responsabilités s'imposèrent à nouveau à lui. Un officier à l'armure cabossée et qui avait sans doute reçu son lot de coups s'approcha et, bien qu'ostensiblement éreinté, lui déclara,


« Ser Rusadir ! Au rapport mon général ! »

Llanistar lui fit signe de commencer, admirant au passage la tenue du soldat. Sans doute Hyrule possédait il des âmes encore braves. L'officier lui raconta l'essentiel des combats, évoqua les pertes infligées par les gérudos et expliqua que seule une petite partie avait réussi à fuir, certaines autres étaient capturées, les autres mortes. Le nordique demanda alors comment on avait pu abattre le monstre géant, et on lui désigna un homme assis contre un mur, les fers aux poignets et entouré de deux soldats.

« Pourquoi donc le traiter en criminel alors ? »

« Il a violemment frappé un officier. Et on le soupçonne de complicité avec les terroristes d'ambre. »

Le regard du général devint froid comme la glace dés qu'il entendit cela. Il haïssait l'idée de devoir quoi que ce fut à cette bande hors la loi, d'autant que le nordique ne pouvait s'empêcher d'admirer profondément ce tueur de dragon roux, qui avait accompli ce dont lui aurait sans doute été incapable. Il demanda alors, dur,

« En avez vous capturé ? »

« Nous les pourchassons en ce moment, mais jusqu'ici, aucun prisonnier parmi eux. En revanche... L'officier se permit un grand sourire qui se répandit sur les visages des soldats qui les entouraient, Vous devriez venir voir par vous même. Vous allez adorer. »

Intrigué par tant de bonne humeur et de suspens, Llanistar se laissa guider dans une masure lourdement gardée, uniquement par des officiers et des vétérans, le genre qui ne se laisse pas aisément surprendre. Ce qu'il découvrit à l'intérieur fut comme un rayon de soleil dans cette nuit sanglante et pleine de désespoir.
Swann Dragmire, la lionne noire, bras droit de Ganondorf... enchaînée, vaincue. Et à ses côtés, une jeune fille qu'on lui indiqua comme étant la prêtresse de Din. Le général parti d'un rire mauvais tandis qu'il s'approchait de sa pire ennemie. Lentement, il s'agenouilla prés d'elle et lui tira d'un coup ses longs cheveux en arrière. Il lui murmura à l'oreille, en y prenant un plaisir de prédateur,


« Oh joli cygne, quelle erreur d'être tombée dans mes filets... Il enserra la mâchoire meurtrie de la jeune femme dans sa poigne de métal, serrant peu à peu, Nous allons beaucoup nous amuser ensemble. Je te le promets. »

Il ne lui dit rien sur Ganondorf, pas encore. Le nordique avait attendu des mois pour faire payer à Swann pour ses crimes et ses outrages, il n'allait pas gâcher son plaisir ici. Relâchant le visage de sa prisonnière, il se releva et, s'adressant aux gardes, ordonna,

« Je veux une surveillance accrue, relevée à intervalle irrégulier. Que des vétérans, jamais moins de quatre en même temps dans cette pièce. Le double au moins autour de la maison. Un cor chaque et l'arme sonnée au moindre problème. Vous détenez un trésor de valeur, messieurs... Le Rusadir adressa un dernier regard aux deux captives, Je leur réserve le plus bel écrin qui soit. »

Aussitôt sorti, Llanistar fut appelé à d'autres affaires mais il prit le temps de demander à qui l'on devait ces aussi belles prises. On lui répondit, pour la prêtresse, que les gorons de Darunia l'avait livré à l'armée. Quand à Swann, un jeune garde avec une arbalète lui raconta en détail un combat auquel il avait sans doute assisté. Il apprit que Link était présent pour cette bataille, et qu'il avait encore une fois fait des merveilles, bien que l'issue du combat ait été assez tendue. D'ailleurs son frère de sang avait apparemment été forcé par son état de se reposer.
Quand le récit s'acheva, il demanda,


« Et qui était ce soldat qui a aidé le héros ? »

« Il n'est pas parmi nous, ser. Mais il s'appelle Abigail. »

« ... Faites lui savoir que je souhaite le rencontrer. Bien, concernant le village... »

Au moment où Llanistar s'embarquait dans des opérations de sauvetage de rescapés et de coordinations des secours, pour le reste de la nuit, il remarqua qu'Orpheos avait disparu. Le nordique eut un sourire triste en direction des collines et du ciel, cherchant comme souvent son amant du regard, où que son coeur libre l'eut porté.



[hrp]Dernier post pour Llani je pense. Postez si vous voulez mais l'essentiel de l'évent est fini :D[/hrp]


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